samedi, 16 août 2008
Dhotel 71 #02/06 : les roues se touchent à 200

Voir aussi Carnet de passage en douane
Notre lascar Guy Dhotel s'est finalement décidé à raconter sa saison 1971 de F3, dont "Carnet de passage en douane" avait fourni la bande-annonce. Il a embarqué le compère Jean-Marie Guivarc'h sur l'aileron, au mépris de la sécurité la plus élémentaire et a confié le résultat au teneur de ce blog qui sait parfaitement où se situe le talent dans cette affaire.
Grand Prix des Frontières, Chimay, 1971
Samedi 29 mai, 9 heures. La voiture est garée sur l'herbe du parc coureur de Chimay, la monoplace descendue de la remorque… j'ai beau chercher, non, tout va bien. Frais et dispos, Freddy et moi, on est même arrivé en avance! Le Ford BRM installé dans la Martini MK 7 rouge "Volant Shell" respire la finition pro.
Pour la première fois depuis le début de l'année, je suis tranquille. J'ai vu le moteur tourner au banc, on a fait un essai rapide sur une départementale hier, tout tourne rond et ça pousse pas mal.
- Faudrait voir à te préparer. Cette fois, espère que l'électricité ne barre pas en c… ! remarque Freddy. (version expurgée : "que tu n'aies pas de problèmes électriques")
- C'est le passé et ce foutu moteur Rowland, et je fais aboyer le Ford BRM en réponse.
Freddy n'est pas, n'a jamais été lyrique. Il est dessinateur industriel, excellent bassiste de jazz et peu porté à l'optimiste comme beaucoup de bassistes de jazz, allez savoir pourquoi.
Tout en enfilant sous-vêtements ignifugés et combinaison de course, je me remémore le parcours : le circuit de Chimay 1971 est un des derniers "à l'ancienne": plus de 10 km au tour, une route reliant trois hameaux, quelques courbes ultra-rapides et trois changements de route : une épingle entre les maisons de Chimay, en bas de la longue descente après le départ, puis une interminable ligne droite bien revêtue mais étroite, entre deux bas-côtés en herbe, fossé et talus couronné de barbelés, jusqu'au village de Salles, un freinage déséquilibré par une courbe "mal" placée juste avant deux angles droits en 2e et 3e, puis c'est reparti pour 4 km à fond avec quelques courbes et enfin le troisième et dernier virage à droite dans un hameau avant de revenir sur la longue ligne droite des stands en descente. Quelques maisons de briques barrent la route et signifient qu'il n'est pas question d'échappatoire.
Un freinage loupé à cet endroit serait un très mauvais plan.
J'ai donc soigneusement repéré la zone de freinage, les maisons en face et jeté un œil distrait sur la grande place triangulaire, recouverte de gravillons et ombragée de vieux marronniers, qui forme l'intérieur de ce virage serré. Un geste de la main du directeur de course : les F3 sont lâchées pour les essais libres : je pars sagement - mais si, mais si ! - dans le peloton. Et je souris sous mon Bell : je dois souvent lever le pied tant mon moteur pousse bien ! J'ai bien fait de prévoir une dent de plus en 5e, ça va pulser !
On arrive à ce fameux troisième et dernier virage serré et là, j'ai l'impression soudaine de me tromper de circuit : toutes les monoplaces se jettent à droite sous les arbres après avoir sauté le trottoir, passent en glissade et reviennent sur la piste. Moi, j'ai ralenti sagement, j'ai pris mon virage au bout de la place en seconde, et je me suis fais mettre deux ou trois cents mètres dans la vue !
"J'y crois pas, ils prennent un raccourci !!!"
