mercredi, 30 juillet 2008

Ombres au tableau de Montlhéry

Bernardjauffres.jpg



24 heures après que cette photo a été prise, l'homme qui se tient à l'arrière de l'auto mourra. Il s'appelait Bernard Jauffres, avait 58 ans, officiait comme commissaire de piste. Il est le dernier être humain à qui l'autodrome a ôté la vie.



Dimanche 24 juin 2001. Autodrome de Linas-Montlhéry. Grand Prix de l'Age d'Or. Trophée Maxi 1000. 11 h 30.

Il fait beau et chaud, un vrai temps d'Age d'Or. Montlhéry ronronne doucement à la recherche de sa gloire passée. Au volant de sa Mini Cooper, Bernard Houzelle, 54 ans, aborde la chicane Est à grande vitesse. Ça a beau être l'Age d'Or, ça va vite. Soudain une douleur atroce dans la région gauche de la poitrine, voile noir, puis plus rien. Privée de son pilote dont l'enquête déterminera qu'il a trouvé la mort à cet instant précis - crise cardiaque -, la voiture file droit et percute mortellement un commissaire de piste. Bernard Jauffres.


Bernard Houzelle et Bernard Jauffres sont les derniers d'une longue liste [1] :

- Antonio Ascari, 26 juillet 1925, GP de l'ACF sur Alfa Romeo type P2
- Marius Breton, 12 octobre 1926, tentative de record dans la Panhard dite "Lame de Rasoir"
- Gérard de Courcelles, 3 juillet 1927, accidenté dans une course de formule libre en ouverture du GP de l'ACF.
- René Cozette, 20 août 1929, tentative de record
- Amedeo Ruggeri, 8 novembre 1932, tentative de record sur une Maserati type V5
- Roger Masson, 8 avril 1951, dans une course de moto
- Guy Mairesse, 24 avril 1954, essais des Coupes de Paris dans sa Talbot Lago T26GS
- Un enfant  inconnu, 24 avril 1954, tué par la Talbot de Guy Mairesse alors qu'il ramassait du muguet avec deux copains aux Deux-Ponts
- Benoît Musy, 7 octobre 1956, Coupes du Salon, sa Maserati 200S passe au-dessus du virage relevé, s'écrase devant les garages en contrebas
- Louis Rosier, 29 octobre 1956, accidenté le 7 octobre aux Coupes du Salon
- André Loens, 6 octobre 1957, Coupes du Salon, Maserati 200S
- Caroline Taste, juin 1961, accidentée avec une Austin Healey Sprite le 3 ou 4 juin 1961
- Henri Oreiller, 7 octobre 1962, Coupes du Salon, seul accident mortel dans une Ferrari 250 GTO
- Paul Armagnac, 20 octobre 1962, 1000 km de Paris lors des essais dans une René Bonnet
- Peter Lindner, 11 octobre 1964, 1000 km de Paris, sa Jaguar E Type touche l'Abarth de Franco Patria, fauche trois commissaires qui décèderont
- Franco Patria, 11 octobre 1964, 1000 km de Paris, Simca Abarth
- René Dumoulin, 11 octobre 1964, commissaire de piste
- Roger Millot, 11 octobre 1964, commissaire de piste
- Jean Pairard, 11 octobre 1964, commissaire de piste
- Jean Rolland, 17 septembre 1967, essais privés pour les 1000 km de Paris, Alfa Romeo 33/2
- Marcel Reichel, 4 octobre 1974, journaliste à L'Auto-Journal, décédé lors d'un essai
- Philippe Collas, 10 octobre 1976, Challenge Honda (moto) disputé lors des Coupes du Salon. Chute au Deux-Ponts
- Bernard Houzelle, 24 juin 2001, GP de l'Age d'Or, Trophée Maxi 1000, Austin Mini Cooper
- Bernard Jauffres, 24 juin 2001, GP de l'Age d'Or, commissaire de piste, fauché par l'Austin Mini Cooper de Bernard Houzelle


plaque.jpgLa veuve de Bernard Jauffres, Mme Claude Jauffres, fleurit chaque année la plaque qu'elle a fait poser en hommage à son mari. Son quotidien est fait de la lutte qu'elle mène pour obtenir réparation du préjudice subi. Son histoire est une version mécanisée de la lutte du pot de terre contre le pot de fer. Elle affirme avoir mis en évidence une série de dysfonctionnements qui l'ont convaincue de recourir à la justice.

