samedi, 01 septembre 2007
MdS au Festival de Deauville, pourquoi pas ?

31 août
Votre serviteur a élu domicile pour la semaine à Deauville où il a réussi le petit exploit de se faire accréditer au Festival du cinéma américain, grâce à la section "Cinéma/télévision" du blog. A l'interrogation du service de presse du festival qui lui indiquait qu'aucun film de la sélection n'entrait dans la thématique de MdS, votre serviteur a répondu qu'il plaçait sa réflexion sous un angle symbolique, par exemple "l'automobile dans le cinéma américain contemporain en tant que vecteur de transgression". Un langage suffisamment abscons et pseudo branché pour convaincre le responsable presse de lui faire parvenir un formulaire d'accréditation. Ceci dit, il y a assez de traces d'automobiles à Deauville/ville et à Deauville/festival pour donner la matière à la présente chronique.
1er septembre
Le sport automobile appartient au passé de la cité du duc de Morny. On n'y a pas couru de Grand Prix depuis 1936 et les courses de vitesse sur le front de mer se sont évanouies avec la Première Guerre Mondiale. Mais l'auto a continué d'y exercer ses folies, entre André Citroën qui pouvait griller en une nuit au Casino l'équivalent d'un an de salaire de ses employés jusqu'au faste suranné qu'y déploie chaque automne le rallye Paris-Deauville. Pour votre serviteur, qui y revient chaque année avant de plonger dans le chaudron charentais qui l'attend une semaine après, c'est l'opportunité de confronter son blog à d'autres réalités, d'autres cultures.
2 septembre
Ici, les camions poubelles sont de marque Mercedes, les autos-écoles roulent en Coccinelle version Herbie et pas mal de taxis ressemblent à des Chrysler 300 C, constatations qui nous sautent aux yeux alors que nous ingurgitons un casse-dalle accoudé à la vitrine d'une agence immobilière, place Morny. Nous ne sommes pas seul : c'est le rendez-vous des festivaliers fauchés qui ne peuvent s'offrir le Ciro's, sur les Planches, ou pressés car le temps est compté entre deux séances. Nous assistons ensuite à la projection de The Hitch Hicker, un film de Ida Lupino de 1953 dans lequel un psychopathe est chargé en stop par deux paisibles Californiens allant à la pêche. Assez jolis plans de leur Plymouth filant dans le désert de Sonora en un noir et blanc très impressionniste. On pense à un précurseur du Duel de Spielberg.
Devant chez Miocque, le rade branché de Deauville, vers 23 heures, c'est l'habituelle cohue. Une personne sur trois est connue. Un type y a garé sa Porsche 356 - une vraie - en espérant qu'elle lui vaudrait quelque attention féminine mais c'est peine perdue car Alain Chabat vient d'y débarquer.
3 septembre
Renault aime le cinéma, est-il proclamé dans le catalogue du Festival qui donne à voir une pub où un moteur d'auto sert de projecteur, la lumière jaillissant de la tubulure d'échappement. Depuis neuf ans, le constructeur au Losange est partenaire du festival de Deauville dont il véhicule stars et membres du jury depuis les hôtels Royal et Normandy jusqu'au CID où ont lieu les projections - distance à parcourir, 300 mètres. Il a pour ce faire mobilisé "Nouvelle Laguna", appellation dûment contrôlée. Ne dites pas que vous avez commandé une nouvelle Laguna, sous peine de contrevenir au langage Renault, dites que vous avez cédé à "Nouvelle Laguna", ce qui n'empêchera pas votre voisin de s'étonner que vous, renaultiste dans l'âme, ayiez succombé aux charmes des voitures au double chevron, erreur compréhensible tellement "Nouvelle Laguna" semble passée à l'eau de Javel.
Renault aime le cinéma. 27 films sortis en 2006 présentent ses autos en douce, ce qui signifie que le cinéma aime Renault et toutes les firmes qui banquent pour que leur nom ou leur produit soit cité, car le cinéma, c'est ça maintenant, une pub de deux heures avec en prime une histoire dedans. Sauf pour quelques irréductibles tels Jean-Marie Straub, Eric Rohmer et deux ou trois autres. Pour autant Renault est-il connu au cinéma ?
