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vendredi, 26 octobre 2007
Epilogue d'une saison de Formule 1

Une année qui a été le théâtre d'une lutte acharnée entre deux écuries, l'une anglaise, l'autre italienne ?
Un constructeur qui copie les solutions de son concurrent pour la saison suivante ?
Deux équipiers qui se jalousent ?
Un pilote qui s'en prend violemment à son chef d'écurie ?
Une chicanerie à propos de temps réalisés aux essais ?
Un dernier Grand Prix qui voit s'affronter trois prétendants au titre de champion du monde des conducteurs ?
Ça vous dit quelque chose ?
Vous l’aviez tous compris, je veux parler de la saison 1959.
Retour sur image.
A l'aube de la saison 1959, après le retrait de Vanwall, les voitures les plus performantes étaient les Cooper et les Ferrari. Brabham, Moss, Trintignant, Mac Laren et Gregory pouvaient compter sur la maniabilité de leurs petites voitures à moteur arrière pour gagner sur les circuits tourmentés, tandis que Brooks, Behra, Phil Hill, Allison et Gurney espéraient que la puissance de leur voiture à moteur avant leur permettrait de l'emporter sur les circuits rapides.
Mais à l'issue de la saison il apparaît rapidement que les agiles Cooper ont pris le pas sur les lourdes Ferrari Dino 246 et le Commendatore ne tarde pas à ordonner la fabrication d'une machine à moteur arrière sur le modèle de la Cooper, voiture qui apparaîtra en 1961. A cette époque on ne parlait pas encore d'espionnage.
Pour tenter d'endiguer le péril anglais, Ferrari recruta deux pilotes transfuges de Vanwall (Tony Brooks) et BRM (Jean Behra) et confirma Phil Hill. Mais les deux premiers étaient en concurrence sévère, probablement entretenue par le Commendatore, qui les amena à se jalouser. Les relations se tendirent alors sérieusement entre le pilote et le directeur sportif de l'écurie (qui a dit Alonso et Ron Dennis ?), Jean Behra et Romolo Tavoni. C'est ainsi qu’au soir du Grand Prix de France, Behra furieux d'être distancé par Brooks, meilleur temps aux essais, et Phil Hill, puis d'avoir été contraint à l'abandon pendant la course, reprocha à son chef d'écurie de lui avoir fourni une voiture inférieure (air connu...). La discussion dégénérant, Behra gifla Tavoni et se trouva instantanément mis à la porte de la Scuderia. Un directeur de course Ferrari se doit d’être toujours autoritaire, c’est aujourd’hui bien connu…
Quand arriva le dernier Grand Prix des USA disputé à Sebring, Brabham n’avait que 4 points d’avance (tiens lui aussi…) sur Brooks. Les trois postulants encore en lice pour le titre Moss (Cooper Climax n° 7 pole position à gauche), Brabham (Cooper Climax n° 8 au centre) et Brooks (Ferrari n° 2 à gauche de la 2ème ligne) occupent le haut de la grille. Mais c'est Schell (Cooper Climax n° 19 de l’ Ecurie bleue) qui souffle la 3ème place à l’extérieur de la 1ère ligne à Brooks, en prenant un raccourci à l’autre bout du circuit (le circuit était délimitée par des cônes sur une piste d'aérodrome). Grosse dispute entre les équipes Cooper et Ferrari, et les commissaires qui n'avaient rien vu maintinrent l’américain sur la première ligne. Schell avouera par la suite que c’était de sa part une plaisanterie, mais elle ne fut pas appréciée par la Scuderia. On ne transige pas avec les principes chez Ferrari, c’est aujourd’hui bien connu…En début de course Brooks est retardé par un accrochage avec la Ferrari de Von Trips qui l'oblige à s'arrêter au stand avant de repartir. Après l'abandon de Moss sur casse de transmission, Brabham semblait filer vers la victoire et le titre quand il tomba en panne d'essence dans ... le dernier tour !
Faute d'une radio pour le tenir au courant de la position de Brooks, Brabham, qui n’était qu’à 500 mètres de la ligne, se mit à pousser sa voiture jusqu'à l'arrivée. Bien lui en prit car il ne dût finalement sa victoire au championnat qu'à cette inespérée 4ème place qu'il venait de sauver et aux 1ère et 2ème places décrochées par les voitures soeurs de MacLaren et Trintignant qui parvenaient à devancer la Ferrari de Brooks. Quand à Tony Brooks, s’il a raté le titre in extremis, c’est en partie la faute de son équipier Von Trips qui, en ne respectant pas la discipline d’équipe, causa l’accrochage qui le retarda.Brabham terminait la saison avec 31 points devant Brooks 27 et Moss 25,5 et gagnait ainsi son premier titre de champion du monde. Ah si Ferrari avait pu obtenir le déclassement de ces deux Cooper, la face du championnat 1959 en eût été changée...
