lundi, 18 février 2008

Rétromobile 2008, huiles de salon

738d128ff3a036dd4d579d33fb2b7d89.jpgUn Premier ministre amateur d'autos est une aubaine pour le chroniqueur à qui la qualité de l'homme d'Etat fournit les titres de ses papiers, ce qui fut déjà le cas concernant Le Mans Story l'an passé. Il est vu ici en compagnie de l'huile locale Pierre Rageys, organisateur du Salon. Puisse Monsieur François demeurer à son poste jusqu'à que le filon s'épuise.

Un quarteron d'artistes très différents les uns des autres est l'objet de la présente note, MM Xavier Lavictoire, Patrick Brunet, François Vanaret, membres du collectif Artist'Auto, et Alfredo De la María.

Ils succèdent à Stanley Rose et Didier Bécet, évoqués en 2007 ; à Martin Otto Lambert Heukeshoven, Benjamin Freudenthal et Jacques Cochin dont il a été question l'année précédente. 

MdS aime les artistes car ils parviennent à transcender une activité que sa haute technicité hisse de plus en plus vers les sciences appliquées, à introduire le fantasme dans une liste de numéros de châssis.

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Xavier Lavictoire

Jeune artiste champenois frotté à l'huile de ricin qui baignait jadis la ligne droite de Gueux, Xavier Lavictoire confesse un penchant pour l'humain, comme il le déclarait dans AutoHebdo en février 2007 :  "Dans les années 40, 50 et 60, l’homme était au centre des choses et surtout on voyait les gestes des pilotes". Le tableau (mal) photographié ci-dessus en est une belle démonstration. Nous épargnerons à nos lecteurs l'injure de leur citer les hommes réprésentés là, aussi nous bornerons-nous à louer la patte de Lavictoire, trait précis situant un sujet - souvent une Bugatti - au dépouillement minimaliste sur un décor nu. Nul pathos chez lui, on est loin de la dramaturgie romantique propre à De la María.

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Patrick Brunet
www.patrick-brunet.com

Revenons un instant sur Patrick Brunet, déjà évoqué en 2005, pour nous persuader d'une chose : l'artiste reste fidèle à lui-même, à ce style qui le démarque à coup sûr de ses confrères, alchimie subtile entre le rouge de la sanguine et l'ombre de la mine de plomb qui fait apparaître, plus vraie que nature, une Romy Schneider s'échappant de l'écran des Choses de la vie pour converser avec le visiteur du stand de Patrick Brunet. Notre pauvre appareil photo a raté Michel Piccoli dont l'oeil est renvoyé par le rétroviseur de l'Alfa Giulietta 1960 (la voiture personnelle de l'artiste). L'oeuvre de Brunet se construit sur la fusion entre littérature et automobile ; une phrase extraite d'un livre, d'un film, d'une chanson fournit le terreau sur lequel s'ensemence une ambiance. C'est quelque chose qui est cher à votre serviteur mais que sa pauvreté artistique lui interdit.

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François Vanaret
www.francoisvanaret.com

On déjà fait état ici de la ressemblance des artistes à leurs oeuvres - ou l'inverse - et François Vanaret vient confirmer cette constatation avec sa haute sihouette ponctuée d'une royale barbe qu'on croirait issue du carton à dessins d'un héraut de la carrosserie française de l'age d'or, cette école à laquelle ses toiles rendent hommage. Il exposait à Rétromobile parmi d'autres peintures "Stars d'un soir", une toile de 100 X 80 cms montrant une Bugatti 57 carrossée par Gangloff, la maison de Colmar qui collabora étroitement avec celle de Molsheim. L'original est à vendre 2 300 €.

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Alfredo De la María

www.delamaria.com

Le moins que l'on puisse écrire est que Alfredo De la María est un tourmenté. Né en 1945 en Uruguay mais résidant en Argentine, De la Maria expose depuis 1989 des toiles dont le lyrisme exacerbé font davantage penser aux maîtres de l'école romantique comme Géricault ou Delacroix qu'à un compte-rendu de Courtel dans AutoHebdo. Admirer son travail n'est pas de tout repos. Le tableau ci-dessus nous plonge en plein coeur de Mar del Plata en 1949 et pour un peu Fangio, en route vers une des ses premières grandes victoires, nous catapulterait hors champ d'un coup de capot de sa Maserati 4 CLT aux couleurs de l'Automovíl Club Argentino.



