vendredi, 29 février 2008
Tony Rolt tracé par Patrick Brunet

Les artistes perçoivent des choses derrière leur apparence qui les distinguent du commun des mortels. En passant le 6 février, Anthony Peter Roylance Rolt, Tony pour gagner du temps, a laissé des traces derrière lui. Traces que Patrick Brunet, l'artiste, a suivies. Certaines d'entre elles. MdS, quant à lui, a suivi Brunet à la trace çà et là.
On sait que Rolt a tenté de s'évader du chateau de Colditz où il était détenu en Allemagne en raisons de ses évasions répétées des quatre camps où il avait été successivement interné pour faits de guerre - il fut fait prisonnier à Calais en mai 1940. On a retrouvé des traces dans les bouquins d'Histoire du planeur que lui et des compagnons de captivité avaient commencé de construire en douce pour s'échapper par les toit de Colditz, une sorte de Guantanamo allemand. Leur libération intervint avant l'exécution du projet.
Démobilisé, Tony Rolt, promu Major et titulaire de la Military Cross, poursuit dans la voie qu'il s'était tracée avant-guerre. Il avait débuté sur quatre roues en 1936, quatrième de sa classe aux 24 heures de Spa. L'année suivante, il portait son ERA type B à la victoire au British Empire Trophy de Donington
Pilote officiel Jaguar à partir de 1951, il a laissé des traces de pneus dans les stands du Mans, amenant sa Jaguar C à la victoire en 1953, avec son vieux pote Duncan Hamilton. La légende veut qu'ils aient laissé la marque des bocks de bières qu'ils auraient éclusés dans les rades du Mans la nuit précédant la course, dans l'attente d'une décision des commissaires quant à leur disqualification ou non suite à une entorse au règlement. Et la légende prétend qu'ils auraient entamé leurs 24 heures bien entamés.
Bullshit, aurait répondu Rolt s'il avait été Américain, ce que le Major Anthony Peter Roylance Rolt, dernier survivant du British Racing Driver Club (BRDC) à avoir couru avant-guerre, aura traduit par Would you please pardon me, sir, may I tell you that we just had a small cup of tea before the race starts.
En 1954, la légende ne dit rien sur la possibilté qu'il ait aperçu un précoce Pr Reimsparing en sortie de Thillois, lors des 12 heures de Reims, en deuxième position sur sa Jaguar C.
Par contre on sait ce qu'il advint en 55 au Mans. Lui et Hamilton furent stoppés à la 16e heure, ce qui leur évita d'aller au bout du carnage.
Tony Rolt décida ensuite de se tourner vers une activité "civile", la technologie des quatre roues motrices qu'il mit au point dans le cadre d'une association avec Freddie Dixon. Avec le support du magnat des tracteurs, Harry Ferguson, il construisit la seule F1 à transmission intégrale qui enleva une course, (Ferguson P99, Gold Cup 1961 d'Oulton Park, Stirling Moss).
Enfin n'oublions pas la trace qu'il a laissée dans les bases de données en mourant début février : il était le dernier survivant du premier Grand Prix du championnat du monde de F1, Silverstone 1950. Absent de la grille de départ, il ne fit que trois tours sur l'ERA partagée avec Peter Walker.
Tony Rolt est né le 18 octobre 1918. Il s'était entiché du 18. Ses Jaguar du Mans portaient ce numéro en 1952 et 1953. Patrick Brunet, ça l'a amusé : Je n'ai pas eu la chance de le rencontrer, mais la pugnacité à vouloir gagner Le Mans avec une voiture portant le numéro 18, accompagné de son fidèle ami Duncan Hamilton, m'a suggéré le dessin ci-dessus. Je n'ignore pas qu'au paradis des pilotes on continue de jouer. Parions que le numéro fétiche de nos deux compères est le 18.
Pour MdS, amicalement, P. Brunet.
Anthony Peter Roylance Rolt
Grande-Bretagne
Né à Bordon, Hampshire, le 18 octobre 1918
Décédé à Warwick, Warwickshire, le 6 février 2008
18 © Patrick Brunet
www.patrick-brunet.com
10:10 Publié dans Biographies étrangères | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
| Tags : tony rolt, patrick brunet, jaguar c, art, memorial |



















Commentaires
La course de 55 au Mans fut stoppée ???!!!
