jeudi, 13 mars 2008
Hommage à André Van Bever (1922-2008)

En annonçant dans une de ses dernières livraisons la mort du photographe belge André Van Bever, La Vie de l'Auto a appris à ses jeunes lecteurs qu'avaient existé avant la domination du numérique des hommes qui prenaient des images dont il fallait attendre plusieurs jours qu'elles se concrétisent. Peut-être moins pour la presse, mais bref. Nous en étions là de notre réflexion quant à la meilleure façon de rendre hommage à André Van Bever - petit de taille mais de grand talent - lorsque est arrivé un message de Michel Bollée, l'auteur bien connu [1], nous proposant une interview qu'il avait réalisée en 2006. Qu'il en soit chaleureusement remercié.
André Van Bever était un homme éclectique, doué pour l’équitation, l’alpinisme et la photographie. Il naquit en 1922, ses parents, bijoutiers, étaient fournisseurs de la Cour. La reine Astrid, épouse du roi des belges Léopold III et mère du roi Baudouin, leur commanda notamment un diadème. C’est en 1946 qu’il débuta sa carrière de photographe professionnel au journal Les Sports.
Ce fut lors de mes recherches en vue d’illustrer un livre consacré aux 1000 km de Paris que je fis la connaissance d’André Van Bever. Débutèrent alors dix années de relation amicale, des années ponctuées de longs moments privilégiés passés au téléphone à discuter de personnages de la course automobile, des pilotes belges qu’il affectionnait tant, de photographie, voire d’informatique, lui qui, à quatre-vingts ans passés, avait pris le parti de délaisser la chambre noire pour désormais scanner ses négatifs et effectuer des tirages depuis son imprimante, parfois difficilement ce qu’il reconnaissait volontiers.
Je tâtonne me disait-il souvent à ce propos, lorsqu’au prétexte d’un tirage qui ne correspondait pas à la qualité antérieure je lui téléphonais pour le supplier de continuer à travailler de manière traditionnelle à l’agrandisseur et aux tirages argentiques. Mais échaudé par l’absence de scrupule d’un laboratoire photographique bruxellois, il hésitait désormais à confier ses négatifs à l’extérieur. En effet, à l’occasion d’une exposition consacrée à l’automobile, à Bruxelles, il découvrit avec stupeur que les grands panneaux illustrant le thème de l’exposition comportaient plusieurs de ses photos, inédites, confiées peu de temps auparavant à ce laboratoire pour des tirages papier.
Que voulez-vous, ce sont des requins et je ne veux pas d’histoires ! déclarait-il avec le sourire à propos de ceux qui avaient abusé de sa confiance et de son extrême gentillesse.
Ses propos recueillis au cours d’un entretien, le 26 mai 2006 à Bruxelles, évoquent la vie d’un photographe à une époque du sport automobile désormais révolue.
****
Vous avez été photographe, notamment sur les circuits automobiles...
J’ai commencé en ’’touriste’’ tout de suite après la guerre, quand les épreuves ont recommencé. C’était donc en 1946. Mais la première épreuve que j’ai faite sérieusement c’était le GP d’Europe à la réouverture de Francorchamps en 1947.
C’était la première course en Belgique après-guerre ?
A Francorchamps, sinon il y avait eu des courses à Bruxelles.
Comment êtes-vous venu à la photographie ?
J’avais un ami qui éditait une revue touristique. Il s’est adressé à moi et m’a envoyé à Francorchamps.
Comme ça...
Oui, comme ça !
Mais à cette époque c’était très familial. J’avais quand même tous les laissez-passer. C’était une belle course gagnée par Wimille sur Alfa Romeo. Alors ce fut l’enchaînement, l’engrenage, j’ai continué cette discipline.
A quel moment avez-vous commencé à travailler sur les circuits situés à l’étranger ?
Je ne me rappelle plus la première course. On allait régulièrement aux GP de Hollande et GP d’Allemagne, tous les pays limitrophes, ainsi qu’en France. Comme il y a eu une éclosion de pilotes belges, je les ai suivis. Au fil des courses j’ai présenté mes photos au journal Les Sports et suis devenu free-lance. J’alimentais la section automobile du journal.