Signé Daniel Petitgrand
Grand Prix des USA à Sebring, départ imminent pour Moss, Brabham et Brooks qui encadrent l’intrus Schell © www.jack-brabham-engines.com
Tony Brooks Ferrari 246, extrait de www.ferraristuff.com
L’instant où le titre de champion du monde semble quitter les lourdes épaules de Brabham (au premier plan) pour celles de Tony Brooks (au fond), extrait de The Nostagia Forum
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| Tags : grand prix des états-unis, circuit de sebring, jack brabham, tony brooks, 1959 |


















Commentaires
Ah cette photo de la grille de départ... Sebring et son tarmac plutôt qu'une piste, pas de "peoples" faussement intéressés, une seule bannière publicitaire bien discrète, on pourrait presque percevoir les effluves de ricin ...
Au fait, Professeur Reimsparing, Jack Brabham est il en train de s'extirper de sa Cooper après le tour de mise en place ou est il en train de s'y installer pour le départ ? (question "running gag" !)
Ecrit par : Christian Magnanou | vendredi, 26 octobre 2007
Et dire que tout cela s'est passé un an seulement après le grand prix du Maroc à Casablanca, et à peine plus d'un an après la retraite du maestro Juan-Manuel !
Mais comment Stirling Moss s'y est-il donc pris pour que le titre lui échappe à nouveau ? Il est vrai que sa transmission a cassé.
Bravo en tout cas Daniel pour cet épilogue.
Ecrit par : Francis Rainaut | vendredi, 26 octobre 2007
belle retransmission merci, Daniel.
par contre, pas d'accord avec les . . . qui concernent toujours la même Équipe.
"A cette époque on ne parlait pas encore d'espionnage."
"Un directeur de course Ferrari se doit d’être toujours autoritaire, c’est aujourd’hui bien connu…"
"On ne transige pas avec les principes chez Ferrari, c’est aujourd’hui bien connu…"
mais qu'avez vous tous contre Ferrari. s'il n'existerait pas, nous ne serions peut-être pas là.
Ecrit par : Bruno | samedi, 27 octobre 2007
Sauf votre respect, Bruno...
Bon, là je pars mal, la suite de la phrase après les ... doit normalement vous manquer de respect. Tel n'est pas le but de mon propos.
Cependant, je suis partagé entre deux sentiments.
Le premier concerne une marque à l'etoile, qui a piqué les travaux concernant la suralimentation et la distribution en 1934 via Bobby Kohlrausch, et "son importation" contre la volonté du moins de G.E.T. Eyston, en Allemagne, d'une J4 et d'une type R ,toutes deux voitures MG, compressées et à ACT ( de plus de 160ch/l...oui, oui, 160ch/l); et qui a piqué à un certain Serge Regembeau, une traction six cylindres à injection directe, un an avant que les 300 de courses ne soient dotées de la même injection directe.
La course aux lauriers passe immanquablement par la course aux brevets, et l'histoire se repète parfois...
Le second concerne ces ... en regard des résultats de 2007 et de ce qui s'est peut être passé au moment de sanctionner Mc Laren Mercedès.
Qui sait si le titre pilote de Ferrari n'a pas été laissé en jeu...plus ou moins autoritaire, aux dépens de deux pilotes Alonso et Hamilton, obligés de payer l'erreur qu'ils n'ont pas commise.
Et voici qu'un nouveau talent qui aurait pu être sacré Champion du monde dès sa première année de compétition se voit dépossédé de la possibilité de gagner...
J'ai repassé le GP et je suis étonné par le regard du Père de Lewis, lorsque l'auto a des problèmes de transmission et sort trop large. Avez vous vu?
Son regard passe de l'auto sur le moniteur aux stands, vers les dirigeants du team dans les stands.
Et cela par deux fois...La seconde fois, tout est dit, il a compris...
Quoi? Que son fils ne serait pas Champion du monde pour sa première année en F1.
Nous ne saurons jamais ce qu'il a vu dans les stands.
Alors certains pourront s'en prendre à une écurie en rouge dont l'histoire a été écrite par beaucoup de grands champions et quelques individus au caractère trempé. Et un de ces caractère a peut être profité au moment de sanctionner Mc Laren pour exiger le titre pilote.
