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samedi, 12 avril 2008

"Il était celui qui sait tout"

clarklotus49.jpg

7 avril 1968

Pour toute une génération, les prémices d'un printemps agité. Pour d'autres "les ondes crépitèrent dans la soirée, les conducteurs levèrent le pied parce qu'il ne se sentaient plus aussi sûrs d'eux même." Le pari de la course, le pari de Prométhée, forme sans cesse retouchée qui s'enfuie dès qu'on l'atteint.

C'est un ruban qui s'effiloche derrière un volant et qui craque un jour parce qu'il existe, épars, aveugles, des arrêts qui guettent ceux qui serrent ce mince ruban.
Oui, il était celui qui sait tout, et qui riait de ce savoir, il était le plus grand et s'appelait Jim Clark. J'avais 12 ans.

Je le retrouve régulièrement sur ma table à dessin.



Patrick Brunet
www.patrick-brunet.com

Commentaires

wouhaou!!!!!
c'est magnifique.

par contre, pardonnez moi, mais pourquoi:
"il était celui qui sait tout"

Ecrit par : Bruno | samedi, 12 avril 2008

Patrick,

C'est magnifique et ça ressemble à vos dessins.
Donnez lui le bonjour de ma part lors de votre prochaine rencontre...

Ecrit par : Pascal Klein | samedi, 12 avril 2008

Cher Monsieur BRUNET,

J'ai eu le plaisir de découvrir vos oeuvres et de discuter avec vous lors du dernier salon Retromobile en février 2008. J'ai découvert beaucoup d'émotion dans vos "Sanguines" consacrées au Pilotes Automobiles. j'ai entre autre autre été touché par vos dessins sur Jim CLARK, PIRONI, VILLENEUVE et SENNA.

Vous etes le dessinateur qui a procuré un grand bonheur à Madame Jacqueline BELTOISE, réunissant sur la toile : Jean-Pierre BELTOISE, Francois CEVERT et Henri PESCAROLO.

C'est avec plaisir que j'ai pu découvrir vos différents dessins sur votre stand dont votre accueil fut d'une agréable spontanéité. Je me rappelle avoir eu avec vous un échange de discussion sur Didier PIRONI, qui ne me laissa pas indifférent sur votre estime que vous portiez à ce regretté pilote qui aurez pu devenir Champion du Monde de F1.

Bien à Vous et tous mes voeux de réussite pour votre passion Picturale de la Formule 1.

Ecrit par : andré georges | samedi, 12 avril 2008

Jimmy est mort le jour de mon 13eme anniversaire c'etait mon heros (je ne devais pas etre le seul et je le partage bien volontiers !) et il l'est reste. Rares sont les pilotes qui survivent a l'epreuve du temps mais Jim Clark est de ceux la...
Je sais bien ou j'etais et ce que je faisais quand j'ai appris la nouvelle a la radio.... et alors que tout le monde appelait "Fangio" les excites du volant moi je disais "encore un qui se prend pour Jim Clark". !6 ans plus tard Senna est venu s'ajouter a mon pantheon personnel. Et 10 ans plus tard enore le malheur d'un dimanche... Comment peut-on souffrir comme ca pour des gens qu'on ne connait pas ? Comment peuvent-ils laisser un vide dans nos vies ? Les joies qu'ils nous ont offerts, les sourires... La magie, la magie pure ! Pour tout ca merci.

Et merci a vous pour ce dessin tellement vivant...

Ecrit par : Ago | dimanche, 13 avril 2008

en réponse à Bruno."il etait celui qui sait tout"
le style de jimmy était comme le cristal ,sa pureté
en faisait l'éclat.que dire de plus ??.si merci pour les commentaires
et longue vie a M .D.S.

Ecrit par : p brunet | dimanche, 13 avril 2008

Celui qui sait tout, c'est l'être suprême.
Et Jim Clark était vraiment le Dieu de la vitesse.

