samedi, 19 juillet 2008

Ma Howmet au Mans Classic !

howmet1.jpg


Voir aussi
Cahier de brouillon du Mans Classic
La Simca 8 de mon père
Les souvenirs extraordinaires de Jean-Luc Roy
Accueilli en Triumph



Qu'on se rassure, votre serviteur n'a pas aperçu le Prophète prêchant dans les stands. Il s'agit simplement de la traduction du plaisir éprouvé par Xavier Micheron, co-propriétaire avec son frère de la Howmet à turbine inscrite dans le plateau 5, à l'idée que son auto mythique courrait au Mans quarante ans après la seule et unique participation d'une Howmet aux 24 heures. C'était en 68.




Mémoire des Stands
: Vous participez au Mans Classic avec une auto que nous n'avions pas revue courir depuis 1968...
Xavier Micheron : En effet lorsque j'ai su que mon frère et moi pouvions acquérir cette voiture, j'ai pensé qu'elle correspondait à ce dont j'avais envie, c'est-à-dire faire revivre cette merveilleuse période où les constructeurs avaient la liberté du choix de la technologie. Il y avait dans les courses d'endurance des autos légères, faiblement motorisées, cherchant l'aéro, qui se confrontaient à d'autres plus lourdes, très ou surmotorisées. La Howmet est l'exemple extrême de cette liberté dans l'exploitation des règlements et de la technologie. Tout le contraire de ce qui se passe aujourd'hui. Nous l'avons achetée il y a un an et nous espérions assumer notre rêve : courir et faire courir cette voiture emblématique au Mans.

howmet2.jpgMdS : Parlez-nous de cette auto somme toute mystérieuse.
XM : Le commanditaire de cette voiture était la firme Howmet, fabriquant de pièces en alu destinées a l'aéronautique. C'est pour cela que le cahier des charges imposait que de nombreuses pièces en alu soient visibles et non peintes. La renommée et les retombées médiatiques ont permis a l'actionnaire principal de Howmet de vendre sa firme un bon prix à Pechiney en 1969. Ce fut une belle opération technologique, médiatique et financière à l'américaine. C'est Ray Heppensttal qui a été chargé de développer le projet sur la base d'un châssis McKee. Il fabriquait des châssis pour des Canam, il pilotait également cette machine. Elle a fait sa première course aux 24 heures de Daytona 68, la piste était très sale, très poussiéreuse et la turbine a grippé, c'est pourquoi lors de la course suivante qui eut lieu à Sebring les ingénieurs ont ajouté cet appendice sur le toit ; il sert à canaliser et réguler l'air pénétrant dans la turbine [1].
Bob McKee est toujours vivant, il vit dans l'Illinois, je l'appelle presque toute les semaines. Il y a un mois environ, je m'inquiétais auprès de lui de savoir comment nous allions refaire des pièces lorsqu'elle seraient en bout d'heures. Il m'a dit de ne pas m'inquiéter. Quelques jours après FedEx me livrait un gros rouleau en carton dans lequel contenant l'ensemble des plans de construction de la machine. J'ai tout !

MdS : Elle est dans un état impeccable, vous l'avez touchée comme tel ?
XM : Cette voiture a été restaurée par Bob McKee en 1996, il avait racheté les deux exemplaires 1 dollar symbolique à Howmet lorsque après une saison ils ont décidé de cesser la compétition.

MdS : ??
XM : Oui, 1 dollar.

MdS : Pourquoi ont-ils abandonné la compétition ?
XM : Il faut bien dire qu'elle n'était pas réellement adaptée aux courses d'endurance de l'époque. D'abord pas pilotée par de grands pilotes comme l'étaient ses concurrents Ford, Ferrari, Chaparral. De plus le concept même de la turbine, compte tenu du règlement qui exigeait des ravitaillements moteur coupé, obligeait les mécaniciens à déverser des kilos de glace sur la turbine à chaque arrêt, je vous laisse imaginer les chocs thermiques que cela pouvait provoquer.

