« Joyeux Noël avant guerre | Page d'accueil | Michel Vaillant revu par Gianpaolo #07/13 »

mardi, 25 décembre 2007

Repas de Noël aux "Forges"

ecac0caa31c800fc41a895f4dfbb8d26.jpgSur le coup de midi moins le quart, le vieil homme donne un tour de clé, s'assure d'un mouvement sec du poignet que la porte est bien fermée (Dame, de nos jours on vole bien le cuivre des fils du téléphone, ou les plaques d'égout, aussi quelqu'un pourrait estimer que mes coupes ont quelque valeur, mais personne ne sait qu'elles existent, et Dieu sait que c'est que je fais tout pour que ça continue). Il entreprend de descendre les deux étages qui séparent son réduit du plancher des vaches, agrippant un maigre bras à la rampe.

Sa vue, oui sa vue constitue son handicap majeur, qui le clouera bientôt à son fauteuil quand sa rétine abandonnera le terrain à la peau qu'étend insidieusement par-dessus la cataracte. Ce n'est pas tant la fatalité de l'obscurité qui l'affecte que de lui savoir interdits les couchers de soleil prisonniers des câbles du pont suspendu dans lesquels il s'immerge des heures entières les soirs d'été, son fauteuil tiré près de la fenêtre.

La place des Marronniers est parsemée çà et là de cadavres de Guiness qu'en ce matin de Noël les fêtards du McCool pub ont abandonnés dans leur fuite vers des horizons plus chimiques. Le vieil homme bute sur une seringue. Il s'installa sur cette place, et par la même occasion dans cette ville, en 1966, après deux semaines dans un pays appelé coma où un accident de la route lui avait payé un aller simple, voyage anticipé deux ans auparavant d'une cabriole à Monza sur une grosse Maserati à moteur avant. Il décida alors que sa vie se limiterait à la vitesse d'un homme à pied, six km/h au fil de la Loire.
Au milieu des années soixante, la place des Marronniers - il y avait emménagé au numéro 6, un deux-pièces avec vue sur le fleuve -, bruissait, le matin de Noël, des fidèles qui se rendaient, endimanchés, à l'église St-Jacques. Monsieur André mesure la dégradation de la société à l'aune de ce baromètre-là.

Il prend par la promenade de la Loire, tournant le dos au pont qui vibre au passage d'un poids-lourd. De temps en temps, les soirées d'été, il s'y balade pour ressentir des émotions enfouies, qu'il s'interdit à l'ordinaire car trop vives encore, au passage des motards qui se tapent des runs sauvages jusqu'au carrefour des Fouchards, quand ils savent les pandores couchés. La D955 a des airs de Hunaudières, avec ses deux bosses que la DDE n'a pas éradiquées car la DDE croit qu'on y roule à 90 à l'heure maxi. Chaque année, on ramasse un gars à la balayette.
Pourtant agé de 88 ans, le corps de Monsieur André est encore habité par son double, un gamin de 29 ans qui saute dans sa Gordini et fait le tour du Circuit du Lac tandis qu'à la terrasse du casino les élégantes qui prennent les eaux le désignent à leur julot en disant Le 44 sur la petit voiture bleue c'est ce beau gars qui dînait à côté de nous, André... mais le reste du nom est avalé par l'enfer. Au dos du programme est marqué "Moulinex libère la femme".

Monsieur André longe la salle de la Chaussade, étrange bâtisse moderne qui n'a rien à faire dans cette ville empierrée dans son passé, tourne à gauche, traverse l'esplanade sous laquelle un lacis aquatique symbolise les errances du Loing avant de se jeter dans les bras de la Loire, aborde enfin la rue St-Agnan en longeant l'imposante église du même nom. Il vérifie son bracelet-montre, 11 h 58, encore deux minutes avant de pousser la porte des "Forges". Avec l'âge, Monsieur André s'est construit des repères, a érigé des guides pour que sa vie ne se perde pas en chemin. Ne jamais entrer dans dans un restaurant avant midi, ni après. Jadis son existence avait été construite sur le temps. De cette lutte contre son écoulement lui restent des manies de vieillard. Cette montre, au verre étoilé, au cuir si usé qu'il va s'effilocher dans la minute, est tout ce qui fut retiré d'une voiture en feu. Avec lui. Elle marche toujours. Comme lui. Elle lui survivra.

