« "Mes 578 Grands Prix", les bonnes feuilles 04/04 | Page d'accueil | Les talents pointent »

mercredi, 05 décembre 2007

Collectionneuses du petit matin

remo1.jpg

En jean et pull vert, une jeune femme de l'UTAC nous hèle et nous fait monter dans un Renault Espace, elle nous regarde comme si nous étions un Martien venant de franchir l'enceinte du circuit, aussi barricadé en semaine que l'hôtel de Paris lors du GP de Monaco. Dame, un piéton à l'UTAC...
Vous savez, c'est la première fois que nous autorisons une manifestation sur le circuit un jour de semaine, aussi en tant que piéton, comme le souterrain sous l'anneau est fermé, vous ne pouvez pas passer sur la piste, dit-elle en engouffrant son engin dans l'étroit boyau qui traverse la piste et débouche à la hauteur de la grille d'entrée, près de la tour de contrôle. Vous venez à la matinée Rétromobile, je suppose ? Remercions-la de son obligeance.

9ce156d77c75e64eb479b65aa3e3b493.jpgConscients du contexte un peu rude de leur invitation (mardi 4 décembre à 9 h du matin sur l'autodrome de Linas-Montlhéry), les organisateurs de Rétromobile l'avaient assortie d'un paragraphe susceptible de faire se lever à l'aube des gens comme Manou Zurini, que l'on voit ici converti au numérique, plus léger qu'un 1200 mm en fin de compte.

Il était précisé que "Plusieurs collectionneuses vous attendront pour vous emmener à bord de leurs voitures et vous faire goûter la griserie de l'anneau de vitesse. Elles sauront vous faire découvrir les multiples facettes de leur passion..." Lourds de sens, les points de suspension sont à la charge du rédacteur de l'invitation ; ils nous tirèrent du paddock dès potron-minet, désireux de jauger ces collectionneuses à l'aune de celle que Eric Rhomer décrivit au cinéma il y a une quarantaine d'année.
À première vue, à en juger par ce qui est stationné sur la ligne des stands, il semble que nos collectionneuses du petit matin se satisfassent d'autos - ce qui est déjà beau, fait une voix en nous.

"La Femme et l'Automobile" est le thème majeur de Rétromobile 2008. Sont annoncées la Voisin de Mistinguett, la Mors de Gaby Morlay, le Delage de Joséphine Baker, entre autres.

remo3.jpg

Après avoir vu un peu tout le monde cette année au volant de cette Matra 650, voici, à son volant, une des raisons pour lesquelles il aurait été dommage de sécher cette matinée quasi hivernale à St-Eutrope. Elle s'appelle Aude, passa en un seul plan-séquence de la selle de sa Matchless au baquet de la 650, illuminant les photos d'un sourire difficilement qualifiable par les mots. A ses côtés, Olivia Karam, membre de l'organisation de Rétromobile, dont la rumeur prétend qu'elle n'a peur de rien, pas même de nous envoyer une invitation.

remo4.jpg

Alors que leurs collègues masculins font souvent la gueule sur leurs Bugatti, ces deux-là jouent avec les photographes. Pas d'intégral, rien qu'un serre-tête de cuir pour l'une et un rayon de soleil pour sa coéquipière.

388f79d521919a66acb1e16b39d6f779.jpg2d1de5e34ed8eba5f78c92ef9a36ea05.jpg

Le drôle de Messerschmitt à trois roues de Heidi Cordey amusait beaucoup, vu des stands. Il est pourtant remonté de Nice par la route, avec des passages enneigés. Une fois qu'on y a casé ses jambes, ça roule...
A gauche (de l'image), deux bugattistes enjouées et casquées léger.