L'organisateur, l'Asave, n'aurait pas été assuré légalement à la date du meeting ; le pilote Bernard Houzelle n'aurait pas subi une visite médicale dûment pratiquée par un médecin du sport. De plus la chicane Est (photo ci-dessous) était dépourvue en 2001 des pneus protégeant sa sortie, qui étaient bien présents en 2000 - alors qu'en 2002 on a édifié une protection en béton pour les commissaires. Au vu de quoi elle a assigné l'Etat pour responsabilité sans faute et demandé 150 000 euros à titre d'indemnité en réparation du préjudice subi.

Le 30 novembre 2006, le Tribunal administatif de Versailles rejetait sa demande. Après appel, le Cour administrative d'appel de Versailles confirmait le 10 juillet 2008 le rejet du Tribunal de Versailles.
Madame Jauffres, de conclure sa lettre : " [...] De toute façon j'irai jusqu'au bout de toutes les procédures pour savoir la vérité et je vous autorise à faire la lumière sur toute la vérité."

Contact :
Madame Claude Jauffres
antinea7@wanadoo.fr

Il nous a semblé de notre devoir de rendre compte de ce que cachent parfois des noms inscrits sur des listes de disparus, que le contexte de la course automobile pare de romantisme.


chicaneest.jpg





[1]
Voir aussi Un dimanche à l'autodrome, fantômes du Routier
(Merci à Jean-Louis Mathieu)




Bernard Jauffres, 24 heures avant
, archives Claude Jauffres
Inserts France 2 © INA
Plaque commémorative, archives Claude Jauffres
Chicane Est, archives Claude Jauffres 

Commentaires

C’est bien difficile de s’immiscer dans un tel drame humain.
La question que je vais poser est certainement superflue mais, existe-t-il une association ou un club des Commissaires de pistes bénévoles ?
Et si c’est le cas quel est son point de vue ?

Écrit par : gianpaolo | mercredi, 30 juillet 2008

Il me semble que tout les commissaires de pistes sont bénévoles (même sur de grandes courses comme les 24 h du Mans). Ils le font car se sont de véritables passionnés et les avantages en nature se limite le + souvent aux repas. J'étais à l'age d'or lorsque l'accident c'est produit. Pas à la chicane Est mais à la chicane Nord. J'ai pas mal d'amis qui court en maxi 1000 et en parlant avec eux par la suite il en ressort qu'ils furent très touché par cette accident. Aussi bien par la mort de leur ami pilote que par celle du commissaire. D'autres amis qui se trouvaient à la chicane Est m'ont raconté que certains spectateurs avaient essayé d'alerter le commissaire lorsque la Mini avait décroché et lui fonçait dessus mais en vain.

Écrit par : GIGI | mercredi, 30 juillet 2008

C'était l'époque des records du Monde.
Le 11/08/1934,Renault aligne un chassis Vivasport munie d'une carrosserie dessinée par Riffard.
Objectif,reprendre le record des 48H à plus de 170 Km/h.
Georges Berthelon prend son relais le 12/08/1934 .A 3h30 c'est le drame...

Hommage à Bernard Jauffres et Bernard Houzelle.

Écrit par : CM | mercredi, 30 juillet 2008

Cher JL.Mathieu ,vous avez oublié un nom dans cette ( trop longue ) liste : celui de Paul Armagnac qui a trouvé la mort lors des éssais des 1000kms de Paris en Octobre 1962 dans une sortie de route au volant de sa DB-Panhard dans la cuvette de Couard.
Quant à Philippe Collas , il est décédé en 1976 et non pas en 1967 comme vous l'ecrivez .
Cordialement

Écrit par : Philippe DELNEUF | mercredi, 30 juillet 2008

Quand je lis le texte, je ne lis rien que le texte, mais tout le texte y compris les renvois.

Merci de suivre le lien indiqué par l'auteur de ces lignes -([1] Voir aussi Un dimanche à l'autodrome, fantômes du Routier (Merci à Jean-Louis Mathieu)- , de telle sorte, cher Philippe DELNEUF, vous lirez que je n'avais pas oublié Paul Armagnac, aussi surnommé le notaire de Nogaro.

Par la même, cher Philippe DELNEUF, vous lirez - en suivant le même lien - que je n'ai pas interverti deux chiffres dans une date puisque je ne les avais pas écrits.

Voilà Ph. Delneuf ! Sportivement, bien cordialement.

Écrit par : JLM | mercredi, 30 juillet 2008

Erreurs corrigées, Philippe. Paul Armagnac, tout de même, l'oublier...
Et erreur entièrement imputable au TDCB qui s'enlève le T de trop.

Merci. D'autres mises à jour, notamment sur les épreuves moto, seront sûrement nécessaires.