Denis l'accueille. Tiens il s'est fait beau, a laissé tomber le tablier pour son costume de réception ; son air a changé. Monsieur André, votre table habituelle ? fait-il en lui désignant la table en fenêtre qui donne sur l'arrière de l'église St-Agnan et qu'il fait sienne une fois l'an, pas davantage mais pas moins, le jour de Noël. Le patron des Forges a même, semble-t-il, mis au rencard son léger parler berrichon au profit d'une sorte de novlangue comme celle qu'on utilise dans les bulletins d'information régionale de France 3. Recevrait-on une gloire locale en ce jour de Noël, s'interroge le vieil homme en donnant son manteau à Cathye, sortie du bureau d'accueil, tout sourire, le verbe avenant.

Dès qu'il a commandé un gratin d’écrevisses au riesling que suivront des frécinettes rôties et flambées au rhum - ici on commande son dessert au début pour donner le temps à Denis, maître-pâtissier, d'officier à l'aise -, Monsieur André s'abîme dans ses pensées. Toujours les mêmes blessures que seuls le cours de la Loire, la paix séculaire de ce coin oublié par le temps parviennent à panser. Quelque chose cloche ici, mais quoi ? Même la jeune fille de la maison prends des airs de conspiratrice, s'attardant sans raison dans la salle à manger dont Monsieur André est le seul client, déplaçant un vase, redressant la mise d'une table.

Au travers de la grande baie, il contemple le travail d'un merle nichant dans un platane, apportant toutes les cinq minutes un ver pêché sur les bords de la Loire à sa couvée. Aucun trafic sur la RN 7 qui passe sous la fenêtre, coupant en deux la petite bourgade plongée en ce jour de Noël dans une torpeur de fin du monde. Sauf une Jaguar 420 qui glisse, fantomatique ; il l'aperçoit de temps à autre à la nuit tombée.
Chacun chez soi devant sa dinde. Le chez soi de Monsieur André est claquemuré derrière son cerveau ; nul n'y a accès.

Des bruits à l'étage le ramènent au XXIe siècle, dont rien de bon n'est à attendre, alors que son oeil intérieur recevait le drapeau à damiers de Maurice Mestivier comme sa Ferrari gagnait le Grand Prix de Paris à Montlhéry ; c'était quand, en 60 ? en 61 ? putain de mémoire... au milieu du siècle précédent en tous cas, un siècle de ricin, de petites femmes, d'autos qui ressemblaient à des autos.

Mémoire des stands...
(Quelqu'un a parlé de mémoire à l'instant ou je pensais à ça, c'est amusant).
Trois personnes se présentent en salle, pas des jeunesses, précédées par Cathye et Denis qui les guident jusqu'à sa table. Manifestement on veut les lui présenter. Qui peuvent-ils bien être ? Un petit gros à l'accent du Midi, un vieux à la peau mate, un Latino ou quelque chose d'approchant, et le troisième, une sorte de vieux cow boy dégarni au cheveu rare, savamment ébouriffé pour faire croire à 15 ans de moins. C'est lui qui parle et déjà, d'instinct, monsieur André sait qu'il ne va pas aimer, mais pas du tout. Il donne son nom, Patrice Wattan, dit qu'il gère un blog sur Internet, Mémoire des Stands (Monsieur André n'a compris jusqu'à présent que le mot "gère", mais laisse faire car il est poli), et quel merveilleux cadeau de Noël c'est d'avoir retrouvé l'immense André... (son nom est couvert par une bétaillère qui dévale la rue de l'Amiral-de-Boissoudy, adjacente), grâce à Denis et Cathye chez qui il séjourne pour les vacances et qui lui ont parlé d'un ancien coureur automobile, Monsieur André quelque chose, qui déjeune chaque jour de Noël depuis 1967 dans ce restaurant qui était alors un Routier et c'est maintenant l'hôtel-restaurant les Forges.
Puis avant que Monsieur André réagisse, il lui désigne les deux vieux demeurés en retrait, Invités spéciaux de l'hôtel, comme vous, Monsieur André, précise Denis qui ajoute que cet instant a demandé six mois de travail, d'enquêtes et de pourparlers pour qu'il ait simplement lieu.