remo7.jpg

Pierre Rageys désigne un point bleu qui grossit, grossit, paaassse devant, paaassse devant et diminue, diminue en disparaissant derrière la tour de contrôle. C'est sa Matra qu'il surveille étroitement pour deux raisons : elle coûte un peu d'argent et elle est conduite par sa fille, Aude, la belle collectionneuse vue plus haut. Il est flanqué de deux sommités du monde féminin, l'auteur maintenant célèbre Jean-François Bouzanquet, dont le livre, Femmes, pilotes de courses auto, est le must de la rentrée, et d'Annie Soisbault, tout étonnée de trouver autant d'autos de course pilotées par des femmes en ce petit matin (Il y a même une 2 CV !). Les puristes auront noté un détail  en examinant cette photo.

remo8.jpg

En 1957, Annie Soisbault gagnait à Montlhéry sur une Dauphine. Elle y conduisait une Austin Cooper S, hier. La simple lecture de cette légende laisserait le profane croire à une carrière sage et très progressive, comme celle d'un agent administratif de catégorie C. Heureusement que personne sur ce blog ne croit aux légendes.

remo9.jpg

Toutes ces histoires de bonnes femmes sont prises avec un certain recul par ces deux-là, un ancien pilote de Formule junior ayant tâté du journalisme et un ancien porschiste ayant tâté du management d'équipe.

remo10.jpg



Matinée de presse de Rétromobile 2008 . Autodrome de Linas-Montlhéry . 4 décembre 2007
www.retromobile.fr
Voir aussi un compte rendu sur The Blenheim Gang Forum



Images
© MdS 

Commentaires

Autos de courses et celles pour faire les courses, tout est dans l'utilisation.

Que ce devait être émouvant !

J'en ai le "sens" tout retourné.

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | mercredi, 05 décembre 2007

En tous cas, ça se confirme : en semaine, on tourne "à l'envers" sur l'anneau.

Ecrit par : Christian Burdet | mercredi, 05 décembre 2007

Il est de ces petits matins ou une brume de décembre peu faire naitre des journées empreintes de souvenir petits veinards! merci de nous en faire profiter le plus longtemps possible.
En voyant cette Matra, un joyau français oui moooonsieur français, j'entends immédiatement le concerto de son V12 en montant ou tombant les rapports j'ai eu souvent la chance de la voir courrir.
Ce son si pur et déchirant qui n'a et n'aura jamais d'égal, insurpassé, insurpassable c'est notre coq qui chante comme la Callas .
Quel plaisir de voir "monsieur Gérard" qui depuis un critérium des cévennes 70 ou 72 portant barbe et moustache sur sa 911 psychédélique me fait toujours rever.
Mais, sa mèche? son coiffeur s'est un peu laché?
Quant à José Rosinski on ne peu que lui souhaiter une très bonne santé il le mérite, un grand.
merci et je vous suis fidèle

Ecrit par : Christian Migeon | mercredi, 05 décembre 2007

Merci pour cette note mâtinée de femmes ... La 911 Psychédélique ,elle ne me revient pas à l'esprit celle-là ? Au contraire de la fabuleuse 917!

Ecrit par : f.Coeuret | mercredi, 05 décembre 2007

Mais si, cette 911 "psychédélique" était à couleur dominante jaune si je me souviens bien.

Ecrit par : Christian Magnanou | mercredi, 05 décembre 2007

"En tous cas, ça se confirme : en semaine, on tourne "à l'envers" sur l'anneau.
nous écrit: Christian Burdet | mercredi, 05 décembre 2007 "

Et que nenni ! Allez plutôt regarder sur le forum du Blenheim Gang grâce au lien que nous propose MdS.

On y tourne dans tous les sens et sans "brêlage" (c.f. le sens dans un dictionnaire académique)

Je soupçonne notre TTDCB de n'avoir montré que des photos dans ce sens et évité l'autre. Pour Annie Soisbault.....M

Merci aux Gangers.

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | mercredi, 05 décembre 2007

La 911 psychédélique était jaune et rouge. Et la 917 L du Mans 70 portait du bleu et du vert avec des filets blancs

Ecrit par : Jacques Rivaud | mercredi, 05 décembre 2007

ah vous voyez que la mémoire vous revient§
pour la 911 des cevennes si vous retrouvez des clichés pensez aux copains je commençais dans la photo et j'ai "perdu" des milliers de négatifs n&b et diapos des années 70à 80 les déménageurs avaient gagné leur journéee...

