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vendredi, 04 avril 2008
Un Lion d’or à l’âge d’or
Dimanche verra se disputer, sur le circuit de Bahreïn, le troisième GP de la saison 2008. Surgi de nulle part il y a quelques années, ce circuit va pourtant drainer une foule considérable, dont une proportion respectable trouvera vraisemblablement de l’intérêt au spectacle et dont une proportion moindre, mais non nulle, possédera quelque compétence en matière de sport automobile contemporain.
Pour autant, je serais assez disposé à parier le montant des substantiels honoraires afférents à ma prochaine chronique – pari peu risqué, j’en conviens, puisque mon affirmation demeurera malgré tout invérifiable - qu’il ne viendra pas à l’idée d’un seul spectateur local que le 7 avril 1968, quarante ans auparavant, donc, presque jour pour jour, un champion exceptionnel avait trouvé la mort, pratiquement sans témoins, très loin de là, au cœur de la forêt d’Hockenheim. Cette ignorance n’aura toutefois rien de choquant – ne serait-ce que parce qu’appréhender la notion même de forêt en un pareil biotope (comme dirait le TTDCB) est sans doute loin d’être évident…
Plus décevant en revanche, quoi qu’à la réflexion pas autant que cela, car la chose était, finalement, inéluctable elle aussi, il est hautement probable que cette pensée ne traversera pas non plus un seul instant les cerveaux des personnes appartenant, à quelque titre que ce soit, aux diverses écuries présentes ce jour là. Il est vrai que nombre de ces personnes n’ont sans doute, elles non plus, jamais entendu parler du champion en question (Have you, Kimi ?).
C’est que la course automobile des années soixante confine à la préhistoire pour cette F1 du début de 21ème siècle, qui, nonobstant sa mondialisation effrénée, ses audiences télévisées et l’implication des grands constructeurs, demeure un tout petit univers très largement autiste, pas seulement à l’égard du passé d’ailleurs, et au sein duquel les rares histoires, telles celle de Lewis Hamilton, susceptibles, au-delà de leur formatage et de leurs excès inévitables, de nous faire encore rêver (un tout petit peu…), sont dégommées, de manière parfois assez incompréhensible d’ailleurs, pour ceux qui ont aimé un autre casque jaune et qui pensaient n’avoir pas été les seuls.

Bref. C’est en songeant aux monstrueux motor home garnissant les actuels paddocks de F1 que m’est venue l’idée de publier – avec l’aimable autorisation du TTDCB - les documents ci-joints. Ils ont été réalisés dans le paddock du circuit de Lascaux, pardon, de Reims-Gueux, le samedi 4 juillet 1964, la veille des trophées de France de F2 déjà évoqués ici pour avoir marqué la fin prématurée de la prometteuse carrière de Peter Arundell. Comme on peut le voir, de motor home, même à taille humaine, il n’y avait point (tout juste distingue-t-on un véhicule du traiteur « Potel et Chabot »…). C’était avant tout une gentille pagaille, au sein de laquelle un Jim Clark, alors meilleur pilote du monde, déambulait souriant et en tenue décontractée.
En fin d’après-midi, il emprunterait, comme un automobiliste lambda, et sans avoir participé au moindre debriefing, la N31 dans la direction Soissons-Reims, afin de rejoindre la place Drouet d’Erlon (savait-il que ce général et comte d’Empire avait été l’un des vaincus de Waterloo ? Pas sûr que cela l’aurait intéressé…) et l’hôtel du Lion d’or.
Un Lion d’or pour un âge d’or ? Très certainement. Mais les contreparties étaient à la hauteur. La Grande Faucheuse rôdait en permanence, aux aguets. Et elle ne respectait personne, pas même le plus grand, ainsi qu’allaient le constater, un certain 7 avril, le monde de la course, tétanisé, et pas mal d’autres habitants de cette planète, sincèrement attristés.

