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mardi, 04 mars 2008
"Fala muito bem"
Je pense que je n’aurais pu attraper le virus de la course automobile d’une plus belle façon que celle que j’ai eu la chance de vivre. C’était en 1990 au Portugal, j’avais 8 ans et j’étais élève au lycée français de Lisbonne.
Le championnat de formule 1 venait de se terminer avec fracas sur un nouvel accrochage Senna/Prost, couronnant le Brésilien cette fois. Mon père, un grand supporter d’Alain Prost, avait hurlé des noms d’oiseaux à l’adresse de Senna devant notre télévision.
Quelques semaines plus tard, les essais privés battaient leur plein sur l’autodrome d’Estoril. Un mercredi après-midi où je n’avais pas école, mon père rentra tôt du travail et m’a dit Viens, on va voir les essais ! Sur le trajet en autoroute (qui je l’apprendrai plus tard, faisait partie du circuit de Monsanto) j’étais surexcité, mais en arrivant sur le parking de l’autodrome et en entendant les premiers rugissements de moteurs j’étais intenable. J’étais stupéfait de passer le portillon des tribunes sans rien payer ou sans montrer de ticket alors que j’allais voir des formules 1 en vrai !
Nous nous asseyons en face des stands et là je vois passer un éclair jaune, comme un grand trait de peinture sur un tableau abstrait. J’ai à peine le temps de me demander si c’était une Coloni ou une Lotus que le bruit de son moteur m’arrive seulement à pleine puissance dans les oreilles. Je n’avais jamais entendu quelque chose d’aussi fort, encore un peu après je sens le son qui résonne jusque dans ma cage thoracique. Et tout ça n’a duré qu’une seconde.
J’étais envoûté par le ballet des monoplaces dans les stands, la sirène de l’entrée qui prévenait de l’entrée d’une voiture dans la pitlane, le bruit des pistolets pneumatiques. Ce jour-là Berger, se tapait tout seul le travail de développement pendant que Senna était venu voir en touriste comment les essais progressaient. Prost de son coté était bien assis derrière son bureau rouge, tout comme un tout jeune Jean Alesi. Ce dernier fit une petite apparition sur le muret des stands. Mon père en profita pour crier ALLEZ AVIGNON !
Comme il faisait froid (eh oui même au Portugal) et que le vent n’arrangeait rien, nous sommes partis quand l’activité se fit plus calme sur la piste. Je pensais que nous rentrions à la maison après cet après-midi fantastique, mais non. Mon père alla se garer à l’entrée qui menait au paddock (un simple chemin de terre gardé par un pompier et une chaîne tendue entre deux rochers). Nous avons attendu là pendant longtemps, peut être une heure ou deux. Mon père discutait en portugais avec le pompier alors que le soleil était en train de se coucher vers la côte. Il ne se passait absolument rien, je ne comprenais pas pourquoi mon père tenait à rester.
C’est à ce moment là qu’une Porsche 911 arriva du paddock. Je reconnus alors sans hésitation la silhouette du conducteur et je m’écriai C’est Senna. Au même instant j’espérais me tromper. Qu’allais-je faire si c’était vraiment lui ? J’étais mort de trouille, comme si Dieu allait apparaître devant moi. La Porsche s’immobilisa à notre hauteur… GLOUPS ! C’était bien lui ! Mon père s’approcha de la portière et me fit signe de venir. Sans trop savoir comment ou pourquoi, je me retrouvais là en train de serrer la main du champion du monde Ayrton Senna. Il me demanda comment je m’appelais, je lui répondis en portugais. Il enchaîna en me demandant si j’étais portugais et fut surpris quand je lui dis que j’étais français. Fala Muito bem, me dit-il.
J’étais paralysé, il me posait des questions et je répondais timidement. Mon père, qui était parti chercher un stylo et un bout de carton dans la voiture, revint pour lui faire signer un autographe et en profita pour féliciter le brésilien pour son 2e titre. C’est dire, l’effet que Senna pouvais avoir sur les gens. Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi gentil et disponible. Puis il est reparti plein gaz en nous laissant dans un nuage de poussière. Digne d’un deus ex machina.
Le pompier/cerbère est reparti lui aussi en nous disant que nous pouvions entrer en voiture dans le paddock si nous voulions. C’est exactement ce que nous fîmes ! Nous avons ensuite arpenté l’arrière des stands où régnait une atmosphère électrique. Des gros pneus slicks étaient arrosés par un mécano de Benetton, de la lumière filtrait de l’arrière des garages et une odeur de nourriture provenait du stand Ferrari. Mon père demanda alors à un mécanicien de Ferrari si nous pouvions voir les pilotes. Il répondit qu’Alain Prost allait bientôt sortir. Et de fait… Quelques minutes plus tard, mon père était en train de donner l’accolade au professeur. Trop impressionné, j’étais resté en retrait et j’étais déçu de voir que Prost arrivait tout juste aux épaules de mon père. Ce fut enfin au tour de Jean Alesi de descendre du bus Ferrari et de signer le même petit bout de carton que ses aînés.
