mardi, 09 octobre 2007
Un dimanche à l'autodrome 02/04, Terra Incognita

Les flonflons de la fête s'amenuisent au fur et à mesure que je pénètre cette Terra Incognita, cette zone de non droit que personne, hormis quelques essayeurs, n'a jamais vue et que je m'étais promis d'explorer, le circuit routier de Montlhéry.
L'excitation me gagne car je sais que dans mon dos la passerelle ex-Dunlop s'estompe. Arrivé à la hauteur de la guérite des Deux-Ponts, je décide que cette chronique sera écrite à la première personne, contrairement à l'usage sur ce blog, car ce qu'il y a entre le Routier et moi est de l'ordre de l'intime. Comme les grandes courbes rémoises invisibles pour le Pr Reimsparing. Aux Deux-Ponts, une barrière empêche l'accès au Routier ; je la lève et, lentement, avec langueur, comme un amant découvrant un corps longtemps espéré, je me fonds dans un espace forestier barré d'un trait de bitume, qui parait s'étirer à l'infini.

Le silence est total lorsque se dessine sous mon pas la terrible contre courbe Ascari qui n'a rien de terrible lorsqu'on l'aborde à la vitesse d'une limace, que les protos des 1000 km de Paris prenaient à quelque 280, déboulant d'une ligne droite de 1,5 km, depuis la sortie de l'anneau. Elle est doublée sur la voie de retour de la non moins terrible courbe Ascari, où le champion italien perdit la vie en 1925. L'endroit est marqué d'une stèle étonnamment vivante, que nous évoquerons. Le point blanc qui focalise l'oeil est la guérite des Quatre-Bornes, abandonnée.

Posté dans la guitoune délabrée des Quatre-Bornes, j'ai joué les commissaires de piste, attendant qu'un hérisson daigne emprunter la bretelle pour retourner vers les Deux-Ponts. Peine perdue. Ce faisant, il aurait alors "tourné" sur le développement dit "Deuxième circuit", de 5 km. Le Routier est à géométrie variable, composé de six tracés dont la longueur est comprise entre 5 et 12,5 km.


Ces vignettes aussi peu spectaculaires que possible ne restituent en rien la terrible bosse de Couard, à droite, suivie d'un court bout droit qu'une grande courbe continue. Encore un terrible spot de Montlhéry qui n'usurpe pas cet adjectif. Gros coeur seulement. Paul Armagnac en eût témoigné s'il avait survécu à l'effroyable cabriole qui l'envoya au fossé lorsque sa René-Bonnet lui échappa à l'approche de la bosse. C'était aux essais des 1000 km de Paris 1962. Là, en décollant plus ou moins, se bâtissaient les écarts. J'ai stationné quelques minutes sur le goudron balayé de feuilles mortes. Attention, passage de fantômes.

Une pente à 6% mène aux lacets de Couard que seuls les plus hardis passaient s'en s'y prendre les pieds. Une bretelle dite "de la côte Lapize" qui conduit au virage du Gendarme, juste au-dessus des Lacets, délimite le tracé du Quatrième circuit de 7,7 km, utilisé entre autres pour les 1000 km de Paris. C'est Helmut Marko qui en détient le record du tour à presque 190 de moyenne sur un spider Porsche 917, lors des 1000 km de Paris 1971, dernière vraie course disputée sur l'autodrome. Quand on voit de quoi est fait ce circuit...

Divisé en deux pour les besoins de la mise en page, ce grand gauche très vite dévale la côte Lapize - que les motards attaquaient en l'escaladant - qui conduit à l'épingle des Bruyères. On attaque à cet endroit le grand développement de 12,5 km qui ne fut guère utilisé après la Guerre. Le silence absolu qui régnait ce dimanche dans ce coin perdu, totalement inhabité car il y a un terrain militaire en face de la piste, me faisait songer à ce que ressentirait un voyageur égaré dans l'espace-temps. Nous sommes ici à 3,5 km des stands.

Après avoir rejoint la portion de retour par la forêt, à la hauteur du virage de la Forêt, et grimpé aussi lentement que possible les lacets menant au virage du Gendarme, pour jouir de chaque centimètre, toujours baigné d'un silence de désert troublé seulement par les plongs métalliques des bogues de châtaignes explosant contre les glissières, c'est ce rectiligne qui s'offrit à ma vue. Une borne d'un droit absolu avec au bout la terrible courbe, appelée courbe de St-Eutrope avant l'accident qui coûta la vie à Antonio Ascari, dont l'oeil noir et étrange brille sur une stèle qui n'accueille personne. Montlhéry : un circuit où Herman Tilke n'a pas sévi.

Images © MdS
10:10 Publié dans Circuit de Linas-Montlhéry | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note
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Commentaires
Bravo et merci pour ce voyage sur le circuit de Montlhéry et aussi dans le temps.Dans les années 70,les jours de courses,les voitures garées sur le parkings au pied de l'anneau,ressortaient le soir par le circuit et donc empruntaient,la grande "portion" jusqu'à une sortie située à l'extrêmité du dit circuit.C'était toujours extra de pouvoir emprunter la piste dans une 2CV ou autre.Merci de faire revivre ces moments.
Ecrit par : Jacques Rivaud | mardi, 09 octobre 2007
Décollates vous sur la bosse ?
J'ai emprunté ce routier deux fois :
-le long à l'arrière de la Renault 4 F6 de l'ancien Colonel qui "gérait" le circuit, il y a une dizaine d'année à l'occasion d'un Bugatti à Monthlery
-un plus court (est ce le même...) dans une Mygale de l'école de pilotage.
Souvenir émus
Ecrit par : De passage | mardi, 09 octobre 2007
MERCI !
Merci aussi de laisser ce lieu qui, plus que tous autres en France, porte tant et tant de souvenirs.
Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | mardi, 09 octobre 2007
Merci TTDCB pour nous avoir fait partager ce fantomatique voyage spatio-temporel...
Ecrit par : françois coeuret | mardi, 09 octobre 2007
Salut Patrice,
Super intéressant ton tour du circuit à pied.
Mais montrer cela à un moment ou on cherche à calmer le jeux avec l'UTAC
et à permettre de relancer d'autre meeting de ce type,
en montrant que les passionnés sont aussi des gens respectueux
et sérieux, c'est génant.