MdS : Pourquoi de la glace ?
XM : Parce que une turbine ne se redémarre pas à chaud. Cela faisait perdre beaucoup de temps dans les stands. Si l'on regarde la performance pure de cette auto, elle aurait été devant ou pas très loin des premiers. Pour les courses historiques où les runs sont en général d'1 h ½ c'est parfait, avec un plein de 95 litres de kérosène il n'y a pas besoin de ravitailler. Les réponses sont dans l'Histoire. Pour ce qui est de la maintenance nous avons la chance d'avoir notre chef mécanicien Olivier dont la spécialité est l'aéronautique.

MdS : Comment expliquer la particularité de la Howmet ?
XM : Comme chacun le sait son propulseur est une turbine type hélicoptère, mais la particularité intéressante est que pour réduire le temps de réponse et même le supprimer les ingénieurs ont inventé un système de déviation des gaz, une sorte de by-pass commandé par une vanne de décharge directement reliée à l'accélérateur. Ces gaz s'évacuent par ce troisième pot d'échappement. Je suis très heureux de pouvoir donner ces précisions car trop souvent fut fait l'amalgame entre le système de la Howmet et le système adopté un temps par Lotus et par Rover. Cela explique le pourquoi des trois énormes échappements caractéristiques. Les systèmes de ces deux constructeurs avaient certainement des qualités mais avaient un temps de réaction de plusieurs secondes, en particulier à la décélération qui devait rendre les freinages très inconfortables.
Je vais vous étonner mais cette voiture qui parait monstrueuse est assez facile à piloter ; un accélérateur, un frein, un volant, comme un karting en somme. Pas de boîte de vitesse, on a le couple maxi très vite, 58 mkg, 380 ch, à l'époque la Howmet était l'équivalent d'un 3 litres. Je dois dire que la nuit c'est un peu plus difficile car elle éclaire assez mal, nous sommes en 55w, nous n'avons pas eu le temps de moderniser l'éclairage. Pour conclure je vais vous confier un truc : cette voiture a effectué sa dernière course sur ce circuit en septembre 1968, je suis né en novembre de cette même année, alors c'est elle qui m'indique les trajectoires.

howmet3.jpg


Jean-Paul Orjebin




Le Mans Classic . Circuit de la Sarthe . 11-13 juillet 2008
Site officiel : www.lemansclassic.com



[1] Voir la page de Peter Stowe



Images © Jean-Paul Orjebin

Commentaires

Manque plus que la bande son...

C'est vrai suelle semblait impréssionnante et en même temps ... à portée de main et bien réelle.

Avant dans les bouquins, je l'imaginais comme une sorte de Messerchimtt 262, à réaction avec risque d'explosion... Un fantasme, quoi ...

Dommage qu'avec mon doc sur le plateau 1 je n'ai pas eu le temps de bien la voir, pendant la fin du palateau 5, on partait mettre en place les paluches et se poster sur la piste pour être en bonne place...

Quand on y repense, Le Mans Classic est vraiment une serie de 6 courses extra ordinaires, six aventures différentes...

Quel regard portera-t'on dans 50 ans voire seulement 20 ans sur un tel évenement ?

Écrit par : Xavier | samedi, 19 juillet 2008

C'est bien que vous interveniez de nouveau, Xavier. On avait pris goût à vos commentaires toujours éclairés et touchant à tous les domaines. Heureusement que Jean-Paul vous a retrouvé en salle de presse !

Écrit par : Mémoire des Stands | samedi, 19 juillet 2008

Du pur plaisir que de trouver sur MDS (évidemment!) un exposé clair sur cette voiture unique au sens propre et exceptionnelle.
Le principe de la turbine est passionnant: Je me souviens d'un interview de Graham Hill sur la "Rover turbine" du Mans: elle devait être conduite -et non pilotée- très calmement à cause d'un temps de réponse qui pouvait dépasser une seconde.
je ne connaissais pas le système permettant de réduire presque totalement le temps de réponse. Donc de rendre compétitive la turbine.
C'est une autre facette de cette superbe époque de la course auto où se cotoyaient V12 et 4 cylindres en ligne, H16 et turbine... Quant à la course moto, c'était technologiquement encore plus varié: 2 temps et 4 temps multicylindres se mélangeant aux monocylindres...

