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mercredi, 09 avril 2008

"Coupez ce que vous voulez"

hock.jpg

Le quotidien d'un teneur de blog est fait de minuscules plaisirs, de vrais bonheurs lorsque arrivent des commentaires bien fichus et aussi, mais c'est rare, de grandes joies lorsque se présentent dans sa boite mail des courriers comme celui qui suit. La date du 7 avril 68 brille dans l'inconscient collectif de la course automobile comme une borne en argent massif, et quelqu'un, en Australie, en a capté le reflet. Isabelle de Bailleul était à Hockenheim en cette maudite journée. Lectrice de Mémoire des Stands, elle a eu la formidable idée de nous en adresser ses souvenirs. Qu'ils sont doux à déguster ! Madame de Bailleul, comment pourrions-nous en couper un mot... ?



Je vous écris ces lignes alors qu'à travers les baies vitrées le soleil se devine derrière les structures de l'Opéra de Sydney. Il fera jour dans dix minutes. Un café fume devant mon clavier. La météo a annoncé 30 degrés. Avouez qu'il y a pire comme situation en ce monde qui, dans votre continent et même dans tous les autres sauf celui qui m'héberge, sombre avant de couler dans quelques années. Aussi pourrait-on croire que cette journée du 7 avril 1968, presque 40 ans jour pour jour, est totalement diluée dans les souvenirs d'une femme qui a refait sa vie à 20 000 km de chez vous, après moult péripéties. Eh bien non ! Oh que non ! 
Chaque détail de ce funeste dimanche est gravé en moi comme dans du marbre.

1168209098.jpgJ'accompagnais de temps en temps les Beltoise sur les circuits au tournant des années 70, en tant qu'amie de Jacqueline que j'avais connue durant l'enfance. Le hasard avait voulu que je fusse du voyage d'Hockenheim, malheur de moi ! Précisons que j'étais (et suis toujours) fan de course automobile ; aussi rouler à nettement plus de 200 à l'heure sur la nationale 4 (pas d'autoroute à l'époque) procurait une jouissance sans pareille, conduites que nous étions, Jacqueline, Enna et moi, par JPB dans sa Mercedes 300 SEL 6.3.

Enna, c'était la chienne. Elle voyageait à l'avant de la voiture et Jacqueline s'en servait l'hiver de chaufferette pour les pieds. Je m'en occupais pendant les courses. Les Beltoise ont toujours été "chiens". Enna montait aussi dans la Miura. Un détail me revient à ce sujet, que Jacqueline m'avait raconté. La chienne, d'ordinaire très sage, se redressait quand JPB dépassait les 230. Ceci l'avait intrigué et il réalisa que le moteur chauffait à cette allure. L'ingénieur de chez Lamborghini refusant de croire que le moteur chauffait, Jean-Pierre l'a emmené faire un tour. Il paraît, d'après Jacqueline à qui JPB l'a raconté, que le type en avait les cheveux dressés sur la tête ! Bref, pour en revenir à Enna, tout le paddock la connaissait.
Mais je m'égare, pardonnez-moi. Par pitié, cher Monsieur, coupez ce que vous voulez, c'est vraiment du bavardage de nana...

Le samedi, il avait fait beau à Hockenheim, pour autant que je m'en souvienne. Je vois encore Jacqueline aux chronos dans le stand Matra, et tous ces types qui l'air de rien, s'arrêtaient pour la filmer. La télé allemande, la ZDF je crois, avait projeté quelque temps après la mort de Jimmy le film de ce maudit week-end ; on n'y voyait que Jacqueline ! C'était une icône de ces années-là. JPB enleva la pole. JPB... ces initiales fonctionnaient comme une marque de fabrique. C'était amusant d'entendre tout le monde l'appeler JPB, même sa femme... Les Matra marchaient comme des avions, au contraire des Lotus, handicapées par leur injection. Jimmy était loin sur la grille, 7e ou 8e, un truc comme ça. Il avait eu un accident à Montjuich le dimanche précédent, heurté par Jacky Ickx en perdition. Ça aurait dû l'alerter, nous alerter sur ce qui planait sur lui. J'ai lu quelque part sur Mémoire des Stands une théorie selon laquelle un pilote est souvent "averti" d'un malheur par un accident, ou un pépin, la course d'avant. C'est la première fois que j'entends parler de ce genre de théorie.