L'an dernier, nous avions été le seul à reconnaître dans un personnage au curieux sourire et à l'oeil échappé d'une fabrique d'effets spéciaux Carlos Ghosn, incognito à une projection deauvillaise au moment même ou ses deux R25 en décousaient à Monza. Il s'agissait d'un film qui n'est pas resté à la postérité mais dont la scène d'ouverture l'est dans notre esprit : un gros plan d'une Nissan à motorisation hybride. Le beau Carlos venait vérifier le bon travail de ses troupes.
4 septembre
Je suis parti à Deauville en compagnie de Gérard de Cortanze et de De Gaulle en maillot de bain, ces deux-là emballés en un paquet de 200 grammes, le livre que le premier nommé a titré en référence à cette blague que dans les années soixante on sortait à tout bout de champ : ta mère en maillot de bain, l'instit en maillot de bain, De Gaulle en maillot de bain.
Quelque chose me lie à Gérard de Cortanze, qui fait que si je n'achète pas tous ses livres (il écrit plus vite que je lis), je m'intéresse à ceux où il parle de son arrière grand-oncle, Charles, qui fut un grand pilote d'avant et d'après-guerre et qui partagea avec le mien, d'arrière grand-oncle, Marcel Contet, la joie d'avoir terminé cinquième des 24 heures du Mans 1938. Lire De Gaulle en maillot de bain c'est remonter jusqu'aux années cinquante et soixante, goûter aux après-midi légèrement ennuyeuses qu'éclairait "Salut les copains" à cinq heures, prendre un gadin en Solex, faire rouler ses Dinky Toys - qu'on préférait aux Norev en plastique - dans le couloir transformé en un Nurburgring façon 57 sur lequel De Cortanze Fangio poussait sa Maserati à la charge derrière Hawthorn, regarder religieusement pour la première fois à la télé les 24 heures du Mans. C'était en 55 (pas la meilleure année).
5 septembre
Le rond-point de la place de la mairie s'orne depuis cet hiver d'une quincaillerie qui n'honore pas cette estimable profession. Une espèce de carillon composé d'une demi-douzaine de cloches (qui s'ajoutent à celles qu'on croise en ville) y remplace les deux magnifiques parterres fleuris qu'en haut lieu on trouvait sans doute ringards. Le pire est atteint à l'heure pile, quand de cette sculpture horrible sourd un tintamarre à faire fuir les goélands, aussi nombreux à Deauville que les clodos gare du Nord. C'est déjà ça.
Les quincailliers, ici, sont redoutables. L'un d'entre eux avait sévi en 1936, un certain Letarouilly, qui avait proposé à la municipalité, avec deux ou trois commerçants, d'organiser un Grand Prix automobile, un peu comme celui de Monaco, histoire de redynamiser la région frappée, comme le pays entier, par la crise. Le 19 juillet, onze autos s'élançaient sur un circuit de 3,7 km à parcourir cent fois, un tracé très étroit duquel les pilotes s'étaient plaints. Le déroulement de l'épreuve donnerait raison à ceux qui eurent assez d'habileté pour simplement terminer, chance que n'eurent pas Marcel Lehoux, dont l'Era, heurtée par Farina explosa en se retournant, et Raymond Chambost, mortellement accidenté sur sa Maserati quelques tours plus tôt. Jean-Pierre Wimille gagna cette sinistre épreuve sur sa Bugatti T59.
Nombreux furent ceux qui, sur le podium, maudirent l'initiative du quincaillier Letarouilly, à commencer par le préfet qui interdit à l'avenir toute course de vitesse dans les rues deauvillaises. Pourquoi, soixante-dix ans plus tard, une autorité n'a-t-elle pas aussi interdit la bruyante quincaillerie de la place de la mairie ?
6 septembre
Nul ne prête attention à l'antique bâtisse de briques rouges planquée rue Victor-Hugo, derrière la mairie, d'autant qu'elle ne s'entrouvre que deux heures par jour sauf le dimanche et le lundi. Les festivaliers encore moins que les autres car il est inscrit sur son fronton le mot "Bibliothèque", or les festivaliers n'admettent une antique bâtisse que lorsque il y est inscrit "Villa Cartier" à l'entrée car ils savent que s'y déroulent, sous les auspices du joaillier, les nuits les plus débridées de la Côte Fleurie.