Professeur Reimsparing
Bahreïn XXIe siècle © (merci) Paul-Henri Cahier (www.f1-photo.com)
Reims-Gueux au siècle dernier © Pr Reimsparing
10:10 Publié dans Généralités | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : jim clark, trophées de france, f2, 1964, circuit de reims-gueux, circuit de bahrein, grand prix de bahrein




Commentaires
Je m’empresse de venir me réfugier dans la chronique du Professeur et ainsi, me tenir éloigné de tout ce que j’ai pu lire dans un précédent thème abordé récemment sur MdS relatant la disparition d’un ex Président de la FISA et la sans doute prochaine éviction d’un actuel président de cette même organisation. L’histoire retiendra peut être de ces deux la qu’ils avaient en commun un goût particulier pour le fantasque et pour un passé pour le moins honteux et scandaleux !
Doux euphémisme : la note du Professeur évoque un passé préhistorien de la course automobile. Mais celui-ci demeure si présent dans notre mémoire qu’il repousse dans le lointain de nos préoccupations et de notre estime cette conception particulière de la pratique du sport automobile aujourd’hui avec son cortège d’artifices, de délires en tout genre et d’inepties (règlements).
On pourra au passage pardonner à Jimmy Clark son éventuelle ignorance de l’existence du Général et Comte Drouet d’Erlon, fût-il plus sensible à l’histoire de sa patrie, l’Ecosse qu’à celle de sa voisine, l’Angleterre. Dimanche prochain, 40 ans après jour pour jour, je me souviendrai !
Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | vendredi, 04 avril 2008
Très heureux d'inaugurer ainsi mon premier message sur MDS, par un mot de remerciements au Professeur.
En fait, le 7 avril approchant, j'attendais de voir comment serait traité le souvenir de Jimmy Clark : et ces photos et quelques lignes, loin de la turpitude du moment, lui font un très bel hommage.
Pour ma part, je me rappelle très bien de cet après-midi d'avril 68, de mes cousins avec qui je feuilletais mes premiers Sport-Auto et surtout du choc que leur causa la nouvelle. Je le comprends bien mieux 40 ans plus tard, après avoir moi aussi frémi bien des fois (nous n'avons pas tous la même, mais la liste serait bien longue et triste, n'est-ce-pas...).
J'ajouterai enfin une réflexion que je me fais régulièrement. Ces photos de paddock dont nous avons la nostalgie revèlent une ambiance que l'on peut "retrouver" dans les paddocks de compétition de karting : à un niveau régional, il y règne encore une bonne part de camaraderie et de débrouille que j'ai beaucoup aimée il y a encore peu de temps.
Quant à moi, un sticker "Ayrton Senna" sur ma caisse à outils a longtemps été un hommage en souvenir des quelques pilotes pour lesquels j'ai eu, certains dimanches, beaucoup de peine.
Ecrit par : Alain GRES | vendredi, 04 avril 2008
C’est un de ces moments ou le temps et l'environnement se figent et se gravent dans la mémoire, il y en a quelques uns dans une putain de vie.
Pour ce qui me concerne, hors la famille, il y a dans l’ordre chronologique :
Kennedy, Jim Clark, de Gaulle, François Cevert et Ayrton Senna.
Nous pouvons grâce au Professeur nous recentrer sur les vrais valeurs.
Ecrit par : gianpaolo | vendredi, 04 avril 2008
7 Avril 1968-7 Avril 2008.....40 ans ont Passé mais Jim CLARK est resté un Mythe et une Légende Incontournable du sport automobile.
Me concernant la Formule 1 m'a passsionné de CLARK à SENNA, en un mot la F1 tel je la concevais tel je l'aimais avec des joies et des peines voire des chagrins.
Avec ses 25 victoires en Formule 1, Jim CLARK entraina ses successeurs à la conquete des records de victoires, le premier d'entre eux fut Jackie STEWART....Une autre Légende Ecossaise.
Parmi les Triomphes de Jim CLARK, l'année 1965 fut notamment d'une grande cuvée concernant ses victoires en FRANCE.