(Tout est du conditionnel, les certitudes sont comme es promesses, elles n'engagent que ce qui les croient...)
On laisserait au public l'illusion, parce que ce titre n'existe que par le public et pour le public via la TV...
Alors que certains en veuillent dans leur analyse à l'un ou à l'autre... combien de destin se sont ils joués hors des règles du sport, hors de la piste...?
Ecrit par : Xavier | mardi, 30 octobre 2007
Xavier, voilà ce que j'ai poster sur un site il y a quelques jours:
comme vous le dites c'est du conditionnel. personne se saura jamais.
"moi, il y a une chose à laquelle j'ai pensé.
au lendemain de Spa, Ecclestone aurait pu dire à Ron Dennis:
"écoute Ron, les points de ton Équipe, tu les perd. c'est normal. mais pour sauver le spectacle de fin de saison, y comprit les sponsors, on va laisser tes deux pilotes se disputer le titre avec les pilotes Ferrari. mais sache bien une chose. aucun des deux ne sera champion du monde. tu te débrouille comme tu veux"
bien sûr, si les autres ne sont pas capable de terminer devant tes pilotes, tu n'y peux rien. mais s'ils remontent, tu les laisse faire. sans cela, l'année prochaine sera dûre pour toi"
je suis rester sans voix après la décision de retrancher tout les pts à Mc Laren. je n'avais plus du tout envie de continuer à l'interesser à cette F1 de M....
mais tout auussi scandaliser de laisser les points aux pilotes. qui sans leur voitures et les renseignements qu'ils on eu en début de saison n'auraient pas été aussi bien placer au championnat. ils étaient engagés sur Mc Laren et pas sur Nike.
aujourd'hui je reprend gout. mais pas parce que Ferrari à remporter ce titre, mais parce qu'il y a une logique. quelque soit la "mise en scene" qui s'est produite.
Ecrit par : Bruno | mardi, 30 octobre 2007
Tout est du conditionnel, les certitudes sont comme les promesses, elles n'engagent que ceux qui les croient...
(Vous aurez corrigé mes coquilles typographiques...)
Bien sur que je reprends gout, mais d'une bien curieuse façon...
J'avis trouvé par ce site les coordonnées pour acheter en direct auprès dela chaine de TV suisse le DVD sur Jo Siffert "Live fast, Die young" et je me suis mis a regarder ce qu'il y avait dans le 2 ème DVD... et là ....C'est merveilleux !!!
Le documentaire de Men Lareida est très bien fait, rien à redire. Je ne ferai pas mieux. Il est passionnant!
Mais imaginez ce que peut être pour un passionné d'images cinématographiques de course les merveilles cachées dans les bonus: Grand Prix de Berne 54 ou 55... Fangio est sur Mercedès... Couleur épatante plus dans le style Agfa que Kodak, pour ceux qui savent...
Tous les voyage en 8mm en couleur (Là c'est de la Kodak...)
Passionnant!!!
En bref, j'ai vu des films à la Grand Prix tournés avant "Grand Prix" de Frankenheimer... à la "Le Mans" avant "Le Mans"... et pour cause puisque c'est Siffert qui inspire Mc Queen, y compris pour le choix de sa tenue vestiementaire.
J'ai vu un Continental circus de la F1 avant le film "Continental circus" et le docu de Men Lareida, c'est le "Cheval de Fer" des grand prix auto des sixties...au lieu des motos.
Bon, de toutes ces images, un truc me revient sans cesse: à cette époque, un privé pouvait courir avec son auto .
Dans quelle discipline est-ce encore possible ?
Alors je vais faire un petit recensement... et suivre les privés...ils me font plus réver. Les vrais champions, ce sont eux !!!
Ensuite, j'y mettrais mes caméras et proposerai mes docus aux chaines.
Il y a bien une catégorie de courses ou les grosses chaines pourront trouver une programmation récurente, sans avoir de droits de retransmission monstrueux à payer...
A votre avis, quelle peut être cette ou ces catégories ?
Endurances? courses VHC ? Formule 3 ? retrospectives ?
Ecrit par : Xavier | mercredi, 31 octobre 2007
Intéressante page d'histoire F.1 avec ce parallèle 2007 . Heureux d'entendre Bruno reprendre intérêt pour les GP , il faut dire que les courses sont souvent bien monotones , des batailles à distances en tête de course , ennuyeux . Cette histoire d'espionnage ne serait-elle pas mise en scène pour ajouter du piment médiatique? La valse des ingénieurs génère de toute manière automatiquement de la copie.
Ecrit par : françois coeuret | dimanche, 04 novembre 2007
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