Monsieur André se lève (il vient de reconnaître ces deux-là), repoussant la table avec vigueur au moment où un commis apporte son gratin d'écrevisses. Messieurs, c'est une regrettable méprise, vous me prenez pour un autre, je suis André Vermont, voyageur de commerce en retraite ! lance-t-il en claquant la porte.
L'air a fraîchi. Il a faim, en dépit de cet "incident" qui, il le sait, ne le lâchera plus même s'il n'en parlera à personne. Comment ont-ils su ? Comment ont-ils osé le violer ainsi ?

Remontant son col, Monsieur André franchit le petit pont de pierre devant le cinéma Eden et cingle vers le "Pause Café", il doit bien leur rester un croque-monsieur...

Commentaires

Ce texte est un superbe début de roman. Mais… il tourne court, faute à une incompréhension inter génération et à une amertume trop longtemps ressassée.
Dès la citation du prénom du héros: "André…" ses coupes, une grosse Maserati à moteur avant… André Simon ! De ce temps, je ne connais qu'un André: ce grand pilote qui me faisait frémir lors des seules retransmissions radios en direct de course auto: les vingt-quatre heures du Mans.
De 1959 à 1963 je crois, ce grand Monsieur qu'est André Simon maîtrisait l'effrayante Maserati avec tant de brio qu'on y croyait à chaque fois: Il était en tête ou second puis troisième, et… le bonheur n'eut jamais lieu: la Maserati cassait un morceau ou un autre et André Simon disparaissait des commentaires et des classements.
André Simon a été pour moi un des révélateurs de la course automobile. Un homme déterminé, doué et courageux domptant une voiture rétive pouvait tenir tête aux plus grandes écuries, aux pilotes bien plus célèbres: C'est ce qu'il m'a appris alors sans que je ne le rencontre jamais: ce même sentiment de révolte m'a permis de courir dans des conditions infernales, de suivre dans les pires moments cette passion exclusive. Il devait l'avoir tellement chevillé au corps qu'il reste encore persuadé que personne ne peut comprendre.

MDS, Ce "repas de Noël aux Forges" expliquerait la morosité de votre commentaire du joyeux dessin de Jean-Marie Guivarc'h ? Votre nouvelle terriblement bien écrite nous dépeint trop bien votre rencontre avec un pilote qui n'a toujours pas "digéré" (je hais l'expression "faire son deuil") d'avoir du arrêter la course automobile sans avoir été reconnu comme un des grands pilotes de son temps. Il doit de plus encaisser les commentaires acides d'articles d'anciens journaux, de vieux livres. Les écrits restent, même et surtout ceux qui font mal.

Merci André Simon, vous êtes un des très grands seigneurs de la course automobile.

PS: si par extraordinaire, ce texte ne parlait pas d'André Simon, que le TTCB… et zut! Que Patrice ne m'en veuille pas de mon erreur qui aura fait de mon commentaire un "hors sujet" que je revendique !

Ecrit par : guy dhotel | mardi, 25 décembre 2007

Etrange ressemblance en effet avec ce très grand pilote, qui fut, notamment "officiel" chez Gordini, Ferrari et Mercedes. Le caractère n'a visiblement pas changé : dans l'Equipe Gordini il était surnommé "le râleur" !
Deux exploits au Mans montrent son engagement en course : en 1949, record du tour de nuit avec sa Delahaye alors que ses phares sont brisés; en 1963, après un mauvais départ avec la Maserati 151, il est en tête au premier tour et le reste pendant tout son relais.