Tout d'abord le 27 juin 1965, Jim CLARK s'impose au GP de l'ACF sur le circuit de Charade devant STEWART (BRM) et SURTEES sur FERRARI.....Doublé Ecossais...Sans oublier pour CLARK la pole position lors des essais précedant la course.
Le 11 juillet 1965 soit quinze jours plus tard, rebelote lors du GP de FRANCE de Formule 2 disputé sur le circuit de Rouen-les-Essarts, CLARK s'impose aux Essarts sur LOTUS devant Graham HILL et Sir Jack BRABHAM...Ces deux derniers Pilotes pilotant des...BRABHAM-BRM et HONDA. C'est un Podium de reve et de légende qui s'impose aux Essarts ce jour la.
Mais outre ces Triomphes et c'est la que Jim CLARK est une Légende, la veille de son Triomphe Normand le Champion Ecossais s'impose le samedi 10 juillet 1965 à Silverstone lors du GP de Grande-Bretagne...Pole Position aux essais et victoire devant STEWART et GURNEY.
L'utilisation de l'avion fut necessaire lors de cette folle semaine....le mardi et le jeudi essais Outre Manche, le mercredi et le vendredi séance d'essais aux Essarts....Bref du Grand Art qui en font un monument du Sport Automobile.
Pour les Passionnés de Jim CLARK, rendez vous sur le site "YOU TUBE" des documents merveilleux avec beaucoup d'émotion nous font revivre cette légende de la Formule 1.
Ecrit par : andré georges | samedi, 05 avril 2008
J'ai presque connu les mêmes chocs émotionnels, gianpaolo, de Gaulle en moins, Jimi Hendrix et Gilles Villeneuve en plus. Je me rappelle certains titres des journaux d'alors:
- le petit marocain, novembre 1963; KENNEDY ASSASSINE qui barrait la 1ère page.
- (l'équipe ?), 8 avril 1968: IL ETAIT LE PLUS GRAND
Je crois bien que Jimmy est resté le plus grand.
Jimi aussi dans son genre.
Ecrit par : Francis Rainaut | samedi, 05 avril 2008
Vous avez bien raison cher Daniel, de remercier le Professeur pour avoir ouvert une grande fenêtre rafraichissante avec cette chronique sur Jim Clark.
Mais attention, l'histoire de ce sport recèle parfois de curieux raccourcis temporels qui peuvent rendre vain de tenter de se réfugier dans les souvenirs d'une époque passée pour mieux échapper aux turpitudes de la présente.
C'est ainsi que sur la grille de départ de cette maudite course de Formule 2 à Hockenheim, on trouvait, outre les Lotus de Jim Clark et Graham Hill, les Matra de Jean-Pierre Beltoise et Henri Pescarolo, la Ferrari de Chris Amon, les Brabham de Piers Courage et Derek Bell, les Mac Laren de Jo Schlesser et Guy Ligier..., une Brabham que venait tout juste d'acheter un débutant indépendant du nom de Max Mosley.
A l'issue de cette fichue course gagnée par Beltoise devant Pescarolo (mais qui s'en souvient encore ?) ce rookie terminera 9ème. Clark était 8ème à l'orée de son dernier tour de piste.
Ecrit par : Daniel | samedi, 05 avril 2008
Il est symptomatique de remarquer que Jim Clark a remporté le dernier Grand Prix de F1 couru avec des voitures non-sponsorisés (hors quelques stickers) et qu'il n'a pas participé au premier Grand Prix où les F1 arboraient des couleurs "fumantes". Autre temps, autres moeurs ...Par ailleurs bien que tout jeune à ce moment là je me souviens tout aussi bien du jour de la disparition de Jean Behra, il en est de même ensuite pour Kennedy, Clark et Cevert; quand à De Gaulle ... Est ce que demain l'un des "talentueux" commentateurs de la F1 sur la non moins "excellente" TF1 pensera à évoquer le souvenir du plus grand ?..
