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mercredi, 23 avril 2008

Michel Vaillant revu par Gianpaolo #13/13

Treizième épisode Reims

175795489.jpgCe dernier épisode prouve une nouvelle fois l’audace du réalisateur puisqu’il s’ouvre sur un plan de "l’Ange du sourire" qui orne le portail de la cathédrale de Reims. Jacques Bretoneiche, féru de marketing, imaginait sans doute vendre son œuvre dans le monde entier en la gonflant d’une petite touche culturelle et spirituelle.

Nous sommes donc à Gueux le 3 juillet 1965 pour les fameuses 12 h de Reims. Il faut se souvenir qu’à l’époque Reims était tous les ans durant cette période de début d’été une sorte de centre du monde, dans la mesure ou le même week end et sur le même circuit se disputaient une manche de F1, de F3 et du championnat du monde des constructeurs. Le public en avait pour son pognon.


Passons à la course : Bob Bondurant alias Steve Warson que nous avons rencontré à Sebring est en terre rémoise, toujours sur AC Cobra, toujours rival de Grandsire tant en auto qu’en conquête féminine. Grandsire, lui, fait partie de la grosse équipe Alpine qui alignait cinq voitures et avait déplacé son staff puisque nous verrons Amédée Gordini, Jean Rédélé et Bernard Boyer. Jacques Cheinisse quant à lui partageait le baquet d’une M 64 avec Guy Verrier, il arrivera 4e de sa classe derrière Mauro Bianchi, 3e avec Vidal sur M 64. Puis viennent Jean Vinatier et de Lageneste, 2e, et enfin notre héros Grandsire, 1er de sa classe sur M65 1300cm3, victoire qu’il partage avec Lucien Bianchi, ce qui permet d’avoir quelques images de ce merveilleux pilote aussi éclectique que discret.

924468369.jpgLors de ces 12 heures nous verrons donc les Alpine très bien se classer dans leur catégorie et des images de pilotes hélas disparus. Cette année-là - ou peut être était-ce la tradition -, l’organisation avait fourni à l’ensemble des officiels de magnifiques panamas que tous ces hommes cravatés portaient avec une certaine allure, y compris Gérard Crombac que nous verrons une dernière fois, rapidement peut être, mais fixant bien la caméra, sûrement. Le Pr Reimsparing doit posséder dans son dressing acajou un de ces panamas et le garder comme un trophée, à l’instar de notre TTDCB, la casquette Goodyear de Joe Salas.


D’autres images me fascinent d’autant plus qu’on les retrouve dans chaque épisode, celles des mécaniciens, la clope au bec en permanence y compris et surtout lorsqu’ils ont la tête dans le moteur. Nous sommes loin des réglementations modernes que dénonce avec raison et à longueur de commentaires J.-L. Mathieu. Toto Roche (décidément on retrouve toujours les même) abaissera le drapeau à damiers sur les vainqueurs du classement général, Jean Guichet et Pedro Rodriguez sur Ferrari 365 P2. Ce sera la dernière victoire Ferrari sur ce circuit.

De manière à ne pas être vulgaire, je passerai sous silence la balade en petit train dans les caves de chez Mumm et me contenterai de conclure sur la voix off qui termine l’épisode et le feuilleton : Ici Tommy Franklin qui vous parle du circuit de Reims – Gueux, à vous Paris. Un petit coup de Marseillaise un plan sur le visage de Grandsire et c’est fini.


***


Conclusion :

1891253825.jpgDurant tous ces épisodes j’ai volontairement omis d’évoquer les qualités d’acteur d’Henri Grandsire. Je me dois maintenant de vous révéler qu’il joue la comédie comme un cochon, aussi faux que Christian Patey dans L’Argent de Robert Bresson sauf qu’il ne le fait pas exprès. La carrière de pilote automobile d’Henri Grandsire n’a pas connu le succès que son titre de champion de France pouvait laisser imaginer. Qu’est il devenu ? Un membre actif éminent de MdS l’aurait vu, place d’Alésia à Paris, sortant d’un magasin de lingerie fine. Ce même membre laisserait entendre que le pilote se serait reconverti dans le commerce et la gérance d’un négoce de petites culottes. Sauront-nous un jour, si dans la gamme qu’il commercialise il en est (des petites culottes), en Nomex ignifugé pour les cas graves ?

Je dois aussi vous faire part de la grande souffrance que j’ai vécue pendant les longs moments ou j’ai visionné ces épisodes. J’ai entendu cinquante fois, cent fois, peut être plus, la chanson des génériques de début et de fin. Quand je vous aurai dit que cette chanson est de Charles Dumont et interprétée par Romuald, vous comprendrez que rédiger cette chronique ne fut pas toujours une sinécure.