Ecrit par : Franck Marie | mardi, 25 décembre 2007

Il s'agit bien sûr d'André Simon, Guy, avec la vie de qui j'ai pris des libertés tant chronologiques que personnelles. Pour autant je ne l'ai pas cité pour éviter de centrer ce texte sur lui, il s'agit d'un essai surement un peu lourd et maladroit sur ce que peut ressentir un pilote retiré, qui fut un grand, totalement oublié sinon de quelques chapelles.

C'est aussi une tentative assez personnelle de camper un coin de France qui m'est cher, non cité là aussi pour ne pas focaliser dessus. Ce que vous en dites, cher Guy, me touche beaucoup (déjà le fait que vous le commentiez - ce que j'espérais), venant du manieur de plume que vous êtes.

Ecrit par : Mémoire des Stands | mardi, 25 décembre 2007

J'ai connu, je connais des pilotes retirés qui n'ont pas réussi à imposer et à faire reconnaître leur talent à leurs adversaires, au public, enfin au monde, puisqu'en chaque pilote qui se donne à fond, qui abandonne tout pour la course, il y a un champion du monde en puissance.
Il faut une telle dose de paranoïa pour y croire pendant des années, dans les pires moments et dans les quelques petites victoires qu'après, quand sonne l'heure du bilan, qu'on soit en bonne santé ou non ne change pas grand chose à l'affaire:
On a ou on n'a pas été champion du monde. Ni même gagné un Grand Prix. Ni même mis les fesses dans une FI. On a été plus souvent "NQ" ou "NC" qu'à son tour.
Après, il faut vivre avec ça, avec cette rage de vaincre qu'il faut définitivement maîtriser après l'avoir développé démesurément sans résultat. Vivre dans un monde "soft" où la passion est un défaut puisqu'elle occulte le rendement et la diplomatie. La schizophrénie guette et ça ferme pas mal de carrières. Il y a des gens qui basculent dans la folie pour beaucoup moins que ça. Certains pilotes ne résistent pas. Ils ne sont pas connus. Dieu merci, une carrière ne se résume pas à des chiffres secs, à des classements: J'ai mis longtemps à admettre que la vie n'est pas un panneau de chronométrage.
Voilà ce que m'inspire cette si émouvante nouvelle sur un grand pilote.

Ecrit par : guy dhotel | mercredi, 26 décembre 2007

Bravo et merci pour cette nouvelle.

La dimension humaine est la clé de voute de toute passion. A priori, la moule sur son rocher n'en éprouve pas ! C'est toute la différence.

Sans "l'homme", ses défauts et ses travers, ses peurs et ses hésitations, sa solitude et ses rêves, point d'élans passionnels, point d'excès, point de vie, point de vagabons des mers du sud, pas plus que de pilotes de courses.

Nous serions condamné à vivre dans un monde de comptables, régit par le strict "principe de réalité". La part d'espoir, plus que jamais indispensable dans cette société d'assistance et réglementations tatillonnes, n'existerait plus.

Quelle horreur !

Heureusement qu'une vie de pilote ne se résume pas à des chiffres ! C'est une VIE. Et une vie ne peut, bien évidemment, se retrancrire dans les seules statistiques.

Connaissant assez bien le monde de l'art lyrique et celui de l'art contemporain, je dois dire que les frustarations sont les mêmes que celles décrites excellement par Guy Dohtel au sujet des pilotes de courses. Les dangers sont les mêmes et entrainent quelquefois des destinées tragiques.

Et c'est bien là qu'il faut se méfier.

Chacun d'entre nous à le droit de se raconter des histoires. Si cela lui rend la vie plus belle, si cela lui permet d'oublier la tragique destinée humaine, il ne doit pas se gêner...Mais attention de ne pas se mettre à croire qu'il s'agit de la réalité.

Le risque est grand de passer alors d'un monde virtuel (celui qui n'a jamais existé) à un monde réel. La schizophrénie n'est plus loin. Celle qui dissocie les fonctions psychiques et fait perdre le contact avec la réalité.

La passion de la course automobile est trop belle pour être salie par les "révisionnistes".

C'est elle et sa sincérité qui réunit les visiteurs de MdS.