Egalement pour d’autres journaux ?
Cela commençait. Au fur et à mesure j’ai commencé à réunir des archives que je distribuais à droite, à gauche, mais avec une priorité pour le journal Les Sports pour lequel c’était le service express après chaque course. Il fallait rentrer au journal, développer et agrandir.
Jusqu’à quelle époque avez-vous travaillé pour ce journal ?
Jusque vers 1970.
Tout au long de ces années quel est le pilote qui vous a le plus marqué ?
Il y en beaucoup, ils se bousculent, parce que d’habitude c’étaient des types sympathiques que l’on côtoyait. A cette époque c’était encore possible d’être avec eux dans les stands. Je n’ai pas le souvenir d’avoir rencontré un pilote désagréable.
Vous aviez des amitiés très fortes parmi les pilotes belges...
Dans l’équipe belge je les connaissais tous, on se tutoyait, Gendebien, Paul Frère, après il y a eu Mairesse plus tous les autres.
Mairesse et Gendebien, deux personnalités très fortes ...
Oui, deux styles différents...Gendebien était plutôt aristocrate mais pas du tout snob, très amical. Mairesse venait de province, c’était l’enfant brouillon du village comme il a continué à l’être sur les circuits, mais très sympathique aussi.
C’était la grande époque de l’Ecurie Nationale Belge avec une pléiade de pilotes...
Oui l’ENB était assez bien équipée avec des Ferrari, des Porsche, etc. Il y avait beaucoup de pilotes d’endurance : Gendebien, Dubois, Frère, de Changy, Swaters qui était en même temps représentant-importateur de Ferrari.
Comment était financée l’ENB ?
C’est surtout le pétrolier Shell qui a lancé et financé l’ENB.
Parmi tous les circuits que vous avez fréquentés, quel est celui qui vous a le plus marqué ?
A cette époque chaque circuit avait sa personnalité. Par exemple Zandvoort dans le sable était un circuit très amusant, Francorchamps évidemment c’est là que l’on allait le plus souvent et puis tous les circuits français, Le Mans, Reims, Rouen, Montlhéry où il y avait de belles épreuves.

Parlez-moi du Mans plus particulièrement...
J’y suis allé sept ou huit fois. Il y a eu les victoires de Gendebien et de Jacky Ickx mais à ce moment là (victoires de Ickx) je n’allais plus au Mans. On en revient toujours à la catastrophe de 1955 qui a laissé un souvenir marquant. Cette année là je suis venu au Mans mais je n’étais pas sur le circuit au moment de l’accident. Avec mon collègue nous avions eu une panne de voiture et l’avions laissé dans un garage en direction du centre ville. Vers 18 heures nous sommes donc partis la récupérer. En attendant au garage nous avons vu arriver des voitures, des ambulances qui roulaient tous phares allumés, suivies par des camions à l’arrière desquels on voyait dépasser des jambes, des pieds. Le convoi allait vraisemblablement vers l’hôpital. On nous a alors indiqué qu’il y avait eu un très gros accident sur le circuit. Lorsque je suis revenu sur le circuit les restes calcinés de la Mercedes étaient encore sur les fascines.
Aviez-vous le temps de suivre la course ?
Non et peut-être est-ce pour cela que je trouvais que toutes les éditions se ressemblaient. Quand on est sur le circuit, loin des haut-parleurs, on ne sait pas exactement qui est en tête. Bien sûr on voit ceux qui vont plus vite que les autres...
Lorsque vous étiez au Mans comment vous organisiez-vous, tour du circuit, lieux de prédilection ?