Votre serviteur, davantage un gars qui a un blog à faire tourner qu'un festivalier pur et dur, a franchi l'autre jour le seuil de la bibliothèque municipale de Deauville, en quête d'information sur les courses du type kilomètre lancé qui se tinrent ici au début du siècle précédent. Voilà qui tombait bien car il y fut accueilli par une dame qui à vue d'oeil à dû être invitée à l'inauguration de ladite bibliothèque. Vous venez découvrir nos trésors ? nous lance-t-elle avec dans le regard un je ne sais quoi de pétillant, que son enveloppe physique ne laisse plus augurer, certainement depuis des lustres.
Elle nous guide, à notre demande, vers le fonds normand qu'elle balaye d'un majestueux mouvement du bras : trois ou quatre bouquins s'y battent en duel sur une étagère qui n'a pas connu le chiffon depuis la dernière visite de madame d'Ornano.
Nous piochons de petits détails dans une Histoire de Deauville en deux tomes, ainsi apprenons-nous que le maire de l'époque, Désiré le Hoc, avait interdit en 1900 que les automobiles à essence dépassassent la vitesse d'un cheval au trot, soit 12 km/h. Ayant repéré un chapitre relatif aux épreuves de vitesse courues dans les années 1900 sur le front de mer, nous demandons à l'antique mais charmante bibliothécaire si son établissement dispose d'une photocopieuse. Que n'avions-nous pas dit ! Une photocopieuse, Monsieur, ce n'est pas le genre de la maison ! On eût proféré quelque obscénité que notre hôtesse n'eût pas réagi autrement. Tant pis nous repasserons prendre des notes.
En quittant la bibliothèque, nous tombons en arrêt sur un avis affiché à l'office du tourisme où il est question de l'ouverture en 2009 d'un immense centre culturel comprenant un théâtre, une médiathèque de 100 000 références et un espace d'exposition. Notre vieille dame, si Dieu lui prête assez de vie pour être invitée à son inauguration, investira dans une photocopieuse.
7 septembre
Enfin réveillé d'un sommeil de quatre mois, l'homme aux doigts d'or a estimé qu'il fallait faire quelque chose pour que le front de mer ne sombrât pas dans la plus noire neurasthénie. Sur le coup de 19 heures, tout Deauville était saupoudré d'une poussière jaune orangée qu'on eût dit factice tant on pensait que l'homme aux doigts d'or avait disparu dans les profondeurs de la science-fiction. Positionné dans l'axe de la rue Eugène-Colas, il passait au laser l'Excalibur garée devant chez Miocque, illuminait la Carrera que Monsieur Grossmann avait abandonnée devant le Drakkar. Et que dire de la Cadillac Fleetwood décapotable rose, posée devant le casino, longue comme un texte de François Libert, sinon qu'il aurait fallu l'image pour vous en soumettre la sensualité.
Ce fut alors que les vautours des plages entrèrent en scène, la poile à frire survolant le sable à la recherche de pièces de monnaie, de colliers, de bijoux, de cailloux, de choux, de genoux. On biffera les mentions inutiles car ces hommes aux doigts crochus ne voient la poésie que comme argent comptant.
Les Planches hier soir sortaient d'une toile de Boudin. En zoomant, on eût toutefois distingué une couille dans le tableau, par exemple les "Mouloud et Rachid" que des beurs de banlieue parisienne ont écrits sur les quelques barrières restées vierges qui encadrent les cabines de bain. Non loin, il y a celle de Claude Lelouch. Fermant les yeux, nous plongêames dans la toile. L'homme aux doigts d'or avait laissé sa place à son confrère au pinceau de lumière. Un coup d'avertisseur, deux appels de phares, un homme descend d'une Mustang faufilée sur les Planches. La caméra en plan fixe cadre une femme et un enfant qui courent vers l'auto. Et chabadabada.
