lundi, 26 mai 2008

Beltoise Brésil 73 #59/88

belbre73.jpg

Arrivant directement de Daytona où sa Matra était en tête au moment d'abandonner, Beltoise retrouve le Brésil pour le deuxième GP de l'année, après Buenos Aires. Interlagos est un circuit nouveau dans le championnat du monde sur lequel il est l'un des rares parmi les présents avec Carlos Reutemann, les frères Fittipaldi, Carlos Pace, Ronnie Peterson et Luiz Pereira Bueno à avoir tourné lors du Grand Prix du Brésil 1972, hors-championnat. Il s'y sentira à l'aise.



Avec leur tonus retrouvé, les BRM enroulent facilement les grandes courbes qui passent en quatrième ou en cinquième, et n'était-ce la puissance qui fait défaut et les pneus fragiles, ces autos auraient pu capter les premières lignes. A l'issue des quatre séances d'essais, JPB arrache un dixième temps qu'un moteur chauffant moins que le sien eût amélioré. Il est derrière Regazzoni, manifestement chouchouté par Louis Stanley, mais devant Lauda.

120 000 personnes prennent possession de l'autodrome dès les premières lueurs de l'aube du dimanche. Ecrire qu'il fera chaud au moment du départ est un euphémisme aisé qui pallie à l'absence d'un mot qui manque à la langue française pour décrire la gélatine brûlante qui englue le public passé au Karcher par les arroseuses municipales.
Luc Augier rapporte dans Moteurs qu'une température de 56° a été relevée sur le tarmac ; ce Grand Prix fut l'un des plus chauds.

Fittipaldi gicle de sa première ligne au baisser du drapeau et passe en tête au premier tour, avec dans ses roues, Pace (deux Brésiliens devant, inutile de décrire les tribunes, on a encore le bruit trente ans après), Stewart, Peterson, Ickx et Beltoise, super bien parti comme d'habitude. Ce sont les autres qui partent mal, explique-t-il, modeste, à Johnny Rives, l'envoyé spécial de Virage-Auto.
Passant cinquième grâce à l'abandon de Peterson, Jean-Pierre grimpe d'une place quatre tours après lorsque Pace casse un porte-moyeu. Il mène, à quelques longueurs du groupe de tête, un peloton de chasse comprenant Hulme, Cevert, Rega - ralenti par un moteur chauffant - et Merzario.

Derrière ce monde-là il y a Hulme, mal parti, qui remonte. L'ours Néo-Zélandais n'est jamais aussi bon que par forte chaleur, il saute Beltoise puis Ickx pour se caler troisième, place qu'il garde jusqu'au bout mais qu'il paie cher à l'arrivée : totalement déshydraté, il restera prostré deux heures. Beltoise est donc quatrième. Il tourne en tentant de sauvegarder ses pneus qui menacent de tomber en lambeaux, mais la poisse vient d'ailleurs, d'un boulon du plateau d'embrayage qui se dévisse, percute la boîte d'allumage au 23e passage et prive la BRM d'électricité.
C'est la fin d'une belle démonstration.





Grand Prix du Brésil .
Autodromo Jose Carlos Pace (Interlagos) . 11 février 1973
Fiche technique : www.grandprix.com/gpe/rr222.html




JPB dans une posture familière
, photo DR

Commentaires

Interlagos : encore un circuit pour caïd, comme le grand Nürburg, Spa ou Charade ; encore une perf de Beltoise, toujours à l'aise sur tous les circuits les plus redoutables, contrairement aux dires de Crombac qui lui cassait méchamment du sucre sur le dos vis-à-vis des anglais ! Les ignares ne connaissent que Monaco 1972 - un monument il est vrai. Mais enrhumer Lauda dans la fournaise d'Interlagos avec la même voiture, fallait qd même le faire. Beltoise, on ne le dira jamais assez, c'était de la graine de champion du monde. Et quel starter ! Merci à Mds de nous conter toujours ses aventures.

Ecrit par : eric bhat | lundi, 26 mai 2008

... On parle ici de L'ANCIEN Interlagos qui était plus long d' 1/3 et qui, surtout, comportait, juste après le départ, un long gauche hyper rapide (la chicane actuelle) suivie d'une trèèèès longue ligne droite ... en descente . Il fallait les les voir se jeter dans cette grande courbe bossellée à des vitesses hallucinantes . Angoissant ! Même Jarier, (déjà Godasso) qui effectuait là, son 3ème GP, m'avouait, le soir, à l'Othon Palace, qu'il adorait ce circuit tout en le redoutant particulièrement .... Bravo Bebel !

JC Arnold

Ecrit par : jc arnold | mardi, 27 mai 2008

Pour abonder dans le sens d'Eric Bath, et puisque notre TTDCB se "limite" (s'y j'ose dire.... ) aux Grands Prix de Championnat du Monde pour nous compter la saga Beltoise, je prends la liberté de me transporter quelques semaines en avant, au mois de Mars 1973 .... Course des Champions, Brand's Hatch, j'assisais, à tout juste quinze ans, à ma première course de F1..... et j'ai été rudement gâté pour une première, en voyant "le taulier" , parti en pole, tenir tête bravement pendant plusieurs tours à , excusez du peu, Ronnie Peterson et Niki Lauda ...... cela reste un immense souvenir pour le gamin que j'étais....