Cela pourrait être contre productif et donner de l'eau au moulin
de ceux qui à l'UTAC ne voient pas d'un bon œil le redémarrage de meeting en anciennes.
Cela pourrait rendre plus difficile le dialogue avec eux en décrédibilisant le sérieux du meeting et des organisateurs. Ils ont un peu le culte du secret et par le passé ont utilisé ce type d'arguments pour le fermer.
Pour trouver des solutions il faut calmer le jeux, pour travailler en confiance réciproque
surtout pas ajouter de l'huile sur le feux.
Je comprends ton enthousiasme et je le partage,
mais fait attention de ne pas aller trop loin.
Tous n'est pas bon à mettre en ligne en ce moment.
pense à ceux qui aimerait bien refaire de tels meetings régulièrement.
Ils ont accepté de nous accueillir, c'est un pas important
il faut au moins les respecter, ils sont chez eux.
C'est l'UTAC qui a permis la sauvegarde de l'autodrome après la guerre
et son histoire est lié au circuit depuis plus de 50 ans.
C'est comme si tu invites des amis chez toi et qu'ils en profitent pour faire
le tour de ta maison sans ton accord, fouillent partout et le montrent à tous le monde,
je ne pense pas que tu apprécierais.
Ça fait deux ans que l'on travaille pour trouver des solutions durables,
pour montrer que le patrimoine peut cohabité avec les activités du site,
il serait dommage de repartir à zéro.
Cordialement,
Pascal
Ecrit par : Pannetier Pascal | mardi, 09 octobre 2007
Merci à vous pour ce voyage spatiotemporel !
J'ai eu plusieurs fois l'occasion d'emprunter le routier de Montlhery , la 1ere fois dans les années 80 lorsque nous pouvions nous y entrainer en moto certains week-end , puis lors d'un stage en formule Renault avec l'école Mygale il y a 2 ans et enfin , la derniere fois , c'était lors d'une sortie en VTT , le mur d'enceinte avait été défoncé par des voleurs de voiture et j'en avait profité pour m'introduire "illégalement" sur le circuit...
Je suis resté plusieurs minutes à contempler la piste ou je voyait passer les fantômes de Benoist , Caracciola , Rosier , Clark , Ickx , Beltoise , un pur moment de bonheur !
De voir ces images me fait frissoner , puissent ces lieux ne jamais disparaitre
Ecrit par : DELNEUF philippe | mardi, 09 octobre 2007
Je n'ai eu l'occasion d'emprunter une partie du routier que pour sortir du circuit dans des circonstances qu'indique Jacques Rivaud. Mais je rêve encore de pouvoir faire quelques tours du circuit complet. On va au nürburgring faire le tour de la Nordschleife, le grand Montlhéry en mériterait autant, je pense.
Vous citez Paul Armagnac à la bosse de couard, il y a eu aussi à cette même bosse Jean Rolland avec le prototype Alfa 33 si je ne me trompe.
J'en profite pour vous dire que je vous lis depuis déjà longtemps et que je me sens bien sur Mds, je me sens chez moi. Continuez et merci.
Ecrit par : gilles Fournier | mardi, 09 octobre 2007
Superbes photos....
Je rejoins ce qu'écrit Pascal, avec un bémol... me concernant. Lors des derniers trophées Jumeaux, j'avais fait un tour avec ma motocyclette, le plus lentement possible, (oui, c'est vrai !) afin de prendre les virages sans pencher!
En effet, j'avais fixé un bras magique et un petit système "Fait à la maison" pour accrocher une caméra 16/9 et prendre des images du routier. Il ne restait plus alors qu'à introduire la vitesse par effet spécial au montage, et doubler...avec le 45 T et la voix off de Pesca, histoire de créer un "pastiche".
Bon, j'ai toujours les bandes et je n'ai pas encore commis le pastiche. Après la fermeture de Montlhéry, j'ai fait comme une depression, et la possibilité de retourner samedi, puis dimanche m'ont transformé. Maintenant je suis revenu et je sais que je reviendrai.
J'explique un peu, pour l'avoir vécu: en juillet 1989 à Berlin Est et Ouest, j'avais conscience qu'un jour, les deux pays ne reformeraient plus qu'un, et j'espérais que dans 40 ans... Trois mois plus tard, c'était fait...
Et bien là, en quittant et filmant (même le passage en "infra rouge" sous le tunnel) en ces trophées Jumeaux 2003, je savais que je reviendrai, mais j'avais l'impression que ce serait long, très long... Un peu comme la première guerre du Golfe, quand elle a commencé... j'étais sous les drapeaux...on sait que cela finira, mais pas quand ?
En fait, je partage l'avis de Pascal sur le fait de demander l'autorisation du proprio pour faire les photos. C'est peut être la raison pour laquelle je n'ai pas pu monter mon pastiche.
Et Montlhéry est pour moi mon premier contact avec le sport auto et moto "en live". D'autres c'est Rouen, Reims, Charade, et je comprends leur émoi et leur attachement. Je n'ai pas raté une manifestation sur la piste depuis 1989 jusqu'à la fermeture.
Même pendant la guerre du Golfe, en mars 1991, j'ai réussi à venir au "Bugatti à Montlhéry". Nous étions dans un régiment de chars (avec moteur Hispano Suiza HS110) en alerte à 24 Heures. Débrouillardise d'époque, sans téléphone portable... Au fait, vous saviez que ce sont les cavaliers français qui ont "piqué" au M1 Abrams son système de positionnement par satellite par rapport aux autres chars du peloton,(cela s'appelle une réquisition au clair de lune) et ont, après Desert Storm, eu l'idée d'intégrer une carte en dessous? Ainsi était né le guidage que l'on trouve dans presque toutes les autos modernes...
Pour en revenir au circuit, il existe toujours une école de pilotage, et s'inscrire permet de voir le routier sans être "non-invité".
Pour l'ovale et le petit routier, c'est différent. Si des manifestations peuvent avoir lieu sans déplacer une foule incontrolable, il ne faut pas ruiner trop vite nos possibilités d'y retourner.
Supposez que vous achetiez la voiture de tel ou tel champion, et qu'au cours d'une course ou manifestation ouverte au public, un quidam se permet de faire comme chez lui, sous pretexte qu'il l'a poussé vingt ans plus tôt ou même simplement vu, avouez que vous ne seriez pas très ...content, pour le moins.