1803601853.jpgLe ciel était plombé quand je me suis levée le dimanche matin. Gris, avec un crachin glacial. Brrr... Jacqueline m'avait fait entrer au paddock grâce au laissez-passer d'un gars de chez Matra. Le plafond bas s'éclaira soudain quand Jimmy s'avança vers nous, enfin vers Jacqueline. Je ne l'avais jamais vu qu'en photo. Je me souviens parfaitement de lui, du magnétisme qu'il dégageait, mêlé en même temps d'une simplicité qu'on ne s'attendait pas à rencontrer chez un double champion du monde. Sexy, je dirais... Oui, moulé dans sa combinaison blanche juste piquetée çà et là d'écussons publicitaires, il incarnait LE pilote de course, ce demi-dieu inaccessible. Je me souviens avoir pensé, le voyant s'avancer, que Jacqueline devait lui plaire. Ce n'était pour personne un secret qu'il aimait les femmes. J'ai lu dans le journal que tu t'es mariée avec Jean-Pierre, je suis très content pour toi... et pour lui aussi, lui a-t-il dit en riant, puis il lui a fait la bise. Graham Hill est venu lui aussi la féliciter, sur un registre plus rigolard. Ça, c'était juste avant le départ de la première manche.

La nouvelle de la mort de Jimmy, je me rappelle que ce fut une traînée de poudre dans les stands mais je n'ai pas le souvenir qu'on l'ait annoncée au public entre les deux manches. Dans ma grande naïveté j'étais persuadée que la course serait arrêtée, que la seconde manche serait annulée. C'était mal connaître ce milieu, surtout les hommes qui le composaient, ces pilotes de course dont la mort était à l'époque la compagne la plus fidèle. Lorsque j'ai vu JPB monter dans sa Matra et se placer en pré-grille, j'ai cru être en présence d'un extra-terrestre. Un type merveilleux se tue à ses côtés, le plus grand champion, Fangio excepté, que ce sport avait enfanté, et Jean-Pierre Beltoise ne pense qu'à virer en tête dans le droite qui suit la ligne de départ. Idéaliste que j'étais. C'est après que j'ai saisi où les pilotes stockent leur douleur. Comment ils la gèrent.

Le podium fut d'une infinie tristesse. JPB avait gagné aussi la seconde manche, et du coup la course. 68 fut pour lui une grand année. Il retenait ses larmes, bloqué dans le silence. On n'a pas échangé trois mots durant le voyage de retour. Enna devait sentir que quelque chose clochait car elle n'a pas bougé une oreille. Assise à l'arrière, j'observais Jean-Pierre à la dérobée qui s'essuyait les yeux avec la main. Jacqueline se mouchait sans cesse tant elle pleurait. Moi qui croyais qu'un pilote de course ne pleurait jamais. Primaire que j'étais.

L'émotion me submerge en vous écrivant. Cette époque fut pour moi la plus heureuse de ma vie, pour plusieurs raisons dont la compagnie des Beltoise ne s'avéra pas la moindre. Je lève les yeux du clavier au moment où le soleil austral cogne le sommet des coquillages qui forment le toit de l'Opera. A cause de vous, ou grâce à vous, allez savoir, je vais passer la journée en rembobinant le film de mes souvenirs. Vous savez, ces quarante années ont passé comme un battement de cil.



Isabelle de Bailleul
 
Sydney, le 22 mars


Deutschland Trophäe . Hockenheim Ring . 7 avril 1968
Fiche technique : www.formula2.net/F268_2.htm



Départ de la première manche du Deutschland Trophae, Hockenheim, 7 avril 1968
, photo DR, extraite de http://jimclark01.free.fr
Jacqueline Beltoise © Isabelle de Bailleul
Jimmy avant le départ de sa dernière course, photo DR, extraite de http://jimclark01.free.fr
(Merci à Pascal Klein, l'auteur du site jimclark01.free.fr de nous avoir permis d'utiliser ces clichés)

Commentaires

Ce n'est pas faire injure au TTDCB que de dire à quel point ce blog est riche de ses intervenants. Magnifique récit crépusculaire "en ce monde (...) qui sombre avant de couler dans quelques années ", heureusement rassurant "in fine" quand à l'éminent côté humain de ses protagonistes

Ecrit par : Christian Magnanou | mercredi, 09 avril 2008

Magnifique témoignage ...

