jeudi, 11 octobre 2007

Un dimanche à l'autodrome 04/04, l'oeil noir d'Ascari

(Voir aussi Terre Incognita et Fantômes du Routier)



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Au 23e tour d'une course qui en compte 80, soit 1000 km sur le Routier de 12,5 km, l'Alfa Romeo P2 numéro 3, en tête du GP de l'ACF 1925, échappe à son pilote qui passe trop fort la courbe de Saint-Eutrope, glisse sur le mouillé, s'écrase contre les fascines et part en tonneau. Antonio Ascari ne meurt pas sur le coup mais dans l'ambulance qui pour quitter le circuit, après de très longues minutes de retard, l'emprunte à contresens.

Antonio Ascari, né en 1888, fils d'un marchand de grain, copain d'Enzo Ferrari avec qui il courut la première Targa Florio en 1919, vainqueur de 13 Grands Prix, aurait été sacré le premier champion du monde de l'histoire automobile si le trèfle que sa voiture arborait l'avait mieux protégé. Précisons que le titre mondial aurait été à Alfa Romeo, et non à lui, ce nouveau championnat ayant été mis sur pied pour assurer de la réclame aux constructeurs (Sunbeam, Delage, Bugatti, Alfa Romeo, Mercedes, Guyot, Fiat, Eldridge Special, Chiribiri, Diatto, Duesenberg et Miller).

Antonio Ascari laissait un fils de sept ans qui allait suivre l'exemple du père de façon parfaite : deux titres de champion du monde. Trop parfaite si l'on considère ce qui suit :
- Alberto se tue dans une courbe de Monza - Curva di Vialone - qu'on débaptisera ensuite pour la renommer "Ascari", comme celle de St-Eutrope qui perdit son père à Montlhéry et devint "Ascari".
- Alberto se tue à 36 ans, comme son père. A trois jours près au même âge. Antonio vécut 13 466 jours, son fils 13 463. Les deux accidents se sont produits un 26 du mois d'une année finissant par 5. Tous deux ayant réchappé à un accident sérieux quatre jours avant leur mort. Tous deux totalisant 13 victoires en GP.

En cette fin d'après-midi l'oeil noir d'Ascari monte la garde sur le côté gauche de la piste, un peu avant le château d'eau, direction les Deux-Ponts. Je m'approche, intrigué. La stèle de pierre blanche est comme neuve, on jurerait qu'elle a été posée la semaine dernière alors qu'elle date de 1931. Le sculpteur Ernest Diosi a fait un boulot formidable, insufflant une étrange présence à ce bronze dont l'oeil sombre ne lâche pas le visiteur quelque soit l'angle de vue. Ascari qui disait pour expliquer ses trajectoires quelquefois saugrenues, là où je place mes roues, je suis certain de ne pas y trouver l'huile perdue par les autres, applique cette sentence pour l'éternité.
Là où est placé son autel, il est certain de n'y croiser personne. 

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Antonio Ascari still alive © MdS

Commentaires

En signe de deuil, l'écurie Alfa Roméo se retira de l'épreuve. Robert Benoist sur sa Delage 12 cylindres remporte la victoire, Louis Wagner, sur Delage également, se classe second, il n’y avait pas eu de français vainqueur en grand prix depuis douze ans. En hommage à Ascari, Benoist dépose sa gerbe de vainqueur à l'endroit même de l'accident. Là ou la stèle sera plus tard érigée.

La souscription mettra longtemps avant d'aboutir à la construction de la stèle. En 1930 M. Lamblin tombe malade. Il est obligé de liquider sont journal « Le Sport » (anciennement Aéro-Sport). En 1931, il a encore un peu l’espoir de trouver une solution pour l’Autodrome. Il contacte la revue du MCF pour relancer la souscription pour un monument en souvenir du pilote Ascari et propose, malgré sa situation financière très difficile, d’y contribuer personnellement. Finalement il décède des suites de sa maladie à l’age de 48 ans en 1933, ruiné sans avoir réussi à trouver les aides et les soutiens suffisants pour relancer l’Autodrome.

Ecrit par : Pannetier Pascal | jeudi, 11 octobre 2007

Dans le livre "Les Grandes Heures de Montlhéry",une photo montre des militaires en tenue de combat(sans doute bleu horizon comme en 1918)emmenant sur une civière le corps d'Antonio Ascari.Il est dit que les secours ont été lents.
La similitude entre les destins d'Antonio et d'Alberto est stupéfiante ! La vie offre parfois des choses incroyables.