Celà dit, avant de faire la morale, je vous ai avoué que je reconnaissais mes propres tords et que je n'étais pas prêt à les recommencer... J'ai vieilli...peut être...
Je n'aspire plus qu'à retourner à Montlhéry, en toute légalité, voir des autos, tourner là ou cela sera permis, poser mon auto ou ma moto à l'endroit prévu pour, et pique niquer "sans saloper" avec quelques amis. Je ne dois pas être le seul...
Maintenant, s'il faut prendre un pinceau pour aider, comme à Reims...Pourquoi pas? (Quoique le ciricuit et les batiments, à l'exception du poste de controle sus mentionné sont propres et bien entretenus) On ne peut pas parler de "Circuit à l'abandon". Et l'état de la piste du routier, les grillages, les barrières et tout ce qui fait un circuit, n'ont rien de pourri ou laissé à l'abandon. L'UTAC a bien entretenu le circuit. Tant mieux !
Cordialement.
Ecrit par : Xavier | mardi, 09 octobre 2007
J'oubliais: Et Citroën a même envoyé deux autos d'usines avec pilotes. Si ce n'est pas un signe positif ?
En fait, "on ne peut pas être et avoir été ".
Tout dépend comment chacun envisage l'avenir du circuit.
A chacun de s'exprimer...
Moi, vous l'avez compris, je veux vivre le présent sans renier le passé et en le respectant.
Et vous ?
Ecrit par : Xavier | mardi, 09 octobre 2007
Une façon alternative de visiter le routier de Montlhery, et en toute légalité, c'est de se connecter sur le site Géoportail, de taper "Montlhery" et c'est parti pour un impressionnant survol à basse altitude ( oui, il y a aussi le site Google Earth, mais la résolution sur l'autodrome n'y est pas aussi bonne que sur Géoportail ) . On constate que la cinquième version du routier, la plus aboutie peut-être , celle qui dévale la Cote Lapize , puis se poursuit par l'épingle des Bruyères, le gand droite non dénommé et le virage de la Forêt, semble être en aussi bon état que le reste du routier - si l'on fait abstraction des quelques virages qui ont conservé leur revètement d'origine en béton armé. Ce tracé, le "9.3 km" si je ne m'abuse, a encore été utilisé pour les 1000 kms de Paris en 1970 , et a continué a servir de nombreuses années pour les essais. Il y avait une vidéo d'un tour complet qui trainait sur internet il y a quelque temps...
Par contre, le survol de l'ultime partie du tracé, celle qui comprenait la fameuse double courbe des Biscornes , est beaucoup moins réjouissante puisqu'il semble bien que cette boucle ait été complètement intégrée dans le camp militaire , dénaturée par moult ronds points et bretelles , et serve aujourd'hui de parking à camions ou de piste d'initiation à la conduite......les espoirs de revoir un jour le "12,5" en service semblent donc bien minces...
Ecrit par : Philippe7 | mardi, 09 octobre 2007
Pour répondre à la question de Philippe7 , le virage situé entre l'épingle des bruyères et le virage de la forêt se nomme le virage " Caroline " du nom d'une jeune fille nommée Caroline Taste qui a trouvé la mort au volant de son Austin-Healey en Juin 1961.
C'est vrai que la partie située entre ce virage et les Biscornes était très impressionante , pour l'avoir pratiquée en moto , c'était à la fois grisant et en même temps , on se disiat qu'il valait mieux ne pas se " sortir " sous peine de finir dans les arbres et d'ètre retrouvé 8 jours plus tard !
Ecrit par : DELNEUF philippe | mardi, 09 octobre 2007
J'ai la chance d'y avoir roulé à l'occasion de roulages de validation avec mes collègues metteur au point qui y viennent régulièrement (les freineurs bousculent leurs voitures, d'autres affinent les lois de passage...) et c'est avec l'émotion des souvenirs qui hantent les lieux que j'y retourne à chaque fois !
Ecrit par : Olivier Leschiera | mardi, 09 octobre 2007
Pascal, avant tout j'en profite pour saluer en toi un artisan dont je croyais que la France avait cassé le moule. Je ne connaissais "Route Nostalgie" que de réputation et pour l'avoir feuilleté gratos chez ETAI. Les deux exemplaires avec lesquels je suis reparti de Montlhéry ne quittent pas ma table de chevet. Voilà du travail d'historien au vrai sens du terme. D'ailleurs il me manque le numéro 13, le deuxième sur l'autodrome. Je passerai le prendre à Automedon, si tu y es.
Concernant mon escapade sur le Routier, je comprends ta réaction. Sache que je n'ai simplement pas pu résister à l'attrait de cette ligne droite bien délaissée, là où tout le monde s'agglutinait sur les Rosalie. D'accord c'est interdit. Mais qu'ai-je fait de mal, sinon shooter dans des marrons, m'assoir sur un rail s'étendant dans un paysage désert, me recueillir dans ce musée à ciel ouvert. Voilà ce qu'est le Routier, un musée, une réserve naturelle, un endroit magique, préservé des atteintes sécuritaires qui défigurent les circuits modernes et les font ressembler à la mer de la Tranquillité, sur la Lune.
Pascal, je ne pense pas avoir desservi la cause que toi et quelques-uns que j'ai rencontrés à Monthléry servent. J'ai désobéi, certes, mais avec doigté, non ?
Très amicalement,
Patrice
Ecrit par : Mémoire des Stands | mardi, 09 octobre 2007
Comme Philippe7,je viens de faire un tour sur Géoportail avec en même temps un plan du circuit à côté de moi(livre:C'était hier,le Circuit de Linas-Montlhéry).En effet,la partie épingle des Bruyères-Les Biscornes a été totalement transformée.Je me souviens que pour sortir du circuit par la piste,nous allions jusqu'aux Biscornes pour atteindre la D97.On passait souvent devant des alignements de camions militaires garés là à cause du camp.
Autre souvenir,aucune voiture n'empruntait la cuvette de Couard car on nous faisait passer sur l'autre piste du circuit à la bretelle de Couard et on le remontait alors à l'envers.Peut-être craignait-on l'envol de 2CV,4L et autres R8 de l'époque sur la bosse de la cuvette ?