Dieu et bernie merci, maintenant, nos F1 sont standardisées avec des V8 limités à 19000 tm, en attendant un bridage plus sévère, puis le passage au diesel avec limitation à 4500tm et 50 dB. Juste le droit à une petite customisation des petits ailerons en tous sens, des moustaches simples ou doubles. Sorte de hérissons bariolés. Les pilotes se départageront au 100 000e de seconde sur des circuits d'un kilomètre.

Mais cette Howmet, quelle belle carrosserie! Une voiture à turbine n'était donc pas obligatoirement moche.

Écrit par : guy dhotel | samedi, 19 juillet 2008

Merci ô TTDCB, mais puis-je vous faire remarquer que c'est Gianpaolo qui a été surpris que je l'alpague en salle de presse. Le terme est certes exagéré...disons que je l'ai d'abord perturbé par le visionnage quelque peu sonore des bandes prises par les paluches précédement, ce qui avait mis son subconscient en éveil.

C'est avec plaisir que j'ai salué GT Dream aussi...et apperçu trop vite ce cher JLM. Le temps a passé vite depuis Rétromobile, notre dernière rencontre...

Un nouveau clip est sorti... sur La Mans classic 2006...et la bande pour JLM et Angoulême est prête...s'il s'en souvient...

Et le turbin alimentaire dans une époque en pleine mutation... Désolé pour mon absence, mon coeur n'a pas changé, mes rêves non plus...

Maintenant il y a 33 heures de plus de films sur Le Mans Classic 2008 à dérusher et monter...

Écrit par : Xavier | dimanche, 20 juillet 2008

Mémoire des Stands ne veut pas forcément dire Nostalgie des Stands mais quand on voit la liberté technologique qu'avaient les ingénieurs à l'époque, on peut quand même se demander si le sport auto reste encore le pinacle de la technique automobile...

Je découvre cette Howmet en lisant et relisant la note : je témoigne ici toute mon admiration à Xavier Micheron de faire revivre cette voiture afin que les plus jeunes partagent cette aventure technologique... Les voitures à turbine ont fait partie de mon imaginaire d'enfant qui rêvait de concevoir des voitures de course !

Écrit par : Olivier Leschiera | dimanche, 20 juillet 2008

Passionnant le parcours de cette Howmet, quel plaisir de revoir tourner ces autos et surtout pour les propriétaires de leur faire limer à nouveau l'asphalte, c'est émouvant et si courageux car ces passionnés y livrent souvent toutes leurs tripes ! Je me souviens d'une superbe bourre entre deux Alfa TT 12 lors d'un LM Story 2005 sur le dernier plateau! C'était magnifique...Et la 917 courte aux couleurs Martini...Et le ramage de la 650...Superbe!

Écrit par : f.Coeuret | dimanche, 20 juillet 2008

Superbe article encore.
Toutefois je ne suis pas d'accord avec la 1ère réponse Xavier Micheron. S'il est vrai que naguère au Mans « les constructeurs avaient la liberté du choix de la technologie », c'est encore le cas aujourd'hui. Moteurs essences turbos ou atmosphériques, diesels et bientôt hybrides se confrontent via un règlement commun.
Pour ma part je viens d’écrire un modeste article sur la TX, en espérant ne pas avoir commis d’erreurs : http://www.endurance-series.com/24h/2008/07_aout/22_howmet/article.html

Écrit par : LaGliche | mardi, 22 juillet 2008

Ce n’est pas l’article qui est modeste mais vous, LaGliche.
Xavier Micheron nous disait au Mans qu’a la première sortie de la TX à Daytona la turbine avait grippé en absorbant du sable et que pour la course suivante un orifice avait été ajouté sur le toit pour diriger le flux d’air et limiter l’absorption de poussières.
Avez-vous une photo de la TX dans sa configuration Daytona (avant le crash) ?

Écrit par : gianpaolo | mardi, 22 juillet 2008

JLM, il est plus fort qu’une turbine, son temps de réponse est encore plus court.
Mais je crains que ces docs soient des photos prisent sur des autos reconditionnées et plus dans l’état ou elles étaient en février 1968 (sans appendice sur le toit).
Ce qu’il faudrait trouver, c’est une photo d’époque, un vieux Sport Auto ou autres Moteurs courses.
Merci Jean-Louis.