Fin

Voir aussi
Flash back
Rallye du Nord
La blanchisserie
Magny-Cours
Nurburgring
Monza
La Targa Florio
Le Mans
Monaco
Les roues
Pré-Sebring
Sebring



Signé Jean-Paul Orjebin




Les Aventures de Michel Vaillant
. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
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Captures d'écran © INA

Commentaires

Plus vite, Plus vite, la , la, la... elle est chouette cette chanson! Plus vite... et variée... Plus vite!

Ecrit par : x | mercredi, 23 avril 2008

"Christian Patey dans L’Argent de Robert Bresson"
sacrée référence et sacré film, à quand remonte la dernière projection à l'Élysée ?

Ecrit par : AG | mercredi, 23 avril 2008

Je bénis le courage et la dévotion de celui qui a réussi à regarder toute la série en ayant résisté à l'envie de crier à tous les lecteurs que cette série fut au sport automobile ce qu'Hélène et les Garçons fut à l'analyse des relations homme / femme. Une longue douleur procurée par le jeu si mauvais de ses comédiens...

Celui qui l'a fait est un saint homme : j'espère qu'il prend autant de plaisir à regarder la version de Besson de Michel Vaillant ; là, il mériterait toutes les louanges du monde que, par mon poste, je lui décerne avec joie...

Ecrit par : Saint Christophe | mercredi, 23 avril 2008

Merci Gianpaolo pour cet étude à la fois rigoureuse et étayée de maints exemples si parlant quand on se remémore le sourire qu'a pu provoquer sur nos visages cette série si kitsch... Il reste le meilleur, le témoignage d'une époque heureuse où la mort frappait hélas bien trop souvent...

Ecrit par : Pierre V. | mercredi, 23 avril 2008

Tout à fait d'accord sur l'insupportable chanson du générique. En revanche, vous ne parlez pas de l'excellent Big Band qui accompagne de nombreuses séquences d'un Swing tout à fait honorable, ni des solos de contrebasse récurrents. Bien sûr, ça ne vaut pas Ascenseur pour l'échafaud, mais pour une série télé, c'est tout de même tout a fait remarquable.

Ecrit par : Pierre-Yves | vendredi, 25 avril 2008

Cher Pierre-Yves, vos commentaires sur les épisodes de Michel Vaillant vont me manquer.
Je vous décerne avec toute la pompe qui accompagne normalement une cérémonie officielle le :
Grandsire d’Or.
Vous êtes le Docteur es Michel Vaillant ( le feuilleton), soyez fier de recevoir ce prix que vous méritez pleinement.
Vous avez tout au long de ces 13 notes décelé le moindre petit détail qui pour ce qui me concerne j’avais, pauvre de moi laissé échapper a cause d’une lecture superficielle.
Vous avez dégagé des pépites au milieu d’une gangue épaisse.
Vous avez trouvé du charme, la ou je n’avais trouvé que du kitch.
Vous finissez en beauté en dénichant au milieu d’une musique d’ascenseur des rifs de jazz dignes de Miles Davis.
Bravo Pierre-Yves.
Tout ce qui est dit ci-dessus l’est sans deuxième degré, contrairement a tout ce que j’ai écris a propos de ces 13 épisodes.
Amitiés.
Jean-Paul Orjebin

Ecrit par : gianpaolo | vendredi, 25 avril 2008

Cher Jean-Paul,

Je suis très flatté par l'honneur que vous me faites, mais surtout désolé que la série s'arrête là ! A l'époque où cette série était diffusée, j'achetais mon premier Sport-Auto, spécial Le Mans 65 avec la fameuse photo signée Georges Hubert, où l'on voit Jean Guichet voler au-dessus de sa Ferrari, photo que l'on retrouve servant de publicité pour le journal dans l'épisode Sebring. J'étais fan de Graham Hill, que l'on voit pousser sa voiture dans le générique de tous les épisodes (image également tirée de l'épisode Sebring). Mais je n'avais pas la télévision et n'avais pu entrevoir que quelques minutes de ce même épisode.

C'est en lisant votre chronique que j'ai appris que l'on pouvait se procurer le DVD. Quel choc de voir ces images 40 ans après ! Voir Johnny Servoz-Gavin faire l'acteur, voir Amédée Gordini (Le "sorcier"), Marcel Hubert, Marcel Seurat et tous les autres, mais surtout Jo Schlesser, que j'avais vu pour la dernière fois en vrai à Rouen en 68.

Un grand Merci !

Ecrit par : Pierre-Yves | vendredi, 25 avril 2008

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