Et puis nous sommes reparti sur notre planète Terre après un court mais inoubliable voyage sur la planète F1. Je suis depuis ce jour et pour longtemps encore habité par le virus du sport auto.
Mais bien plus que cela, j’ai rencontré ce jour-là celui qui est encore aujourd’hui mon idole : Ayrton Senna.
Signé Thomas Delaitre
10:10 Publié dans Pilotes | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : ayrton senna, circuit d'estoril, 1990, temoignage




Commentaires
C'est formidablement raconté, votre premier contact avec le sport automobile. Ce bruit de sirène qui vous fait vibrer la cage thoracique, la fulgurance des premiers passages de monoplace, avant même que l'oeil trouve son rythme. Moi, c'était à Pau, en Formule 2, en 1968, et je me souviens de chaque seconde. J'avais onze ans. Il y avait aussi cette fabuleuse odeur d'huile ricin brûlée. Le fracas des vitesses qui montent et qui decendent. Les plus grands pilotes, Stewart, Rindt, Beltoise, puis la chasse aux autographes à l'issue de la course.
Par la suite, pendant longtemps, j'ai toujours adoré les essais privés. Les mêmes pilotes, les mêmes voitures, mais pas du tout la même ambiance que les week-ends de course. Tout est beaucoup plus décontacté car il y a beaucoup moins de monde, moins de pression, pas le même enjeu. Et beaucoup de choses à essayer dans les écuries, donc le temps qu'on les change, les pilotes sont plus disponibles. Il ne fallait pas de laisser-passer particulier, c'était gratuit et l'on pouvait circuler très librement, sans faire n'importe quoi bien entendu.
Progressivement, les essais privés se sont organisés, systématisés, il y a presque autant de monde dans les tribunes qua lors des courses, c'est payant, hyper fliqué, inaccessible.
D'où l'aspect encore plus touchant du récit de Thomas Delaitre. Merci d'avoir fait remonter ces souvenirs d'enfant à la surface.
Ecrit par : eric bhat | mardi, 04 mars 2008
Bonjour Eric,
Tu avais onze ans, j’en avais le double, ce qui me préparait déjà à porter ce pseudo,
mais le temps à passé, la passion est restée pour nous tous, elle s’est même amplifiée il me semble en magnifiant ces époques. Alors pour toi pour nous tous, un petit souvenir, pas la bonne année mais c’est le seul que j’ai pu sauvé de chez mes parents.
http://img155.imageshack.us/img155/6439/pau67ye8.jpg
Ecrit par : AG | mardi, 04 mars 2008
Il fait plaisir ce petit commentaire plein de fraîcheur. Il exprime bien les premières sensations que j’ai ressenties lorsque j’ai vu évoluer des monoplaces de Formule 1 pour la première fois en 1973. Ce qui m’avait stupéfait c’était le hurlement des moteurs, particulièrement le passage des régimes en pleine accélération et le rupteur qui se mettait en marche en étouffant d’un bruit sourd le propulseur. A cet égard, en 1975 la Lotus 72 de Jacky Ickx m’a marqué. Puis la vitesse, effrayante notamment dans les passages en courbes où les monoplaces étaient en plein appui et légère dérive des quatre roues et de voir les ailerons arrières vibrer voire se vriller (la Shadow de Jean Pierre Jarier). L’odeur bien sûr, le mélange de ricin et de gomme qui embaume les narines.
En 1976 au Grand Prix de France au Castellet, Lauda et Hunt se tiraient une bourre extraordinaire dans les premiers tours. Nous étions à la sortie du S de Verrerie et au freinage de la chicane, on entendait nettement Lauda tomber les rapports en sautant une vitesse et les pneus de sa 312 T 1 crisser, avec James Hunt dans sa boite de vitesse. Submergeant ! On pouvait aussi observer à cet endroit les disques de freins virer au rouge incandescent. Un souvenir aussi qui m’avait enchanté, c’était la pétarade du Cosworth de la Tyrrell de Depailler lorsqu’il rétrogradait à l’amorce du virage du Pont lors des essais libres du matin dans la lumière provençale et les flammes qui sortaient des échappements. Magique tout ça !
Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | mardi, 04 mars 2008
J'aurais bien aimé vivre l'époque que vous décrivez, mais bon on ne peut pas tout avoir... Je suis encore aujourd'hui le plus heureux des petits garçon après cet après midi décrit plus haut.