8 septembre
Un plan-séquence est au cinéma ce que la phrase est à l'écriture : une constuction de plus en plus périlleuse au fur et à mesure qu'elle s'étire. C'est Antonioni au cinéma, Proust en littérature. L'an dernier une star internationale capricieuse, que nous ne citerons pas, avait exigé qu'on la filmât en plan-séquence, donc sans coupure, réalisé d'un seul tenant, depuis la chambre 124 qu'elle occupait à l'hôtel Normandy jusqu'au CID sur la scène duquel elle devait présenter son film, en empruntant ce que nous nommons dans notre vocabulaire personnel, le "Parcours magique", c'est-à-dire le souterrain qui relie ledit hôtel au Casino, puis celui-ci au CID. Le tout en direct au journal de France 2. Le timing avait été posé par la chaîne : 8 minutes pour débouler pile à 20 h 10, tant sur la scène du CID que sur le plateau de David Pujadas. N'eût été un détail, l'entreprise aurait réussi.
20:02, la star sort de sa chambre en claquant la porte, une caméra à l'épaule la prend en chasse, la star appuie sur le bouton de l'ascenseur dont les battants s'ouvrent sur un homme (l'attaché de presse Jean-Pierre Vincent) très étonné de voir la star flanquée d'un caméraman, le trio débouche dans le grand salon du Normandy et se sépare, la caméra s'amarrant sur le dos de la star qui d'un pas alerte gravit les trois marches qui donnent sur le petit salon, vire à gauche devant le restaurant "La Belle époque" (brunch à 58 €), gravit une volée de marches, prend à droite l'immense couloir tendu de brocard rouge - on pense au Shining de Kubrick - (les gars en régie consultent leur moniteur, c'est bon on est dans les temps), descend quelques paliers, pousse la porte qui mène au Casino, monte un escalier en colimaçon qui dessert le petit théâtre du Casino, passe devant cette salle superbe autrefois dévolue aux conférences de presse du festival que la star salue d'un What the fuck this theater is ! qui ne la ralentit pas, c'est l'essentiel, monte l'escalier qui donne sur la salle des bandit manchots, file le long de grandes glaces sans tain qui offrent à la star de vérifier le sien, de teint ; c'est alors qu'on arrive au sommet du grand escalier desservant l'entrée du Casino que la star dévale sans bruit car elle est chaussée New Balance, puis la vedette pique à gauche, direction le couloir menant enfin au CID, 20:08, extra, pense Pujadas, le colis sera livré pile poil, le duo, star et caméraman quitte l'escalier roulant et emprunte le large couloir balisé de droite et de gauche de vitrines de grand luxe, We're on time, guys ! lance la star à son caméraman, soudain elle stoppe : What the fuck, this is Ron Flockhart, man, look at that, man, Ron Flockhart, he's going on board of his Jaguar D, gosh, it must be Le Mans start in 56 or some ! I wanna buy this, man.
20:13. Le plan est foutu, Pujadas est en rage, Jean-Claude Baudier, dont la vitrine avait fait foiré cette mise en scène, Baudier, le maquettiste de Deauville, est un homme heureux.
9 septembre
Un joli road-movie a clos ce festival. Bonneville raconte comment trois femmes voient leur vie changer en profondeur à l'issue d'un voyage entre l'Idaho et la Californie. Elles circulent dans la Pontiac Bonneville de 1966, propriété du mari de la principale protagoniste, Jessica Lange. Du défunt mari, précisons-le, réduit en cendres dans une urne que sa veuve se charge de convoyer au lieu des funérailles. On retient de cette entreprise due à Christopher Rowley que le road-movie est le genre qui colle le mieux à l'Amérique, une Amérique éternelle, post 11 Septembre, largement critiquée dans les films montrés ici, une Amérique où il ne fait pas bon tomber malade (voir le terrible Sicko de Michael Moore), l'Amérique du fric et des fonds de pension, mais une Amérique qui vous fout encore, et pour de bon, des frissons sur les bras quand on pose sur ses routes à deux voies séparées par une bande jaune une Pontiac Bonneville 66, alors qu'au soleil couchant un train de marchandises la dépasse en arrière-plan.