Ecrit par : Gérard Gamand | mercredi, 26 décembre 2007

WaaHHHooouu....!
Je n'avais pas lu vos notes messieurs quand j'ai rédigé la mienne sur Michel Vaillant revu par Gianpaolo 1/13.
Je vois que nous partageons beaucoup d'idées semblables aux mêmes heures...

Cependant, ces lignes me mettent la puce à l'oreille:

"Chacun d'entre nous à le droit de se raconter des histoires. Si cela lui rend la vie plus belle, si cela lui permet d'oublier la tragique destinée humaine, il ne doit pas se gêner...Mais attention de ne pas se mettre à croire qu'il s'agit de la réalité.

Le risque est grand de passer alors d'un monde virtuel (celui qui n'a jamais existé) à un monde réel. La schizophrénie n'est plus loin. Celle qui dissocie les fonctions psychiques et fait perdre le contact avec la réalité.

La passion de la course automobile est trop belle pour être salie par les "révisionnistes"."


Qui visez vous dans vos propos, cher Gérard ?

Ecrit par : Xavier | mercredi, 26 décembre 2007

Je ne succomberai pas à l'envie de souligner la qualité et l'originalité de l'histoire ci-dessus contée, car, venant après Guy Dhotel, je risquerais de paraître lourd. Je me contenterai donc de rappeler, à tout hasard, que la note que j'ai commise sous le titre "Histoire de Toto 1/2" comporte une photo où l'on voit l'impressionnante Maserati d'André Simon sur la ligne de départ à Reims en 1963. http://memoiresdestands.hautetfort.com/archive/2007/02/06/histoire-de-toto-1-2.html

Malheureusement, ni ce beau monstre, ni les deux autres superbes autos qui l'entouraient, n'allaient vraiment animer la course. La Ferrari de Mike Parkes était sur le point de griller son embrayage. L'Aston Martin de Jo Schlesser allait boucler trois ou quatre tours en tête avant de devoir abandonner.

Quant à la voiture au trident, elle crut bon, une trentaine de secondes après que cette photo ait été prise, de transformer ce noble instrument en une vulgaire fourche et de s'en aller déterrer quelques betteraves à l'extérieur du grand gauche précédant le virage de Muizon. Mais cette anecdote témoigne seulement de la fougue intacte du pilote ; cette fougue qui l'avait déjà mené, lors des essais du GP de Monaco 55, au volant de sa Mercedes d'usine, à une sortie de route qui a peut-être changé sa carrière ; cette fougue éminemment respectable, comme le sont, bien sûr, l'homme et le pilote. Au premier, on souhaite de goûter - en toute tranquillité... - encore pas mal de repas de Noël.

Professeur Reimsparing

Ecrit par : Professeur Reimsparing | mercredi, 26 décembre 2007

Vous voulez évoquer Cosne sur Loire, j'imagine.

Ecrit par : christian colinet | mercredi, 26 décembre 2007

Gérard, pensez-vous qu'il existe une histoire officielle, que quelques uns auraient pour mission de défendre contre une bande de vilains révisionnistes qui essaieraient de la changer ? L'histoire, grande ou petite, n'est qu'une série de témoignages. Chaque nouveau témoignage est une occasion de la remettre en question. L'histoire "officielle" n'est que la collation des témoignages les mieux partagés, ce qui n'est pas forcément un gage de "réalité". Sans être un adepte du solipsisme, ne peut on imaginer que la réalité est simplement légèrement différente pour chaque individu ? Lorsque les archives ne concordent pas avec les souvenirs de l'un ou l'autre, on peut le remarquer. De là à crier au révisionnisme, c'est peut-être un tout petit peu exagéré !

Ecrit par : Pierre-Yves | mercredi, 26 décembre 2007

Pierre-Yves,

Vous avez entièrement raison.

L'histoire est une matière totalement vivante : il n'y a jamais eu une histioire "officielle", Dieu merci.

Il faut simplement signaler les écarts trop importants avec la réalité, pour une meilleure visibilité de l'ensemble. Rien de plus.