Ecrit par : Jacques Rivaud | mardi, 09 octobre 2007
Avez-vous fait une photo de la stèle d'Antonio Ascari ?
Ecrit par : Jacques Rivaud | mardi, 09 octobre 2007
Je me souviens de la première page du quotidien Combat dans les années 60.
J’aimais beaucoup ce journal dont le patron Henri Smadja était fou .Le jeune redac-chef Philippe Tesson proposait a la une de son journal,deux chroniques sur le même thème a deux personnalités dont l’opinion pouvait être opposée.
Les commentaires de Pascal et de MdS sur le thème : Pénétrer un circuit abandonné est ou n’est pas a considérer comme un viol m’ont rappelés cette période ou la presse et les circuits reflétait une étrange sensation de liberté et ou l’échange et la lutte pouvaient être vifs mais avec panache et respect.
Thèse, antithèse, synthèse : Il semblerait que même les poètes comme Pascal soient atteint du virus du politiquement correct et du, je fais attention aux retombées coûteuses d’une prise de position iconoclaste.
Mais, qui sait ? Peut être faut il courber l’échine pour obtenir le droit d’accéder au paradis des circuits perdus.
Dans ce cas je dis chapeau a vous, mais je préfère vous laisser faire, je n’aurais ni votre talent ni votre patience.
Ecrit par : gianpaolo | mardi, 09 octobre 2007
En tout cas revoir ce circuit montre qu'il n'était pas facile et qu'il demandait du pilotage et du courage.Il y a deux ou trois ans,Motors a diffusé un document sur le circuit intitulé "Montlhéry,l'anneau des seigneurs",je l'ai hélas perdu après l'avoir enregistré mais il montrait bien l'historique du circuit.
Pour les 1000 KM de Paris 70 et 71,les pilotes utilisaient le circuit de 6 ou 7 kms ? avec retour à la Bretelle de Couard.
J'ai eu la chance d'assister à ces deux courses et avoir vu et surtout entendu,les Matra 660,les Ferrari 512 S et M ainsi que les Porsche 917.
Montlhéry est aussi resté dans ma mémoire car j'y ai assisté à ma première course de voitures au Virage du Faye le 18 juin 1967,j'avais alors 10 ans.La course de F3 avait été gagnée par Henri Pescarolo sur Matra(il avait presque tout gagné en F3 cette année là) devant Tico Martini sur Brabham.François Cevert,jeune volant Shell 66,courait sur une Alpine qui lui avait été offerte pour ce volant.
Encore merci pour cette promenade photographique dans le passé et avec les fantômes.
Ecrit par : Jacques Rivaud | mardi, 09 octobre 2007
Mea Culpa, vous avez raison Jacques, concernant l'édition 1970 des 1000kms de Paris, je m'étais basé sur le site ( au demeurant excellent) de Martin Krejci pour affirmer qu'ils s'étaient déroulés sur le "9.3" mais il y a effectivement un bug : la course était bien, en 1970 comme en 1971, sur 128 tours pour 1005,56 kms , ce qui correspond bien au tracé de 7,86 kms ..... et record du tour par le grand Henri en 2.35 à 181,298 de moyenne , ce qui colle aussi .....dommage, j'ai adoré imaginer François Cevert dévalant la Côte Lapize au volant de la 660 victorieuse !
http://wsrp.ic.cz/nonchamp1970.html#78
Ecrit par : Philippe7 | mercredi, 10 octobre 2007
Merci au TTDCB pour ces instants volés, ces superbes photos d'un circuit que nous regrettons tous. Ce texte qui nous fait dire que si on avait été à votre place on aurait fait pareil.
Ecrit par : GIGI | mercredi, 10 octobre 2007
"Avez-vous fait une photo de la stèle d'Antonio Ascari ?"
Jacques, la réponse est oui.
Ecrit par : Mémoire des Stands | mercredi, 10 octobre 2007
Merci Patrice pour l'idée géniale de cette promenade à pied sur le circuit routier endormi. Et surtout bravo pour les magnifiques images que la lumière d'un automne ensoleillé rend encore plus nostalgiques.
Mais qu'arrive-t il donc à MdS, ce repère d'iconoclastes comme dit gianpaolo ?
Ne voila-t-il pas maintenant que ceux qui ont nourri leur passion juvénile avec des faux pass et en escaladant murs et grillages se mettent à se demander doctement s'il est bien légal de se promener à pied sur une route en bordure de forêt !
Et Patrice, sous la pression d'un organisateur soucieux de voir la faveur qui lui a été accordée renouvelée l'année prochaine, contraint de se justifier, de s'excuser de son escapade...
Et gianpaolo, tel Sami Frey jouant du Perrec, qui déclame "Je me souviens... de la première page du quotidien Combat dans les années 60...."
Si j'ai apprécié ce récit et ces images c'est que je n'ai pas eu la chance d'aller à Montlhéry ce week-end. Car cette réunion automobile avait été conçue plus comme une petite fête de club entre happy few, avec invitations, numerus clausus et inscriptions closes avant les trois coups, pas du tout comme les meetings ouverts que l'on souhaite voir à Montlhéry. Aucune publicité ou information avant l'évènement, site d'inscription clos avant l'heure, tout était fait pour décourager ceux qui n'étaient pas "in".
Ainsi donc sur MdS il faudrait avant tout calmer le jeu, être respectueux et sérieux, ne pas mettre d'huile de ricin sur le feu ?
"il faut au moins les respecter, ils sont chez eux. C'est l'UTAC qui a permis la sauvegarde de l'autodrome après la guerre " nous dit Pascal.
Ça, ça se discute. Il me semble bien que le combat de tous ceux, je dis bien tous, qui se sont battus pour la sauvegarde du circuit a mis au jour que le circuit de Montlhéry, après une première faillite, avait été racheté par l'Etat qui en avait concédé la gestion à l'UTAC avec pour double mission d'une part d'en assurer la rentabilité financière avec les essais des constructeurs pendant la semaine et d'autre part de permettre l'organisation de manifestations sportives le week-end.
Aujourd'hui, fort de sa position historique, l'UTAC décide unilatéralement de se dispenser de la seconde. Et comme l'Etat n'exerce pas ses prérogatives, c'est à nous de les rappeler.