On se doit de connaître chaque circuit du point de vue photographique, comme un pêcheur connaît les endroits où ça mord bien ! Au Mans on allait évidemment à Mulsanne, Arnage, dans les Esses. Les distances étaient assez grandes d’un point à un autre. A Francorchamps c’était la même chose. A cette époque on n’avait pas le temps d’aller à l’autre bout du circuit. Au Nürburgring c’était différent, on pouvait prendre une voiture et aller à l’autre bout du circuit. Comme la course était longue on pouvait se rendre à quatre ou cinq endroits différents. Pour revenir au Mans, les Esses étaient très spectaculaires, beaucoup de choses se passaient là-dedans ! La courbe Dunlop après les tribunes était aussi très spectaculaire. Par contre je ne suis jamais allé sur la ligne droite.
Les plus belles voitures qui vous aient marqué ?
Les voitures remarquables c’était par exemple la Jaguar D qui courait d’ailleurs sous les couleurs de l’Equipe Nationale Belge. C’était une bonne voiture pour l’endurance. Les Ferrari évidemment, les Maserati il ne faut pas les oublier, c’étaient des monstres !
Paul Frère est certainement le plus grand journaliste automobile de ces cinquante dernières années. Vous le connaissez bien...
Paul Frère est une véritable encyclopédie automobile et sur la route il va très vite aussi. Un bon équilibre. A la conférence de presse de Ferrari, la tradition voulait que ce soit Paul Frère qui pose la première question, question à laquelle Ferrari s’attendait à chaque fois. Pourquoi ne soignez-vous pas plus l’aérodynamisme de vos voitures ? demandait Paul Frère. Ceux qui s’occupent d’aérodynamisme sont ceux qui ne savent pas faire de bons moteurs, répondait Ferrari. Et alors Frère lui a dit oui mais au Mans telle voiture d’une cylindrée inférieure à celle des Ferrari allait plus vite sur les Hunaudières...
Paul Frère avait toujours ses entrées chez Ferrari. Je me souviens y être allé avec lui sans rendez-vous. Nous avons bavardé trente minutes avec le Commendatore alors que normalement il fallait prendre rendez-vous plusieurs jours à l’avance. Quand Frère et Gendebien ont gagné Le Mans sur Ferrari (en 1960) ils avaient peu de chance de battre les autres voitures d’usine qui étaient plus rapides. C’est alors qu’il y a eu l’incident de la panne d’essence sur deux autres voitures d’usine (nda : l’usine avait engagé quatre voitures). Je pense que l’ordre du premier ravitaillement était d’arrêter d’abord la voiture des belges puis les trois autres. Deux sont tombées en panne d’essence à Mulsanne ou avant et ça à cause du pare-brise. Chez Ferrari on n’avait pas pensé à faire des essais de consommation, pensant que c’était comme l’année précédente. Elles sont tombées à sec toutes les deux dans le même tour et c’est la Ferrari des belges qui a sauvé l’honneur.

Ferrari parlait-il de Fangio ?
Ferrari a dit : Comme pilote il était formidable mais comme homme je ne l’aimais pas. On dit que Fangio se plaignait de ne pas recevoir les meilleures voitures. J’ai assisté de près à l’histoire du déchappage des pneus à Monza en 1956. Fangio a dû s’arrêter, abandonner. Il se retrouvait seul dans le stand et attendait l’arrêt des autres Ferrari pour voir si l’un ou l’autre des pilotes ne lui aurait pas passé le volant. Les Ferrari s’arrêtaient tout le temps puisqu’elles déchappaient en permanence. Musso s’est arrêté et il est reparti sans un regard pour Fangio. Collins s’est arrêté et lui a passé le volant. Il y a une de mes photos dans le livre de Maurice Louche (Emotion Ferrari) où l’on voit Collins qui enlève son casque. Un beau moment.
Dans votre carrière quel est le plus grand moment que vous ayez vécu en tant que photographe sur les circuits ?
Notamment quand Mairesse s’est accroché avec Taylor à Spa. Il a flambé, on voyait les flammes, c’était assez émouvant. Il s’en est bien tiré quand même… Egalement l’épreuve de Spa du Tour de France Automobile. Gendebien et Mairesse étaient sur 250GT et luttaient pour la première place. C’était un duel à la vie à la mort, tout le monde était inquiet.
Etiez-vous le même petit groupe de photographes sur les circuits ?