Cela dit, j'ai pu en avoir un très bref aperçu au niveau purement mécanique : un dimanche après midi au musée du circuit de Spa-Francorchamp (bien loin d'Estoril) où la Porsche 917 de Derek Bell était exposée. Une voiture magnifique, envoutante, énorme mais raffinée en même temps.
Elle me fascinait d'autant plus par son inertie. Comme une météorite tombée de l'espace. Difficile de croire que cette machine énorme puisse avancer à 400 km/h ou encore enchainer des virages en glisse à plus de 200.
Nous sommes bien loin du fracas des Hunaudières. Nous sommes dans un musée ou l'on entend tout juste les commentaires étouffés des visiteurs. Mais ce calme est alors troublé par un groupe de personne et le gardien du musée.
La Gulf est poussée à l'extérieur. Toujours accompagné de mon père, je suis l'étrange procession qui ressemble un peu à ce que devait être la mise en grille de la bête du temps de sa splendeur. La voila dehors maintenant.
Et là, la bête se réveille ! Le moteur est mis en route. Un son roque, caverneux se fait entendre. Le veinard qui est parvenu à se faufiler dans l'étroit cockpit donne les première grosse bouffées de gaz. C'en est trop pour mes tympans, je me bouche les oreilles. Mais comme si j'étais au premier rang d'un concert des Rolling Stones, je savoure chaque note de ce petit concert privé.
Après celà, ce groupe de personnes à coupé le moteur et remis la bête dans son enclos. Quelques mois plus tard nous sommes repassés au musée, mais la Porsche avait disparu. Sans doute avait elle été rachetée par un collectionneur.
Ecrit par : Thomas Delaitre | mardi, 04 mars 2008
C'est vrai que c'était mieux avant !
C'est vrai qu'avant, dans les années 70, on pouvait, sans problèmes, passer la journée du jeudi précédant le Grand Prix, dans les stands à cotoyer les mécanos, pilotes et managers sans avoir à affronter les vigiles et leurs Rottweiler ou Pitbull ... au nom prédestiné !
Si c'était encore vrai dans les années 90, comme semble le montrer le récit de Thomas ... Aujourd'hui, tout ça, c'est bien fini et à moins d'être la "Petite amie" de Bernie ou de Flavio, il y a peu de chance que vos semelles frôlent le bitume ou le béton du "Paddock" et encore moins celui de la "Pit lane".
Et ne croyez surtout pas que tout cela se limite à la "Formula One " ...
Jusqu'à l'année dernière, il existait encore en France, dans le sud-ouest, un petit village, avec un superbe circuit, qui résistait à l'envahisseur ... Un circuit ou le parc concurents était accessible, un circuit à taille humaine ou on pouvait encore discuter avec les pilotes et les mécanos ! Un circuit ou il faisait bon vivre comme dans la région dans laquelle il se trouve !
Mais ... l'envahisseur est arrivé avec ses mètres-cubes de béton, ses barrières grillagées, ses zones VIP, ses stands fermés au public ... Plus possible de voir les voitures, enfermées dans leurs stands ultramodernes, plus possible de cotoyer les pilotes à la buvette ... Aujourd'hui, moyennant le prix du ticket d'entrée, vous pouvez, tout à loisir, admirer les superbes camions des écuries alignés impeccablement dans le paddock !
Dans quelques jours, à l'occasion des Coupes de Pâques, nous allons fêter le premier anniversaire de l'inauguration des nouvelles installations de Nogaro ! J'espère qu'au menu, il y aura des brochettes de coeurs de canard et du Côtes de Saint-Mont, car ... Personnellemnt, je digère mal le caviar et le champagne ...
Ecrit par : JF Riou | mardi, 04 mars 2008
je me souviens aussi très nettement de l'accès de plus en plus restrictif au GP de France. Ado, j'avais arpenté librement l'allée des stands en 85 et 87 après les différents essais puis en 88 ce fut brutalement terminé, interdit de pénétrer le paddock et à fortiori la pitlane pour le spectateur de base. Je n'avais beau avoir que 18 ans alors, l'impossibilité de voir les autos de près était rédhibitoire et, pour cette raison, je n'ai remis les pieds sur un GP que 15 ans plus tard mais là au moins je savais à quoi m'en tenir.
Ecrit par : gurneyflap | mardi, 04 mars 2008
Pitbull, nom prédestiné c'est vrai, mais peut-être pas autant que circuit Paul Armagnac !
Et le bougre de circuit va sur ses cinquante ans l'année prochaine non ?
Il semble que l'histoire de Thomas Delaitre, qui est aussi ce qui nous est arrivé plus ou moins à tous, soit désormais une histoire "d'avant" quand tout était différent et "mieux" parce que nous étions un peu plus jeunes que maintenant ..
Ecrit par : AG | mardi, 04 mars 2008
oui, "c'était mieux avant"
tout ceux qui ont connue cette époque, ont des souvenirs plein la tête.
pilotes, voitures, directeurs, ingenieurs, huile et carburant.
