lundi, 01 octobre 2007

C42, touché !

c42.jpg

Inauguré le 27 septembre et livré au public le 29, C42 n'est pas un show room de plus sur les Champs-Elysées dont c'est devenu la réserve naturelle. 
C42 est un objet intellectuel passé à la concrétisation. Un point d'interrogation qui a germé au début du XXIe siècle dans le cerveau d'une jeune femme, Manuelle Gautrand, architecte, a mûri, s'est colleté à un infernal cahier des charges, a vaincu les barrages des multiples bureaux et directions de Citroën, a contourné le problème de l'accès des autos, pour proposer à la lumière de Paris qui l'éclaire de face, un objet scénique de 30 mètres de haut sur 12 de large qu'on croirait issu de l'imagination d'un Stanley Kubrick ou d'un Ridley Scott.

6b431c8cf48663740ab6090e88436c8e.jpgUn totem de verre qui tient debout par les rayons du soleil, dirait-on, qui s'amusent à se perdre dans les lacis de la charpente métallique pour mieux la soutenir, un totem formé de sept plateaux accueillant un véhicule chacun ; sept niveaux qui correspondent aux sept lettres de CITROËN.

Un ascenseur hisse le visiteur au faîte de la sculpture où une Traction l'accueille, tournant sur un plateau, qui succède à une 2CV que le visiteur découvre au 6e, puis se laissant guider par la cage de verre blanche et rouge, il salue en la DS une des mythologies de Roland Barthes, alors qu'une C6 lui fait de l'oeil en dessous, et qu'un C-Crosser l'emmène sur les terrains accidentés de l'imaginaire, plus bas ; enfin notre visiteur se rétablit d'un bond au rez-de-chaussée sur le toit de la C-Métisse, déjà enfoncé, pas grave.

Il existe un sous-sol où se fabrique le futur de la marque, comme le très désirable C-Airplay, un concept-car genre C3 Plurielle en plus élaboré. Enfin les enfants sont effrayés par le Totem-mobile de Chico McMurtrie, vous savez, cette DS fantasmatique qui se déploie comme un monstre de science-fiction, déjà vue au dernier Mondial de l'automobile.
Cette scénographie constitue la premiere déclinaison de C42 qui variera au fil des saisons.

Oeuvre d'art prisonnière de l'univers marchand des Champs-Elysées, C42 ne sert pas à grand chose. On n'y vendra pas beaucoup d'autos. Aucun bureau n'est visible. Pas davantage de pavés de saumon. Aucune odeur ne flotte. C42 n'est qu'un rêve éveillé.

Une dernière chose en forme de question à Manuelle Gautrand : comment s'y est-elle pris pour que chaque personne qui visitait son objet extraordinaire, ce dimanche, était belle, oui simplement belle ?

c422.jpg



C42
42 avenue des Champs-Elysées
7008 Paris
 www.c42.fr



Images © MdS

10:10 Publié dans Constructeurs | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : citroen, C42 |

Commentaires

C beau.

Ecrit par : gianpaolo | lundi, 01 octobre 2007

J'étais là le jour de l'inauguration, là, c'est à dire avec les badauds en train de regarder les huiles déambuler entre le C42 et les autos de collection qui les emmenaient sur les Champs-Elysées un soir de pluie.

Je trouve la démarche pour le moins audacieuse et réussie.

Audacieux, ce "flagship" l'est, faisant bien vite oublier le disgrâcieux Hippopotamus qui tronait là auparavant, plein de légéreté et élancé vers le ciel avec un jeu sur la façade tout en finesse pour reprendre le thème des chevrons... le bâtiment en paraît presque fragile (et ne me dites pas, normal pour une Citroen, hein !),

Réussi, le bâtiment l'est et d'autant plus qu'il projette la marque dans le futur sans renier le passé de Citroen, ce qui me semble plutôt nouveau pour la marque qui semblait l'avoir remisé au placard.
Certes, on devrait plus y croiser DS, 2CV et traction que les Visa ou Axel, mais la démarche a tout son sens sur la plus belle 'avenue du monde'.