Oui, il y a avait notamment Yves Debraine, on se passait un film si l’autre en manquait. Il y avait aussi Bernard Cahier, De La Faille qui est venu un peu plus tard. C’est d’ailleurs lui qui m’a remplacé aux Sports quand j’ai arrêté (nda: dernier reportage le 4 mai 1975 lors des 1000Km de Spa). J’ai connu Klementaski, très british ! Il y avait également Ami Guichard mais il était plutôt éditeur que photographe. Quand il a lancé L’Année automobile, il ne connaissait pas de photographes alors il a écrit à tous les automobile clubs pour avoir des photos et comme je travaillais pour l’Automobile Club belge j’étais en contact avec lui et c’est comme ça que quelques unes de mes photos sont parues dans le premier numéro de L’Année automobile. Après il a fait appel à Debraine qui était un excellent photographe.
Suivez-vous toujours la course automobile ?
Oui, à la télévision, sinon je vais rarement sur les circuits ; de temps en temps lorsque je suis invité. Les circuits actuels sont un peu comme les hôtels quatre étoiles, c’est toujours la même chose. Puis il y a tellement de restrictions, on est derrière des grillages à travers lesquels c’est difficile de photographier, il y a des commissaires beaucoup plus ’’efficaces’’ qu’autrefois. Pourtant je n’ai jamais connu dans ma carrière un photographe qui ait été blessé ou impliqué dans un accident au contraire de spectateurs...C’est peut-être parce que le photographe sait courir à gauche ou à droite tandis que quand on est agglutiné dans la foule on ne sait pas éviter. Alors c’est aussi une question de viseur. Sur le Leica par exemple, je mettais toujours le viseur sportif que l’on peut mettre sur la griffe de l’appareil et comme ça s’il y a une voiture en perdition on la voit venir tandis que si l’on a un petit viseur on ne la voit pas venir. Je fixais deux appareils sur un rail, un appareil comme le Rolleiflex et accouplé à celui-là un appareil équipé d’un téléobjectif. Je pouvais de cette façon effectuer deux photos en une prise qui plus est sur des formats différents. Si c’est plus près que l’on ne le croit on déclenche le Rollei, si c’est à une distance normale on déclenche l’autre.
Pas très simple pour effectuer la mise au point, car sur un Rollei la mise au point est différente de celle d’un appareil 24 x 36 muni d’un téléobjectif...
Oui, évidemment on ne prenait pas à courte distance et on arrivait assez vite à une mise au point sur l’infini. Au bout de dix mètres par exemple si c’est bien diaphragmé il y a suffisamment de profondeur de champ. Quel fut le meilleur appareil photo que vous ayez utilisé ? C’est encore les japonais reflex, genre Canon, Pentax, c’était très bien.
Avez-vous travaillé au moteur ?
Oui à un moment j’ai utilisé un moteur. Dans certaines circonstances c’est très bien, mais par contre notre souci était de ne pas faire trop de photos parce que comme ce sont des photos de presse elles doivent être développées en rentrant au journal. Si on a dix films il faut un appareillage pour développer les dix à la fois parce qu’on aura besoin de la photo du départ et de celle de l’arrivée. Alors personnellement je me limitais un petit peu.
Parlons de vos autres passions, les trains, l’alpinisme, les chevaux...
Quand j’étais gosse avant-guerre, on allait régulièrement en train et j’ai ce souvenir quand on arrive à la Gare du Nord à Paris, les voyageurs descendent et passent à côté de la machine qui comme une bête crache de la fumée, de la vapeur, le chauffeur et le mécanicien à leur petite fenêtre, tout noirs de fumée, regardant passer les voyageurs. C’était vraiment très impressionnant pour un gosse et ça m’est resté. Quant à l’alpinisme j’ai d’abord grimpé dans les rochers belges, un peu accidentellement. Je roulais en moto le long de la Meuse et j’ai vu des jeunes qui grimpaient dans les rochers. Je me suis arrêté, ils étaient aussi venus en moto, j’ai commencé à bavarder avec eux. Il y en avait un qui avait un œil sur ma moto. Après j’ai appris qu’il était le meilleur grimpeur du coin. Il m’a proposé de m’emmener dans les rochers et c’est ainsi que j’ai fait ma première voie. C’était une voie facile à 80 m de hauteur mais il fallait grimper ! En échange il a pu rouler sur ma moto ! C’est comme ça que j’ai commencé à grimper.