Ecrit par : Christian Migeon | mercredi, 05 décembre 2007

Ah oui , jaune avec des flammes rouges et filets blancs ,merci Jacques . Quel dommage "l'envol" de tous ces négatifs Christian !!!

Ecrit par : f.Coeuret | mercredi, 05 décembre 2007

Découvrir Manou Zurini utilisant le même numérique offert par votre belle-soeur à sa petite dernière de huit ans, est un spectacle charmant et ô combien rassurant pour tous les amateurs et béotiens de la photo, fugaces silhouettes hantant les bords de pistes...

Ecrit par : L'étroit mousquetaire | mercredi, 05 décembre 2007

Le bleu de la 917L du Mans 70(Larrousse-Kauhsen)tirait un peu sur le violet d'après les photos

Ecrit par : Jacques Rivaud | mercredi, 05 décembre 2007

La 917est bien violine, plutot que bleue et le vert est quasi fluo... le Comte Rossi n'avait pas tellement apprécié et ca sera pire en 71 avec la Rose

Ecrit par : De passage | mercredi, 05 décembre 2007

Sympa de revoir ces trois grands pilotes: Annie, Gérard et José...

Pour le reste, sur le BG site, j'ai pu comprendre que certaines autos étaient plus maquillées que leurs conductrices...

Il faudra bien trouver un temps un jour pour faire le débat sur "l'authentique", la copie, et la réplique...

A ce sujet, j'ai appris qu'un Club, qui se veut et se dit très sérieux...

(Est-on sérieux quand on roule avec des autos d'une autre époque au lieu de sacrifier comme les masses aux critères marketing de gout, et de rentabilité, d'espace maximal occupé mêm si l'auto est vide...etc, etc... etc...?)

Donc qu'un Club réputé sérieux entend porter auprès du ministère des Transports un dossier visant à permettre d'immatriculer "les copies" (entendez par là les "copies conformes" et non les répliques d'inspirations dont les formes et caractéristiques techniques ne correspondent à aucune des mesures du véhicule qui a inspiré...)

Par copie, et immatriculation, il faut voir là un rapprochement de la législation qui existe sur les bateaux à voile et sur les copies d'avion anciens.

Le but serait d'arriver à immatriculer une auto à titre individuel n'ayant pas été élaboré selon un processus industriel (comme celui mis en place par les argentins, par exemple.)

La refabrication d'une copie d'une auto entrerait donc dans un carcan lui permettant d'éviter le crash test, carcan, mettant l'auto en conformité avec les plans du véhicule original et enregistré aux Mines, si le véhicule a été passé aux Mines à l'époque... aboutissant au carton gris avec une année de fabrication correspondant à celle de son enregistrement au Ministère des Transports, et non la date du modèle original, ce qui permettrait d'éviter des tromperies sur le prix et la marchandise. (Bien qu'i existe un marché pour les copies de meubles aussi...)

Il apparait à la lumière de ce que l'on peut voir pour les meubles par exemple, qu'avec le temps, certains matériaux se fragilisent et ne peuvent plus servir pour une démonstration.

Rendons à Matra, que certains voudraient décrier un vibrant hommage, car en établissant une durée de vie maximale, comme cela se fait en aéronautique, pour chaque pièce, (une jante ne peut dépasser 6000kms en course, unbras de suspension, un chassis etc... ont chacun leur temps de vie...) celà permet de souvenir que la "matière" n'est pas immortelle.

A ce sujet, c'est l'ancien bureau de course de MG qui en 1937 ou 1938 a pondu une note aux possesseurs de MG type R (Il n'y a eu que dix voitures) pour les prévenir qu'en usage intensif le chassis poutre en Y pouvait se criquer et que l'usine pouvait mettre à disposition des chassis de remplacement.

Si cela vous interesse je vous raconterai comment ils se sont rendu compte du danger et des criques...