Merci !

Ecrit par : Antibois | mercredi, 09 avril 2008

Extraordinaire témoignage.

Encore,encore...

Ecrit par : Hervé Pommereau | mercredi, 09 avril 2008

Très beau témoignage...Mme de Bailleul pourrait -elle nous parler également peut être de François Cevert..

Ecrit par : Emmanuel | mercredi, 09 avril 2008

Emouvant !
Ce jour là, 7 Avril 1968, je descendais la Nationale 20 en direction du circuit de Montlhéry. Quand la nouvelle est "tombée" sur l'autoradio, je me suis arrêté sur le bord de la route, choqué au point de ne plus pouvoir conduire ...

Ecrit par : JF Riou | mercredi, 09 avril 2008

Quel bel homage !

Curieusement, moi aussi je me souviens encore de l'heure et de l'endroit où mon père m'a annoncé l'accident qu'il venait d'entendre à la radio.

Ecrit par : Guess Who | mercredi, 09 avril 2008

merci de votre émouvant témoignage : c'est tellement bien écrit... MERCI

Ecrit par : De passage | mercredi, 09 avril 2008

Quelle merveille !

mille mercis

Ecrit par : Frédéric Doncieux | mercredi, 09 avril 2008

Cher TTDCB,

Puis-je émettre la suggestion que vous regroupiez ce genre de témoignages dans une catégorie à part ?

Je me rappelle que des souvenirs jetés sur le papier avec le même talent (sur Monthlery je crois) et que vous aviez publiés avaient suscité ce type d'émotions... celles là même qui donnent à la course une belle part d'humanité.
Je n'ai pas réussi à les retrouver, or en lisant cette très belle prose j'ai souhaité les relire...

A noter dans ce très beau témoignage cette dose d'incompréhension face à l'accident laissant la place à la superstition, ce que vous appelez l'irrationnel, qui en agace plus d'un parmi vos lecteurs mais auxquels les témoins d'une époque finissent souvent par se raccrocher, par conviction ou peut-être par dépit, faute d'explication rationnelle.

Et toujours la place de la mort, ce mot quasiment banni de la course automobile actuelle mais qui semblait roder en permanence à l'époque au dessus des Grand Prix... Et cette nécessité latente de conjurer le sort, d'y faire face, de la dominer...

Ces quelques lignes ne comportent en effet pas un mot de trop.

Ecrit par : era | mercredi, 09 avril 2008

j'espère que rien à été couper de ce "bavardage de Nana"

plus enrichissant qu'un compte rendu de course.

merci mille fois

Ecrit par : Bruno | mercredi, 09 avril 2008

eh oui!!!
déjà à cette époque les course continuaient, même à l'annonce du décès d'un pilote.
il n'y a pas qu'à l'époque de Schumacher, et de J Todt.

Ecrit par : Bruno | mercredi, 09 avril 2008

Très Chère Madame,


Bien loin de nous, de Neutral Bay ou de Cremorne face au si bel opéra de Sydney, vous avez rédigé cette incroyable et émouvante page pendant que nous étions endormis et que nous lisons maintenant que la nuit est tombée sur l’austral antipode.

Comment ne pas ressortir abasourdi de la lecture de votre témoignage venu d’une terre si lointaine où l’extraordinaire destin que vous nous laisser imaginer vous a conduit. Je n’aurais pas la vanité de partager la même émotion que vous car la votre est bien trop personnelle en regard de ces souvenirs qui vous appartiennent et dont vous nous faites cadeau quarante années après.

Je ne couperai rien et je bénis le net de nous avoir fait vous rencontrer !

Bien à vous

Daniel DUPASQUIER

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | mercredi, 09 avril 2008

Merci Madame pour la pureté et l'émotion qui se dégage de votre récit.
Nous etions tous grace a vous, des passagers de la Mercedes300 SL.

Ecrit par : gianpaolo | mercredi, 09 avril 2008

Isabelle, parce que vous étiez très proche des Beltoise, je me permets de
vous joindre une planche contact que j'ai gardée depuis les années soixante
et que vous avez oubliée (s'il s'agit bien de vous) au magasin rue Brunel.

http://memoiresdestands.hautetfort.com/images/contact.jpg

Sur la planche 3 (sur la droite), est-ce vous qui apparaissez (photo
verticale) ?