Rétromobile 33e édition . Paris Expo halls 3.1 et 4 . 8-17 février 2008
Site officiel : www.retromobile.com

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Toutes huiles 
© MdS

Commentaires

La fidélité de Mds envers Patrick Brunet n’est pas sans retour puisque l’artiste me confiait avec un ton gourmand lors d’une de mes visites à Retromobile qu’il se connectait chaque soir sur notre site.

Ecrit par : gianpaolo | lundi, 18 février 2008

Concernant le MAGNIFIQUE tableau (j'ai bien aimé aussi celui représentant l'autre coté du mirroir : les photographes) de X. La Victoire, il y a quelque chose que je ne comprends pas dans la liste des prix présente sur son stand :
Ce tableau est référencé (de mémoire) : Jimmy, Jacky, Stirling...et les autres.

Pour Jimmy, Stirling et les autres : OK mais pour Jacky????

Ecrit par : thierry | lundi, 18 février 2008

Peut être pour "Old Black Jack"...

Ecrit par : Christian Magnanou | lundi, 18 février 2008

Emouvant ! Jim Clark, John Cooper, peut-être Innes Ireland, Sir Jack Brabham, Sir Stirling Moss, Graham Hill, Jo Bonnier, Bruce McLaren, Dan Gurney....

Impossible de discuter un moment et tranquillement avec Alfredo De La Maria, non pas parce que ces très belles évocations sont hors de prix mais parce qu'une dame se voulant interprète ne traduisait pas correctement notre souhait.

Nous ne souhaitions que de connaître les conditions d'acquisition de "droits" pour la reproduction d'une toile représentant la Cathédrale d'Angoulême aux pieds de laquelle passent José Froilan Gonzales, André Simon et Juan Manuel Fangio, Sefafini, ... etc, lors du Circuit des Remparts 1950; toile très inspirée d'un cliché de Maurice Louis Rosenthal qu'il est possible d'admirer sur le site du Musée de Fangio dont voici l'adresse:

http://www jmfangio org/gp1950angulema htm (ajouter des points entre les espaces)

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | lundi, 18 février 2008

"Un quarteron d'artistes très différents "
"Quarteron" signifie 25 et non 4.
L'origine en est " quart de rond ", le chiffre rond étant 100.

Ecrit par : L'étroit mousquetaire | lundi, 18 février 2008

Quarteron : un petit groupe, une poignée de gens
on peut donc dire les deux, mon général, ou l'un des deux l'étroit.
A partir de deux nous sommes un quarteron, ça marche aussi pour le cahier des batteurs d'or qui comporte 25 pages et pour les metis ayant un quart de sang de couleur et trois quarts de sang blanc.

Ecrit par : AG | lundi, 18 février 2008

Est-il besoin de rappeler qu'en avril 61, le général de Gaulle fustigeait un certain "quarteron de généraux" insurgés et que cet emploi du mot "quarteron" lui fut reproché (pas autant, il est vrai, que l'utilisation de l'article 16 de la constitution, qui s'en est ensuivie) ? Fort d'une semblable filiation, le TTDCB pouvait bien se permettre une petite privauté linguistique, qui n'est en d'ailleurs sans doute pas tout à fait une...

Quoi qu'il en soit, et nonobstant le titre de sa présente chronique, on sait qu'il n'a pas l'habitude de raconter des salades.

Le lecteur lambda

Ecrit par : Le lecteur lambda | mardi, 19 février 2008

En ce qui concerne le pilote au crâne dégarni avec une combinaison arborant l'insigne du "BRDC", je pencherais plutôt pour John Surtees que pour Stirling Moss.

Ecrit par : Franck Marie | mardi, 19 février 2008

Désolé Frank Marie,

Il n'y a aucun doute quant à être Sir Stirling Moss.

Vous observerez en saisissant le nom de John Surtees sur un moteur de recherches, de trouver sa trombine et d'observerez que son "chef" est plus clair et moins dégarni.

N'était-il pas surnommé "The Grey Wolf" - le Loup Gris -.

Sans rancune.

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | mardi, 19 février 2008

Elémentaire mon cher Watson, de même il s'agit bien évidement de Innes Ireland (un pilote dont sont bien éloignés les robots actuels ...)!