Voic une idée qui ne manquera pas de ravir les possesseurs de copies de voitures de record comme les Rosalies, ou les autres autos contre lesquelles les argentins ont fait beaucoup de tords.(Il y a eu les Darl Mat, les Amilcar, les cab Trac, les Ferrari Testa Rossa ou fausses GTO...etc...sans oublier les Delahaye ou Delage de course, ou Mercedes et Auto Union,sans parler des Porsches...et de totues les autos conduites intérieures transformées en bétaillères ou dépanneuses puis reconverties en cabriolet... )

En effet, pourquoi reproduire mal quelque chose, lorsque cela prend le même temps ?
Sur une "Bug" argentine, aucune pièce d'origine ne s'adapte sans un ajustement bouffeur d'heures? Pourquoi ne pas faire "bien" du premier coup ?

Bon, compte tenu de la longue liste de marques et modèles que j'ai cité, je sens que je viens de me faire une foule de copains...J'espère n'avoir oublié personne...je ne voudrai pas que quelqu'un se vexe.
J'espère que le TTDCB, n'aura pas à titrer pour sa prochaine chronique sur le blog:

"Bal tragique sur Mémoires de Stands: un mort!"

Je saute du coq à l'ane...

En rentrant de Paris,et traversant Issy, j'ai croisé une XK 120 grise à roues à rayons "chromée" (le chrome rend le métal plus poreux et plus cassant, quand donc les marchands d'accessoires arréteront cette hérésie dangereuse ?) une grosse Healey et un cabrio 504 Pinin Farina...Nestor Burma en filature ...ou alors la seconde édition du Rallye Délire...

Belle vision, beau son...même si cela n'a rien à voir avec l'habitabilité et le confoôôôort d'un nonospace... Vivrais-je assez vieux pour voir un jour des copies de ces nonospaces?

Ecrit par : Xavier | jeudi, 06 décembre 2007

je n'ai ni vu la voiture, ni reconnu la fille!

http://i7.photobucket.com/albums/y256/bouboum/un%20peu%20de%20tout%20et%20du%20reste/talon-pointe-1.jpg

http://i7.photobucket.com/albums/y256/bouboum/un%20peu%20de%20tout%20et%20du%20reste/talon-pointe-2.jpg

Ecrit par : Bruno | jeudi, 06 décembre 2007

Cher Xavier,

Ce qui compte au final , c'est ce que vos sens vont vous transmettre pour créer : l'EMOTION !

En ce petit matin frais à Ste Eutrope, le frisson et l'excitation c'était: - le bruit d'un vrai V12 en pleine accélération, qu'importe le flacon qui était autour et l'odeur d'huile et de fibre chaude en retour au stand!!!!!!.....et du 8 en ligne riciné, mais bon......

Pour l'Ane .... à propos des roues chromées sur la jag, quand on veut du rayonnage renforcé triple rayonnage en 15', et monter des 205 Avon.... les seules roues dispo sont celles des type E V12, dispo seulement en chrome.....a mon grand dam, car pour les re peindre en mauve il va falloir que je les fasse sabler......en attendant je les laisse sales.....mais Xavier à raison le chromage rend cassant , alors ce qu'on gagne avec le 3e rang de rayons serait il oblitéré par le traitement "bling bling" ?
Pour les bourses épaisses ....on peut évidemment envisager des Borani....

Ecrit par : Silk Cut | jeudi, 06 décembre 2007

Remerciement à BRUNO pour sa contribution ,j'imagine fort appréciée, des habitués de MdS qui n'ont pas toujours l'occasion de fantasmer (carrosseries exceptées) sur leurs pages favorites . Cette charmante illustration de la technique du talon-pointe va nous permettre de poser une question cruciale : mais d'où provient..... ce satané pédalier ?!

Ecrit par : f.Coeuret | jeudi, 06 décembre 2007

Pour les pieds de la donzelle.........en réalité il y a longtemps , Sagan avait les chevilles plus fines et la Jag .....était une XK 140 (où est le chienloup ?), voire un cabriolet Aston DB2......chiffon!