Ecrit par : Olivier Favre | vendredi, 29 février 2008
Ouppss... je rectifie...
Ecrit par : Mémoire des Stands | vendredi, 29 février 2008
Est-il possible d’avoir une explication sur le fait que Tony Rolt fit trois tours au GP de Silverstone en 1950 sans être sur la grille de départ ?
La course se faisait en équipe et il a pris le deuxième relais ?
Il est parti des stands ?
Autre événement ?
Ecrit par : gianpaolo | vendredi, 29 février 2008
J'a eu le plaisir de le voir au Mans lorsque je me suis intéressé au sport automobile avec Hamilton ils étaient redoutables Rolt par sa rapidité ainsi que des nerfs d'acier pour piloter dans des conditions difficiles, je pense cette année 1953 Moss aurait bien été heureux d'être son coéquipier il aurait peut-être été plus raisonnable sur les conseils de Rolt car gagner au Mans c'est un savoir de consignes pour un équipage, heureusement gardons ces souvenirs des pilotes que nous avons eu le plaisir de les voir s'exprimer.
Ecrit par : mauricelaunay | vendredi, 29 février 2008
Les petits jeunes pilotes d'aujourd'hui feraient bien de lire de temps à autre l'histoire de leurs aînés, avec un grand H pour certain comme Tony Rolt. Ca améliorerait sans doute le comportement et la convivialité entre pilotes que Sébastien Bourdais évoquait récemment lors d'une interview dans la presse : nulle et inexistante ! A la question posée : " quelles relations entretenez-vous avec vos nouveaux camardes de F1 ? » Réponse : « Aucune, je les croise dans le hall de l’hôtel ; on ne s’adresse pas la parole ! Ca change un peu de l’Indycar ». Point à la ligne, on repart pour une saison de course automobile où l’humain n’a plus cours. Bref, qu’aura t-on à raconter dans 50 ans sur le sport auto d’aujourd’hui ? Rien que des histoires vieilles d’un siècle !
Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | vendredi, 29 février 2008
Très bon article (comme d'habitude sur MdS.)
Juste quelques fausses notes:
"En passant le 6 février", aargh, un anglicisme!
"L'année suivante, il portait son ERA type B à la victoire au British Empire Trophy de Donington". Ce n'était pas plutôt en 1938?
A part ça, il faut préciser que Freddie Dixon était son fidèle mécano depuis ses débuts en compétition. Vous avez aussi oublier de mentionner le rôle de Rolt dans la fondation de l'écurie Rob Walker.
Ecrit par : Joest | vendredi, 29 février 2008
J'ai trouvé un debut de réponse a ma question, grace à l'ouvrage - Les Années Fangio - de Gerard Crombac qui relate les GP de la saison 50 a 55.
En effet l'ERA comme vous l'indiquez etait inscrite avec deux pilotes, Walker et Rolt, ce qui, avouez le , est quand meme curieux, on note d'ailleurs qu'ils etaient les seuls a courir de cette manière.
L'auto ne fit que 9 tours ce qui fait 3 pour l'un et 6 pour l'autre, cela meriterait la aussi une precision: pourquoi un relais aussi court ?
Allez les historiens , à vos claviers!
Ecrit par : gianpaolo | vendredi, 29 février 2008
Puis-je prendre la liberté de féliciter Patrick Brunet pour cette superbe illustration ? C'est presque superflu, bien sûr, mais cela va encore mieux en le disant.
Cette illustration est d'ailleurs d'autant mieux venue qu'en y jetant un oeil rapide et en faisant abstraction des calandres, on pourrait croire qu'il s'agit de la même voiture, dédoublée, ce qui est bien dans le ton des performances de nos deux compères au cours de la "grande nuit du Mans" évoquée dans la note, enfin celle qui avait précédé la vraie.
A propos de nuit, il me revient en mémoire, quoique sous toutes réserves, une anecdote à propos de ce personnage hors normes qu'était Duncan Hamilton (vous avez dit Hamilton ?) : il assurait piloter plus vite la nuit, notamment au Mans, parce qu'il ne distinguait plus alors les arbres, fascines et autres obstacles qu'il n'aurait pas fait bon tutoyer. Il sera intéressant de savoir si l'autre Hamilton en dit autant, à l'issue du premier GP de F1 devant être couru de nuit...