Écrit par : gianpaolo | mardi, 22 juillet 2008

Que ne l'eussiez-vous écrit qu'il nous fallait nous transporter 40 ans en arrière.

Ainsi je ne vous offrirais que des repère de pages et de lectures mais pas de photo car, aucune nous la montre accidentée.

- Sport Auto bien sûr : n°74 mars 1968 "spécial Daytona" pages 10 et suivantes: Howmet à turbine fit une démonstration brève mais prometteuse, " ... l'un des gros problème de la turbine a été résolu de la façon suivante: la turbine tourne en permanance et lorsque le pilote "lève le pied", il ouvre un by-pass. C'est le grippage de ce système qui causa un accident après une heure de course. Gérard Crombac qui décrit une turbine Generale Electric expérimentale.
- Moteurs Courses n°66 mars-avril 1968 "24 Heures de Daytona" pages 50 et 51 "A toute vapeur" Dick Thompson s'intercala entre les Porsche et les Alfa avant d'être trahi par sa suspension avant" ! Alain Bertaut
- L'Automobile n°263 mars 1968 Howmet TX ... bla bla bla bla "C'est peu après le premier ravitaillement que le drame se joua. Lowther (Ed) avait pris le volant, il se trouvait alors - par le jeu des arrêts - en 11e position quand un blocage de l'accélérateur précipita la belle nouveauté contre le mur de protection ... ! Eric Della Faille évoque la Howmet "TX" engagée par la Howmet Corporation construite en coopération avec la Continental Aviation Engeneering Company.
- Virage, mars 1968 n°3, pages 9 à 12, Franco Lini écrit en légende de photo : " La Howmet, voiture expérimentale à turbine construite par Ray Heffenstal. Elle n'a tenu que 45 mn mais ne fut éliminée que par une rupture de sa suspension. La Howmet participera aux 12 Heures de Sebring et aux 24 Heures du Mans."

Pas retrouvé, dans l'immédiat, les Champions.

Pour vous consoler, quelques images furtives mais d'époque.
http://www.youtube.com/watch?v=vie23_NMT1c
http://www.youtube.com/watch?v=2qzqBq_OJjo
http://www.youtube.com/watch?v=m6VNz_yB4Co

Écrit par : JLM | mardi, 22 juillet 2008

Merci Jean-Louis.
J’essaie d’imaginer votre repère et les étagères surchargées avec les revues classées par titres et millesimes.
Cela pourrait ressembler à une cave de collectionneur de grands crus. Il doit flotter de délicieux arômes de papier vieilli.
Les arômes d’un Virage étant différents d’un Moteurs lui-même differents d’un Sport-Auto qui lui par contre ressemble aux Champions.
Et le Bureau de consultation avec l’ordi afin de répondre aux emmerdeurs qui ne possèdent pas d’archives complètes et qui posent des questions.

Écrit par : gianpaolo | mardi, 22 juillet 2008

Sauf erreur, il semble que l'appendice sur le toit état déjà présent avant la course de Daytona si l'on en juge par le dessin de couverture du programme.

http://www.racingsportscars.com/covers/_Daytona-1968-02-04.jpg

Écrit par : TP | mercredi, 23 juillet 2008

Cher LaGliche,

Votre raisonnement est intéressant, mais, car il y a un "mais":
"Les constructeurs avaient la liberté du choix de la technologie." a dit Xavier très justement.
Cohabitaient alors pêle-mêle en F1: moteurs de tous poils (de martre, tiens, bonjour Guivarc'h) dont les ingénieurs n'avaient qu'une idée: tirer le maximum: 1 puis 2,4,6,8,10,12 ou16 cylindres. A plat, en V en H, pire que le Kamasoutra! Les moteurs étaient refroidis par air (Honda RA302 à Rouen au potentiel moteur phénoménal mais qui fut hélas le cercueil de Jo) ou par eau, les soupapes par 2, 3, 4 et 5 (Yamaha entre autres) par cylindres, leurs commandes par ressorts, desmodromiques, pneumatiques. Pour tourner plus vite. Etre plus léger.
La moto avait ouvert la voie avec des V8 500 (Guzzi 56) 6 en ligne Honda (Mike the Bike)250cc, Pour les châssis, moteur avant et moteur arrière, suspensions… variées, etc..
Que voyons-nous maintenant?