Ecrit par : Fantôme de Gallimard | jeudi, 06 décembre 2007

ce serait plutot un pointe/pointe ça. sur un pédalier de R8 ?

le loup? il est là. . .

http://www.enregistrersous.com/images2/14443773620071206112250.jpg

Ecrit par : Bruno | jeudi, 06 décembre 2007

Xavier, c'était effectivement le rallye délire entre Bastille et Issy Les Moulineaux.
40 autos et des XK120 en pagaille, mais aussi une Brasier 1903, une Alfa 6C, une Lotus 7, une DS Chapron, des Porsche 356, des Type E...

Côté XK, on découvrait spats pour les unes, roues rayons chromées pour les autres, peintes pour certaines et cache central 'plein' pour d'autres.
En coupé, en cabriolet, en OTS (Open Two Seater) et dans toutes les teintes.
Bref, de quoi combler tout le monde !!!

Quelques photos floues au même endroit que là où vous avez vu le V12 Matra chanter.
A propos de Matra celle en vente chez Gregor Fisken (une vraie de vraie) est vendue.
Les 15 millions du loto de vendredi n'y pourront rien !

Ecrit par : era | jeudi, 06 décembre 2007

Cher Silk Cut,

Merci pour votre réponse, j'observe simplement que compte tenu de l'heure matinale où j'ai rédigé, j'ai commis l'erreur de laisser croire que l'Ane aurait pu être le propriétaire de la XK120.

Loin de moi cette idée et toutes mes excuses si j'ai froissé une ou plusieurs personnes.
En fait, plongé dans mes pensées, je pensais bleu de france, Matra et cocorico, comme ce chant qui nous fait lever tous les matins pour ceux qui ont vécu à la campagne, et j'ai fait une association d'idée très, voire trop rapide.

En fait le coq, c'est l'auto qui nous passionne et nous fait nous lever, l'Ane, c'est le mulet de service dont on se sert pour les taches ingrates et quotidiennes, pour certains un nonospace, (pas pour moi...) pour d'autres une "eurotoolbox" pour reprendre une expression d'outre-manche. (Et pour moi une moto twin longue course calé à 360 °...Chacun son Ane et j'avoue bien aimer le mien...)

Cher Era, qu'importe les millions, Tintin n'a jamais été millionnaire, n'a acheté qu'une auto (de bon gout, dans au pays des Soviets), il n'est pas nécéssaire de détenir pour appprécier. Je citerai pour exemple ce récent récit d'un jeune passionné gravissant le Ventoux dans une GTO.

Il faut beaucoup de passion pour vouloir faire rouler une Matra, et la mettre au point correctement aujourd'hui. Si les millions sont présent sans volonté et sans passion, celà ne peut pas donner grand chose. Le vrai moteur, celui qui fait faire des miracles à certains pour rouler dans l'auto de leur reve, même si elle est hos de portée de leur bourse,c'est la passion.

Tôt ou tard, par des chemins inimaginables, ils arrivent à réaliser leur passion.
(Je ne parle pas de la passion d'amasser, de posséder, comme d'autres font des achats obssesionnels compulsifs, on ne conduit qu'une auto ou moto à la fois...)

Dans un autre registre, j'aime les chateaux de la Loire, mais je ne voudrais pour rien au monde en posséder un. Tous les week end seraient bloqués et les charges de l'entretien et de la survie d'un tel patrimoine sont énormes.

En auto c'est pareil, j'apprécie, j'admire ceux qui transmettent des pans entiers de notre histoire automobile, mais je ne peux en aucun m'interdire de rouler, ni à personne d'ailleurs.

C'est la raison pour laquelle si un passionné construit une copie conforme d'une auto ayant existé pour vivre sa passion, pour faire revivre des instants magique d'histoire, celà ne me choque pas, si la copie est vraiment fidèle et sincère... et l'homme heureux.