Est-ce vous assise à côté de Jochen Rindt avec les lunettes de soleil dans
les cheveux (photo 25A et 26A ?
Ces planches sont de qualité médiocre et nécessitent d'être agrandies si votre
logiciel le permet.

A gauche, on y voit Jacqueline presser les joues de Jimmy (23A).
On distingue aussi en haut à droite de la planche (34A), Jean Claude Guénard
et J.Servoz.

S'il s'agit bien de vous, ce serait incroyable et bien la preuve qu'Internet
est merveilleux et que MdS rapproche les gens, les lieux... et les années !"

Ecrit par : Le Thil | mercredi, 09 avril 2008

quel temoignage encore merci tres emouvant

Ecrit par : d robin | mercredi, 09 avril 2008

Très beau texte en effet

Ecrit par : Jacques Rivaud | mercredi, 09 avril 2008

Je me réjouis à lire vos commentaires, aussi talentueux que l'est la prose de Madame de Bailleul. Oui, c'est la première chose que j'ai remarquée dans son texte, au-delà du fond lui-même, cette capacité à camper une ambiance, à retracer une époque disparue depuis longtemps, et qui plus est en Australie, en soi une espèce de science-fiction. On la lirait pendant des heures.

Cher era, vous touchez du doigt un des grands problèmes des blogs, le classement des notes. La notion d'hypertexte étant ici réduite à sa plus simple expression, on en est réduit à classer à la main, si je puis dire, c'est-à dire en créant des catégories et des index. Or tout classement humain est sujet à aléas. Le mieux est de taper dans la fenêtre de recherche "texte talentueux et émouvant" en priant de ne pas recevoir 3210 réponses, vu que dans MdS c'est comme dans le cochon, tout est bon.

Ecrit par : Mémoire des Stands | mercredi, 09 avril 2008

j'en ai rêvé Mds, Isabelle de BAILLEUL et vous tous l'avez fait !
Magnifiques témoignages et hommages à Jimmy.
Vous avez raison Patrice, il n'y a rien a jeter et encore moins couper, tout est bon dans ces notes émouvantes.
Quelques poètes qui sont aussi passionnés de course automobile : ce blog est fou.
Je vous invite à voir ou revoir les superbes dessins de Patrick Brunet emplis d'émotions et la fameuse caricature de Marc Ostermann qui nous prépare une surprise à propos de Jim Clark...
Que la mémoire soit !

Ecrit par : Pascal KLEIN | mercredi, 09 avril 2008

Assez dingue ce site, cette lettre, cette planche contact ! J'y ai vu aussi Graham Hill et Henri Pescarolo, et bien sûr, Jimmy. Egalement cette très belle présence féminine, au look un peu Edie Sedgwick. Et ça n'est pas fini.
Merci à vous.

Ecrit par : Francis Rainaut | mercredi, 09 avril 2008

Je tente, Albi 1967 ? F2/F3

Ecrit par : Francis Rainaut | mercredi, 09 avril 2008

La sublime qualité de cette note fait passer au second plan le choix des photos qui l’accompagne.
Je pense en particuliers à celle de Jimmy la main sur son arceau et son air pensif. C’est très facile après coup de trouver du signifiant sur un cliché et pourtant dans le cas présent, l’air sombre de Jimmy semble bigrement prémonitoire.

Ecrit par : gianpaolo | jeudi, 10 avril 2008

Oui Francis c'est dingue ce site ! S'il s'agit d'Isabelle sur ces photos ce serait incroyable.
J'ai deux autres planches contact, un peu plus nettes .
J'attends la réponse d'Isabelle.
Quant au lieu, vous proposez Albi mais là je n'ai pas la réponse.
merci la passion !

Ecrit par : le thil | jeudi, 10 avril 2008

Après quelques incartades que nous devions à l’actualité, nous revenons aux mémoires des stands et de quelle façon ! quinze jours plus tard, j’étais à Pau, peut-être pour retrouver quelque chose, mais là, il manquait la magie, pour très longtemps, pour un battement de cil.