Ecrit par : Daniel | dimanche, 13 avril 2008

Son bolide allait bondissant
Derrière lui la meute sauvage
C'est alors qu'il était content
Tous derrière, tous derrière,
C'est alors qu'il était content
Tous derrière et lui devant

Mais un jour, dans le mauvais temps
Un jour qu'il était si sage
Il est mort on ne sait comment
Lui derrière, lui derrière,
Il est mort on ne sait comment
Lui derrière et eux devant

Même ce jour il était content
Quand il roulait sous les nuages
A travers la pluie noire des champs
Lui derrière, lui derrière,
A travers la pluie noire des champs
Lui derrière et eux devant

Il est mort sans voir le beau temps
Mais il savait qu'à son âge
Il en reverrait des printemps
Tous derrière, tous derrière,
Il en reverrait des printemps
Tous derrière et lui devant

Libre interprétation du Petit cheval de Brassens

Ecrit par : Marc Ostermann | dimanche, 13 avril 2008

Jim Clark reste un grand mystère pour le jeune homme de 27 ans que je suis.
Pourquoi ce pilote, aussi talentueux soit-il, mérite-il plus qu'un autre d'être l'élu de tous les passionné "vintage". N'ayant pas connu cette glorieuse époque, je me suis toujours demandé pourquoi mon père vénérait-il plus Jimmy qu'un Ickx ou un Pescarolo.
J'attends des explications intelligentes, intelligibles...

Ecrit par : LaGliche | mercredi, 16 avril 2008

je n'ai jamais vu courir Clark, sauf sur quelques documents ci et là.
ce que je retient de lui:
il savait aller vite, tout en donnant l'impression de rouler lentement et proprement.
un styliste comme Ray Sugar Robinson.
pour José Rosinski il était le Mozart de la F1

Ecrit par : Bruno | jeudi, 17 avril 2008

Oui mais ne faisions-nous pas les même éloges de Brabham, Fangio ou même Prost ?

Ecrit par : LaGliche | jeudi, 17 avril 2008

Fangio c'était le Beethoven des circuits, toujours pour José.
Brabham, je ne sais pas.
prost le pleurnicheurs de circuits. ça c'est pas de José.

non. pour moi, Fangio, Clark et Senna resteront les plus grands

Ecrit par : Bruno | jeudi, 17 avril 2008

Bonjour à tous.
Je n'ai jamais vu courir Fangio, mais plusieurs fois Brabham, Clark, Prost. Pour comparer des choses comparables, je ne me réfèrerai qu'aux deux premiers cités pour les avoir vus courir dans les mêmes courses, à la même époque, et en s'affrontant.
Au-delà des chronos qui évidemment étaient et sont toujours les seuls vrais juges, je pense que ce qu'il y avait de véritablement "magique" à voir courir Clark était dû :
> à son style très coulé bien sûr, donnant l'impression que la Lotus s'enroulait à la corde du virage de la gare à Pau par exemple avec une précision et une souplesse de félin, donnant cette impression incomparable de caresse furtive lovant la voiture au ras de la bordure ...
> mais je pense qu'il y avait aussi cette subjectivité due au "look" incomparablement "glamour" et du pilote et de sa machine.
En effet, alors que la Cooper était plus râblée et renflée et Brabham arcbouté à son volant avec le casque rentré dans le cockpit, donnant une impression de "besogne très appliquée" ("à la René Arnoux" plu stard ...)
la Lotus était plate et fine, ce qui était plutôt inédit au tout début des années 60 avec le "charme fou" d'une splendide nouveauté, donnant donc cette impression de filer et de glisser au ras de la piste avec un naturel stupéfiant.
Quant à Clark, il pilotait plus allongé donnant l'impression de se fondre d'autant plus à la félinité de la Lotus, et avec ce casque et cette visière tellement so british complètement rejetés en arrière dégageant une perception de détente au volant et de pilotage étonnamment relax.
C'est en cela qu'il apportait la délicate et merveilleuse touche artistique à l'endroit où les autres, dont Brabham, paraîssaient "s'escrimer".
Enfin, j'ai essayé de traduire ... l'intraduisible !
Gilbert.