Ecrit par : Xavier | jeudi, 06 décembre 2007

J'adhère a votre point de vue ...
Et si je ne peux que décrier telle ou telle Simca 8 ou 201 qui-ne-ressemble-à-rien, camion de pompier qui monte à 200 ( càd Delahaye 135 Le Mans montée avec un moteur de "M" ), groupe électrogène le plus rapide du monde (càd Talbot T26 Le Mans montée avec les TalbotLago ex-groupe electrogène de l'Armée ) ... il ne faut cependant pas faire de meme avec des autos biens montées, conformes, et dont les propriétaires-pilotes ne trichent pas ...

Ecrit par : L'entonnoir (non dé)masqué ... | jeudi, 06 décembre 2007

Flower Power heureuse époque...
Quelques vues (moyennes car réalisées à main levée, le scanner est en panne) valent mieux que de longs discours :

Le Mans 70 (copyright L'Année Automobile) :
http://www.enregistrersous.com/images2/185238771120071206211705.jpg

Tour de France Auto 70 (copyright Sport Auto, merci Jabby) :
http://www.enregistrersous.com/images2/27178209420071206211433.jpg

Spéciale Mike Vogel :
http://www.enregistrersous.com/images2/25241967620071206211537.jpg

Pour une fois que mes archives servent à quelque chose.

Ecrit par : Sport-proto | jeudi, 06 décembre 2007

Bonsoir et merci Sport-proto d'avoir pensé à mon projet de livre !

J'ai cette carte postale, une des premières photos que j'ai eue sur Mike Beuttler il ya près de trente ans.

Bravo pour les deux Porsche !

Bien amicalement et sportivement !

Phike Vouttler

Ecrit par : philippe vogel | jeudi, 06 décembre 2007

Merci à XAVIER que j'ai déjà du croiser sur ces pages pour ses lignes et sa façon de sauter du coq à l'Ane! En tant que possesseur d'anes pendant plus de vingt ans, je lui confirmerai simplement que je les aime autant que les BUGATTI !... et c'est pas peu dire!
L'Ane a beaucoup plus d'intelligence et de conversation (si, si ..) que beaucoup de premiers de la classe d'un grande école d'administration française dont le nom utilise les mêmes lettres que celui de mes compagnons à petits sabots;
Amicalement, François

Ecrit par : François VANARET | samedi, 08 décembre 2007

Cher François,

Votre propos me rapelle deux souvenirs.

Le premier a trait à la mécanique des fluides, ses histoires de courants laminaires, d'ordre et de désordre.

En effet, au delà d'une certaine vitesse d'écoulement des fluides, les courants laminaires se transforment en turbulences, de l'ordre parfait nait le désordre absolu.
De la volonté de tout modéliser, regenter, ordonner, classer, légiférer, hiérarchiser peut naitre le chaos.

De l'énarchie nait l'anarchie.

Le second, moins philosophique, a trait à un de ces articles du fin José, (qui ne me "non voit" pas et répond toujours l'oeil complice à mon salut) où en comparant la 205 GTI à la TR4 A IRS, il émettait l'avis, que je partage, que l'une représentait la performance et l'autre l'idée de la vitesse et de la performance et que la plus jeune aurait été une merveille sur les routes de son ainée, alors que l'ainée devenait idéale dans le carcan administratif et législatif actuel (Celà se passait à la fin des années 80...).

Nos Eurotoolbox, anes quotidiens n'ont qu'un reproche à mes yeux: nous priver de l'impression de la vitesse, et même si certains poussent sans compresseur, sans effort au delà de 200 km/h, qu'il est triste de rouler à 80 en croyant rouler à 50.
La critique est facile, et ne date pas d'aujourd'hui... C'est ce que reprochait un journaliste en 1937 à la MG TA par rapport à la PB: rouler vite sans effort et sans se rendre compte de la vitesse...en arrivant reposé à l'étape...

Les Bugatti, comme les Talbot, Amilcar et autres vieilles MG, Riley, ou AC ont cet avantage énorme de procurer l'impression de la vitesse et de la performance à une époque où la vitesse et la performance sont interdites sur la route, alors qu'elles sont omniprésentes dans tous les autres domaines.