Comme aucun drapeau ne s'agite et que personne ne s'inquiète, je comprends que courir à Chimay, c'est ça ou être dernier. 100 mètres avant ce dernier virage, il faut sauter un trottoir en biais, passer en troisième au milieu des arbres en glissade sur graviers et rebondir sur la route qui mène aux stands, de l'autre côté de la place... Sinon, la punition doit tourner autour de deux secondes ! Un autre tour de circuit pour gamberger. La Martini déroule à un peu plus de 200, je reviens déjà sur les moins rapides. Le dernier virage et son passage "enduro" s'annoncent. Je stresse : je n'aime déjà pas le tout-terrain, alors en F3 ! Les maisons sont déjà là, droit devant, freiner, 5e, 4e, 3e, faut y aller mec... Les traces de pneus, à droite, sur la bordure de trottoir : je tourne le volant sans penser. Surtout ne penser à rien. Les roues avant font un bond, les suspensions en butée, le châssis racle, les arbres arrivent en pleine figure, et ce tocard que j'ai rattrapé qui part en travers juste son mon capot ! Se glisser à 150 kmh dans un passage impossible en balayant le gravier, retomber sur la route en travers, gerbe d'étincelles du châssis qui racle copieusement, 4ème, 5ème : ça va faire un temps !
Trois tours d'essais libres me suffisent : j'arrête, je préfère attendre les essais chrono cet après-midi. Vérifier toutes les rotules : non, pas de soucis, la Martini MK7 est solide. Par précaution un léger coup de charge à la batterie. Un sandwich et c'est déjà les qualifications.
La main se baisse, l'officiel se recule: C'est le lâcher dans le désordre de F3 en furie pour la séance d'essai officielle. Premier passage du virage "enduro": on est tous assez prudents, le chrono démarre dans à peine deux kilomètres. Devant la vieille tour de chronométrage au ras de la piste, les moteurs sont à fond de cinq. Maintenant, c'est l'attaque. Ma monoplace me comble enfin. Rapide, efficace en virage, superbement équilibrée au freinage : un rêve !
Le dernier virage, je me permets un freinage tardif, pique à l'intérieur un concurrent tout en sautant le trottoir - on s'habitue à tout ! -. Je frôle les marronniers, reviens sur la route : 3e, je suis 3e !!! Y en a que deux devant ! A la seconde où je me dis que ça y est, que la poisse m'a oublié, que cette fois… mon moteur se met à ratatouiller lamentablement, 3 cylindres, 2, puis zéro. Plus de son. Tous les autres m'ont doublé, fond de cinq. Arrêté à plus d'un kilomètre des vieux stands. Ras le bol. J'abandonne cette saleté de caisse à moteur et je rentre à pied.
- C'est la batterie ! décide Freddy après un quart d'heure de silence commun.
- Impossible, je répond d'un voix lasse, ça a été testé. Mais Freddy est tétu.
- C'est la batterie, j'te dis! Depuis que t'as cette bagnole, c'est le même cirque ! A Pau, à Monthléry, pareil: panne électrique ! On a tout testé. 4 courses perdues et une 5ème mal barrée pour une p… de batterie merdique! Parce que c'est elle ! Il pointe un doigt vengeur sur la petite chose rectangulaire et translucide.
Freddy est en rogne, c'est très rare. Me voilà en quête d'une batterie sèche 25 Ah "horizontale". Un anglais m'en vend une "comme neuve" au prix du neuf. Branchements : le BRM démarre au quart de tour. Seulement, il est quatre heures et demi : Les essais qualifs' sont terminés depuis une demi-heure. A la direction de course, ça ne loupe pas :
- Vous n'avez pas de temps officiel, vous ne pouvez pas prendre le départ. Discussion, contestation, calmez-vous !, les temps d'essais libres n'ont pas de valeur !
Et puis, soudain, l'ouverture : deux officiels se parlent en douce :-
- Tu sais qu'on n'a que quinze partants ? Je saute sur l'occasion :
- Vous me prenez, je pars en dernière ligne.
- ok. Vous partez derrière la dernière ligne.