"Moteurs essences turbos ou atmosphériques, diesels et bientôt hybrides se confrontent via un règlement commun." Dites-vous.
Evacuons d'abord les Formule 1: V8 à angle obligatoire (!), à essence obligatoire, 19000Tm maximum. Leur faut de petits ailerons de pingouins pour gagner des dixièmes, je préférais les tour-minutes qui ne coûtaient pas plus cher.
Règlement Le Mans: je vous passe les détails mais un diesel moins bridé et supercharged pour surpasser les "essences", je n'y vous pas d'intérêt sauf celui de Peugeot et d'Audi en attendant BMW en WTTC. Sont pas plus bêtes: un règlement est fait pour être utilisé à fond: le diesel est avantagé? Dans trois ans maxi, les dix premiers au Mans seront diesel. Admettons même qu'ils puissent faire un joli bruit: On peut toujours rêver. Expliquez-moi l'intérêt, cela m'échappe.

Et surtout, surtout, ne me parlez pas d'écologie. Ou alors, interdisons aux écuries de course (essence, diesel ou hybrides!) de se déplacer en avion, de trimballer leur cirque bling bling en super 38 Tonnes qui consomment 100l/h ou plus, de… etc.
Et puis, allons plus loin: pourquoi dans ces rassemblements si people faire encore courir des voitures? Elles polluent et dérangent les oreilles sensibles des biches aux yeux d'or agrippées au bras de vieux bellâtres qui, eux, ne savent plus très bien pourquoi ils sont là. "Ah si, la sortie sur le yacht de…" Au fait, combien consomme le yacht de… Et son annexe, à deux V12 pour s'amuser? Et l'hélico quand on en a marre de faire joujou?

Les empereurs romains savaient que le peuple est calme tant qu'il a "panem et circenses".
Le "panem" augmente ces temps ci, alors, si on nous enlève les "circenses"...

Mon cher LaGliche, je suis d'un autre temps: celui où les F1 polluaient mais pas leur entourage. Enfin, infiniment moins que maintenant.

Écrit par : guy dhotel | jeudi, 24 juillet 2008

Afin d’en savoir plus sur cet appendice, j’ai envoyé un courriel ce matin au propriétaire de la Hownet , Xavier Micheron afin qu’il nous éclaire sur le sujet.
Des que j’ai sa réponse je transmets.

Écrit par : gianpaolo | jeudi, 24 juillet 2008

Cher Guy,
Malheureusement je n’ai pas eu la chance de connaitre cette époque révolue ou le sport primait encore sur le marketing.

Mais si la F1 a définitivement perdu tout son intérêt technologique ce n’est pas, à mon sens, le cas des 24 heures du Mans. Vous dites que les diesels y sont avantagés, ce n’est pas mon avis mais il est forcément difficile de mélanger les genres autour d’un même règlement en conservant une équité totale.

En fait vous reprochez aux organisateurs de maintenir artificiellement la compétition entre différentes technologies (via les brides). Cette Howmet à turbine, admise en catégorie 3 litre et avantagé par cette équivalence (selon Ray Heppenstall himself) n’a donc aucun intérêt pour vous. Serait-elle donc le témoin de la fin d’une époque ?

Écrit par : LaGliche | jeudi, 24 juillet 2008

La Howmet ? Non, les Howmet:

- Daytona 4 février 1968: Deux Howmet engagées, n°76T GTP1 abandon et n°76 GTP2 ne participe pas aux essais , toutes deux ont une écope sur le toit, "periscopo" comme l'écrivent les italiens.
- Sebring 23 mars 1968: Une Howmet n°76 GTP2 abandon 126e tour, n°? GTP1, sur liste uniquement, rien de modifié.
- Brands Hatch 7 avril 1967: Une Howmet n°35 GTP2 abandon au 7e tour, accident de Dick Thompson.
- Monza 25 avril 1968: Une Howmet inscrite, n°6 ne prend pas part à la course.
- Watkins Glen 14 juillet 1967 Deux Howmet engagées n°76 GTP2 se classe 3e et n°67 GTP1 termine 12e.
- Le Mans 29 septembre 1968: Deux Howmet, n°22 GTP2 84e tour abandon accident, n° 23 GTP1 disqualifiée pour distance parcourue insuffisante.