Xavier,

Un jour, dans un diner, un quidam sympathique m'a certifié qu'il avait couru les essais du GP de Monaco dans l'équipe Surtees F1 ! Ce qui était totalement farfelu et absolument faux... L'anecdote est authentique et le type croyait "dur comme fer" à cette histoire. C'était au début des années 70 et j'ai alors décidé d'être attentif pour que l'histoire du sport automobile (qui pour parenthèse devient un sujet "sérieux", alors qu'il y a trente ans, nous n'étions que quelques rares "originaux" à nous intéresser à ce patrimoine exceptionnel) ne soit pas déformée.

Je ne vise jamais personne "en particulier". J'ai dépassé l'âge des querelles picrocholines. J'ai toujours autant envie de m'enflammer sur la plus grande passion de ma vie : la course automobile !

Ecrit par : Gérard Gamand | jeudi, 27 décembre 2007

Cher Gérard,

Merci pour votre réponse. En homme qui soulignez la convivialité de notre site; je m'étais étonné de votre intervention, moins conviviale que ce que vous nous aviez habitué, lorsque vous aviez "renvoyé" François Libert à un palmarès d'une année. Tout en précisant que les années suivantes...

Venant de votre part, je m'étais étonné de la virulence de la démarche. Je m'étais même demandé si une histoire de toles froissées n'était pas à l'origine de votre pugnacité. Je m'étais promis de vous en poser la question.

Je mettrais en ligne, comme annoncé les extraits d'un article que j'ai pondu en 2002 sur la relativité de l'exactitude des documents mêmes d'époque. Il semble que nos débats ou plutot échanges se centrent sur ce point.

En fait, c'est plus la forme que le fond de votre propos qui m'avait "secoué". Et je serais intervenu de la même façon à vos coté si vous aviez été mis en cause dans vos propos de manière frontale puis "asticoté"...de manière "secrète" par une bande de ... d'anonymes.

Bien que comme pour F. Libert, nous n'ayons jamais couru l'un contre l'autre, ni travaillé l'un pour l'autre, tout ce que nous partageons, c'est notre passion, et aussi notre convivialité.

Bon, évidement, si vous voulez que nous réglions cela en duel, je choisis une F3 1000cc et .... mais je m'emporte... quoique si vous fournissez la F3...je veux bien faire un tour... et me faire battre si je peux tourner et bien tourner...

Cordialement.

Ecrit par : Xavier | vendredi, 28 décembre 2007

Xavier,

La forme était peut être un peu trop "directe" je le concède bien volontier.

Je n'ai évidemment absolument rien contre François Libert, ni contre personne, à partir du moment où il brûle authentiquement des feux de la passion pour la course automobile. J'ai réagi spontanément sur des éléments que je connais un peu et qui avaient tendance à glisser vers le flou artistique...Ce qui je dois l'avouer m'insupporte prodigieusement.

J'ai trop aimé le pilotage de ces F3 "screamer" pour ne pas respecter tous ceux qui ont eu à maîtriser un moteur dont la puissance (même modeste) n'est délivrée qu'entre 8 et 10.000 t.

J'avais même créé en son temps le premier championnat historique pour ces petites merveilles. Au milieu des anées 80, des pilotes comme JP Cassegrain ou Jürg Dubler étaient venus se joindre à nous. Les grilles de départ (avec les FF1300) avaient régulièrement de plus de vingt monoplaces superbement restaurées. De l'avis des observateurs ce fut un très beazu championnat. Que du bonheur !

Malheureusement le sympathique "duel" que vous me proposez ne pourra pas avoir lieu sur des F3 1000 cc puisque je n'en ai plus ! (Je regrette beaucoup mes Brabham). Mais je vous suggère la F2 2 litres dès que ma Pygmée MDB17 sera terminée...

C'est de loin la forme que je préfère. Je ne suis pas fait pour les "duels" de salon. L'espace y est trop confiné.

Ecrit par : Gérard Gamand | vendredi, 28 décembre 2007

Est-ce le micro climat de la loire ou plus probablement le vieillissement visuel du pauvre André qui lui fit contempler un merle pêchant des vers pour sa couvée? Un 25 décembre? Petit à petit... L'oiseau fait son nid...