Enfin, il ne fait que souligner avec élégance et force le remarquable travail de Jean-Pierre Ploué à la tête du style de Citroen.

Au fait, Pluriel ne se conjugue par au féminin, même si l'auto nous y invite...

Mille fois bravo à la marque.

Ecrit par : era | lundi, 01 octobre 2007

J'aimais mieux l'Hippopotamus. Quand j'étais petit, j'allais y dîner en famille. Je ne suis pas Citroëniste, mais le fait de manger au milieu des voitures. Je me souviens des CX GTI, des BX 19 TRS et plus tard de la nouvelle (à l'époque) XM V6, qui tronaîent fièrement dans l'entrée. Même une Axel aurait eu l'air belle!

Dans le temps, sur le trottoir d'en face, il y avait le Pub Renault, remplacé par un "Atelier" plus design, concept... Et surtout moins foutraque, moins intimiste. Snif.

Ecrit par : Joest | lundi, 01 octobre 2007

Et le hall d'expo de l'Europe ! c'était beau...
"Il n'y a de nouveau, que ce qui a déjà été inventé"

Ecrit par : De passage | lundi, 01 octobre 2007

Hello "Joest"

Détournement de mots pour une politique de rénovations et de changements.

“Bien sûr, on peut regretter le temps de la marine à voile, le charme des équipages, la douceur des lampes à huile... Mais quoi ! Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités.”

Général de Gaulle.

Pour "nous z'autes" qui ne sommes pas des parigots, nous z'irons t'y faire un tour l'an prochain, pour l'salon d'l'auto.

Qu'est devenu le "One Two Two" ? Allez-y TTDCB, expliquer z'aux jeunots.

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | lundi, 01 octobre 2007

le Roi René existe toujours, donc pas de soucis pour les petits gars de nos belles provinces !

Ecrit par : De passage | lundi, 01 octobre 2007

Cher Jean Louis,

Le "One Two Two" est devenu, en apparence, un immeuble d'aspect respectable, alors qu'il fut un lieu plus apprécié que respecté... Les petites soeurs des coeurs ont délaissé leur cäline activité d'assistante sociale...
Les jeunes "cons" deviennent sages et respectables en murisant...
Le "Chabanais" est devenu un immeuble de bureaux, une pépinière d'entreprises après avoir été une pépinière d'autre talents, seul l'escalier et l'ascenceur n'ont pas été démoli et sont resté en l'état.
Nos petites connaissances, elles sont sorties par la porte de derrière...

Te souviens-tu de "Coccinelle" qui débarquait de chez "Madame Arthur" à Pigalle?
Dans une vie antérieure, elle avait été garcon d'étage-standardiste à l'Automobile Club de France, ce qui finalement nous ramène à la bagnole...

Ecrit par : Spirit of "Entonnoir masqué" | lundi, 01 octobre 2007

Avant le C-42, il reste le 41...

Ecrit par : era | mardi, 02 octobre 2007

pour moi la C4 c'était une 126.

Ecrit par : Bruno | mardi, 02 octobre 2007

Dear "Holly Gost"

En demandant des nouvelles de ce haut lieu de rendez-vous des années d'avant dernière guerre, c'était par analogie, non pas dans la destination du lieu, mais son appellation numérique.

C42 Champs Elysées lieu de rencontre et d'art (pour le moment) et le 122 rue de Provence dans le quartier des Grands Magasins.

De là à me faire écrire "c'est le bordel mon Adjudant" ?

Un jour peut-être, un Alphonse Boudard du nouveau siècle, en écriture SMS, narrera les fréquentations du bocal; chose certaine, la gardienne de l'immeuble (puisque la concierge n'existe plus) ou son clone électronique, ne se promenera plus sur la belle avenue son fichu sur la tête, charentaises aux pieds et balai sous le menton.

Comme lancé par un édile à la Chambre, furieux du souffle lancé sur la bougie rouge à l'entrée du "local"; "cette putain de Marthe Richard n'a fermé que ce qui était déjà clos".

