vendredi, 28 décembre 2007
MdS dans MS ?
Un jour de l’année 2003 m’est venue l’idée saugrenue d’adresser à l’illustre revue MotorSport [1], déjà évoquée dans ces colonnes au détour d’un commentaire, je crois, quelques photos de mon cru, prises, qui l’eût cru ? , depuis une de ces "loges de piste" qui contribuaient au charme ineffable du circuit de Reims-Gueux lorsque celui-ci était en activité.
Il me fallut à de nombreuses reprises sur le métier remettre mon ouvrage, avant de parvenir enfin à trousser de manière plutôt approximative, dans la langue de Sir Stirling Moss, la lettre destinée à accompagner et justifier l’envoi desdites photos. Mais l’ensemble finit par être remis aux bons soins des P et T.
Pendant longtemps, aucun témoignage d’une quelconque réception de ce courrier ne me parvint et durant cette période, j’oscillai entre deux convictions : celui-ci, contrairement à Blériot, s’était perdu corps et biens (scénario le plus apte à ne pas froisser mon malheureux ego) ; il était parvenu à destination mais n’avait provoqué, chez nos amis anglais, qu’un discret haussement de sourcil, dont la traduction pouvait aisément se passer de dictionnaire : « Ils sont fous, ces Frenchies ! ».
Cette superbe indifférence ne m’incita pas pour autant à renoncer à mon petit détour mensuel chez "W.H.Smith", rue de Rivoli, à l’effet d’y acquérir, obstinément, chaque nouveau numéro de la revue en question, car il n’était tout de même pas rare d’y découvrir quelques pépites.
Puis vint ce jour de janvier 2004 où je réglai machinalement mon écot en échange du numéro de… février, que, réfugié dans ma brasserie habituelle du côté de la Madeleine, je commençai à feuilleter négligemment. Et là, le choc ! La rubrique « You were there », dédiée, comme l’on dit aujourd’hui, aux photos de lecteurs, publiait, pleine page, une partie des clichés que j’avais envoyés (ci-contre, cliquer pour agrandir). Mieux, l’un des rédacteurs de la revue avait pris la peine de concocter un (très) bref mais pertinent résumé de ma lettre. So kind of them !
Le temps a passé. Et voilà qu’en cette fin d’année 2007, l’envie me reprend d’écrire à MotorSport. Non plus, cette fois, pour leur montrer mes belles photos à moi – encore que j’aie prévu d’en joindre quelques-unes à l’appui de mon intervention -, mais parce que j’ai relevé, dans le numéro d’octobre, ce qui me paraît être trois inexactitudes, que j’aimerais très respectueusement leur signaler. Et puis aussi, pourquoi ne pas l’avouer, parce que ce serait l’occasion de concrétiser une idée qui me titille depuis pas mal de temps, à savoir leur faire connaître l’existence de MdS et ses mérites.
Je me trouve, du coup, confronté au challenge d’insérer dans la lettre en question, aussi adroitement que possible et dans des termes propres à éveiller un minimum d’intérêt au sein d’une revue "so british" et qui vole assez haut, une accroche à cet effet. Pas évident…
C’est pourquoi, d’avance, je tiens à présenter mes excuses à ceux des lecteurs de ce BTT, qui, portés à l’optimisme, décideraient d’inscrire durant quelque temps, à leur budget mensuel, la modeste somme de 9 euros 50, dans l’espoir de découvrir, frileusement blotti au sein de l’un des prochains numéros, un entrefilet consacré audit BTT, et qui devraient finalement demeurer sur leur faim (et leurs frais).
Mais cela vaut la peine d’essayer : MdS dans MS, voilà qui aurait de la g…
Signé Professeur Reimsparing
[1] www.motorsportmagazine.co.uk
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| Tags : periodique motorsport |



















Commentaires
Comme je vous comprends ! Etre à la fois reconnu et anonyme, comment le faire savoir.
Ainsi je saisi mieux des mots qu'un jour MdS avaient adressés ici à propos d'une homonymie et du rapprochement de la passion.
Si j'avais su, je vous aurez adressé des compliments, si MdS avait existé; alors rétrospectivement je vous les offre et de reprendre ce n° qui, entre autres articles, propose un essai du circuit de Dieppe, la rivalité Bugatti v/s Maserati dans laquelle ce pauvre Jean Gaupillat y laissait la vie ce 22 juillet 1934 au volant de son Type 51; ceci est une autre Histoire.
Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | vendredi, 28 décembre 2007
Jean-Louis,
Travaillant sur les différentes voitures engagées par la Scuderia Filipinetti en F1, je me souviens très bien de cette publication dans Motorsport.
C'était la première fois que je découvrai la Lotus 24 #951 (n°40) en photo couleur (photo en bas à droite). J'en étais enchanté !
Cette voiture à une (petite) histoire :
Lorsque Georges Filipinetti et Jo Siffert se séparèrent, après quelques mois d'une cohabitation orageuse, "Seppi" racheta la Lotus 24 #950 à moteur V8 BRM qu'il avait conduit jusque là pour le compte de l'équipe suisse.
Georges Filipinetti décida aussitôt d'acheter une autre Lotus identique ! Caprice de milliardaire oblige. Il fit l'acquisition du châssis Lotus 24...#950. Soit le même numéro de châssis !
L'erreur apparait sur la facture adressée le 26 juin 1963 (réf EX.5207) par Lotus Components Ltd. à la suite d'une simple faute de frappe de la secrétaire.
34 ans plus tard, les historiens sont tous d'accord pour corriger cette erreur et rendre à cette voiture sa véritable identitée soit Lotus 24#951.
L'aspect comique réside dans le fait que sur le circuit de Reims pour ce GP de l'ACF 1963, il y avait donc deux Lotus 24 #950 sur la grille de départ : celle de l'équipe indépendante de Siffert, et celle, toute neuve de la Scuderia Filipinetti !
Au total Lotus a construit 12 modèles de type 24 (numérotés de 940 à 951), auxquels il faut ajouter 3 châssis construits "hors les murs" dans les ateliers de Tim Parnell. Ils ne portent pas une numérotation de l'usine mais une appelation P1, P2 et P3.
Ecrit par : Gérard Gamand | vendredi, 28 décembre 2007
A propos de cette facture, vous évoquez le fac-similé qui est dans l'ouvrage de Ed Heuvink page 64 ?
Sur le site internet - formula2.net/F162_13.htm - (je retire les www pour ne pas risquer de passer par la case anti-spam) voici ce que l'on peut y lire sur les Lotus 24 engagées 1er juillet 1962 par ordre des n° de châssis:
#22 Jack Brabham, AUS Brabham Racing Organisation Lotus 24 - Climax V8 s/n 847
#40 Jo Siffert, CH Scuderia Filipinetti Lotus 21 (24 bodywork) - Climax S4 s/n 938
#24 Maurice Trintignant, F R.R.C. Walker Racing Team Lotus 24 - Climax V8 s/n 940
#30 Innes Ireland, GB UDT-Laystall Racing Team Lotus 24 - Climax V8 s/n 943
#32 Masten Gregory, USA UDT-Laystall Racing Team Lotus 24 - BRM V8 s/n 944
#12 Trevor Taylor, GB Team Lotus Lotus 24 - Climax V8 s/n 949
#14 Peter Arundell, GB / Jim Clark, GB Team Lotus Lotus 24 - BRM V8 s/n 950
Donc ce que ci-dessus est faux ?
Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | vendredi, 28 décembre 2007
Jean-Louis,
Je l'ai déjà dit ailleurs, F2 register comporte de nombreuses erreurs...
Résumons :
En 1962, huit jours avant le GP de l'ACF couru à Rouen, voilà le détail des châssis Lotus engagés à Reims :
#22 Brabham Lotus 24-947 (et non pas 847) Brabham Racing Organisation (Erreur)
#40 Siffert Lotus 21-938 Scuderia Filipinetti (c'est correct)
#24 Trintignant Lotus 24-940 Rob Walker (c'est correct)
#30 Ireland Lotus 24-943 (V8 Climax) UDT Laystall (c'est correct)
#32 Gregory Lotus 24-944 (V8 BRM) UDT Laystall
#10 Clark Lotus 25-R1 (premier châssis de la révolutionnaire Lotus 25) Team Lotus (erreur)
#12 Taylor Lotus 24-950 (première sortie du châssis avec boite Colotti) Team Lotus (erreur)
#14 Arundell Lotus 24-949 (T car du Team Lotus, première course F1pour Arundell, laisse sa place à Clark quand ce dernier abandonne avec sa Lotus 25) Team Lotus (erreur)
#38 Abate Lotus 18-912 Scuderia Republic. di Venezia
Vous voyez cela fait au moins 4 erreurs sur une seule course !
