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lundi, 14 avril 2008

Grand Palais, printemps 58

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Cinquante ans presque jour pour jour avant d'héberger les 230 machines du Tour Auto Lissac 2008, le Grand Palais servit d'écrin à un concours d'élégance dont les chers téléspectateurs du journal télévisé du soir de la RTF eurent un aperçu de deux minutes et dix secondes signé Micheline Sandrel.
La nef conçue par Henri Deglane en 1897 n'en était pas à son coup d'essai puisque le Salon de l'automobile s'y tint entre 1901 et 1961. Ce n'est pas sans un fin sourire que nous proposons à ceux de nos lecteurs qui se rendront aujourd'hui entre deux réunions aux vérifications du Tour Auto ce voyage temporel qui trahit "l'évolution" de la société.


Pas de jeans et de sacs à dos pour cette élégante en manteau de velours, Mademoiselle Lessert, d'après la notice de l'INA, qui s'extrait de la Renault Mouette montrée en frontispice. La Mouette n'était autre qu'un cabriolet ou un coupé carrossé par Chapron sur une base Dauphine ; une auto très élégante qui fit des ravages dans de tels concours.


265597179.jpgLes puristes auront noté l'identité de l'auto blanche, une Austin-Healey 100, et non une 3000 apparue un an après la tenue de ce concours d'élégance. Une machine mue par un 2,6 L mais de laquelle il s'avérait tout autant périlleux de sortir sans atteindre aux bonnes moeurs que d'une 3000, doit penser Mademoiselle Brigitte Widoff qui effectue et réussit  l'exercice en manteau de cocktail.
Pendant ce temps et à quelques encâblures de là, le président Coty se demande s'il ne va pas passer la main à ce De Gaulle qui fait tant de raffut.


1964303259.jpgSous la grande nef, à peu près à l'endroit exact où cinquante plus tard un traiteur chic régalerait les invités du tout aussi chic Tour Auto Lissac 2008, une demoiselle Tielant est accompagnée devant le jury par les officiants. Elle laisse dans son sillage une trace de Lanvin, et plus immédiate, une Karmann Ghia, produite sur une base Coccinelle.

Une auto que l'écoulement du temps a rendue délicieusement kitsch, d'ailleurs l'écrivain Jean-Paul Dubois en place une dans chacun de ses livres. Y en aura-t-il une au départ du Tour ?


1215613483.jpgHabillées par Guy Laroche ou Christian Dior, les élégantes de la Ve République naissante n'imaginent pas un instant que leurs descendantes confieraient à Kiabi ou Gemo leur silhouette.
Elles sont trop affairées à applaudir, devant la caméra des actualités télévisés, et à critiquer celle-ci ou celle-là en aparté, pour penser à autre chose.

Commentaires

Que la mode homme était stricte ! Que la mode femme était ...féminine !

Ecrit par : De passage | lundi, 14 avril 2008

On a généralement l'habitude de voir le nom du carrossier Chapron associé à des marques de prestige comme Delage, Delahaye ou à des modèles d'exception comme les coupés ou cabriolets DS, pourtant, passée entre les mains d'Henri Chapron la petite Dauphine est devenue un joli coupé ou cabriolet.

Henri Chapron n'a d'ailleurs pas été le seul à se pencher sur cette petite "populaire". Les carrossiers Allemano, Frua, Ghia, Graber, Pichon-Parat et même Zagato se sont penchés sur elle pour l'habiller de magnifiques robes qui, comme vous le dite, ont fait des ravages dans les concours d'élégance.

Quant à voir une Karmann Ghia au départ du Tour, c'est peu probable, voire impossible ! Ce modèle n'étant malheureusement pas éligible

Ecrit par : JF Riou | lundi, 14 avril 2008

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