Ecrit par : AG | jeudi, 10 avril 2008

C'est incroyable, cette planche. On y voit André de Cortanze me semble-t-il discutant avec Servoz et peut- être une Matra F2 (casque sombre Ickx ?), la n°32.

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | jeudi, 10 avril 2008

Exactement le genre de témoignage qu'on ne rencontre que dans MDS et nulle part ailleurs et qui rend ce blog indispensable. Bravo.

Ecrit par : Christian briand | jeudi, 10 avril 2008

A Madame Isabelle DE BAILLEUL, en reconnaissance d'une journée pas comme les autres...

Mort d'un Champion, Naissance d'un Mythe.......

Le 7 Avril 1968-2008, regroupe ceux et celles qui n'ont pas oublié la Personnalité, le Parcours ainsi que le Charisme de jim CLARK...

Sur le site "you tube", on trouve un document poignant où l'on voit Graham HILL vétu en civil d'un pull cashmeere, cravate et chemise venir chercher avec les mécanos duTeam-LOTUS les restes de l'épave du bolide du pauvre "jimmy", dans la forêt d'Hockheinnem. Le visage de Graham HILL est pétrifié de chagrin.

Le doublé Franco-Francais de BELTOISE et PESCAROLO fut évidemment passé en second plan eu égard à la Tragédie qui venait de se produire mais cela met en évidence également, la carriere de ces 2 pilotes Francais qui ont piloté aux cotés de ce Pilote de Légende....Le mariage Jean-Pierre BELTOISE-Jacqueline CEVERT amena sur les Circuits une autre Icone de la Formule 1.....et quellle Légende!!!

Ecrit par : andré georges | jeudi, 10 avril 2008

bonsoir à tous et à toutes
un grand merçi à isabelle de bailleul pour son émouvant témoignage , vraiment extraordinaire mds c' est effectivement qu'ici que l'on peut lire ce genre de choses ,

Ecrit par : francois bequignat | jeudi, 10 avril 2008

Madame,
Votre récit exceptionnel exprime tout de la course automobile des années 60/70: l'insouciance, l'élégance, un goût extrême pour la vie et donc pour le risque.
Votre brève description de Jim Clark est certainement ce qu'on a pu écrire de plus sensible et de plus exact sur ce pilote, cet homme d'exception.

Je relis une nouvelle fois votre texte et les images remontent; pas les mêmes, bien sûr, mais tellement semblables… la passion du sport automobile tel qu'il existait dans ces années de liberté, l'émotion et l'élégance, le charme mais toujours cette détermination de vivre à fond et son corollaire obligé: la mort.
Vous avez réussi en un seul essai ce que tous sur ce blog nous essayons de transmettre plus ou moins habilement. Si j'osais, je vous demanderais d'écrire sur "notre" blog d'autres pages de cette période que vous avez évidemment aimé autant que nous tous.

Ecrit par : guy dhotel | vendredi, 11 avril 2008

Madame,

Merci. Votre témoignage est tout simplement exceptionnel pour tout ceux qui ne connaissent de cette période fabuleuse que des photos éparses et qui regrettent d'être nés un peu trop tard pour voir Jimmy, Graham ou JPB en découdre et vivre leur passion jusqu'au bout...
Si j'osais aussi...(malgré le halo de mystère qui vous entoure grâce à cette innattendue planche contact)..., vous avez peut-être encore quelques souvenirs de Monza de Rouen ou d'ailleurs...et d'autres petits matins pour écrire quelques lignes du bout du monde.

Ecrit par : Miglia | samedi, 12 avril 2008

Bon sang mais c'est bien sûr, il s'agit bien d'Albi 1967 pour les contact.
D'autres photos de ce GP, avec notre jolie chronométreuse ici:

http://www.motors-mania.com/pc/viewPrd.asp?idcategory=11&idproduct=1430

Commissaire Bourrel.

Ecrit par : Francis Rainaut | samedi, 12 avril 2008

Il est un peu plus de cinq heures du soir à Sydney et le toit de l'Opéra émerge à peine de la brume. Il ne fait pas toujours un temps de carte postale ici. Mais j'avoue que maintenant mes pensées, mes souvenirs prennent le pas sur mes actions quotidiennes. Je ne m'attendais pas à un tel accueil pour cette petite chronique écrite sur la seule foi de souvenirs assez vagues. Pour cela, Messieurs, soyez remerciés, oh combien !