En se promenant librement sur le circuit avec son appareil photo et en publiant son reportage ici, Patrice ne fait qu'exercer le droit de tout citoyen de profiter de ce bien commun, de ce patrimoine, et nous le fait partager. Un droit que l'UTAC continue de nous contester. Et ce n'est pas parce que la pression qu'il subit, depuis bien plus longtemps que deux ans, de la part de tous les amoureux de Montlhéry le contraint à lâcher du lest sous la forme de petites réunions fermées, qu'il faut abandonner ce combat.
De petites réunions privées comme celle-ci c'est acceptable de manière transitoire, pour amorcer la pompe, mais ce n'est pas suffisant pour l'avenir.
Continuons à demander l'organisation de meetings ouverts au public, c'est ainsi que nous sauverons Montlhéry.
Daniel
Ecrit par : Daniel | mercredi, 10 octobre 2007
Bravo Patrice, Bravo Daniel.
Après votre passage, je ne vois pas ce que l'on peut ajouter, c'est merveilleusement photographié, raconté et expliqué.
Daniel j'adhère totalement à vos propos, l'UTAC s'est bien "approprié" un patrimoine en n'assurant (tant mieux ou tant pis) que le service minimum au niveau entretien.
J'ai eu les mêmes réticences face aux formulaires d'inscription pas vraiment clairs, et puis j'étais un peu resté sur ma faim lors des journées du patrimoine 2006 et 2005 pas très festives.
Mais dieu qu'on l'aime, "notre" Montlhery ! (not month)
Ecrit par : Francis Rainaut | mercredi, 10 octobre 2007
Quelques précisions (en résumé) :
L'autodrome avant guerre à fait faillite 3 fois. Il a été racheté en 1939 par l'Etat (pour l'armée) pour éviter son démentellement. Juste après guerre M. Le Grain Eiffel (petit neveu de Gustave) à tout fait pour que l'automobile retrouve sa place sur le site, c'est ainsi qu'est né le CETAC, qui deviendra quelques année plus tard l'UTAC. Il obtient que l'Etat confie à cet organisme la gestion du site sous forme d'une location. De grands travaux sont entrepris pour remettre en état les installations. Des sponsors : Dunlop, BP, Total, Desmarais, Marchal, ... aident en reconstruisant : les passerelles, la tour, les stands, les panneaux,...
Donc on peut dire que c'est grace à l'UTAC, que l'autodrome à pu vivre, jusqu'à nos jours et continuer à accueillir des compétitions. Celles ci n'ont jamais suffit à financer son entretient. Depuis 50 ans les histoires de l'autodrome et de l'Utac sont étroitement liées.
Le C.S.C.A. Chambre Syndicale des Constructeurs Automobile (dont dépend probablement l'UTAC à l'époque) rachète finalement le site en 1973, pour y développer le centre d'expérimentation automobile de l’UTAC. L’état garde une partie des terrains d’origine pour les camps de l’armée et quelques autres activités sur le circuits : Drire et Sécurité Routière.
Donc jusqu'à preuve du contraire c'est bien l'UTAC qui est propriétaire.
Concernant l'état du circuit :
Il n'existe plus aucun autodrome en europe dans son état complet d'origine,
et encore utilisable.
Certains ont été envahi par la végétation comme l'Avus en Allemagne ou Sitges en Espagne,
d'autres détruit en partie comme Brookland (Mercédes), ou réaménagé en piste plus moderne comme Monza, ou encore en centre d'essais privés comme Mirammas (BMW).
Donc on peut dire qu'il a été plutot bien entretenu, puisse qu'il est encore là.
Et le routier est pour une bonne partie encore utilisable.
Mais 80 ans après sa structure commence à montrer ses limites.
Et sans activitées et sans projets, on ne voit pas qui pourrait financer sa restauration ?
Donc arrêtons les critiques stérilles, et vainnes et recherchons des solutions réalistes.
qui respectent les intérets de tous.
L'urgence à mon sens, c'est de sauvegarder la mémoire de ce lieu,
et des personnalités qui y ont participé.
Et de communiquer encore plus sur son passé pour faire reconnaître l'importance énorme
de ce site pour la France dans le monde et dans l'histoire de l'automobile.
.
Ecrit par : Pannetier Pascal | jeudi, 11 octobre 2007
Messieurs,
Je ne pense pas qu'il faille se retourner vers le passé, il faut bien entendu préserver la mémoire du lieu, trouver des solutions pour également préserver le site, mais il faut surtout comprendre que l'Autodrome de Linas-Montlhéry est maintenant un site industriel.
L'UTAC y effectue des essais qui nécessite de la confidentialité, ils sont sur un domaine d'activité professionnel où la concurrence ce fait de plus en plus difficile (concurrence organisme européens notamment), dans ce contexte actuel ils n'ont pas besoin que l'on démontre que l'UTAC est une passoire et que les manifestations sont bien génératrices des problèmes de confidentialités qui leurs sont reprochés.
Quand vous visitez le musée d'Orsay ou du Louvre vous n'allez pas visiter les réserves?…
Les manifestations comme celle de ce week-end ne demandent qu'à "grossir" un peu, ils font un effort, il serait bien les en remercier et les inciter à continuer, plutôt que de les critiquer.
Sur ce, je vous laisse avec votre conscience…
Laurent
Ecrit par : Laurent | jeudi, 11 octobre 2007
Si, en 1973, l'UTAC a racheté le site pour ses activités propres, c'est sans doute là qu'il y a eu un problème.
Quand le titulaire d'une concession rachète pour lui le bien qui lui a été confié en gestion, il y a ce que l'on appelle un conflit d'intérêt.
J'aimerais savoir s'il y a eu appel d'offres...
Ca rappelle les biens mis en vente après saisie qui sont rachetés par les Administrateurs provisoires ou leurs amis.
Mais comme le suggère Laurent, intéressons nous à l'avenir.
L'Autodrome un site industriel ? C'est vrai pour une toute petite partie récemment construite en face de l'entrée du circuit. Mais cette partie a de toute façon son accès séparé et très bien clos. Les photos de MdS témoignent que, pour ce qui est du circuit routier, rien n'a changé et qu'il est en parfait état.