Aucune, sur les photos dans les magazines, n'a perdu son appendice. A moins que des décapitations aient été ordonnées.

Howmet numéroté 76 dans les courses aux USA parce que sponsorisé par la chaîne de distribution de carburants, de gaz, et autres appelé 76 , tout benoîtement ! Interrogez votre "Wiki" préféré et il vous en rencontera davantage.

Écrit par : JLM | jeudi, 24 juillet 2008

Je sais, mon Cher LaGliche, mon raisonnement comporte une faille. Sérieuse. Et cette faille vient du passé, comme vous le remarquez. Je ne suis absolument pas objectif, je suis contre les diesels, j'aime la musique des moteurs qui, pour moi, fait partie intégrante de la course.

Pourtant j'ai connu l'époque des misérables F3 1600cc bridés et plafonnant à 6500tm dans un bruit de... diesel.
Et j'aurai donné ma chemise pour courir dans cette Howmett, par curiosité technique. Et pour essayer de gagner.
Mais Dieu que j'aimais, à quelques centimètres derrière moi, le hurlement du 2l. Cosworth à 10 000 tm!

Quant aux équivalences, on sait bien qu'elles sont toujours faussées: moteurs "rotatifs", turbine.
Allons, mon cher LaGliche, vous avez sûrement raison…

Tiens, dans le calme du soir, alors que le golfe du lion n'est plus griffé par les aboiements des "jet-skis", son étendue lisse m'apporte les sons d'un "poum-poum" qui résonne et me fait sourire: le diesel monocylindre d'un pointu rentrant au port et régulant à 1800tm.
Et je souris parce que j'aime aussi ça.

Amicalement,
Guy

Écrit par : guy dhotel | jeudi, 24 juillet 2008

Le chapitre 5 du réglement F1 (consultable sur le site de la FIA) met largement en lumière l'absence de libertés d'innovation qui est imposée aux concepteurs ! En 2009, heureusement que la FIA a inventé le KERS pour occuper les ingénieurs ! Je partage l'avis de Guy : angle du V fixé, alésage maxi fixé, centre de gravité quasi fixé, masse mini imposée...

Bientôt la formule monotype ? Et pour le spectacle, circuit de nuit sous la pluie !!!

Écrit par : Olivier Leschiera | jeudi, 24 juillet 2008

Je le répète, je partage aussi l'avis de Guy concernant le manque d'intérêt technique de la F1 mais le règlement des 24 heures du Mans laisse encore une grande liberté aux ingénieurs.

Guy, revenez au Mans et vous verrez qu’un V10 Judd sait chanter comme le faisaient naguère vos 2l Cosworth.

Né au début des années ’80, je viens au Mans depuis 1991 et comme vous j’étais retissant quant à l’arrivée en course des diesels et de leur « muetitude ». Depuis j’ai revu mon avis et je suis prêt à parier que le passage silencieux d’une 908 à 250km/h dans le virage Porsche ne vous laisserait pas indifférent. Cette voiture est ahurissante, elle donne l’impression de glisser sur la piste et étrangement le calme qui accompagne son passage renforce l’impression de vitesse. Mais encore une fois je prône le pluralisme, pour moi aussi le vacarme fait partie intégrante de la course et j’aime voir évoluer ensemble ces petits V10 assourdissants, ces gros V8 vibrants et ces nouveaux V12 reposants.

Écrit par : LaGliche | vendredi, 25 juillet 2008

J'ai ressenti la même sensation au Mans cette année. Comme privé d'un de mes 5 sens, j'avais un sentiment de quasi-vertige en voyant passer les 908 aussi vite dans les S du Tertre !

Et pourtant, j'ai aimé le bruit des V10 sur lesquels je bossais même si 70% environ de mon boulot désormais concerne du HDI !