Cher Monsieur Le Thil, je ne pense pas être la personne que vous croyez, sur ces planches contact. J'avais obtenu en 67 un poste chez un éditeur qui démarrait et me faisait travailler comme une folle, pas un week-end de libre. La tourmente de Mai 68 l'a par la suite balayé. Désolée de vous décevoir.

Monsieur Dhotel, que vos mots sont beaux. Et denses. Oui, j'essaierai, dans le mesure où le temps n'aurait pas trop ravagé mes neurones, de raconter quelques-unes de mes escapades.

Mais pas tout de suite car je pars en Tasmanie dans quelques jours. C'est un voyage rituel sur une île minuscule au large de Hobart où j'ai dispersé les cendres de mon mari en 1998. Je m'y rends chaque année.

Merci à vous tous. Ce blog est génial.

Isabelle de Bailleul

Ecrit par : Isabelle de Bailleul | dimanche, 13 avril 2008

Bonjour à tous.
Francis Rainaut, vous parlez d'Albi ...
j'ai un double merveilleux souvenir de ce circuit, où je n'ai mis les pieds qu'une fois, en 1966 en spectateur.
Nous étions placés dans la ligne droite face aux stands au pied des tribunes principales et plutôt vers la sortie du virage précédent , le droite dénommé "virage Labaute" (j'ai ressorti mon vieux programme), ce qui aura favorisé le 1er des merveilleux souvenirs, car pour aller se placer sur la grille de départ les pilotes défilaient au volant et "à pas d'homme" en file indienne à contre-circuit sur la ligne droite dans la cacophonie des moteurs au chauffage, tête nue "à les toucher" là tout près sous nos yeux de l'autre côté de la barrière.
Une photo du lien fourni ci-dessus par Francis Rainaut l'illustre d'ailleurs (je crois que l'on y voit J-Servoz-Gavin en tête de file). C'était évidemment fabuleux de les voir tous défiler si près à découvert et à quelques courtes minutes du départ. Quant à la liste des engagés, excusez du peu ...
en F2, Jimmy bien sûr était là sur la Lotus Cosworth du "Ron Harris Team Lotus" avec le n° 6, avec Peter Arundell comme coéquipier, et tous les autres ... Brabham, Stewart, G-Hill, Ickx, Siffert, Rindt, Attwood, Scarfiotti, Rees, Irwin, Trevor Taylor, etc ... ainsi que le quatuor de Français Jo Schlesser et Beltoise sur Matra-Cosworth, et Jean Rolland engagé par Eric Offenstadt sur une Lola BRM avec Offenstadt lui-même sur Lola également.
(il est à noter que Stewart était aussi sur Matra-Cosworth engagé par Tyrell tandis que son coéquipier chez Tyrell, Ickx, était lui sur Matra-BRM tout comme Graham Hill engagé par John Coombs).
Eh bien voyez, je ne sais plus qui avait gagné (quelque statisticien nous dira peut-être ça ?), mais le 2ème merveilleux souvenir d'une époque révolue allait s'incruster dans ma mémoire dès la fin de la course. Nous avons pu (évident à l'époque) déambuler librement dans le paddock, paddock c'est à dire le pré en herbe de derrière les stands. JP Beltoise était là torse nu combinaison nouée sur les hanches, racontant sa course de sa voix haut perchée une boisson à la main. Allez imaginer ça maintenant !!
Je parcours la suite des engagés, inéluctablement teintée de nostalgie aujourd'hui ...
en F3, Servoz et Jaussaud sur les Matra, Roby Weber sur Alpine, Patrick Dalbo sur Pygmée, Jean Max sur Grac, Philippe Vidal, Cassegrain, Challoy, Rabbione, et la horde des étrangers "tops" de l'époque comme Roy Pike, Piers Courage, Beckwith, Gethin, Cardwell, Hart, Nunn, Chris Williams et ... Frank Williams lui-même.
Bon, un dernier petit coup de nostalgie avec quelques noms de la Coupe Renault 8 Gordini qui ont par la suite fait leur chemin (?) :
Hervé Bayard, Denis Dayan, Bernard Fiorentino, Michel Hommell, JP Jabouille, Robert Mieusset, Alain Serpaggi, JL Thérier.
42 ans déjà ...
Gilbert.