Je les remercie ! Je suis content de partir dernier, avec un engin qui va s'arrêter après quelques tours, batterie à plat, comme d'hab'. Ma Martini BRM rouge Shell est seule. Derrière la dernière ligne. Comme on ne m'a rien dit, j'ai choisi l'extérieur. L'herbe du bas-côté est bien sèche. Si…
Rassemblement des pilotes, instructions. Je n'écoute rien, je gamberge. Ce départ... Retour dans les cockpits… Panneau 10 secondes. Les dernières lignes se laissent glisser dans la pente, subrepticement. Je reste en arrière, pied droit sur le frein et l'accélérateur : 5500 tm. J'attends. Quand les deux monoplaces devant sont à cinq mètres, je lâche tout : A fond, seul, alors que devant c'est l'embouteillage classique, je fais ce que j'avais décidé: deux roues dans l'herbe, à l'extérieur, à fond: 2e, 3e, 4e, ça frôle, ça glisse, un poteau passe très près : "reste à fond, mec, c'est tout bon !".

Je reviens dans le paquet, passe la cinq, enfin les 4 roues sur le goudron. Au freinage de la première épingle, je m'en fais encore un, j'aurais pu en taper deux mais confusément, je sens que j'en ai fait assez et que plus, ce serait trop. Devant, je compte 5 monoplaces. Bien prendre l'aspiration. Ma Martini accélère, aspirée par… une autre Martini, celle de Jacques Coulon ! Je me déporte pour le passer : il déboîte sèchement, me ferme la porte et se porte au niveau du 4e. Tous deux de front. Même vitesse, exactement. Pour moi, l'aspiration est incroyable: je suis à moitié de gaz en les collant à quelques centimètres ! J'enrage, pas la moindre place pour doubler : fossés, talus... Ils restent à deux de front. Et devant, y en a trois qui se taillent ! Obligé de ralentir. Coulon se fait tasser par l'"autre": Jacques balance sa Martini à droite, les roues se touchent à 200 ou un peu plus, des éclats de magnésium claquent sur ma visière. Mais "l'autre" est aussi dingue : après une accalmie, il déboîte sèchement à gauche et tape franchement la Martini de Coulon qui manque de sortir de la route, se récupère, et reste "en double file"! Je prends des morceaux de gomme, de métal sur la visière.
Cette fois, j'ai levé le pied. Pris dix mètres de recul. "C'est ça la course auto ? Les jeux du cirque, les coups tordus, sortir un autre pilote volontairement ?"
Tout ce que je viens de voir ne me fait pas peur, non, ça me dégoûte. Je débute en F3, je rêve de F1 depuis mon enfance, mais là, je suis dedans, et ce n'est pas du tout ce que j'imaginais et ce que j'ai vécu en course de moto. Devant moi, deux types essaient de se tuer volontairement puisque leurs voitures et le circuit ne permettent pas de se départager.
"Je finis la course et j'arrête la F3."
Enfin, arrive le village de Salles : les deux furieux, toujours côte à côte, enquillent le freinage en courbe, zigzaguent, se frictionnent, et partent virer tous deux loin à l'extérieur. Je leur fais l'intérieur, gagne deux places. Devant moi, pas loin, Randy Lewis. Je pourrais le coller, attaquer, passer 3e. Mais cette fois c'est moi qui casse, pas ma voiture. Je suis écoeuré. Arrêter ce cirque stupide. Je tourne moins vite, deux pilotes me passent ; je ne résiste absolument pas, m'en fous, j'ai la tête ailleurs et ces immenses lignes droites sans le moindre intérêt me dégoûtent. Je finis à une très moyenne 6e place. Ma Martini BRM méritait bien mieux ce jour là. L'électricité n'a pas eu le moindre hoquet : c'était bien la batterie.
Dans l'éternelle Opel, Freddy est au volant, moi à côté. On ne parle pas. Il comprend vite, Freddy. Silence apaisant du 6 cylindres.
"C'est décidé, adieu à la F3."
Sur la route de retour de Chimay, le 31 mai 1971

Grand Prix des Frontières F3 . Circuit de Chimay . 30 mai 1971
Voir le classement sur formula2.net
Guy Dhotel
A suivre...