Ecrit par : l'oiseleur | vendredi, 04 janvier 2008

Cher Gérard,

D'accord pour le duel, je n'ai pas de F2 dans le garage, juste la MG TB, mais qu'importe le flacon...

Dans "The Fast Lady",le héros qui vient juste d'acheter une Bentley 3 litres court contre des F1 pilotées par Surtess et Graham Hill, et gagne même avant de se planter dans le fossé....

Bon, je sais que du passage du phantasme à la réalité, il y a un pas, parfois assez grand... Mais je suis Ok pour venir vous voir lors des premiers tours de votre merveille...en TB, avec la petite malle derrière et tous les accessoires, pour la filmer partout en action. L'histoire retiendra peut être ces images pour ou par un clip sur MdS ? Si vous m'avertissez...

En attendant je vais voir comment numériser des diapos des coupes de l'Age d'Or 89, vous y étiez peut être ? Plein d'autos m'emerveillent encore sans que je puisse les identifier avec certitude. (J'ai des périodes plus documentées que d'autres, même si je reste ouvert à toutes les autos de course...)

Cordialement.

Ecrit par : Xavier | samedi, 05 janvier 2008

Xavier,

En 1989, pour le GP de l'âge d'or à Montlhéry, j'étais avec ma F3 1000cc Brabham BT21B (ex Bev Bond).
Pour la (toute) petite histoire j'étais aux essais 2ème sur 21, et en course après une bagarre très "rude" avec Michel Mallier sur sa Tecno (ex Jean-Pierre Jaussaud), j'avais dû m'incliner pour la victoire. (Mallier 1er en 19'58'', et moi 2ème en 19'59"...). Il y avait un monde fou pour ces superbes courses.

Si vous avez des photos, ce sera avec grand plaisir que je vous aiderai à les identifier (si je peux).

Ecrit par : Gérard Gamand | samedi, 05 janvier 2008

........
..........."11-6 - Angouleme - Circuit des Remparts
1 Fangio 130 tours 167 km 310 en 2h 24' 8'' 1/10 (moy : 69 km 468)
2 Simon
3 Gonzales
4 Trintignant
5 Sommer ...
Excellent comportement d'André Simon"........
.....

SPORT*DIGEST n°21 d'Aout 1950

Ecrit par : AG | dimanche, 06 janvier 2008

Allez Xavier, on est tous derrière toi !
Au fait il y a une belle FF Martini en vente sur EBay, mais je crois non éligible pour les courses historiques (1990 ?).

Ecrit par : Francis Rainaut | lundi, 07 janvier 2008

Merci Francis, mais même avec un moteur préparé par Peter Edney...ce serait dur.

Avec une MG type R et à Angoulême, là les chances pourraient être plus équitables. 5et il faut que j'arrive à caser mon preque doouble mètre et son poid non surchargé accessoire dans une auto...)

Je reve à la Type R pour sa tenue de route. Je ne crois pas qu'aucune type R soit un jour venu à Angoulême, mais face à d'autre préwar ou des Gordini T16... cela promettrait un beau spectacle... Il n'y a qu'à voir le resultat des préwar à Goodwood cette année: 1er MG type R, 2ème MG type Q, et après les autres...Bentley, Bug, Era, etc...

Quelle fabuleuse auto que la type R, que dommage pour cette voiture, MG et toute l'industrie auto anglaise que Léonard Lord soit passé par là... L'article de "The Automobile" sur le groupe Morris de décembre ou janvier est très ...intéressante à ce sujet.

Ecrit par : Xavier | lundi, 07 janvier 2008

Xavier,

Si les voitures du Grand Prix de l'Age d'Or 1989 que vous cherchez à identifier sont des voitures qui ont participé aux courses, j'ai sous les yeux le programme de cette manifestation.

Donnez-moi le numéro de course des voitures et je vous enverrai les informations données dans le programme.

Ecrit par : JF Riou | lundi, 07 janvier 2008

Ecrire un commentaire