Par contre la mienne vient de la confusion entre Reims 1962...et Reims 1963. J'avais regardé trop vite votre photo. Toutes les remarques publiées dans ma note, entre les deux châssis Lotus 24#950 sont à créditer à Reims 1963 !
Amicalement
Ecrit par : Gérard Gamand | vendredi, 28 décembre 2007
Selon l'ouvrage de John Thompson "The formula one record book" (histoire de la formule 1 1.5), voici les n° de chassis des Lotus 24 ce 1er juillet 1962 :
# 12 Trevor Taylor : chassis n° 949
# 14 Peter Arundell : chassis n° 950
# 22 Jack Brabham : chassis n° 947
# 24 Maurice Trintignant : chassis n° 940
# 30 Innes Ireland : chassis n° 943
# 32 Masten grégory : chassis n° 944
Jo Siffert conduisait la lotus 21 n° de chassis 38. Il ne prendra possession de la 24 n°50 que la semaine suivante à Rouen pour le GPde l'ACF.
Ecrit par : Christian Briand | vendredi, 28 décembre 2007
Christian,
Pour la course de Reims, hors Championnat du Monde, Siffert fut "contraint" d'utiliser la "vieille" lotus 21-938 (et non pas 38) de la Scuderia Filipinetti qui était équipé du 4 cyl FPF Coventry Climax. Georges Filipinetti avait décidé de ne pas faire courir sa belle Lotus 24-950 (et non pas 50), équipée de son tout nouveau BRM V8. Il voulait l'économiser pour le GP de l'ACF couru à Rouen 8 jours plus tard. C'était le GP de France du Championnat du Monde 1962.
Le châssis de Trevor Taylor était bien le 24-950, utilisé par Clark avant qu'il ne "touche" sa nouvelle 25-R1. Arundell du coup, pour sa première course en F1 se retrouva sur le mulet qui a toujours été 24-949
Ecrit par : Gérard Gamand | vendredi, 28 décembre 2007
J'ai oublié, dans la liste des châssis Lotus pour la course de Reims en 1962 :
Tony Shelly, un néo-zélandais qui était venu tenter sa chance en Europe pour la saison 1962. Il avait acheté un châssis de Lotus 18 en "kit" et l'avait monté lui même dans un atelier. Il l'avait ensuite équipé d'un 4 cylindres Coventry Climax MK II d'occasion. En fin de saison, il loua la Lotus 24 de Wolfgang Seidel, mais sans résultat, il retourna en Nouvelle Zélande à la fin de la saison 1962.
Il faut donc rajouter :
#42 Tony Shelly Lotus 18-P1 (son châssis ne porte bien sûr pas de plaque "officielle" Lotus)
Ecrit par : Gérard Gamand | samedi, 29 décembre 2007
Gérard, pour Reims 1962, dans votre ouvrage, ajouterez-vous les Lotus engagées dans la Coupe inter de vitesse des Juniors, il y en avait une floppée.
Peter Arundell, Bob Anderson, Peter Ryan, Alan Rees, Mike Spence, Henri Grandsire, Ulf Norinder (remplacé par Brian Gubby) , Soren Nohr, Philippe Martel, Martin Gould, Christian Legarth, Rodolphe de Weck, et Edgar Berney (ceci dans l'ordre des temps réalisés aux essais)
Furent forfaits, Pierre Marx, Roland Luzuy, René Gordane, Picke Troberg, David Watson et Peter Warr.
Dix huit Lotus pré-engagées se le disputaient à vingt et une Cooper; ajoutons des Brabham, Gemini, Lola, Merlyn, Elva Alexis, Ausper et une U2.
Quant aux pilotes engagés, avec plus ou moins de notoriétés en 62, quel panel et outre ceux déjà cités, ajoutons, Tony Maggs, Denis Hulme, Franck Gardner, Peter Procter, Jo Schlesser, Robert Bouharde, José Rosinski (de non voir à l'époque !), Heinz Schiller, Richard Attwood, Edgard Berney, Mike Spence, Zourab Tchkotoua, Colin Davis, Teddy Pilette et son père André, David Prophet, Peter Ashdown.