Professeur Reimsparing
Ecrit par : Professeur Reimsparing | vendredi, 29 février 2008
Merci de poser cette question, Gianpaolo, car ces histoires de conduites et de points éventuels partagés ne sont pas simples à assimiler. Elles sont le reflet d'une époque où l'individualisme des pilotes s'effaçait devant l'intérêt des équipes. Jusqu'à la création de la Coupe des constructeurs en 1958 qui mit un terme à cette pratique, il était admis que le pilote leader d'une écurie pût continuer sa course, en cas de panne de sa propre voiture, sur celle de son ou ses coéquipiers. Les points étaient alors partagés entre les équipiers. La première victoire partagée eut lieu à l'occasion du GP de France 1951 dont Fagioli et Fangio se répartirent en parts égales les 8 points. Mais les choses devaient se compliquer avec les exemples suivants :
En attribuant le meilleur tour à 7 pilotes ex-aequo, les chronométreurs du GP d'Angleterre 1954 firent se diviser par 7 le point dévolu en ce temps-là à l'auteur de ce meilleur tour, soit 1 divisé par 7 = 0,1428571 ; nombre qui fut arrondi à 0. 14 pour tenir sur la feuille de résultat...
Le GP d'Argentine 1955 vit un imbroglio incroyable : seuls deux pilotes terminèrent sans changer d'auto, Fangio le vainqueur et Roberto Mieres qui finit cinquième. Tous les autres partagèrent des points, certains comme Trintignant et Farina qui cumulèrent les 2ème et 3ème places se virent crédités de 3.33 points ... de quoi rendre fou !
Pour en revenir au GP d'Angleterre 50, les choses sont moins compliquées : Peter Walker et Tony Rolt sont engagés de concert sur l'ERA type E que Walker, son propriétaire, a qualifiée en 10e position. Walker prend le départ mais chute dès le 1er tour à la 21e place. C'était vraisemblablement la boîte qui merdait et qui causera l'abandon. Il accompli un autre tour et stoppe au stand pour laisser conduire Rolt. Pourquoi ? Mystère pour moi. Toujours est-il que Tony Rolt fera 3 tours et l'auto tombera en panne de boîte au 5e tour.
Ecrit par : Mémoire des Stands | vendredi, 29 février 2008
"gianpaolo" fait référence à la série des publications "50 ans de F1" où il est à noter que dans le dernier tome "Dictionnaire des pilotes de Formule 1" 1950 - 1999, qu'à quelques rares exceptions près, Dominique Pascal reprend ce qu'il avait déjà publié, oubliant au passage que Tony Rolt avait participé à cette édition de 1950, première de toute, et de ne proposer que deux GP courus sur Connaught en 1953 et 1955.
Sans pour cela fouiller la totalité des ouvrages consacrés à la carrière de pilotes hors F1, il ait quelques compétitions de grande renommée où l'on trouve Tony Rolt sans pour cela s'être propulsé sur une des marches d'un podium.
Outre l'ERA en 1950, il utilisera l'antique Delage 1500 S8 C de Rob Walker dans le British Empire Trophy sur le circuit de Douglas, puis sur l'Ile de Jersey, à Silverstone dans l'International Trophy; remonte dans la même Delage en 1951 toujours à Silverstone pour l'International Trophy.
Cette monture doit lui plaire puisqu'il l'utilise encore en 1952, toujours dans une épreuve de F1 - hors Championnat - à Goodwood pour le Richmond Trophy; et ce n'est qu'en avril 1953 qu'il pilote une Connaught, tout d'abord pour Charles Boulton puis Rob Walker; Connaught équipée d'un assez performant moteur Lea Francis de 2 litres.
Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | samedi, 01 mars 2008
Bonsoir à Tous,
Je me suis rendu à "retromobile 2008", et arpentant les divers exposants je suis tombé sur les expositions de Patrick Brunet . Je dois avouer que les divers dessins exposés montre une certaine culture et nostalgie de ce qu'était le sport automobile tel qu' on le ressent sur ce site.
Les sanguines concernant entre autres Didier PIRONI, Gilles VILLENEUVE et Ayrton SENNA sont fideles aux personnalités de ces inoubliables pilotes.
Ayant pu converser avec Patrick BRUNEToutre l'évocation de ces dessins, il à porté a ma connaissance avoir réalisé une sanguine pour Madame Jacqueline BELTOISE ( soeur de Francois CEVERT) où était réuni CEVERT,BELTOISE et PESCALORO.
Ecrit par : andré georges | samedi, 01 mars 2008
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