Tempête sous un casque © Jean-Marie Guivarc'h (http://arbresacamesetpoilsdemartre.hautetfort.com)
Plan du circuit © Circuit de Chimay (www.circuit.be)
10:10 Publié dans Epreuves anciennes de monoplaces | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
| Tags : 1971, guy dhotel, jean-marie guivarch, f3, art, temoignage, grand prix des frontières |



















Commentaires
C'était déjà celà, la Formule III, deux années avant, en 1969, avec les 1.000 cc Cosworth, au chant strident, surtout à Chimay, folie...merveilleuse ?, loterie sûr!.Mais ô combien excitantes ces courses déraisonnables, ou tout était possible, surtout le pire. Perso, en pas plus de cinq tours qualifs en 69, because Pbs de calage du "berlingot", néanmoins j'avais pu me qualifier en 2 ème ligne. Mais le moteur ne fonctionnait plus, à nouveau, et je ne suis parti, n'ai fait qu'un ou deux tours, en accord avec les organisateurs, pour la prime de départ...Au départ, vraiment la trouille de me faire percuter, du fait de la réponse du moteur, incertaine...
Merci de ton récit, Guy, mais quelle remontée...en partant APRES la dernière ligne, remonter en 3 ème position!. Ensuite tu as décidé de te laisser "glisser" en 6 ème position, dommage, mais décision sage pour cette course de folie et même de renoncer aux épreuves de FIII pour la suite de la Saison 1971?
La suite STP, Guy, et que s'était-il passé APRES l'épingle de La Châtre lorsque ce Hurst t'a éperonné avec sa March?Perso. j'ai connu un Hurst, était-ce le même?, j'attends, quand tu en auras le temps, la suite, s'il y a eu suite de ta course de La Châtre.
Merci pour ce récit vécu de l'épreuve du Circuit de Chimay particulièrement. Je peux affirmer aux lecteurs du Blog, que celui-çi est exactement fidèle à ce que l'on vit, l'on pense dans les autos, au départ, puis en course.
Ecrit par : François Libert | samedi, 16 août 2008
Ouf !
Lecture de ton récit en apné total .
Merci, Guy, de nous avoir fait connaitre tes "frissons chimaysiens" avec autant de précision et surtout d'émotion ...
Après avoir aimé ton style littéraire sur ce blog et dans "Le roi des iles"; après avoir commencé à apprécier le "bonhomme" Guy Dhotel, toujours grâce à ses interventions ici même, voilà que je commence à devenir "fan" du pilote du même nom .
Guy, un seul ouvrage m'a procuré autant d'émotion (j'entend : celle ressentie sur les pistes ces années là) que tes récits autobiographiques . Ce bouquin, c'est "Jim Clark par Jim Clark" . Chez les Arnold, tu te trouves donc en très bonne compagnie ; sauf que Jimmy ne peut, hélas, plus rien raconter .
Il est, par ailleurs, étonnant que nous ne nous soyons pas rencontrés sur les circuits d'alors .
Mais, peut être seras tu présent à Reims les 13 et 14 septembre .
So long .
J.C.A.
Ecrit par : jc arnold | samedi, 16 août 2008
Plein cadre qu'il l'a posé dans son livre sur Chimay André Biaumet.
"Les Grand Prix des Frontières 1960 - 1973 ", Tome 2, page 111.
[IMG]http://i38.tinypic.com/vq15aq.jpg[/IMG]
Légende: "Deux des nouvelles Martini MW7: Jacques Coulon (n°21) et Guy Dhotel (n°14) - photo Jacques Gallien)"
Résultat, "l'empapahouteur*" juste derrière Guy Dhotel (Je suis désolé d'avoir trop tôt dévoilé une futur position de Roger Hurst)
J'espère ne pas "encore gaffer de publier la Martini (Chanson connue: Si vous voulez, regaler vos amis, offrez un Martiniiiiii !)
* Quelle définition donneriez-vous au verbe ?