J'aime "bruno" qui, même en cette circonstance, nous ramène au "Rouge" et "référence cheval"; point d'art pour celui-ci, le facteur est mort.

Oui bien sûr, Coccinelle (alias Jacqueline Dufresnoy née Jacques Dufresnoy), accessoirement actrice de cinéma*; elle/il doit son pseudonyme (!) - comme d'autres, arf ! - à sa robe de scène rouge et ses gros pois pois noirs.

Garçon d'étage/standardiste, pourquoi pas ? Une autre était bien "dame-pipi" avant d'animer son cabaret et les nuits parisiennes.

Sur l'internet (puisque que tout y est) cliquez sur : http://dixiemefosse.blogspot.com/2007/07/one-two-two.html et suivez les liens.

* Ne pas confondre avec Capucine.

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | mardi, 02 octobre 2007

J'aime bien le design et les choses modernes. Mais les trucs comme le C42 sont froids. Ce n'est pas fait pour durer: dans 10 ans, ça sera passé de mode et on démolira sans état d'âme.

Au fait, cher TTCB, avez-vous précisé que durant l'occupation, ce lieu (déjà occupé par Citroën et déjà muni d'un restaurant) était le point de rencontre préféré des zazous?

Ecrit par : Joest | mardi, 02 octobre 2007

Je ne porterai pas de jugement sur l'agencement intérieur, n'y étant pas allé. Sans doute cet espace est il lumineux mais cette façade à facettes (j'aime les allitérations) me dérange, renvoyant, à mon sens, aux plus laides architectures des années 70. Quand au symbolisme du chevron, il parait exprimé bien lourdement. Il n'est pourtant pas dans mon propos "d'allumer" une consoeur mais je reste un indécrottable "Corbusien". En un mot je trouve cette architecture "datée" et vouée rapidement à l'obsolescence. On est loin de la Villa Savoye.
D'autres lieux semblent allègrement passer les années, perdurant dans bien des esprits en dehors de toute considération architectonique, le "Roi René" mentionné plus haut mais là le contenu prime sur le contenant ...
On s'éloigne des voitures de courses avec tout ça !

Ecrit par : Christian Magnanou | mardi, 02 octobre 2007

L'avis de Christian Magnanou, architecte, est intéressant, même si dans le cas présent il s'appuie sur une impression. Il sera intéressant de voir comment cet espace va vieillir. C'est son attrait de nouveauté, après des années de travaux qui ont alimenté mes fantames, qui a suscité l'enthousiasme de ma note, tempéré largement par vos commentaires, hormis celui d'era, grand moderne devant l'Eternel.

Quoi qu'il en soit, le travail de l'architecte fut impressionnant tant la largeur disponible était faible. Il lui fallait monter plutôt que s'étaler. Elle était plus ou moins condamnée à une pièce montée.

Enfin quel public ? L'immeuble fidélisera-t-il comme l'Atelier Renault qui dispose d'un resto, d'un coin lecture, de fauteuils, voire de Patrick Tambay les bons jours ? Pas sûr, car une fois visité et admis le concept...

Ecrit par : Mémoire des Stands | mardi, 02 octobre 2007

Je ne nie pas l'audace du geste et la réflexion sous jacente (cette sorte de spirale interne est plus qu'intéressante), je reste seulement sceptique devant cette façade ostentatoire et par trop prismatique à mon goût. Ceci elle renvoie à l'évidence d'un cahier des charges "marketing"(visibilité de la marque) et aux impératifs d'éclairement engendrées par cet espace étroit; à cet égard c'est assurement gagné.
Le TTDCB l'a bien dit, l'appropriation d'un epace par le public est la résultante d'une architecture réussie et finalement cela seul comptera pour la perennité du lieu (en dehors d'une éventuelle et prématurée pathologie du bâtiment liée à des choix constructifs osés, ce que je ne souhaite pas).

Ecrit par : Christian Magnanou | mardi, 02 octobre 2007

Ecrire un commentaire