Ecrit par : Gilbert | dimanche, 13 avril 2008

Bravo commissaire !
Chapeau d'avoir fait la relation pour ce qui concerne la chronométreuse, qui donc n'est finalement pas Isabelle la lointaine.

Ecrit par : le thil | lundi, 14 avril 2008

Alors ce doit être la fiancée de Steve Warson...

Ecrit par : Francis Rainaut | lundi, 14 avril 2008

Francis, tu nous as manqué aujourd'hui au Grand Palais. Il y avait une réunion informelle de collaborateurs plus ou moins réguliers de MDS (le TTDCB bien sûr, Gianpaolo, moi même et last but not least le Professeur Reimsparing "himself"); nous avons un long moment admiré respectueusement Sir Stirling Moss...

Ecrit par : Christian Magnanou | lundi, 14 avril 2008

Stirling Moss ? Mais alors le Grand Palais était devenu un moment un repaire de bidaouis venus fêter un peu en avance les 50 ans du championnat perdu sur le circuit d'Aïn Diab !
Je n'ai pu m'échapper du travail pour vous retrouver tous, dommage, j'en profite pour vous donner le bonjour.
Au fait le salon de JSG c'était au Grand Palais, ou au Petit Palais ? J'en ai des souvenirs diffus.
Un r'bati.

Ecrit par : Francis Rainaut | mardi, 15 avril 2008

Francis pour moi c'était au Grand Palais mais pour Gianpaolo avec qui j'en discutais hier cela aurait plutôt eu lieu à l'ancienne gare de la Bastille. Je pense que le Salon a eu lieu dans ces deux endroits mais dans quel ordre ?

Ecrit par : Christian Magnanou | mardi, 15 avril 2008

Entre le petit palais et la gare de la Bastille, n'y avait il pas les halles avant leur démolition ?

Ecrit par : AG | mardi, 15 avril 2008

Je crois qu'une année il y a eu en concurrence un salon JSG et un salon F.Mazet. J'ai des souvenirs de Grand Palais, avec entrée rue W.Churchill.
Très peu d'infos sur le net.

Ecrit par : Francis Rainaut | mardi, 15 avril 2008

Gilbert,

Pour la statistique d'Albi 66 en F2, il s'agissait de Jack Brabham sur sa Brabham BT 21 Honda qui devançait Jo Schlesser sur Matra Cosworth MS5.

Jimmy avait dû avoir des soucis mécaniques (ma mauvaise foi...)

Quel plateau il y avait, ça valait un plateau F1 actuel (toujours ma mauvaise foi !)

Beau souvenir, j'avais 10 ans.

Pascal, un fan de

Ecrit par : Pascal Klein | mardi, 15 avril 2008

Pascal,
Un commentaire sur cette course et sur quelqu’un que personne a oublié :
Malgré une Lotus moins compétitive que les Brabham Honda, notre Jimmy avait fait le second temps aux essais derrière J. Brabham. En course après au moins deux arrêts aux stands pour des problèmes de filtre à essence, il avait terminé à 10 tours, se permettant au passage de regagner un tour en doublant Brabham. Efficace et beau.

Ecrit par : AG | mardi, 15 avril 2008

Les Brahbam Honda étaient imbattables cette année là alors reprendre un tour en les doublant, ça valait une victoire !

Je serai toujours de mauvaise foi quand il s'agit de l'écossais volant...

Il était un seigneur quand il gagnait mais il fût aussi un prince dans quelques belles courses ou il n'a pas finit en tête mais où il a réalisé un exploit.

Merci pour cette précision moins froide que les statistiques.

Ecrit par : Pascal Klein | mardi, 15 avril 2008

Salon de JSG/JPB (de sources sures !)
1970 : Grand Palais
1971 : Halles
1972 : Porte de Versailles
...
une année au moins à la gare de la Bastille, comme Rétromobile
mais là c'est de sources moins sures

Ecrit par : AG | dimanche, 20 avril 2008

L'accident d'avertissement a aussi valu pour le frère de Jacqueline:
Gros accorchage avec Scheckter au Canada; 15 jours avant Watkins Glen...

Ecrit par : CHEVALIER | lundi, 21 avril 2008

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