D'ailleurs l'association d'un circuit et d'un site industriel correspond justement à l'avenir des circuits en France. C'est ce qui a été fait au Castellet, à Magny-Cours, au Mans, à Alès... Même le circuit Beltoise à Trappes a induit localement des activités liées au sport automobile.
Quand à la confidentialité je ne vois aucun problème. Le nouveau bâtiment moderne de l'UTAC est extérieur au circuit, beaucoup d'essais qui avaient lieu sur l'aire en béton de la chicane Nord y sont maintenant réalisés.
Et pour ceux qui auraient encore lieu sur la piste c'est du lundi au vendredi, les meetings c'est le week-end.
Une solution qui permette de faire coexister activités industrielles et manifestations automobiles passerait sans doute, comme pour les exemples cités ci-dessus, par la création d'une Société d'Economie Mixte associant les industries concernées (dont l'UTAC) et les pouvoirs publics régionaux (région, département). Les associations désireuses d'organiser des manifestations automobiles y auraient naturellement leur place.
Quand au problème de l'état de l'anneau, il peut être facilement contourné avec 1 km de piste tracé sur l' "infield" entre la chicane Nord et la tour de contrôle (un virage baptisé Indianapolis y serait bienvenu).
L'anneau pour la mémoire, le circuit de 3,3 km c'est parfait pour les manifestations automobiles que nous souhaitons tous.
Ecrit par : Daniel | vendredi, 12 octobre 2007
Cher Daniel,
Je partage une partie de vos idées.
Un truc qui m'attriste: en 1973..... et tat, ta, ta.... et la precription trentenaire. Cela ne sert à rien de revenir sur ces passages de l'histoire où ni vous ni moi n'étions en mesure de ...
Tout ce que cela sert, c'est d'agacer les interlocuteurs de l'UTAC.
N'allez pas croire que je vous dis celà par esprit "Rhinocéros", où que je sois sous l'emprise du syndrome de Stockholm, .
J'admire tout comme Patrice (MDS) le travail de Pascal. Je me suis abonné sur place le samedi soir et j'ai racheté un exemplaire de chaque numéro encore en stock. J'ai été sympa, je vous en ai laissé... N'attendez pas qu'un grossiste vous double pour vous les vendre plus chers. C'est vraiment passionnant et super bien fait. Je suis bien contnet de t'avoir rencontr Pascal.
Dans son numro spécial "Autodrome" ce qui signifie "Montlhéry", on y apprend beaucoup de chose, y compris sur la partie en béton de la piste.
Ce qu'il faut savoir, c'est que le béton a une durée de vie... la piste subit donc là où elle est bétonnée une érosion différente du bitume. Comment faut il restaurer? En béton et talochée à la main ? ou en bitume ?
Je crois que l'UTAC sera plus sensible à une réouverture partielle sur des évenements de petite dimension pour le coté "maitrisé" de la manifestation (certains ont dormi dans leur camping car à coté de l'anneau! C'était prévu) en louant 26 fois dans l'année à un club ou comité ad hock pour ne pas dépasser 200 autos sur la pistes en tout et 800 personnes maximums plutot que 4 fois 10000 gusses (pisant et chiants partout, le problème des sanitaires a eu sa part dans la fermeture...je sais, ce sont toujours les trous du c...qui bloquent et déconnent) et 450 autos ou motos, plus les vehicules d'accompagnements.
Bon, pourquoi ces chiffres: Il y a l'intéret économique de l'UTAC, d'un coté 8 jours de location, de l'autre coté 26...au même prix journaliers, pas ou peu de cout supplémentaire de toilettage du circuit après une petite manifestation où chacun se sent plus responsable...
Pourquoi 26 ? Un week end sur deux ! La je reve, je sais... il y a l'hiver et tout cela...Mais même si c'est un week end sur 4, de deux jours...
Si les clubs remplissent d'abord avec leur s memebres et prévoient des "invités" d'autres marques, histoire de les inciter à découvrir leur passion pour leurs autos, c'est cela aussi l'amour des anciennes. En petit comité, il sera alors possible de rendre un hommage à tel ou tel pilote le dimanche de tel heure à telle heure...
Donnez moi votre avis, je ne m'inscris pas pour présider une asso ou un truc comme celà, j'ai trop de films à monter, photos à trier, voyages à préparer, et il y en a qui le font beaucoup mieux. Par contre retourner à Montlhéry...je serai présent le plus souvent possible.
Ecrit par : Xavier | vendredi, 12 octobre 2007
Puisque vous m'y invitez, voila mon avis.
D'accord avec vous cher Xavier pour dire que "la confidentialité et la solidité de l'anneau sont deux fausses barbes".
Par contre votre idée de 13 week-end par an à Montlhéry me laisse perplexe. Bien sûr, si cela nous était proposé, tout le monde applaudirait des deux mains. Malheureusement, comme vous le reconnaissez vous même ("Là je rêve, je sais... "), ce n'est pas réaliste.
Outre que l'UTAC n'y est certainement pas disposé, je ne vois pas 13 associations automobiles, sportives ou pas, capables d'organiser une manifestation.
Au mieux j'en vois trois, plus ou moins soutenues par nos trois marques, Citroën (on l'a vu), Peugeot (avec ses clubs PTS) et Renault (avec Renault Histoire et collection).
Au pire, comme actuellement on aura une petite manifestation par an.
Il serait donc vain d'essayer de faire miroiter à l'UTAC qu'il y gagnera. Surtout que je ne pense pas que l'appât du gain soit sa motivation première.
Quand on parle de l'avenir de Montlhéry, je ne suis pas sûr que tout le monde pense à la même chose.
Certains pensent au court terme, à l'année prochaine : "encore une petite manif, monsieur le bourreau... "
D'autres regardent plus loin, et croient discerner un avenir plus inquiétant.
Il ne faut pas être grand clerc pour voir que l'UTAC tend à se désengager de la piste de Montlhéry. C'est évident quand on les voit regrouper beaucoup d'activités dans le nouveau bâtiment situé hors du circuit. Et les observateurs attentifs notent que l'on voit de moins en moins d'essais effectués par les constructeurs sur la piste.
Logique quand on sait que, outre les essais de laboratoire, ils disposent aussi de la piste de Mortefontaine et que non loin de Montlhéry, celle de Brétigny permet d'atteindre des vitesses de 300 km/h !