Elles permettent aussi de voir les représentants des forces de l'ordre, serviteurs fidèles des radars jumelles lever les yeux de leur instrument et le regard brillant, maxilaires crispés dans un involontaire sourire, vous tendre un pouce dressé comme comme un ultime encouragement pour aller plus vite, plus loin, plus fort...

Amicalement.

Ecrit par : Xavier | samedi, 08 décembre 2007

Mon cher Xavier,
pour revenir sur terre ou plutôt sur le macadam, une fois encore je ne peux qu'être d'accord avec tes propos, moi qui suis un grand passionné d'Automobiles de luxe et de prestige ,je roule presque quotidiennement sur les petites routes du Lauragais dans un pot de yaourt qui chante en italien animé par deux petits cylindres dans un sac à dos !
Pas besoin de turbo machin pour se faire plaisir !
bonne route!

Ecrit par : François VANARET | mardi, 11 décembre 2007

Et dans les virages, quand il a plu, plus besoin de tourner le volant, juste placer les roues surgonflées et tenir l'auto à l'accélérateur...pour éviter de trop muscler les bras... Bonne route à vous aussi

Ecrit par : Xavier | mercredi, 12 décembre 2007

Xavier a touché du doigt l'un des paradoxes de notre époque : la sur-valorisation de la vitesse mais son interdiction, sa mise au ban sous le sceau de l'infâmie, dès qu'elle s'accompagne du risque.

Il faut manger vite avec les fast-foods, il faut travailler vite avec Internet, il faut aller vite, mais en TGV ou en avion, réputés sûrs. On ne se demande même plus pourquoi faire vite, le progrès c'est la vitesse et la vitesse c'est moderne, point. Sauf sur la route : là, et uniquement là, on nous serine consciencieusement que la vitesse c'est dépassé.

Les gens, et particulièrement ceux dont le travail implique de fréquents déplacements routiers, se retrouvent ainsi enfermés dans une contradiction impossible : leur planning de plus en plus serré les met en recherche permanente d'un gain de temps, mais dès qu'ils prennent le volant ils sont censés oublier cet impératif et rouler bien gentiment dans les limites permises. On est dans le domaine de la double contrainte : deux injonctions paradoxales, en ce sens qu'on ne peut en satisfaire une sans violer l'autre. C'est un facteur de stress parmi les plus évidents.

Ecrit par : Olivier Favre | mercredi, 12 décembre 2007

Cher Olivier,

J'avais envie de vous communiquer un article que j'avais rédigé pour une "gazette" de cLub sur ce sujet. Comme il y a des photos, je passe le tout au TTDCB et préfère laisser à une femme de talent aussi bien avec une plume qu'un volant entre les mains:

"En fait la voiture, sa voiture, va donner à son dompteur et son esclave la sensation paradoxale d’être enfin libre, revenu au sein maternel, à la solitude originelle, loin, très loin de tout regard étranger. Ni les piétons, ni les agents, ni les automobilistes voisins, ni la femme qui l’attend, ni toute la vie qui n’attend pas, ne peuvent le déloger de sa voiture, le seul de ses biens, après tout, qui lui permette une heure par jour de redevenir physiquement le solitaire qu’il est de naissance. Et si, en plus, les flots de la circulation s’écartent devant sa voiture comme ceux de la mer Rouge devant les Hébreux, si en plus, les feux rouges s’éloignent les uns des autres, se raréfient, disparaissent, et si la route se met à osciller et à murmurer selon la pression de son pied sur l’accélérateur, si le vent devient un torrent par la portière, si chaque virage est une menace et une surprise et si chaque kilomètre est une petite victoire, alors étonnez-vous que de paisibles bureaucrates promis à des destins brillants au sein de leur entreprise, étonnez-vous si ces paisibles personnes aillent faire une belle pirouette de fer, de gravier et de sang mêlés dans un dernier élan vers la terre et un dernier refus de leur avenir. On qualifie ces sursauts d’accidentels, on évoque la distraction, l’absence, on évoque tout sauf le principal qui en est justement le contraire, qui est cette subite, insoupçonnable et irrésistible rencontre d’un corps et de son esprit, l’adhésion d’une existence à l’idée brusquement fulgurante de cette existence : « Comment, qui suis-je ? Je suis moi, je vis ; et je vis ça, et j’y vais à 90kilomètres à l’heure dans les villes, 110 sur les nationales, 130 sur les autoroutes, à 600 à l’heure dans ma tête, et à 3 à l’heure dans ma peau, selon toutes les lois de la maréchaussée, de la société et du désespoir. Quelle est cette vitesse imposée au cours de ma vie, de mon unique vie ?... »