Ecrit par : Jacques Rivaud | jeudi, 11 octobre 2007

Magnifiquement émouvant

Ecrit par : Roues Libres | jeudi, 11 octobre 2007

Triste et pathétique de laisser dans l'oubli ce (Ascari) et ces très grands champions, oubliés à l'image de notre cher circuit de Linas Montlhéry malgré les efforts méritoires de l' ASALM et d'autres .
Il ne nous reste que la journée du patrimoine en septembre après l'anniversaire des Rosalies l'an dernier. Pauvre os à ronger pour les passionnés condamnés à se faufiler sur l'autodrome .

Mais y a t'il un faible espoir de revoir l'autodrome jouer à nouveau son rôle de Parc des sports mécaniques tel qu'il avait été conçu par le génial mécène précurseur Lamblin .
Lui qui a besoin de retrouver le bruit des bolides mêmes anciens pour reprendre vie et redonner leur part de rêve aux jeunes et moins jeunes de la même façon qu' une Ferrari P4 ou GTO ne fait rêver que poussée dans ses retranchements ainsi que j'ai eu la chance de les voir à Montlhéry (merci Mr Pironi , Mr Piper et Mr Violatti )
Peut on espérer que l'UTAC se réinvestisse dans son rôle d'animateur de l'autodrome tel qu 'il était défini après lorsqu ' il lui était loué pour 1F par an à charge de l'entretenir et de permettre les manifestations sportives ?
Et pourtant quel outil de promotion pour l'UTAC et les sponsors qui pourraient s'y intéresser , à proximité de Paris en accès direct par autoroute gratuit d'accès et surtout de sortie bien plus aisée que Magny Cours lorsque tous les axes sont ouverts sans parler d'aménagements faciles à opérer .
J'ai lu sur Internet que l'UTAC avait redemander l'homologation sportive .
Quelqu'un peut il me le confirmer avec la source ? Car tout passe par là y compris la valeur prestigieuse du site pour l'UTAC qui risquerait de tomber dans l'oubli et ne plus être qu'un ruine en cours de démembrement , ce qu'aucun amoureux de l'automobile et du progrès tels qu'on les concevait au vingtième siècle ne saurait se résoudre à accepter .
Dans l'espoir d'avoir retenu votre attention j'attends vos interventions .

PS : je pars dimanche et me rendrai à l'ICCR (Citroen) sur le circuit de Vallelunga équivalent près de Rome de notre Montlhéry avec l'intention de nouer des contacts italiens et je reviendrai fin août .
Bonnes vacances pleines de découvertes à tous ceux qui peuvent partir .

Ecrit par : JEANMARCH2005 | mardi, 22 juillet 2008

L'UTAC à bien demandé l'homologation sportive, mais pour le moment uniquement pour le circuit routier. L'UTAC à fait un gros effort cette année pour les festivités du Patrimoine le samedi 20 septembre. C'est réservé à 500 voitures et 100 motos françaises d'avant 1978 et sur préiniscription. C'est gratuit et ils offrent le repas. Pour les autres, il semble qu'il soit possible d'y assister sur préinscription, essayez d"écrire un mail à l'UTAC.

Sur place vour pourrez rencontrer sur un des stands des associations qui travaillent sur son histoire, j'y serai personnellement.

Pour que cet autodrome et sa mémoire soient préservés, il faut un projet mené avec l'UTAC, qui arrive a concilier les contraintes de son utilisation et qui arrive à trouver des moyens financiers. Pour arriver à cela il faut faire un travail important de valorisation de son histoire et c'est ce que nous essayons de réaliser.

L'UTAC envisage de repeindre et de remettre en état les stands et d'autres structures.
Vous en verrez les premiers résultats le 20 septembre. Ensuite en 2009 des publicités d'époque seront repeintes, ce qui lui redonnera un aspect plus sympathique.

D'autres projets sont aussi en maturation, mais il est encore trop tot pour en parler.

Si vous avez des documents ou articles d'époque sur son histoire, nous en faisons des copies pour les mettre à disposition des historiens et journalistes. Le plus important c'est d'en parler.

Sa préservation dépend aussi de nous tous, de l'intéret qu'il succite et que les médias lui porte, il faut évoquer le plus possible les moments magiques qu'il a vu se dérouler sur ses pistes.

Ecrit par : Pannetier Pascal | jeudi, 24 juillet 2008

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