Après j’ai continué la montagne. J’ai fait ma plus belle ascension en Suisse, dans le Valais autour de Zinal à 4000 m. Je l’ai faite sans guide, avec une amie. C’était splendide, une grande arête rocheuse, beau temps...Mais au cours de toutes ces années d’alpinisme j’ai quand même perdu quinze copains… Et les chevaux ! Oui, j’en ai fait un peu trop dans ma vie... J’avais un ami de collège d’une famille de cavaliers qui m’a entraîné dans cet engrenage. Finalement j’ai passé la moitié de ma vie à cheval. Plus tard, trop tard, j’ai commencé la compétition. J’ai été quatre fois tête de liste. J’ai eu trois chevaux que j’ai gardés après, en commun avec une amie. Ils ont tenu trente ans, ce qui est exceptionnel.
Avec une vie aussi bien remplie, que regrettez-vous de ne pas avoir fait ?
Je n’ai jamais eu l’occasion d’aller en Grèce, au Maroc ! Mais les chevaux c’est attachant... (malicieux).
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André Van Bever s’est éteint le 31 janvier 2008. A ceux et celles qui ont eu le privilège de le connaître, il laisse le souvenir d’un homme modeste, d’une extrême gentillesse. Il fut un photographe de talent dont l’objectif a fixé pendant trente années l’histoire du sport automobile.

Signé Michel Bollée
Fait en mars 2008
[1] Bibliographie de Michel Bollée :
Maserati aux 24 Heures du Mans, de 1954 à 1965. Ed. Acla, 1992, 118 p.
Lucky : l'histoire de Camoradi et de Lucky Casner. Ed. Michel Bollée, Athis-de-l'Orne, 1999, 140 p.
Les 1000 kilomètres de Paris. Ed. Michel Bollée, Athis-de-l'Orne, 2000, 108 p.
Les 12 heures de Reims de 1962 à 1967. Ed. Michel Bollée, 2003, 64 p., 25 €
Archives d'un passionné : Le Mans 1960-1969. Ed. du Palmier, Nîmes, 2004, 112 p., 40 €
Archives d'un passionné : Le Mans 1970-1980. Français-anglais. Ed. du Palmier, Nîmes, 2004,112 p.
Maserati 450 S. Historique complet de 1956 - 1962. Collaboration de Willem Oosthoek. Ed. Michel Bollée, 2005, 208 p., 55 €
Maserati Tipo 151 Historique complet de 1962 - 1965. Collaboration de Willem Oosthoek. Ed. Michel Bollée, 2005, 184 p.
Archives d'un passionné : Le Mans 1957. Ed. du Palmier, Nîmes, 2007, 104 p., 43 €
André Van Bever et Paul Frère, 1000 km du Nurburgring 1970
André Van Bever, GP de Belgique 1967
24 h du Mans 1965
Juan Manuel Fangio et Guerino Bertocchi, Reims 1958
Yves Debraine, 24 h du mans 1965
André Van Bever, 2006
Olivier Gendebien, Amédée Gordini et Gilberte Thirion, Reims 1954
Toutes images © André Van Bever - Collection Michel Bollée
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| Tags : andre van bever, michel bollée, photographie, juan manuel fangio, paul frere, 24 heures du mans, memorial |



















Commentaires
une simple commentaire...Chapeau l'artiste !
Ecrit par : Gérard Gamand | jeudi, 13 mars 2008
Une belle tranche de vie , un témoignage passionnant...