Et puis il y a belle lurette que les crash tests ne se font plus en lançant des autos sur un bloc de béton à la chicane Nord. PSA a pour ce faire son centre technique de Belchamp.
Et pourquoi a-t-on parlé d'un GP de F1 à Paris avec un circuit à Satory à côté de Versailles sinon parce qu'une piste d'essai y existe déjà, à deux pas des centres d'étude PSA et Renault ?
Autant dire que l'avenir à long terme de Montlhéry ne passe certainement pas par l'UTAC.
Heureusement je suis revenu d'Automédon avec une note d'espoir. Il existe un plan B dans cette hypothèse. Si l'UTAC mettait en vente le site de l'Autodrome, il ne serait pas forcément la proie de la spéculation immobilière comme cela a été souvent évoqué.
Des pouvoirs publics sont prêts à faire jouer leur droit de préemption pour créer un pôle industrie-loisirs tournant autour de l'Automobile.
Retour à la case départ, car comme le rappelait justement Pascal "L'autodrome (....) a été racheté en 1939 par l'Etat (pour l'armée) pour éviter son démentellement." (*).
Comme quoi l'Histoire se répète, parfois elle bégaie...
Et c'est toujours instructif de la connaître pour mieux préparer l'avenir.
(*) Robert écrit :"démantèlement". Typo très instructif : faut il comprendre "tellement dément" ?
Ecrit par : Daniel | lundi, 15 octobre 2007
Cher Daniel,
Heureux de lire votre note pleine de discernement.
Oui, c'est vrai, "encore un tour Monsieur le bourreaux..." semble ma préoccupatin première. Néanmoins elle est persistante...et je suis bien plus jeune que mes autos, celà veut dire que j'essaie d'avoir aussi une vision pour les 40 prochaines années à venir.
Pour ce qui est de la piste de Satory, je l'ai pratiqué deux fois avec les "Bugatti à Satory": un Grand Prix pour Cross over semble plus adapté...
Il y a même une portion intacte d'avant guerre avec des petits pavés ronds comme des madeleines, disposés en arc de cercle et terriblement glissants, dans la zone ou les participants du Bug à Satory n'avaient pas roulé, les devers sont très importants. (Le TTDCB n'est pas le seul, mais je l'avais déja dit dans une autre note...)
Le Circuit de Satory est très étroit, très court, et le terrrain trop petit pour supporter l'implantation d'un circuit appelé à recevoir un Grand Prix de F1. Je dois être le seul à avoir filmé en qualité pro à chacune des deux éditions, si les images sont nécéssaires à la démonstration...Montlhéry est "oléopneumatique" pour les autos...à coté.
Pour ce qui est des asso capables de réunir 1000 personnes et maxi 200 voitures, là vous sous-estimez beaucoup de monde... Bon, je suis d'accord, les autos dite GT modernes qui usent du pneu chaque week end par leur Club de marque, (Ferrari, Porsche, Maserati...) ne devraient pas être intéressées. (Je peux me tromper...mais j'en doute...)
Par contre, il suffit d'en trouver deux en plus des trois que vous citez et l'UTAC y gagnera pour beaucoup moins de nuisances.
Alors, cela peut être un club de marque, comme les MG qui ont montré en 2006 en Auvergne leur capacité à rassembler beaucoup d'autos et pas que des récentes... beaucoup de Préwar.
Cela peut être un regroupement de Club Auto ou moto sur un thème, ( journée de dégommage de printemps, journée de formation: "réglez votre moteur, allumage et carburation...faites le vous même..." ou journée de découverte des autos anciennes comme cela s'est fait dans le nord de la France, les spectateurs payaient pour faire deux tours de cicuit avec une voiture, l'argent récolté allait pour une bonne cause, mettez cela à la sauce Téléthon)
Ou bien des clubs étrangers peuvent louer le circuit, tel le VSCC, ou le Bentley Owner club, ou le Bugatti Owner club, le MG CC qui profiteront d'un autre évenement sportif en France pour proposer une étape d'une journée à leurs membres, et qui complèteront leur plateau avec des "natives" possédant des autos de la même époque.
80 % des records avant guerre ont été établi à Montlhéry et pas seulement par des marques françaises ou par des marques disparues.
La lecture de la presse étrangère, surtout de la presse de Club me laisse à penser que c'est une éventualité à envisager, la formule de visiter la France a heureusement du succès.
Qu'il existe un plan B à long terme est rassurant, s'il est pragmatique et réaliste. Ce qui est merveilleux, c'est que les portes se sont réouvertes et se réouvriront aussi à court terme.
13 week ends par an, est à mon sens la capacité maximale réalisable, cela ne veut pas dire que cela marchera 13 week ends.
Sur un autre sujet que vous évoquez, à savoir un grand prix de Formule 1 en région parisienne; je ne crois pas à Satory, c'est trop petit (et la deserte par avion, et train... n'est pas terible, il n'ya que la route...et encore...en théorie, car il n'y a qu'un accès ) par contre un grand prix en ville...ou sur une piste aménagée pour l'évenemment comme Vélizy Villacoublay...
C'est là que les militaires répètent leur 14 juillet sur les champs...C'est clos de murs et l'espace aérien et les liaisons sont meilleures (A86, N118, sortie de secours par Jouy en Josas...bientot le tram...) Qu'en pensez vous ?
Si vous avez dépensé 18 € d'Automédon, ce week end, pour marcher dans des allées, combien seriez vous prêt à mettre pour rouler à Montlhéry, sans folie, sans compétiton, juste pour vibrer un instant aux souvenirs présents? Avec 1000 personnes par jours, est ce que cela ne couvrirait pas la location du circuit à la journée? Combien payez vous pour rouler sur d'autres circuits dont la memoire n'est pas forcément aussi chargée?
(Bon, faut que je me méfie avec mes questions, si la mémoire est chargée et que le "cout" parte tout seul...à moins que celà n'évite le tellement dément démentèlement)
Ecrit par : Xavier | lundi, 15 octobre 2007
My god ! J'avais oublié les anglais !
Ça doit être un after-effect du traumatisme refoulé d'un certain match de Rugby. Je vais en parler au docteur Freud.