Écrit par : Olivier Leschiera | dimanche, 27 juillet 2008

Au travers d'un article sur R.Heppenstall dans la revue US Vintage Race cars, Pete Lyons
( www.petelyons.com) raconte une de ses rencontres avec notre homme. Fin des années 60, Heppenstall a construit des barquettes de course qui portaient son nom. Lors de sa visite Lyons demande à Heppenstall pourquoi avoir choisi un chassis tubulaire et non un monocoque garantissant une meilleure protection du pilote en cas de choc? la réponse de R.Happenstall fut la suivante " si un fucker (dans le texte) de pilote détruit une de mes voiures, j'ai envie qu'il meurt !"

Écrit par : Thierry | lundi, 28 juillet 2008

Sans aller jusqu'à cet extrême, il y avait une autre raison au choix du multitubulaire: on pouvait faire plus léger qu'un monocoque. Du moins en prototype.

Écrit par : guy dhotel | lundi, 28 juillet 2008

Bonjour,
C est Xavier celui de la Howmet TX. Concernant l’entree d air sur le toit de la Howmet TX ; Cette cheminee etait presente depuis le debut comme vous l avez fait remarquer dans vos commentaires. En revanche c’est l air deflector (la piece arrondie et profilee devant l’entree d air) qui a ete ajoutee apres Daytona car la piste etait sale. Cette piece empeche les morceaux de gomme et autres debris de rentrer dans la cheminee. C est une piece tres speciale ...Compte tenu du nombre d impacts sur l’air deflector apres le Mans Classic, on comprend son interet car le turbine consomme 100 litres d air a le seconde...donc il ne faut pas lui donner n importe quoi a manger ....
Concernant ma remarque sur la technologie ; c est bien sur l endurance qui nous donne tout ce plaisir avec son reglement qui laisse encore beaucoup de place a l innovation...mais pour les voitures de tous les jours quelle tristesse....
Autres commentaires ; je possede cette voiture depuis 3 ans (et non 1 an) et lorsque je l ai faite revenir des Etats Unis...la restauration effectuee par Bob Mc Kee n etait pas finie puisqu il avait tout simplement ‘oublie’ de restaurer le systeme de vanne de decharge (by pass dans le 3eme pot d echappement) ...La restauration de ce dispositif etait essentielle ; d une part c etait LA grande innovation de la voiture en 1968...et c etait ce qui la rendait si competitive (voyez les temps au Mans en 1968) (et securisante...etant pere de famille je ne me voyais pas attendre 3 secondes que la turbine arrete de pousser dans les hunaudieres...).
C est grace a mom frere Thierry qui possede la magnifique RS2.7 du plateau 6, que nous sommes rentres en contact avec Olivier (qui est pilote d helicoptere et qui en entretient les turbines) qui a pris en charge la remise en etat du systeme de by pass...Ce n etait pas naturel pour Olivier...car l operation consiste quand meme a percer la turbine pour devier les gaz...et lorsque depuis des annees comme olivier on travaille sur des turbines, la securite est la priorite car le moteur est vital dans les airs... les personnes que nous avions contactees avant lui nous prenaient pour des fous ...meme de grandes societes d ingenerie ...mais nous etions optimistes ...car nous savions que cela avait ete fait 40 ans avant...mais il fallait trouver la bonne personne et cela a ete long...Par ailleurs il a fallu remettre en conformite capot arriere et portes; le precedent proprietaire etant tres costaud, il avait souhaite facilite l acces a la voiture (portes plus grandes) et l absence de systeme de by pass s etait solde par une modification des sorties d echappement (il n y en avait que 2 en 2005) et donc du capot... ah ces americains parfois leur pragmatisme nous etonne... Bref, il y a beaucoup de travail de recherche (archives, recherche de contacts, de personnes ayant travaille sur la voiture a l epoque etc....)... realise grace au soutien de mon frere thierry, de Olivier (notre Mozart de la turbine) et de Crubile Sport (Jacques et Sebastien Crubile et Laurent) ...Une belle aventure humaine...en somme.
Et au final c est ce qui fut la grande surprise de ce projet qui a reuni une equipe de passionnes qui ont plaisir a se voir et a se revoir pour la suite ....
Cordialement

Écrit par : xavier | jeudi, 31 juillet 2008

Merci Xavier pour ces precisions tant attendues.