Ecrit par : F.Coeuret | jeudi, 13 mars 2008
Si, comme il est permis de le supposer, le deuxième cliché a été pris avant le départ du GP de Belgique 67, il est pour moi particulièrement émouvant, car, n'ayant rien de mieux à faire ce dimanche là, j'étais au nombre des spectateurs occupant, de l'autre côté de la piste, les gradins surplombant l'Eau rouge. J'ai donc dû voir, avec peut-être une pointe d'envie, André Van Bever tel que le montre ce cliché, c'est-à-dire escaladant, souriant, le raidillon, sans savoir toutefois qui il était, bien que le connaissant de nom, ne serait-ce que grâce à sa magnifique photo de couverture de la première édition du bouquin de Paul Frère, "Un des vingt au départ".
Emouvant également, oh ! combien, le quatrième cliché, qui a immortalisé le dernier départ du "Maestro", à l'endroit même où, dix ans auparavant, il avait fait ses débuts européens, ainsi que vient de me le rappeler un texto de Kimi, ravi que le présent blog existe et perpétue à l'attention des générations futures l'histoire de son sport... Bon, je rigole.
Avec le recul, on imagine qu'à cet instant précis, ledit "Maestro" (je parle de JMF) avait déjà, quelque part, pris sa décision d'abandonner la compétition. Les (très) longues lignes droites du circuit de Reims-Gueux lui ont ensuite, ainsi qu'il l'a révélé, laissé tout le temps de réfléchir à la chose et il s'est finalement demandé ce qu'il faisait là. A l'arrivée, la messe était dite.
En tout cas, si MdS n'existait pas, il faudrait l'inventer, c'est vrai, ça...
Professeur Reimsparing
PS : je recommande très sincèrement à tout amateur du circuit de Reims-Gueux le bel ouvrage, précité, que Michel Bollée a consacré aux 12 heures.
Ecrit par : Professeur Reimsparing | vendredi, 14 mars 2008
Voila une note qui par sa qualité ne provoquera que peu de commentaire.
Apres du Mozart le silence est encore du Mozart…
Ecrit par : gianpaolo | samedi, 15 mars 2008
Quel silence assourdissant dit l'occis Maure ... qui comme moi ne se releva pas d'un tel calembour , désolé je n'ai pas pu m'empêcher !
Ecrit par : Christian Magnanou | samedi, 15 mars 2008
Mon père l'a connu alors qu'il allait au Mans dans les années 50-63 avec son ami Métivier, Le Président de l'AGACI à Paris , qui lui avait présenté André Van Bever, homme discret et sympathique. Il m'en avait parlé car il lui avait envoyé par la suite quelques photos de lui dans les stands à côté d'Olivier Gendebien, (que j'ai connu des lustres après,.. à la fin de sa vie dans sa propriété des Bouches du Rhone).
"C'est un Grand Monsieur, malgré sa taille ! "disait mon père, de Van Bever
C'est le seul souvenir que j'ai de lui. J'aurai aimé le connaître surtout après la lecture de ce beau témoignage de Mr. Michel Bollée.
Jacques-Marie
Ecrit par : jacques-Marie | samedi, 15 mars 2008
La disparition d’André Van Bever me fait dire que son pays est un pays majeur dans notre culture sport automobile avec des pilotes de circuit, de rallye, des journalistes, des photographes et pas n’importe qui. Faites comme si c’était un jeu, trouvez en quelques-uns dans chaque spécialité et vous verrez qu’ils ne sont pas des moindres et celui hors concours, que je ne connais pas et qui m’a fait rêver quand j’avais l’age de passer du vélo à la mobylette : Starter.
Ecrit par : AG | dimanche, 16 mars 2008
Je viens de perdre mon papa né en 1929
il s'appellait aussi André Van Bever
Je demeure en Belgique et essaie par tout les moyens
de m'exteriorisée tellement je suis mal
Ecrire encore le nom de mon papa m'a fais du bien
André Van Bever
Papa tu me manque
Joelle
Ecrit par : Van Bever | vendredi, 04 juillet 2008
A la publication de cette note, je n'avais pas prêté attention; mais lorsque, en fin de la note, je lis aujourd'hui ceci :
"Olivier Gendebien, Louis Chiron et Gilberte Thirion, Reims 1954"
Toutes images © André Van Bever - Collection Michel Bollée
Merci de bien vouloir rectifier avec le nom de Amédé Gordini au lieu de lire celui de Louis Chiron; c.f. photo dans le livre de Christian Huet, "Gordini un Sorcier, une équipe" page 319 où vous apercevrez Mr Amédée penché sur la Gordini 36S T24S de Jean Behra et Franco Bordoni, voiture qui devait abandonner à la suite d'un accident; c'est le même bonnet roulé et le même pardessus, il ne manque que la paire de gants; mais quand on avance les mains dans le moteur !