Ecrit par : JLM | samedi, 16 août 2008
JLM, tu es incroyable! Un grand merci pour cette photo mais quelle bibliothèque as-tu pour retrouver tant de choses? Je t'en prie, ne publie pas la photo où je suis sur le podium à Monaco en 72 dans les bras de Caroline de! Arrête de chercher, cette photo n'a été qu'un rêve...
Merci JCA d’apprécier mes récits. Pourquoi ne s’est-on jamais rencontrés ?
Une première explication : en F3, j’ai d’abord couru après le temps : dans le parc coureur, (qui pour moi méritait bien son nom) j’étais toujours en retard d’un changement de pignons, d’une vidange, d’un réglage de suspension quand ce n’était pas simplement un autocollant avec le numéro de course ! Comme Freddy, mon pote, n’était hélas pas toujours là, les opérations les plus simples pouvaient me « bouffer » le peu de temps libre. Je n’ai pas beaucoup discuté, tranquille, dans ces parcs F3.
Et puis, c’est vrai, je ne cherchais pas à me faire connaître des sponsors. Mes résultats catastrophiques en circuit m’incitaient à me faire discret : Ce ne sont pas mes deux demi-saisons en F3 qui m’ont rassurées à ce sujet! Jamais je n’aurai osé venir vous voir, ton père et toi sans y être invité.
Pourquoi pas Reims les 13 et 14 septembre ? Il suffit que je décide mon épouse à « monter vers la froidure ». Je plaisante : il faut plutôt que je me décide à revoir le passé.
Ecrit par : guy dhotel | samedi, 16 août 2008
Bravo Guy Dothel !
C'était le temps où ça sentait si bon la démerde, de ces générateurs qui trouaient le soir, de ces boites de vitesses changées dans l'herbe, de ces combinaisons lardées de scotch noir et de cambouis, de ces jeans troués, de ces paddocks sans eau, de ces laisser-passer foireux...
De ce bonheur de ouf sitôt lancées les meutes.
De ce départ de ouf avec deux roues dans l'herbe !
Merci de ces lignes, Guy Dhotel !!!
Heu...
Vite, vite, vite, la suite
Ecrit par : eric bhat | samedi, 16 août 2008
Je pense qu'on est nombreux à lire mais aussi, sur ce sujet comme sur d'autres, à ne pas réagir, puisque ne pouvant rien apporter en complément d'information ; pour autant et c'est le sens de mon post, quel bonheur de vous lire sur ces temps passés, où la passion s'exprimait à l'état brut, où le bonheur était de vivre pleinement celle-ci !
Merci à Guy comme aux autres contributeurs pour toutes ces anecdotes ici et là qui sont le témoignage on ne peut plus vivant d'une époque malheureusement révolue...
Ecrit par : Pierre V. | dimanche, 17 août 2008
Guy,
une petite précision pour mieux suivre le récit ... le fameux "troisième et dernier droite", sur le plan, c'est lequel ?
Merci.
CG
Ecrit par : Christophe G. | lundi, 18 août 2008
Effectivement, le plan officiel correspond aux nationales actuelles avec leurs carrefours très arrondis. Il faut aller sur Google Earth , taper Chimay, et remonter la N53 à contresens du circuit jusqu’à son carrefour jusque la N573.
Zoomez sur ce carrefour et imaginez le il y a 37 ans : la « 573 » se jetait à angle droit dans la N53, on tournait à droite. La place a disparue, les voies élargies, on ne reconnaît plus grand chose.
Ne reste du « vrai » circuit, environ deux kilomètres après et à droite en « descendant » la N53, que l’antique tour de chronométrage qui devrait être détruite d’ici peu. L’épingle de Chimay est devenue un bel arrondi, de même que les deux angles acérés de Salles.
Le circuit de Chimay, c’était : N53, droite en 1ère pour la N593, à fond jusque Salles, droite en 2ème puis droite en 3ème puis à fond sur la 573 jusque ce fameux troisième (en fait quatrième) droite en 2ème, ou 3ème par le raccourci décrit.
La photo de JLM permet une évocation du profil de ce circuit en 1971. Il faudrait d’autres photos… Pour moi, croyez-moi, je n’oublierai jamais ce raccourci de dingues !