Autrement, je ne suis pas certain que l'on puisse qualifier le passé de l'actuel Président de la FIA de honteux et scandaleux, la vie passée et les engagements de ses parents sont par contre tout à fait avérés. Merci encore au Professeur Reimsparing pour ses toujours fabuleuses photos qui ne manquent pas d'interpeler l'amateur aux agués que je reste: alors Professeur ces tons surannés sont ils dûs à une pelliculle Agfa Color plutôt qu'à une Kodack; et votre boitier, était ce un Leica, voire un Voigtländer ? Peut être un Rollei ...
Ecrit par : Christian Magnanou | samedi, 05 avril 2008
Il existait alors une émission appelée "Sports Dimanche" qui passait juste après le JT de la première chaine le dimanche soir.Je me souviens que ce soir là,pour la première fois,elle commença par du sport auto si on peut dire...L'annonce de la mort de Jim Clark à Hockenheim,j'avais 11 ans et je m'en souviens encore.
Ecrit par : Jacques Rivaud | samedi, 05 avril 2008
Pur concentré de "Jimmy"
Moteurs 1962
http://img395.imageshack.us/img395/5288/1962jimclarkqv9.jpg
Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | dimanche, 06 avril 2008
Demain,cela fera 40 ans que Jim Clark se tuait à Hockenheim dans une banale course de Formule 2 au volant d'une voiture ne lui permettant pas de défendre ses chances à la suite vraisemblamement d'une crevaison qui n'aurait été qu'un simple incident aujourd'hui.
J'ai eu la chance de le voir courir à Montlhéry en 1966 en Formule 2 lors du Grand Prix de l'Ile de France ou il était le seul à tenir le rythme des Brabham Honda.
J'étais placé dans la chicane en bas de l'anneau et je me souviens que tour aprés tour il passait exactement au même endroit au millimétre prés dans un pilotage d'une grande élégance s'intercalant entre Jack Brabham et Denny Hulme.
Pilote polyvalent ,il a réussi dans toutes les disciplines du sport auto de cette époque.
Ayons une pensée pour lui demain,car il était aussi un grand ami de la France.
Merçi Jim,nous ne t'oublierons jamais,pas comme les commentateurs du Grand Prix de Bahrein qui a eu lieu aujourd'hui brutalement devenus amnésiques.
Heureusement que nous avons les livres pour nous rappeler son souvenir.
Chapeau bas Jim Clark,tu fais partie de la légende du sport auto.
Hommage à toi et repose en paix.
Ecrit par : Daniel Holz | dimanche, 06 avril 2008
Dans Virage Auto de mai 68, Jean Thieffry titrait : "Il n'y a plus de dieux de la course ..."
Jim Clark est un des héros de mon enfance, il a disparu comme James Dean : trop jeune.
Il me fait penser à Jacques Brel, pour d'autres raisons.
C'est le plus éclectique et le plus palmarès que l'on puisse imaginer et même si je suis de mauvaise foi, ne me contrarier pas en me parlant de Schumacher !
Il aurait 72 ans demain, un beau petit vieux avec son kilt et sa canne, Kate à ses côtés.
Il serait radin, comme tous les écossais ...
Il raconterait : "De mon temps, les pilotes pilotaient, pourvu que ça est 4 roues et un volant"
Qu'est-ce j'aimerai l'entendre, même si je ne comprends pas l'écossais à cause de l'accent.
Il doit se marrer en nous entendant "nostalgiquer".
... avec ses potes Colin, Jabby, Graham, Jochen, Jo, Seppi, Pedro et le gamin Ayrton.
Salut Jimmy !
Ecrit par : Klein | dimanche, 06 avril 2008
Bonsoir M.KLEIN.....( votre nom me fait penser à un tres beau film de Joseph LOSEY avec un certain Alain DELON.)
Votre intervention mets du baume au Coeur pour perpetuer l'Hommage et la personnalité de ce Mythe, et de nous dire que James CLARK devenu Jim CLARK reste une Légende au meme titre que CEVERT et SENNA. J'apprécie votre spontanéité, Jacques BREL au sujet de Jim CLARK aurait chanté...."Ne nous quittes pas".........
Ecrit par : andré georges | dimanche, 06 avril 2008
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