Quel plateau ! Trois séances d'essais, deux manches et une finale.
Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | samedi, 29 décembre 2007
Infichu d'entrer dans vos belles précisions de grilles de départ, mon grain de sel piquera plus l'émotion que le savoir : ce GP de Reims 1962 hors championnat fut la première course automobile à laquelle j'assistai jeune adolescent.
Levé tôt, départ de Paris dans la 15 dont le moteur grillait à 120.
Vu le départ de l'intérieur d'un stand, impressionnante vision au ras du bitume des fougueux lâchés tous ensembles.
Sauf un ! Qui fit 8 mètres de course : Masten Gregory dont l'embrayage ou le moteur - on ne voyait pas bien, ça fumait - avait lâché pile là !
Et puis les deux Porsche de Bonnier et Godin de Beaufort (l'orange !) qui se suivirent toute la course, parfois à quelques centimètres.
Bruce McLaren, la mèche collée par la sueur avait l'air jeune de ceux de mon âge !
Et ça parlait anglais dans tous les coins.
Retour à Paris, couché tard. La 15 a tenu.
On garde toujours un souvenir attendri des premières fois.
Quelques images restent en tête. Bien belles. Merci de les avoir si bien rafraichies.
Ecrit par : Hubert Baradat | samedi, 29 décembre 2007
Jean-Louis,
Impossible de reconstituer les châssis utilisés en FJ !
Songez que la Lotus 20 fut produite à...118 exemplaires en 1961, et la Lotus 22 à 77 exemplaires en 1962. On a peine à imaginer de telles volumes de production aujourd'hui !!
Par exemple, en France en 1968, la GRAC MT5 de Formule France, qui fut un véritable succès commercial, ne fut construite qu'à...18 exemplaires !
Alors pour trier les 194 Lotus de Formule Junior..."Dieu reconnaîtra les siens"
Hubert,
N'opposons pas sans cesse "savoir" et "émotion". Pour moi, l'un ne va pas sans l'autre. Je n'imagine pas un seul instant ne pas défaillir lors de la mise ne route d'un V8 DFV, même si je sais dans quel châssis il a été installé ! Je suis capable de faire 300 kms pour vérifier une info "historique", et pourtant je reste en extase devant une monoplace, tellement le spectacle me fascine.
Cela étant, bravo pour votre petit texte sur le circuit de Reims 1962. Nous y sommes, à vos côtés.
Ecrit par : Gérard Gamand | samedi, 29 décembre 2007
Quelles photos magnifiques, cher Professeur Reimsparing (dont la véritable identité apparait dans l'article de Motor Sport, mais chut ...); j'en reste coi ! Il s'en dégage une atmosphère à nulle autre semblable (ces mécaniciens tout de blanc vêtus, cette Lola aux graciles suspensions ...). J'en redemande, toujours plus ... Avec quel boitier mythique avez vous pris ces clichés (Leica, Voigtlander, Rolleiflex ?), est ce l'Agfacolor qui donne cette ambiance magique ? Sans doute est ce tout simplement votre regard qui est celui d'un artiste habité.
Ceci n'ayant rien à voir avec cela, je signale à l'attention de chacun deux articles intéressants dans RoadBook (la sophistiquée et glacée revue belge), l'un sur la Mercedes W196 vue récemment à Reims et un autre évoquant la fulgurante et brève carrière de Johnny Servoz Gavin.
Bonne année à tous, gardez (un peu) l'oeil dans le rétroviseur !
Ecrit par : Christian Magnanou | mardi, 01 janvier 2008
Merci Michel pour le qualité de ces clichés, en effet comme le souligne Christian, les mecaniciens en blanc ... la classe et puis la grille de depart vide de tout les parasites qui encombrent les grilles de la F1 des années Ecclestone.
J'aime bien aussi le gendarme avec son talkie de 20kg a l'oreille, Vodaphone n'etait pas sponsor.
Bravo Michel d'avoir eut le culot de faire parvenir ces docs à MS.
Nous comprenons encore mieux votre émotion sur ce meme lieu a l'automne dernier.
Ecrit par : gianpaolo | dimanche, 06 janvier 2008
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