Ecrit par : philippe7 | mardi, 27 mai 2008

Et pour abonder dans le sens d’Eric BAHT, j’ai enfin entrepris la lecture du « Crombac » : c’est drôlement convenu et très décevant ; je n’y apprends rien de particulier sauf parfois, me rafraîchir la mémoire sur certaines « péripéties » de la F1 que j’avais oubliées. Crombac était un intrigant, non ! Je suis très désappointé ! Heureusement, le week en dernier, j’ai exhumé des diapos de Grand Prix que j’ai faites et que je n’avais pas revues depuis trente deux ans. J’y ai redécouvert des trésors qu’il va me falloir numériser et que je vous ferai partager le moment venu. Concernant JPB, j’ai déjà tout dit dans de précédents commentaires. L’archétype du courage et du brio !

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | mardi, 27 mai 2008

MONSIEUR Dupasquier, je n'aurai qu'un mot: respect. Total respect même.
Je vous admire depuis toujours.

Tintin.

Ecrit par : TINTIN | mardi, 27 mai 2008

Hmm... Tintin... (raclements de gorge), il ne s'agit pas du Dupasquier qui a exercé son ministère auprès d'une grande marque de pneumatiques, mais de Daniel Dupasquier, un de nos excellents commentateurs qu"on va lire bientôt en auteur de note.

Pom pom pom (tapotements de doigts)

Ecrit par : Mémoire des Stands | mardi, 27 mai 2008

Boulette! Oups, désolée. Voilà ce que c'est d'être la petite nouvelle, je ne connais pas encore tout le monde. J'espère qu'il me pardonnera ma maladresse.
En tous cas, ça n'enlève rien aux qualités du bonhomme. J'attends ses diapos avec impatience.

A propos, que sont devenus les Dupasquier (le "vrai"), Têtu, Ducarouge ?...

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'ai l'impression qu'avant, en un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, c'était un homme, ingénieur de génie le plus souvent, qui "signait" une machine: La nouvelle Ligier créée par Ducarouge, par exemple. Allors que maintenant, elle serait plutôt l'œuvre d'un computer: La nouvelle Bozon&Verduraz, conçue par... Hewlett Packard!
Je n'ai rien contre les progrès technologiques, mais quid de la dimension humaine ?
Qu'en pensez-vous?

Ecrit par : TINTIN | mercredi, 28 mai 2008

bonsoir a tous je me souviens tres bien quand il est venu a la course de cote de chamrousse avec la matra . du grand art tres grand art il aurait pu et aurait du etre le premier pilote francais champion du monde .

Ecrit par : d robin | mercredi, 28 mai 2008

Dans la famille Dupasquier, je demande Pierre...

Ecrit par : L'étroit mousquetaire | mercredi, 28 mai 2008

Chère Tintin, non, non, je ne suis pas celui que vous croyez. Mais une telle attention m’a touché et je m’en suis étonné. Notre bienveillant et vigilant TTCB a rectifié. Ce trouble avait déjà été signalé il y a quelques temps et j’avais mis bon ordre à cette confusion. Même pas de lien de parenté : vous vous rendez compte !

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | jeudi, 29 mai 2008

Nobody's perfect cher Daniel.
N'empêche que vous avez un nom. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

Portez-le haut et fort, comme on dit chez mémoires.des.stands!

Ecrit par : TINTIN | jeudi, 29 mai 2008

Pour autant que je le sache, retraite américaine pour Pierre Dupasquier, Michel Tétu reconverti dans les voiturettes Ligier sans permis managées par le fils de Guy, et Gérard Ducarouge en retraite depuis l'arrêt de Matra Automobiles... mais pas son patron puisque Philippe Guédon a supervisé la petite voiture electrique bleue qui sera commercialisée d'ici peu. Un événement : ce sera la première fois qu'une voiture conçue pour être entièrement electrique sera commercialisée. Un coucou ému aux Matraciens qui ont contribué à cette naissance. En France on n'a pas de pétrole, c'est bien connu, mais côté automobile, ça va pas mal...

Ecrit par : eric bhat | jeudi, 05 juin 2008

Merci pour ces nouvelles.
Ça alors, Michel Têtu dans les voiturettes! Mais bon, si c'est avec "Guitounet" (& fils), je lui pardonne...
Quant à Philippe Guédon, je me doutais bien que la retraite, ce n'était pas trop son truc. Bravo pour la voiture 100% électrique, du pare-chocs au hayon. Il était temps que l'on s'y mette sérieusement.

En France, ça va pas mal côté automobile dis-tu. Sûr: Renault en est maintenant à donner du pognon quand tu leur achètes une voiture! Le marketing de Billancourt est à l'image du design "Lequémantesque". Où est le temp béni de Louis Schweitzer?...

Une petite question à vous tous: que pensez-vous du rachat de Jaguar et Land Rover par les Indiens de Tata?

Ecrit par : TINTIN | vendredi, 06 juin 2008

Le rachat de Jag par Tata? C'est une jolie histoire ...

Il y a 80 ans, un domestique indien nommé Tata astiquait la Jaguar (ou la Rolls) de son colon de maître anglais. Aujourd'hui, son petit-fils achète la maison Jaguar que les anglais ont perdu depuis longtemps. Sic transit ...

CG

Ecrit par : Christophe Gilbert | vendredi, 06 juin 2008

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