Écrit par : Mémoire des Stands | mercredi, 30 juillet 2008

Toutes mes excuses cher JLMathieu , je vous ai accusé à tort d'une erreur imputable au TDCB.
Mea culpa !

Écrit par : Philippe Delneuf | jeudi, 31 juillet 2008

Madame Claude Jauffres, dans un droit de réponse reçu ce matin, indique qu'elle contredit les témoignages rapportés dans la note, selon lequels Bernard Jauffres tournait le dos à la piste.
"J'étais présente et j'ai la vidéo. Je vous rappelle que j'ai failli être tuée en premier ainsi que le commissaire qui était avec moi, en jaune. Et que j'ai sauvé la vie de ce commissaire.
A cet endroit il surveillait la chicane et Bernard Jauffres était devant la cabane – ou en principe se trouvaient quelquefois des invités. Il était de ¾".
Elle indique enfin qu'elle fait appel de la décision du 10 juillet.

Nous ne publions pas l'intégralité de son courrier - très critique envers les parties prenantes - car ce blog n'a pas vocation à se suppléer à la justice. Notre propos dans cette affaire est de mettre en lumière le travail des commissaires de piste, qui sont parmi les plus exposés des acteurs du sport automobile. On apprécierait d'entendre leur avis.

Écrit par : Mémoire des Stands | jeudi, 31 juillet 2008

Il y a pas mal de temps, je me suis offert le luxe d'être commissaire de piste. Le luxe, car être aux premières loges, voir les trajectoires des véhicules, discuter avec les pilotes, observer les journalistes, les photographes faire leur travail, c'est un luxe mais un luxe qui se paye. D'abord le prix de la licence chaque année. Nous n'étions pas rémunéré bien sur sauf pour des opérations privées genre Simca Racing Team (ça ne nous rajeunis pas !) ou un petit chèque permettait de compenser les frais. La nourriture était si bonne que la plupart du temps je m'emmenais un casse croute.
Le travail a faire est bien entendu dangereux, la vigilance est essentielle. Il faut une bonne connaissance de la course, des pilotes, suivre le déroulement pour savoir qui double qui, toujours sur un pied d'appel pour les coups durs. Pour les motos c'est pire, car quand une chute se produit, la moto part d'un coté en rebondissant, le pilote d'un autre, quand ce n'est pas le carénage ou même le réservoir. Les monoplaces monotypes n'étaient pas mal non plus. Se faire engueuler était le mot d'ordre général, parce que l'on n'avait pas vu que 500 m en amont il y avait de l'huile, etc. ...
Une anecdote parmi tant d'autres :
Un photographe était à coté de moi pour shooter une course de formule france (ça ne nous rajeunis toujours pas !) lorsqu'un carton se produit un peu avant nous. Lui, regardant le viseur de son 6x6 suedois calé sur son ventre, moi voyant arriver vers nous une roue ...
je le pousse dans le dos, il comprend que le salut est de plonger dans l'herbe humide. Le danger passé, je l'aide a se relever, et là ... j'entendrai toute ma vie ce "vlouf" fait par le fameux (de moins en moins) 6x6 suédois lorsque notre photographe s'est relevé et a extrait son appareil photo de la boue.
Rien de grave, rien que du matériel, mais beaucoup de miracles chaque fois. Comme souvent dans nos sports mécaniques.
Il n'en est pas toujours ainsi.
Donc, travail de chaque instant selon l'endroit. Je dis bien selon l'endroit.
Et enfin, combien de spectateurs mal placés, sans notion du danger, par rapport aux commissaires de piste. Et combien de spectateurs fauchés, d'accidents qui n'avaient rien d'une fatalité.

Écrit par : AG | jeudi, 31 juillet 2008

Qu'ajouter ?

Sinon que je compatis à l'extrème douleur de Mme Jauffres; en tant que membre d'une Association Sportive Automobile qui organise administrativement une épreuve sur piste, il n'ait pas une année sans que, au moment où nous devons arrêter notre "choix" quant aux commissaires qui vont "oeuvrer" sur le bord, avec comme seule protection un rail et beaucoup d'attention, nous pensions à celles et ceux qui y ont laisser leur passion.

Aujourd'hui, parce que les règlements évoluent au fil du temps et de malheureux évènements, un commissaire, pendant une épreuve ne peut être seul.
Un qui surveille l'amont et l'autre l'aval, non pas en spectateur mais en tant qu'acteur de la sécurité sur la piste; ces gens là, bénévoles et ultruistes, sont indispensables au bon déroulement des courses.