Écrit par : gianpaolo | jeudi, 31 juillet 2008

Mille mercis aux propriétaires de la Howmet de nous l'avoir offerte en spectacle son et lumière au Mans Classic; voiture que je n'avais pas eu la chance de voir courir à son époque, que j'avais alors seulement connue par les magazines spécialisés. Un grand plaisir visuel (très belle auto et bien préparée) et auditif (quelle impression de puissance contenue!). Mille mercis également au mécanicien (?) qui m'a très gentiment laissé renter au fond de son stand pour examiner les entrailles du monstre et ses trois cheminées. J'ai été très heureux de la voir revenir dans la dernière série. Merci encore pour tous les vrais passionnés.

Écrit par : philippe huart | vendredi, 01 août 2008

Merci à "xavier", l'autre... "Xavier M" en fait... l'homme à l'auto à turbine, n'est pas l'homme aux caméras...

Écrit par : Xavier | vendredi, 01 août 2008

On discute de la Howmet en ce moment sur le forum Harwdare : http://forum.hardware.fr/hfr/Discussions/Sports/prochain-istanbul-juin-sujet_11172_5452.htm

Écrit par : Mémoire des Stands | mercredi, 27 mai 2009

bonjour je suis actuellement en bts aeronautique est je ne comprend pas le systeme de decharge de la turbine pourriez vous m'en dire plus est peut etre mettre quelques photos de son moteur si cela n'est pas trop indiscret?

Écrit par : alex | samedi, 07 novembre 2009

Il y a un sujet Howmet plutôt bien documenté sur Autodiva. Vous y trouverez peut-être votre bonheur.
www.autodiva.fr/forum/viewtopic.php?f=2&t=724&hilit=howmet

Écrit par : Christian Burdet | dimanche, 08 novembre 2009

Pour toutes les personnes que cela intéresse, nous avons eu la chance de prendre une vidéo en caméra embarquée de cette voiture lors du week end du Vigeant "Ferrari contre le cancer" - 5 et 6 juin 2010.
Le son est vraiment étonnant !

Bon visionnage !
http://www.youtube.com/watch?v=Zk8tfSFOJ9Q

Écrit par : Carrossimo | mardi, 15 juin 2010

Ca pousse 42 ans plus tard, cet Airbus ! Impressionnant. Est-ce celle vue au Mans Classic 2008 ?

Écrit par : Daniel DUPASQUIER | mardi, 15 juin 2010

Daniel, il me semble qu'il ne s'agit pas de la meme que celle inscrite au Mans Classic 2008 qui d'ailleurs est prevue pour l'edition 2010 ( celle des frères Micheron qui porte le N° 22 et dont le volant est different).
Merci a Carossimo pour le lien proposé. La dernière image est amusante, elle nous donne une indication sur l'endroit ou etait fixée la caméra.

Écrit par : gianpaolo | mercredi, 16 juin 2010

Superbe vidéo. Le bruit est effectivement surprenant. Et c'est pas tous les jours qu'on roule en compagnie d'une Inaltéra.
Même remarque amusée sur la caméra accrochée à la porte-papillon passager, qui nous met la tête à l'envers sur le dernier plan.
J'étais convaincu que le moteur à turbine était d'une exploitation trop complexe pour les amateurs des courses historiques. De toutes évidences, il n'en est rien. Quel plaisir de revoir -et d'entendre- cette auto en piste.
En 1968, elle avait quelque chose de mystérieux. Une mécanique si différente venue d'Amérique, ça faisait beaucoup de facteurs inconnus qui avaient marqué mon imaginaire d'enfant.
En me repenchant aujourd'hui sur l'aspect technique, outre un châssis tubulaire rudimentaire, quelque chose m'étonne un peu : n'était-ce pas suicidaire de destiner à l'endurance une auto qui avait autant de difficultés à ravitailler ?

Écrit par : Christian Burdet | mercredi, 16 juin 2010

Écrire un commentaire