samedi, 13 septembre 2008
Pour que Reims vive #02

Voir aussi Pour que Reims vive #01
Il n'est pas inutile, alors que se déroule ce week-end la deuxième édition du WEEA, de faire le point sur la situation administrative du circuit de Reims-Gueux à propos duquel tout et son contraire a été écrit depuis qu'on s'y intéresse d'un peu tous les côtés.
Rappelons qu'un épais silence régnait depuis 35 ans, depuis 1969, date du dernier meeting public, sur les 17 hectares du site jusqu'à ce qu'en 2004, l'Association des amis de Gueux (ACG) [1], créée en 2003, organisât "Les 12 heures de Gueux", petite manifestation destinée à donner un semblant de vie à ce qui demeurait debout des installations. MdS y fut présent en 2005 où il se fit remarquer de Gérard Cuif, le président de l'ACG, en écrivant que "Tout cela ressort davantage du comice agricole que d’une épreuve sportive." Nous ne fûmes pas interdit de séjour en 2006 pour autant.
Jusqu'à ce que la mairie de Gueux le lui interdît en juin 2008 (nous y revenons plus loin), l'Association se consacrait au défrichage, au nettoyage et à la rénovation des vestiges laissés à l'abandon depuis 1969. Un travail de bénévoles mus par la passion, conscients d'oeuvrer à la réhabilitation d'un patrimoine qu'ils ont été longtemps les seuls, ou presque, à savoir unique. En Grande-Bretagne, Reims-Gueux eût été sauvé immanquablement ; en France, si ça ne rapporte pas immédiatement d'argent, on laisse pourrir dans un premier temps, puis on construit un supermarché ou un ensemble immobilier. Gueux tombait doucement en poussière, malgré les efforts de l'ACG, quand en 2007 un organisateur d'événements, Franz Hummel, mit sur pied un grand week-end autour de l'automobile ancienne, l'Excellence automobile de Reims (WEEA), qui remporta un franc succès [2].
Rappelons qu'au long de ces trois ou quatre dernières années, plusieurs projets de réanimation du site ont été évoqués - création d'un circuit permanent, construction d'un ensemble dédié à l'histoire automobile, etc. Rien n'aboutit.
Forte du succès du WEEA, l'ancienne équipe municipale emmenée par Claude Bien travaillait sur un projet de circuit permanent, en accord avec Franz Hummel et Pierre-Emmanuel Taittinger, du champagne du même nom, en opposition aux écologistes locaux réunis sous l'active et bruyante bannière de "Gueux Environnement" qui dénonçait le projet de piste permanente d'un slogan simple mais parlant : "Oui à 12 heures par an, non à 300 jours par an". Les écolos gèrent un site Internet de combat [3] où ils diffusent un bulletin au titre sans ambiguïté, Le Coupe-Circuit. Leur ennemi y est clairement désigné, l'ACG.
Les élections municipales de mars dernier ont changé la donne. L'ancien maire a fait ses valises avec son projet de circuit dedans. La nouvelle équipe, conduite par Jean-Pierre Ronseaux, sans couleur politique affichée mais "politiquement correcte", d'après un correspondant local, a commencé par vouloir complaire à sa majorité en disant que le site de Gueux ne rapportait rien à la commune [4] (elle en est le propriétaire intégral), qu'elle n'y mettrait pas un sou, que ces vestiges étaient d'ailleurs dangereux et qu'en attente de l'audit qu'elle commanditerait sur leur sécurité, elle en interdisait l'accès. Ce qui fut également valable pour l'Association des amis de Gueux qui n'y intervient plus depuis le 21 juin.
Puis, en mairie, on évoqua le projet d'une structure handisport qu'on construirait derrière les stands...
Pendant ce temps, Gérard Cuif, le président de l'ACG, paisible pharmacien à Gueux dans le civil mais habile et opiniâtre négociateur, avait déposé, le 9 mai, une demande de protection au titre des Monuments historiques [5]. En parallèle, on apprenait que dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, la Direction des affaires culturelles de la région Champagne-Ardenne (DRAC) apportait son soutien au WEEA 2008. Il semble alors que quelque chose se produisit à la mairie qui à la fin du printemps mettait enfin de l'eau dans son champagne.
A l'arrière de son officine, dans le silence de son bureau dont les murs sont partagés entre pubs pharmaceutiques et affiches de courses, Gérard Cuif recevait le Pr Reimsparing et son teneur de blog, début juillet. Il nous fit part de la bonne volonté nouvelle du maire. Le projet handisport ferait l'objet d'un moratoire ; il n'y aurait pas d'opposition au principe du classement en Monument historique ; il est primordial que le week-end de l'excellence automobile se déroule au mieux. D'ailleurs, l'édile déclarait dans L'Union du 28 juillet : "Je ne veux plus entendre dire que la municipalité veux raser les vestiges de l'ancien circuit !"
On apprend plus loin que le 2 août aura été présenté un appel à projets pour la valorisation du site. Un cahier des charges sera établi en septembre, imposant de conserver le caractère automobile du site tout en respectant l'environnement (donc plus d'idée de circuit permanent). Un dossier complet devrait être rendu public en 2009.