Mais be careful en invitant les British à Montlhéry car à Dijon ils sont en passe de tout monopoliser. Le paddock est presque entièrement roastbeef, et cette année ils ont importé des épreuves d'endurance (l'endurance de nos oreilles pour le "god save the queen" sans doute...) qui ont obligé un plateau aussi sympathique et spectaculaire que le Maxi1000 à s'exiler en Espagne. Ceci dit en toute amitié pour nos amis britanniques qui sont absolument adorables et ont des autos superbes.
Vous avez raison de dire qu'il existe sans doute beaucoup de clubs qui sont désireux de se produire à Montlhéry. Mais combien le peuvent financièrement ? Ça ne s'improvise pas de devenir organisateur et il faut avoir une solide trésorerie, j'en ai fait l'expérience jadis. Il ne faudrait pas que ça soit l'apanage de clubs "riches" tels que Ferrari, Porsche, Lamborghini...
Là encore l'histoire nous apprend que les épreuves club n'ont décollé en France que lorsqu'elles étaient soutenues par des grands constructeurs, français ou étrangers : Renault avec la coupe Gordini, Simca avec le SRT, Peugeot avec le PTS, British Leyland, NSU... Ou alors un gros sponsor.
Mais l'idée de faire des réunion européennes est à creuser. Je connais même quelques américains qui seraient ravis de pouvoir venir à Montlhéry...
Ecrit par : Daniel | mardi, 16 octobre 2007
Le site ne peut pas survivre correctement sans une activité annexe, toutes les entreprises du passée l'on démontrer.
Le mieux pour s'avoir ce que l'UTAC pense de l'avenir de l'autodrome c'est de le lui demander directement.
L'Etat n'aurait pas les moyen de racheter un tel site, sauf pour y implanter un projet national, mais on en est loin, et je ne pense pas que l'UTAC soit vendeur.
Il faudra réflechir à des solutions quand on saura, ce qui est envisageable.
Par exemple un centre de recherche sur les énergies renouvelable, au porte du plateau de Saclay, futur Silicon Valley Européen, et entouré des grandes Universités, Evry, Saclay, Politechnique,...
Ou un centre dédier à la sécurité routière (elle est déjà sur place), pour reformer nos futurs sans permis, avec un musée de la sécurité sur les routes.
Une zone artisanale de l'automobile ancienne et de formation consacré à l'automobile ancienne, controle Techniques, garages, ventes, et Musée d'histoire.
Pour former les pilotes, une AGACI pour pilotes de voitures anciennes.
Un Musée de la route et du sport automobile, ....
Et d'autres idées sont possibles, reste le financement.
Le tout est de rassembler les volontés autour d'un projet concensuel.
Ecrit par : Pannetier Pascal | mardi, 16 octobre 2007
financièrement vivable...
Ecrit par : Xavier | mardi, 16 octobre 2007
Je souhaiterais entrer en contact par messagerie privée avec un, ou plusieurs auteurs de cette discussion très instructive.
Avec mes remerciements
J.R.
Ecrit par : Jean-Raymond Blanchard | vendredi, 18 avril 2008
Bravo pour votre site que je viens de découvrir, j'ai couru souvent sur ce circuit, je faisais parti de l' A.G.A.C.I.
Michel RUDA
Ecrit par : ruda michel | mercredi, 23 juillet 2008
oui pour un montlhery relooké (infield courcircuitant l'anneau) un developpement rallongé (4 ou 5 bornes) il n'y a qu'a choisir..... une utilisation payante à la "carole" & reintroduire motolegende & l'age d'or (rentables) , il est clair que tous autres projets (f1 !!!) n'est pas crédible !
slts
Ecrit par : brumos | jeudi, 24 juillet 2008
Age d'Or et Coupes Moto Legendes: rentable...pas pour l'Utac à l'époque et terriblement salisant... Cependant Pascal sur le chapitre 04/04 nous donne rendez vous pour les journées du patrimoine.
L'évolution est intéressante.
Sachons respecter cette vieille dame qu'est...l'anneau et son circuit, eu égards aux souvenirs et évennements passés en tout premier lieu. On n'abime pas ce que l'on aime, où bien on relève de la psychiatrie.
Fzaisons vivre le circuit avec des choses simples et pragmatiques.
Ecrit par : Xavier | jeudi, 24 juillet 2008
Pascal Pannetier, auteur d'une très intéressante revue automobilistique a écrit dans le chapitre 04/04:
" L'UTAC à bien demandé l'homologation sportive, mais pour le moment uniquement pour le circuit routier. L'UTAC à fait un gros effort cette année pour les festivités du Patrimoine le samedi 20 septembre. C'est réservé à 500 voitures et 100 motos françaises d'avant 1978 et sur préiniscription. C'est gratuit et ils offrent le repas. Pour les autres, il semble qu'il soit possible d'y assister sur préinscription, essayez d"écrire un mail à l'UTAC.
Sur place vour pourrez rencontrer sur un des stands des associations qui travaillent sur son histoire, j'y serai personnellement.
Pour que cet autodrome et sa mémoire soient préservés, il faut un projet mené avec l'UTAC, qui arrive a concilier les contraintes de son utilisation et qui arrive à trouver des moyens financiers. Pour arriver à cela il faut faire un travail important de valorisation de son histoire et c'est ce que nous essayons de réaliser.
L'UTAC envisage de repeindre et de remettre en état les stands et d'autres structures.
Vous en verrez les premiers résultats le 20 septembre. Ensuite en 2009 des publicités d'époque seront repeintes, ce qui lui redonnera un aspect plus sympathique.
D'autres projets sont aussi en maturation, mais il est encore trop tot pour en parler."
Fin de citation.
Ce qui change: 500 voirtures et 100 motos... soit au minimum 1200 personnes... Quelle évolution.
Les pubs repeintes. L'histoire de Reims a certainement compté. Et d'autres projets sont en maturation...
Que de chemin parcouru depuis un an...
Souvenez vous 6 Octobre 2007: Citroen à Montlhéry, puis passage d'autos à l'aube un samedi matin en Octobre pour les journées d'automne au Mas du Clos , puis en janvier en préparation de Rétromobile, séance pour ces dames et des autos et motos d'exception.
Les portes s'entrouvent pour notre plus grand bonheur, celui de notre histoire avec ce circuit.
Ecrit par : Xavier | jeudi, 24 juillet 2008
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