…Le goût de la vitesse n’a rien à voir avec le sport. De même qu’elle rejoint le jeu, le hasard, la vitesse rejoint le bonheur de vivre et, par conséquent, le confus espoir de mourir qui traîne toujours dans ledit bonheur de vivre. C’est là tout ce que je crois vrai, finalement : la vitesse n’est ni un signe, ni une preuve, ni une provocation, ni un défi, mais un élan de bonheur."

Vous aurez reconnu le style inimitable de Françoise Sagan.

Ecrit par : Xavier | mardi, 18 décembre 2007

Le papier de Xavier et la photo promise sont publiés en lien dans la section "Vos envois" :
http://memoiresdestands.hautetfort.com/archive/2004/10/01/avis-de-recherche.html

Par ailleurs j'aime assez la juxtaposition des deux textes d'Olivier et de Françoise qui feraient une belle note en forme de concours, qui a écrit quoi ?

Ecrit par : Mémoire des Stands | mardi, 18 décembre 2007

Bonne idée.
Je trouvais fort à propos pour cette note sur les femmes pilotes de rendre ce discret hommage à cette merveilleuse auteur qui a si bien su transcrire nos émotions, en général et plus particulièrement au volant de nos automobiles.
Si elle a connu quelque sortie de routes tragiques pour son intégrité physique et si elle a eu à souffrir des conséquences de sa passion, il me semblait "normal" de l'introniser " au sein de notre Panthéon des grandes femmes pilotes.
Et en ce qui concerne MdS, elle y a sa place légitime, (Qui oserait en douter ?) comment ne pas oublier sa très belle Gordini qui "sauva" Amédéo d'une fin de mois difficile, alors que la demoiselle roulait en XK 140, Aston DBII ou Type E Cabrio. La Gordini était un tout autre registre, mais un choix volontaire come elle l'a affirmé.
Les lignes de Françoise Sagan, mise entre guillemets, dans ma précédente note, plus haut ,sont extraites de "Avec mon meilleur souvenir", chapitre intitulé "La Vitesse", sept pages d'un merveilleux bonheur à lire qui suffisent à justifier d'avoir ce livre dans sa boite à gants... ou dans le soufflet d'une portière.

Ecrit par : Xavier | mercredi, 19 décembre 2007

Fort beau texte de Sagan, effectivement. Mais la remarque de notre TTDCB m'a surpris, voire gêné : car je n'oserais pas me comparer à elle, ne serait-ce qu'une seconde. La prose de Sagan est inspirée, légère, aérienne, elle donne au lecteur l'impression d'être lui-même au volant d'une Aston ou d'une Jaguar sur une petite route de campagne ensoleillée. La mienne est plus banalement terrestre, les pieds dans la glaise, issue du bref moment de réflexion sur notre époque que s'accorde, en guise d'évasion, le bureaucrate affecté à des tâches et procédures routinières et désespérément minuscules par rapport aux enjeux de la dite époque.
Justement, à propos de mes escapades sur MdS pendant le temps de travail, une petite réflexion m'est venue : "parce que je m'ennuie au bureau, je m'échappe sur MdS" me paraissait être le sens causal évident ; mais pourquoi ne pas le renverser : "il y a MdS, du coup je m'ennuie (encore plus) au bureau". Car la comparaison des deux univers est tellement à l'avantage du premier qu'elle ne peut qu'accentuer la fadeur du second.

Ecrit par : Olivier Favre | mercredi, 19 décembre 2007

Ecrire un commentaire