Ecrit par : Christian Magnanou | mardi, 19 février 2008

Mds persiste à encenser l'aérographe et le recopiage de photos... no art ... c'est bien triste...

Ecrit par : x | mardi, 19 février 2008

J'aimerais penser que le prénom de X est Jacky , que pour faire vite il contracte son nom en une seule lettre et qu'il fasse un commentaire sur MdS.
Mais dans ce cas aurait il un avis aussi tranché, lui l'homme sage.

Ecrit par : gianpaolo | mardi, 19 février 2008

Sauf de se cacher sous un masque, x n'a pas tort. On peut préférer l'original, envoyé par Jean-Claude Arnold.
http://memoiresdestands.hautetfort.com/images/huiles0.jpg

Ecrit par : Mémoire des Stands | mardi, 19 février 2008

De Maria est certes impressionnant de maîtrise mais je me demande tout de même s'il ne pousse pas son style un rien trop loin... On est à deux doigts (ou plutôt deux coups de pinceaux) d'une illustration pour "Martine au Grand Prix". J'admire bien sûr le travail mais je suis un peu partagé...

Ecrit par : Tex | mardi, 19 février 2008

Quand je fais : recherche sur MdS « Claude Berton » Ok, je ne trouve rien ... pas grave, mais
Claude Berton expose à Limoges en ce moment.

Ecrit par : AG | mardi, 19 février 2008

Bonsoir AG,

Merci de l'information.
J'imagine que c'est le talentueux Claude Berton et ses pastels...l'homme du Monomil Panhard qui travaille dans un très bel atelier que je lui envie.
Amicalement

Ecrit par : Guivarc'h | mardi, 19 février 2008

Bonsoir JMG,
Tout à fait et, tout autant que les siennes, vos exquises esquisses d’après ski j’apprécie

Ecrit par : AG | mardi, 19 février 2008

bonsoir à tous,
de retour de RETROMOBILE, une des priorités est de lire les dernières pages de MDS.
Dans les derniers livres sortis, il faut parler de "CARROSSERIE FRANCAISE" de Serge BELLU, dont je retrouve l'érudition, la culture artistique et historique qui me manquent dans la nouvelle formule d'AUTOMOBILES CLASSIQUES; je recommande à tous de lire au moins son avant propos de quelques lignes en première page au sujet de l'art de la Carrosserie; je pense que je vais le recopier intégralement en première page de mon site!
Quand à Mr x qui se cache derrière cette petite croix insignifiante pour écrire son commentaire, je lui ferais remarquer que parmi les artistes cités dans cette page, je n'ai pas l'impression que l'on puisse les classer parmi les spécialistes de l'aérographe; en tout cas je n'utilise jamais cette technique personnellement, et si je travaille à partir de photos, ce sont les miennes que je prend par dizaines pour chaque modèle , celà pour connaitre l'auto "jusqu'au moindre boulon" et pour en analyser chaque courbe et chaque reflet.

à MDS: petite précision, je ne suis pas membre d'ARTIST'AUTO

Ecrit par : François VANARET | mercredi, 20 février 2008

De La Maria, Goeschke, Turner, et Demand, une toile de chacun me rendrait très heureux.

Ecrit par : Le Thil | lundi, 25 février 2008

Retour sur la fresque et ce propos, "(...) Nous épargnerons à nos lecteurs l'injure de leur citer les hommes représentés là, aussi nous bornerons-nous à louer la patte de Lavictoire ......."

En fait une recopie d'un des clichés d'une série saisie par le grand photographe du sport automobile, Maurice Rowe à l'été 1961; un magistral "copier/coller" donc ne laissant paraître que les pilotes identifiables

Xavier Lavictoire avait-t-il eu peur que l'on ne reconnaisse pas les 14 absents dont le Baron Huschke von Hanstein ?

Au même titre que la reproduction d'une œuvre photographique, cette toile peinte est une œuvre à part entière, dont l'original photographique appartient à Maurice Rowe.

Pour vous en convaincre, un cliché issu de la série est publié dans le livre:
"TRACK RECORD" The Motor Sport Photography of Maurice Rowe, Préfacé par John Surtees, Queensgate Publications, double pages 66 et 67.

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | mardi, 11 mars 2008

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