Ecrit par : guy dhotel | lundi, 18 août 2008
Bravo...et merci
Ecrit par : Gérard Gamand | lundi, 18 août 2008
Vraiment toute une époque
Ecrit par : Jacques Rivaud | lundi, 18 août 2008
Merci Guy,
c'est vu. Oui, on le revit vraiment ... Quand même, la surprise dans ce récit, c'est que vous ayez abandonné la F3 pour la discipline "de fou" par excellence, i.e. la côte (ou alors était-ce moins vrai à l'époque?) Et puis ça veut dire que tous ceux qui se sont retrouvés en F1 (Pesca, Cevert et Cie) l'avaient, cette mentalité de tueurs ...
CG
Ecrit par : Christophe G. | mardi, 19 août 2008
Christophe, vous tirez des conclusions hatives d'une course et d'une note. Attendez la suite. Non, tous les pilotes n'étaient pas des tueurs, mais le circuit de Chimay avec ses lignes droites interminables et des F3 qui plafonnaient lamentablement à 210 ou 220 conduisait à des extrémités difficuiles à avalert pour le débutant que j'étais.
Quand à la course de côte, on roulait contre le chrono. Personne ne vous poussait à faire un temlps, à part vous.
Amicalement
Ecrit par : guy dhotel | samedi, 23 août 2008
Superbes aventures, et grand plaisir de retrouver des noms autrefois familiers - Jacques Coulon, dont on disait qu'il aurait pu rêver à une grande carrière s'il avait abandonné son métier (prof de techno?).
Je viens de taper son nom sur Google et je ne trouve rien. Navrant.
Ecrit par : su. | samedi, 23 août 2008
Trois semaines d'absence de ma part, loin de tout et d'internet ; à mon retour quel plaisir de lire une chronique de Guy Dhotel, toujours impeccable ! Vraiment on ne se lasse pas de l'évocation de ces années. Je recommande par ailleurs les deux excellents tomes de Jurg Dübbler (éditions du Palmier) sur les courses de F3 1000 cc mais vous les avez sans doute tous lus ... peut être nous verrons nous tous à Reims comme ce fut le cas l'année dernière de manière impromptue pour quelque uns !
Ecrit par : Christian Magnanou | samedi, 23 août 2008
Christophe,
Je n'ai pas abandonné la F3, malgré ma "décision" du retour de Chimay. J'ai continué, fait une demi saison 1972 et arrêté réellement alors, faute de moyens.
Cette course de Chimay était la dernière du genre, à savoir des lignes droites interminables où les monoplaces plafonnaient interminablement à 210 ou 215kmh. Ca faisait bouillonner sous les casques et expliquer des comportements pas très sains. Je n'ai jamais revu de telles "attaques kamikaze" sur d'autres circuits, on avait des passes plus savoureuses en virage ou au freinage!
Mentalité de tueurs? C'est à vous de juger. Certains pilotes étaient réputés plus "durs" que d'autres. Mais aucun ne pouvait se permettre de faire des politesses:"après vous, je vous en prie..." Honnêtement, la course était plus sauvage que maintenant, les pénalités pour pilotage dangereux n'existaient pas.
L'insécurité détait une constante en circuit comme en côte. La descente et la cuvette de Charade ou celle des Essart valaient largement l'insécurité des courses de côtes. Avec la différence que vous pouviez y être en peloton. En côte, vous étiez seul à décider de votre vitesse.
Ecrit par : guy dhotel | lundi, 25 août 2008
Merci Guy pour toutes ces précisions,
votre témoignage est passionnant pour qui n'a fait qu'entrevoir la fin de cette époque. En plus, vous savez y mettre la manière!
Ecrit par : Christophe G. | lundi, 25 août 2008
Bravo Guy,
Quel style dans le pilotage et l'écriture.
Encore merci pour le plaisir de lire cette note (ainsi que les précédentes).
Vivement la prochaine !
Franck MARIE
Ecrit par : Franck Marie | lundi, 25 août 2008
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