Notre, pétite, épreuve n'échappe pas aux règles et nous nous devons de respecter, à la lettre, la règlementation tant pour la sécurité des pilotes et des personnes oeuvrant sur la piste que vis à vis du public.

Beaucoup, trop, ont payé de leur vie leur passion et rarement parce qu'il se sont pris un pied dans un tapis.

Sur des "forum" et des "blog", on lit, "c'était mieux avant", maugréer contre les grillages et autres câbles, poteaux, buttes de terres y compris de la présence de commissaires dans le champ de vision ... que répondre à ces rédacteurs ?

Que dire ou rétorquer à un pilote qui rouspète parce qu'un commissaire a ou n'a pas tendu, agité, levé un drapeau.
Ou parce que le commissaire rédige un rapport pour dépassement sous drapeau jaune ?
Ou parce que la rédaction du rapport, obligatoire, après accident ne convient pas ou que les termes employés ne sont pas ceux qui .... ou qui aurait du être écrit ....comme ceci ou comme cela ... , que les faits ne sont pas relatés comme ils se sont réellement passés, que les mots et les phrases dans la rédaction n'ont pas la même signification quai Conti et dans le vocabulaire populaire.

Voilà mon témoignage en tant que membre d'une organisation où notre credo s'appelle SECURITE

Gouverner c'est prévoir ! écrivait Emile de Girardin

Emile de Girardin
Journaliste français
Né à Paris le 22 juin 1806
Décédé à Paris le 27 avril 1881

Écrit par : JLM | jeudi, 31 juillet 2008

Je vous remercie TOUS
Mais avant de passer des messages sur la mort de mon mari
Surtout les réponses
Il me serait agréable d'avoir un contact avant
Car je pourrais vous répondre directement
Je vous remercie
Madame CLAUDE JAUFFRES LICENCE 7115
je vous expliquerais ce que devient la SECURITE et la formation des commissaires BENEVOLES

Écrit par : Claude JAUFFRES | vendredi, 05 juin 2009

Voilà j'ai maintenant 17ans et j'étais sur le circuit comme spectateur lors de ce drame, après cet accident les courses qui devaient suivre ont été retardé ( bien normale ), il me semble dans mes souvenirs que c'était Mme Claude Jauffres, elle même commissaire qui avait décidé de poursuivre les courses du weekend car c'était se que son mari aurait voulu.
Se ne sont que des souvenirs et je voudrais avoir confirmation si cela est possible ?

Cordialement Sylvain.

Écrit par : Riby Sylvain | samedi, 20 juin 2009

Exacte Sylvain,
Je ne voulais pas que les commissaires soient et restent dans un traumatisme.
De toutes les façons – la course serait repartie – il avait beaucoup trop d’argent a perdre.
L’argent est en premier – même avec les assurances – par le pas vue pas pris.
Alors les règlements – si vous avez de l’argent n’aurez jamais de condamnation.
Depuis – il y eu d’autres commissaires de tués et de blessés….
Néanmoins – je pensais qu’il y aurait de la solidarité de la part des instances.
Mais absolument RIEN.
Nous avons constaté – que rien ne bouge.
Ils seraient bien, qu’il y est enfin – une association de défense des commissaires.
Pour nous parler de sécurité – sa oui – mais pour la mettre en place….
Vous connaissez les Messieurs de la gonflette, avec des titres.
Ils ont trop peur de perdre leur licence. Ne parlons pas de certain organisateur…
Ne vous faites pas d’illusion sur la mentalité du sport automobile.
Nous ne sommes que des bénévoles – donc pas grand-chose.
Le maître mot Politique et Argent
Amicalement
Madame Vve JAUFFRES Claude

Écrit par : Claude JAUFFRES | samedi, 20 juin 2009

Merci de votre réponse Claude.

Avec mon père on était admiratif de votre décision car cela demandé un certain courage.
Il est vrai que dans notre monde actuel l'argent passe avant tout et cela est regrettable, il est aussi vrai qu'il faut que des accidents comme celui-ci arrive pour que l'on mette en place des éléments de sécurité, alors qu'on aurait pu les mettre avant et éviter plusieurs accidents.
Heureusement de nos jours la sécurité dans le sport automobile c'est nettement amélioré, que se soit pour les pilotes, les commissaires et les spectateurs mais dans ce sport le danger est présent et le sera toujours.
Les commissaires sont bénévoles et passionnés par le sport automobile, de plus ils risquent leur vie pour sauver d'autres personnes et pour cela on se doit de les respecter.

Cordialement Sylvain.