[1] www.amis-du-circuit-de-gueux.fr
[2] www.weea-organisation.com
[3] www.gueuxenvironnement.info
[4] www.gueux.fr
[5] Voir la procédure
Images © MdS
10:10 Publié dans Circuit de Reims-Gueux | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : circuit de reims-gueux, patrimoine, week-end excellence automobile de reims, amis du circuit de gueux |



















Commentaires
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Ecrit par : L'étroit mousquetaire | samedi, 13 septembre 2008
Ca va, ça vient...
A défaut d'autre chose, j'ai le cœur vert, un peu comme tout le monde finalement. Qui veut tousser en ville et supporter un bruit d'hélico à la campagne ?
Puis sont arrivés quelques élégantes à vélo : zéro auto dans les villes. Je hais le vélo, d'ailleurs ça m'essouffle, et j'habite une ville où l'on a su intelligemment en ôter le trop plein, comme il faut.
Les moissonneuses-batteuses-lieuses travaillant de nuit dans la plaine rémoise (décapitant les petits d'alouettes dans leur fracas d'acier puant le gazole) font-elles plus de bien qu'une Gordini sifflant sur trois tours du triangle ?
L'image du pâté d'alouette est forcée, pas celle de la Gordini qui termine peu.
Allons, un peu raison et la honnerie sera bien gardée. Dans son coin, sage. Et loin de la piste.
Ecrit par : Hubert Baradat | samedi, 13 septembre 2008
Bonsoir !
Malgré une proposition financière à la baisse pour engager mon Opel Speedster au 2ème WEEA, j'y ai renocé car la barre était trop haute pour mon budget loisirs qui va être fortement secoué par la publicationde Privé de gloire.
Plutôt que de venir voir les autres tourner alors que mon Opel sationnerait dans l'herbe derrière les tribunes, j'ai adopté une attitude de retrait en ne venant pas cette année ; j'aurais bien aimé y rencontrer les uns et les autres mais ce sera sans doute pour une autre fois avec privé de gloire (Rétromobile 2009 !).
Attitude lâche sans doute mais raisonnée dans mon contexte personnel. Me serais-je un peu privé de gloire ?
Par contre mon soutien, modeste, à l'ACG est entier.
Bonne manifestation à celles et ceux qui sont en terre rémoise.
Bien amicalement !
Phike Votler
Ecrit par : Philippe Vogel | samedi, 13 septembre 2008
Reims, belle endormie... Une ville bien calfeutrée où rien de ne doit sortir de l'ordre établi...
Cela étant et plus généralement, quelle est cette vie normée, cette vie sans relief qu'on nous promet sous la pression des lobbies anti tout qui tuent directement ou indirectement tout ce qui fait vibrer, passionne, fait vivre sa vie tout simplement ? On va vivre plus longtemps en s'em... copieusement, quel bel avenir...
Ecrit par : Pierre V. | samedi, 13 septembre 2008
J'en arrive du Week End de l'Excellence , et bien cette année c'était plutot comme tu l'as dit Patrice en 2005 , "comice agricole" ,avec boue , bottes et 4x4 pour en ressortir
avec en plus des chicanes contre lesquelles ces messieurs de la f1 déclencheraient une grève immédiatement , on est vraiment très loin du mot prétentieux d'Excellence , un peu plus de prévoyance serait le bienvenu de la part des organisateurs
Ecrit par : ABO | dimanche, 14 septembre 2008
Un mot pour remercier les bénévoles de m'avoir sorti du bourbier samedi après-midi. Les pauvres pestaient contre les 4x4 citadins qui tentaient vainement de grimper la colline dans ce qui ressemblait plus à un marécage qu'à un parking. Dans une heure ou plus ils étaient sur d'intervenir pour aider à sortir les engins, soit disant tout-terrains, du piège dans lequel ils venaient de ce mettre.Sinon de belles autos .... à l'arrèt. De courageuses motos pour affronter le circuit détrempé. J'espère que le dimanche fut meilleur.
Ecrit par : GIGI | lundi, 15 septembre 2008
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