dimanche, 14 octobre 2007

La R8 Gordini, 43 ans après

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Fin 2006 était créée à l'initiative de Renault Histoire et Collection, la mémoire du Losange, une coupe Gordini new look, l'International Gordini Revival, qui a consisté en 2007 en un ensemble de quatre réunions courues dans le cadre des World Series de Renault, dont la finale fut disputée à Lohéac les 6 et 7 octobre derniers, lors de l'Autobrocante Festival. Gianpaolo a demandé à Michel Maurier, un ami qui y a participé, de bien vouloir nous en donner ses impressions.

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Largement survireuse, le R8 Gordini requérait de la part de son pilote un fin doigté pour la maîtriser. Mais quelles sensations ! Si j’avais su ! Si j’avais su que 40 ans après, une R8 G, celle que j’avais la chance de posséder et qui valait tout juste 10 à 13 000 francs (2 000 €) vaudrait aujourd’hui la bagatelle de 30 000 €. Et encore faudrait-il en trouver une en bon état.

d2400f1c00d41a49e26bfa197f9d23b5.jpgAprès que mon ami Pierre Lees m’a mis dans la tête l’idée un peu folle de participer à l’édition 2008 de l’International Gordini Revival, j’ai voulu me rendre compte de ce à quoi cela pouvait ressembler. Je suis parti très tôt un samedi matin avec mon ami Daniel, celui-là même qui m’accompagnait déjà 40 ans avant dans mes aventures automobiles. Il aura donc fallu presque 40 ans pour que je me replonge dans cette ambiance, mais que d’émotions et de souvenirs. De voir et d’entendre ces autos m’a rappelé ces années d’insouciance au cours desquelles nous pouvions nous faire plaisir sans contraintes. Elles accusent a peine le poids des années, mais leurs propriétaires afin de les menager les font voyager sur remorques, faute de quoi elles ne passeraient pas toutes la Porte de Saint-Cloud à 18 h. Mais elles sont toujours là, fringantes.

La "course"

Je mets des guillemets car ce n’est pas vraiment une course. Les pilotes ont le droit de se dépasser, de se tirer un peu  la bourre, mais encore une fois elles sont fragiles et une sortie de piste ou à un accrochage causerait des dégats lourds de conséquences.

Les pilotes

Je ne mets plus de guillemets, car certains étaient déjà là en 1970, tant en rallye qu’en coupe Gordini. A cette époque ils étaient moins timorés et rentraient vraiment dedans. Il n’est que de voir les photos de ces années pour comprendre. Certaines font plus penser à du stock-car qu’à une course auto, mais quel spectacle. Je me souviens d’une course sur le circuit de Rouen, à la fin de laquelle plusieurs d’entre elles revinrent au parc fermé, tractées par des remorqueuses, en piteux état, cabossées de partout, le Nouveau Monde avait encore frappé. Mais le dimanche suivant, retapées, elles étaient à nouveau au départ sur un autre circuit.

Ragnotti

Cette tête brûlée a droit à une tête de chapitre. Egal à lui-même, au volant d’une Maxi Turbo, celle-là même avec laquelle il participa au championnat de France des rallyes, son fidèle navigateur Thimonier à ses côtés. Il tournait ce week-end en exhibition à Lohéac avec trois autres autos. Une berlinette jaune avec Alain Serpaggi au volant, une Clio 16 S et une Clio de 10 ou 15 ans d’age, ancienne voiture d’Alain Oreille qui était pilotée par une légende du Rallye, Jean Vinatier, qui doit être le premier vainqueur d’un rallye au volant d’une R8G.

Pour en revenir à Ragnotti, il n’a pas usurpé son surnom de "Kamikaze de Carpentras". Il passait sans lever dans la courbe à droite devant laquelle je me trouvais, et même Serpaggi s’est enrhumé a son passage. Personne, pas même le diecteur de course ne pouvait calmer les ardeurs de Jeannot et sa Maxi Turbo. Juste avant l’entrée aux stands, en pleine ligne droite et à vitesse maxi, il nous crédita d’un superbe tête-à-queue qui fit sursauter les spectateurs, tous persuadés que cette manœuvre était involontaire et due à une gêne de l’auto plus lente le précédant. Pas du tout, c’était tout à fait volontaire et la manoeuvre a été répétée à plusieurs reprises, à chaque fin de série où il embarquait avec lui une personne de l’organisation qui ressortait systematiquement le tein verdatre.
L’une d’elle nous relata qu’elle n’avait rien vu car elle avait fermé les yeux de terreur. Le responsable de Renault Histoire et Collection a fait semblant d’avoir peur pour ses autos, pour le principe, mais ne fait pas semblant de compter avec précision le nombre de trains de pneus qu’il est obligé d’approvisionner a chaque exhib' de ce funanbule de Ragnotti.

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Signé Michel Maurier



15e Autobrocante Festival . Finale de l'International Gordini Revival . Manoir de l'automobile de Lohéac . 6 et 7 octobre 2007



R8 G
© Michel Maurier

Commentaires

Voici de quoi mettre en images votre reportage ...
http://trophee-gordini.hautetfort.com/
Amicalement,
"OEW".

Ecrit par : "Old English White" | dimanche, 14 octobre 2007

Juste 2 petites remarques: Toutes les Gordini présentes passeraient sans aucun doute la porte de St Cloud ! Leurs pilotes utilisent plutôt une remorque pour ètre surs de rentrer, car ils n'hésitent pas à tirer sur la mécanique ou les pneus....

Ecrit par : Jean Phi | mercredi, 07 novembre 2007

Jean Ragnotti ou le plaisir et le don de piloter à l'état pur avec une humilité insensée. Quel autre pilote de sa classe aurait accepté de "redescendre" des GrB R5Turbo à une "vulgaire" Clio vitaminée alors que son pilotage était au sommet ? Renault a loupé beaucoup d'occasion d'être champion du monde en F1 mais aussi en Rallye avec Jean Ragnotti.
Je ne peux jamais penser à Jean sans penser à Jean-luc. Thérier évidemment. Deux talents incroyables. Deux hommes simples. Deux très grands.

La gord' a été le revélateur d'une génération. Une danseuse virevoltant sur ses pointes de 135/15 qui nécessitait un cavalier digne de ses entrechats. Amusant de constater qu'elle correspondait si bien à l'insouciance de "sa" génération: 68.

Ecrit par : guy dhotel | samedi, 14 mars 2009

Ragnotti et Thérier:
2 véritables artistes qui sont tous deux passés par la R8G.
J'étais au col du Turini en 70.
Prés de moi se trouvait Jean-Luc Thérier, contraint au rôle de spectateur après un abandon (aujourd’hui ce type de pilote rentre chez lui après un abandon)
Nous admirions les trajectoires des pilotes, un pilotage tout en finesse, nous ne voyions que les feux rouges des voitures qui passaient en travers dans cette portion de la spéciale du col du Turini. Hé bien ! ce grand pilote était là, comme un enfant, à applaudir
aux exploits des Timo Makinen avec sa Ford Twin Cam et autres Waldegard en Porsche 911, alors qu’il avait le même talent et était capable des mêmes performances.
Un véritable artiste.

Ecrit par : Michel Maurier | dimanche, 12 avril 2009

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