Écrit par : R. Sylvain | mardi, 23 juin 2009

MERCI DE VOS PASSIONS POUR LA SECURITE
- A TOUS LES COMMISSAIRES
M. Denis LELIEVRE – je me souviendrais toujours de vos dernières paroles, vous avez rejoint Bernard JAUFFRES.
Je présente mes condoléances à toute sa famille.
Vve claude JAUFFRES

Écrit par : claude JAUFFRES | mardi, 01 septembre 2009

Pour mettre un nom à la place d'un enfant inconnu le 24 avril 1954.
Extrait de la presse d'époque :
Fauché par la voiture, le petit Alain Lancelle gisait, mort, près du bolide déchiqueté. Le pilote, éjecté de son siège, était allongé sur le ventre, au pied d'un arbre. N'était-ce que par le numéro peint sur les flancs de la voiture (N°21), on savait déjà le nom de ce malheureux conducteur: c'était Guy Mairesse ! Lorsque les ambulanciers du camp militaire vinrent le chercher pour le conduire, agonisant, à l'hôpital d'Arpajon, ils durent enlever de ses doigts crispés un morceau de volant arraché qu'il tenait à pleines mains…

François STEPHAN, secrétaire Club Talbot

Écrit par : STEPHAN | samedi, 26 décembre 2009

Bonsoir,

Je suis la fille de Bernard mort le 24 juin 2001 alors que 2 mois après j'accouchais de ma fille qu'il n'aura du fait jamais connue !!!
D'année en année je lis des commentaire sur l'accident tragique et vis l'histoire d'un père et d'une fille qui n'ont pas eu l'occasion de se dire au revoir.....
Mais au fond de moi je me conforte à l'idée que chacun prend ses risques et que tous rêve de mourir en 1 seconde en exerçant leur passion.
J'ai pour ma part aucune animosité au regard de ce qui s'est passé, j'ai alloué le droit à sa compagne de se marier à titre posthume et n'ai jamais envisagé aucune poursuite.
Le chagrin est une chose intime qui parfois nous ronge mais qui aussi nous donne une force incomensurable.
Je n'ai jamais étalé mes regrets ni mes peines sur la place publique mais chaque année je suis près du circuit à regarder la plus belle des étoile celle de papa

Écrit par : LAURENCE JAUFFRES | samedi, 05 juin 2010

L'on ne peut qu'éssayer de partager la peine immense, la pire, la plus absolue, que celle de perdre un Père qui n'aura pas connu sa petite Fille... D'autant que les Commissaires de Piste sont des bénévoles, des Passionnés, l'intérêt n'est pas leur "moteur" dans un "monde" où, déjà, seul l'intérêt matériel prévalait...J'ai assisté à nombre de "crashs", soit lors d'éssais, soit en acteur, étant en piste. Heureusement je n'ai jamais eu à bénéficier directement de leur aide pour sortir de mon auto, si, une fois, à "Mirabeau", leur aide vu bienvenue, car mes jambes ne m' "obéissaient" plus, pas de ceintures à l'époque, en 1969. J'ai toujours remarqué leur courage à enjamber les rails et agiter le drapeau idoine, d'autres portant secours au pilote...souvent de dos, ne pouvant faire autrement pour extraire le pilote accidenté car celui-çi était "choqué", voire "groggy", les voitures suivantes arrivant encore à grande vitesse...chapeau et merci. Pilote, l'on sait que les Commissaires sont là et pour nombre près à donner le meilleur d'eux-mêmes, voire le sacrifice suprême pour sauver une autre vie... D'autant que leur équipement n'est, n'était absolument pas adéquat jusqu'aux années 68/69 et bien après, pour ce que j'ai constaté, même en 1976. Après, ils furent équipés de combinaisons anti-feu et souvent casques en 2005/2006. En 1968/1969 et bien des années après, à savoir; combinaisons blanches certes pour la "lisibilité", semblant en matière plastique !?! donc non-ignifugées, pire... inflammables !!!, pas de gants, pas de casques... Que des extincteurs "à main", n'ayant que leur courage et leur présence d'esprit pour porter secours aux compétiteurs.
Madame Laurence Jauffres, c'est l'Hommage que je voulais rendre à votre Père en tant que spectateur, passionné de compétitions automobiles et surtout compétiteur.

Écrit par : François Libert | dimanche, 06 juin 2010

Une pensée pour papa en cette période de la Toussaint.
Merci à François pour ces mots en juin dernier.
Je n'oublierais jamais...

Laurence

Écrit par : jauffres | vendredi, 12 novembre 2010

Écrire un commentaire