Photo saisie lors des recommandations du "Patron" avant le départ des 12 heures, donné à minuit, à son équipage formé de Gilberte Thirion et Olivier Gendebien sur la Gordini n° 46 engagée par Annie Bousquet et Gilberte Thirion, co-propriétaires de la T15 S n°0039 immatriculée 8699 CK 75.
L'équipage terminera à la 14e place du classement général et 3e de la classe des Sports 1500cm3.
Ecrit par : JeanLouis Mathieu | vendredi, 04 juillet 2008
Chère Joëlle,
Je lis votre peine et votre détresse est certainement celle de beaucoup d’entre nous dans une telle condition. Sans vouloir utiliser MdS en une tribune des pleurs et le dévier de son objet, je veux juste vous encourager et à mon tour, cela me réconforte. J'ai perdu mon Père il y a bientôt deux ans. C'était un homme merveilleux et élégant qui a eu une histoire singulière. Il a entrepris dans sa vie des choses énormes. C’était un visionnaire et bien que martyrisé par l’occupation nazie, il fut un citoyen du monde et un européen forcené. Il s’est attaché toute sa vie à tisser des liens étroits avec nos voisins et particulièrement avec les allemands qui ignoraient tout de ses souffrances passées.
Les seuls rapports qu’il a entretenus avec le sport automobile furent d’avoir été invité dans le cadre de ses activités professionnelles par Jean Luc Lagardère à assister en 1969 au Grand Prix de Formule 1 d’Espagne au sein de l’équipe Matra Elf. Il y avait alors rencontré Jackie Stewart et Jean Pierre Beltoise qui lui ont remis des portraits dédicacés à mon attention et que j’ai conservés. Puis, comme je luis faisait souvent remarquer avec malice, il fut décoré de l’Ordre de l’Empire Britannique (O.B.E.) la même année qu’Alain PROST (1993), tout les deux pour services rendus au royaume de Sa Très Gracieuse Majesté, distinction rarissime pour qui n’est pas citoyen britannique. Cet homme me manque terriblement mais le souvenir de sa vie exemplaire reste ma fierté. Je vous souhaite qu’il en aille de même pour vous et vous adresse toute ma sympathie.
Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | vendredi, 04 juillet 2008
Chers Joëlle et Daniel, soyez assurés d'une chose : MdS est ce que nous en faisons, ce n'est pas une base de données statistiques, pas plus qu'un forum parsemé de lol ou de smileys, ni une agence de rencontre (quoique la colonne de gauche le laisserait entrevoir, c'est une pub que je ne maîtrise pas), ce blog est un lieu d'échanges autour de l'automobile ancienne dans son acception la plus large.
Je trouve magnifique que la disparition d'un grand nom de ce milieu croise celle, Joëlle, de votre père, son homonyme. La vie s'infilte partout où elle trouve un terreau. L'histoire de l'automobile est assez vaste pour accueillir votre peine. Qui, à l'instar de Daniel, ne pleure pas un père ?
Sans vouloir déflorer quelque chose d'intime, le Pr Reimsparing et moi serons dimanche à Gueux dans un champ battu par deux corbeaux, sous les ondées promises par Météo France. Il n'y aura rien à Gueux. C'est seulement le 50e anniversaire de l'accident de Luigi Musso, heure pour heure. Je connais assez le Pr pour savoir que c'est l'âme de son père, qui lui fit connaître ce lieu et la magie qui l'entoure, qu'il tentera d'approcher.
Ecrit par : Mémoire des Stands | vendredi, 04 juillet 2008
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