à Monaco, dès le mardi, je passais mes journées completes dans le paddock.
mais raconter de la façon dont, cela a été fait plus haut, me rappelle le jour, ou j'ai eu devant Sa Majesté Ayrton Senna.
Ecrit par : Bruno | mercredi, 05 mars 2008
Comme Bruno et tant d'autres ici que j'ai du croiser maintes fois dans des paddocks, j'ai eu la chance d'obtenir par voies officielles ou par système D le fameux sésame qui permettait de déambuler librement sur les grilles de départ, stands, salle de presse etc de nombreux Grand Prix.
Le premier coup de semonce intervint en 1990 au Castellet lorsque je me suis fait interdire de filmer (pas photographier) sur la grille de départ par un cerbère de la FOCA qui m’invectivât en anglais. N’ayant pas saisit ce que celui-ci me reprochait, je poursuivais mon chemin et continuais un peu plus loin mon entreprise ! Quelques instants plus tard, le même vigile me pris à nouveau à partie et se faisant menaçant, je rassemblais mes mots pour lui demander dans mon meilleur anglais ce qu’il me reprochait. Il m’expliqua alors que le droit d’image appartenait à la FOCA et que seules, les personnes dûment accréditées à cet effet avaient le droit de capturer des images. Dont acte ! Je du ranger l’objet indésirable!
Jusqu'en 1993 à Monaco et à condition d’avoir le fameux petit carton autour du cou, on pouvait faire le tour en longeant le circuit derrière le rail, se mettre à coté des photographes à la Rascasse qui plongeaient quasiment leur appareils dans le cockpit des autos à très faible vitesse à cet endroit là et chose étonnante, même marcher sous le tunnel ! J’étais sur la grille de départ à la hauteur de la 1° ligne et je me souviens très bien du petit soubresaut de la William de PROST qui lui valu d’être pénalisé pour départ anticipé. Vous dire si on voyait bien.
En 1994, année tragique de la disparition de SENNA peu avant et théâtre du dramatique accident de Karl WENDLINGER à la chicane, je n’étais pas à Monaco. Mais en 1995, à nouveau muni du prodigieux petit carton autour du cou, et bien de laisser passer, celui-ci n’avait plus que le nom. C’était terminé, les mesures de sécurité étaient devenues draconiennes et plus aucune liberté de circulation n’était autorisée. Ce fut le coup de grâce et je compris à ce moment là que les choses ne seraient plus jamais comme avant et que je ne pourrais sans doute plus vivre cette passion de l’intérieur comme par le passé. Je ne suis plus retourné depuis sur un Grand Prix même lorsque l’on m’y invitât et je comprends que les choses ne se sont pas améliorées.
Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | mercredi, 05 mars 2008
Premier GP (en spectateur) Brands Hatch 74... et on pouvait parcourir le paddock !
Premier GP en semi-pro : la dernière année du Castellet et les débuts d'Alesi sur une Tyrrell... Même sans le pass "kivabien" on pouvait se retrouver dans les stands !
Dernier GP : la première victoire de Schumacher (SPA), quasi royal avec un full pass pour bosser mais ca commencait à sentir le roussi... Bernie lui même controlait les pass sur la grille !
Maintenant la F1, il parait que c'est comme dans le metro..., il faut passer les portillons! (j'avoue étant jeune et pour garder des sous pour l'essence de ma DS21 ie, j'ai sauté des portillons à Paris et j'ai été pris une fois ou deux) Difficile à sauter les portillons de la F1 !
Ecrit par : De passage | mercredi, 05 mars 2008
oui Daniel c'est que je pensais aussi, 1995 tout était dit.
en 1992 j'étais encore une dernière fois à Monaco. c'est là que j'ai eu Ayrton Senna durant trois minute à 50 cm de moi. que j'ai vu les motoristes Japonnais, démontés un V12. en se cachant, mais j'étais là.
qu'"Attila" Peterlini retourna le volant de la F92 A de Jean Alesi, avant que je ne le prenne en main, alors qu'il traianit au sol.
que j'ai vu Bernard Dudot donner une intewieu à je ne sais plus qui, en vantant très haut les merites de Nigel Mansell.
que j'ai pu mettre mon camescope, sous le nez de Michele Alboreto, et l'entendre donner un rendez vous à un américain.
et pour la dernière des dernières (car je ne retournerais plus sur un circuit) à Monza la même année, ou j'ai chargé dans le transporteur Mc Laren les trois monoplaces de Berger et Senna, 3 heures après le GP.
ce soir là, si je l'aurais voulu, je serais parti avec le volant de la Mc Laren de mon Ami Gerhart Berger.
Ecrit par : Bruno | jeudi, 06 mars 2008
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