Ecrit par : Gilbert | jeudi, 17 avril 2008

Ce gentleman-farmer suprêmement élégant, un brin de paille encore accroché au col (c'est pas vrai mais ça aurait pu), avec sa coiffure absolument impeccable (façon Graham Hill) et sentant bon l'english lavender, égaré au milieu des padocks parmi les pue-la-sueur fleurant bon le ricin et aux doigts maculés de cambouis, donnait l'impression d'un archange tombé du ciel. Un ange céleste parmi le vulgus pecum des besogneux de la mécanique. Son éternelle esquisse de sourire plane encore dans les ruines des stands de Reims où poussent maintenant des arbres ou dans les rues de Pau, où de vieilles dames se souviennent avec un pincement au cœur de ce jeune homme so british et tellement classe...
Ses apparitions étaient totalement magiques. Et sa mort l'a fait entrer à tout jamais dans la légende.
Voilà pourquoi Jim Clarck est entré au Parthenon des pilotes éternels. Des Grands. De ceux que l'on n'oublie jamais.

Jim Clarck, c'est comme le Che: pas besoin de l'avoir connu pour qu'il vous ait marqué!

Ecrit par : TINTIN | vendredi, 18 avril 2008

Bravo et merci Gilbert; c'est très précisément ce que j'ai toujours ressenti en ayant eu la chance de voir courir Jimmy une dizaine de fois : un personnage qui ne quittait son sourire que pour une certaine gravité de temps à autre (grand rongeur d'ongles également). J'ai eu la chance de lui parler brièvement, ainsi qu'à Colin Chapman , lors des grands prix de Reims, autographes à la clé; je n'avais alors que 18 ans et me baladais avec un magnétophone qui m'a permis de parler avec Rindt, Surtees, Brabham, Gurney, Graham Hill, Joachim Bonnier, Jackie Stewart en F3 à l'époque, Pesca, Jaussaud, Servos, Beltoise, Monneret, Robby Weber, Amédie Gordini, Jean Rédélé, etc;etc. Un vrai rêve. Je n'avais rien d'autre qu'un simple billet d'entrée, peut être mon magnétophone a t-il fait illusion ?

Ecrit par : Philippe HUART | vendredi, 18 avril 2008

Merci à tous pour ces éclaircissements. Merci à tous les animateurs de ce blog d’ailleurs, c’est toujours un plaisir de vous lire.

Ecrit par : LaGliche | vendredi, 18 avril 2008

Gilbert,

Peux-t-on être plus clair et démonstratif pour expliquer la supériorité de Jim CLARK sur ces prédécesseurs, pairs et successeurs et ainsi convaincre qui voudra bien l’entendre. Je m’y étais essayé mais vous avez su trouver mieux encore les arguments et les images; j’y souscris sans réserve. Il était bien celui qui sait tout !

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | vendredi, 18 avril 2008

Je vous invite à faire un tour avec Jim Clark comme pilote à Oulton Park sur le site www.jim-clark.fr : vous comprendrez beaucoup de choses.
Vous verrez aussi que les pilotes de cette génération courraient presque tous les dimanches ... dans de nombreuses disciplines : F2, Formule Tasman aux antipodes les mois d'hiver, courses de voitures de Tourisme, voitures de Sport bi-places, Indianapolis, Nascar et puis pourquoi pas , un peu de rallye : ils étaient éclectiques et Jim avait ceci de différents qu'il gagnait dans ces différentes courses, n'hésitant pas à aller se frotter aux spécialistes de la discipline.
C'est inimaginable aujourd'hui !
Ils étaient abordables, simples, gentlemen et chevaleresques pour la majorité d'entres eux.
Jim était le plus grand d'entres eux, il est devenue immortel...
Merci pour vos témoignages Gilbert, Tintin, Bruno, Philippe, Daniel et Marc (poète à ses heures!) et bravo à vous "LaGliche" de vous intéresser à ce grand monsieur.

Ecrit par : Pascal Klein | vendredi, 18 avril 2008

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