The End
Sur la route de Deauville © A. E. Marty
10:10 Publié dans Cinéma/télévision | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
| Tags : festival du cinema americain de deauville, 2007, renault, gerard de cortanze, jean-claude baudier |



















Commentaires
Bonjour cher TTTDCB !
L'homme à la 356 aurait-il eu plus d'intérêt dans un véhicule rouge siglé du blitz aux couleurs STP ?
Bon Deauville amicalement vôtre !
Phinorman
Ecrit par : philippe vogel | mardi, 04 septembre 2007
Cher et néanmoins TTDCB, effectivement écouter Salut les Copains, prendre des gadins en Solex (j'en ai pris en une année bien plus qu'en trente cinq ans de moto par la suite...), tracer un circuit dans le couloir... tout cela doit évoquer bien des souvenirs à plus d'un d'entre nous mais pour ma part je préférais les Norev en plastique. Elles avaient moins d'inertie que les Dinky (donc quand on les lançait sur nos tracés domestiques, elles allaient moins loin, moins vite...) mais elles avaient un avantage, leur carrosserie en plastique permettait tous les bidouillages en la découpant ou la chauffant (ailes élargies, transformation en spyder, suppression des pare chocs...); la Porsche 356 Norev était une excellente base pour cela. Je me souviens en avoir extrapolé la "Vaillante" avec laquelle Michel et Steve ont couru la Panaméricana, c'est vous dire ! Enfin dans mes souvenirs elle y ressemblait beaucoup ... De toutes façons il fallait bien que je m'occupe, dans les années 50 et 60 la télévision n'existait pas à Casablanca.
Ecrit par : Christian Magnanou | mercredi, 05 septembre 2007
Cher Philippe, si vous faites allusion au véhicule dans lequel nous traversâmes l'an dernier Deauville, un véhicule suffisamment beuttlérisé pour n'attirer l'attention que de ceux des touristes anglais ayant eu connaissance de votre projet de livre, la réponse est non, hélas. Elle sera positive dans les mois à venir, lorsque vous serez en dédicace au Salon du livre de Deauville (oui, on y lit autre chose que des catalogues immobiliers) et que ceux des touristes anglais n'ayant pas eu connaissance de votre projet de livre mais sensibles à votre titre, "Private of Glory", s'approcheront de votre étal en demandant :"By the way, who's that guy, Mike Beuttler ? Wasnt' he some Queen employee ?"
Cher Christian, vous etes norevien, soit, nul n'est parfait. Mais vous en parlez à la perfection.
Ecrit par : Mémoire des Stands | mercredi, 05 septembre 2007
Cher TTTDCB !
Oui c'est bien le véhicule dont vous faites allusion ; il est effectivement très comme vous avez dit...
Je fais tout pour être dans la sitaution du dédicassant en 2008 !
Bonne fin de Deauville amicalement vôtre !
Au fait il paraît qu'en Champagne on se rince les yeux avec ce tain qu'eux, les gueux du coin, ont tout en chassant dans la Garenne... M'oui... z'ont le culot de faire cela et ont-ils lois au dessus d'eux ?
Désolé, il se fait tard...
Phinorman
Ecrit par : philippe vogel | mercredi, 05 septembre 2007
Nous noterons que chez Philippe Vogel le TTDCB prend systématiquement un troisième T.
Nous pourrions en ajouter un quatrième donnant ainsi : TTTDCBT.
Ecrit par : era | mercredi, 05 septembre 2007
C'est un clin d'oeil au très talentueux teneur de ce blog car je ne savais plus en écrivant s'il y avait 2 ou 3 T.
Bien amicalementttt vôtre !
Phinorman
Ecrit par : philippe vogel | mercredi, 05 septembre 2007
Dinky toys? Norev? Et Solido alors? Et sa Ferrari Testa Rossa avec suspensions? Chacun ses souvenirs, ses élans glorieux dans des vertigineuses descente de terre taillées dans des talus...
La guerre des Trois aura-t-elle lieu?
Cher Christian, Mes souvenirs en Solex furent remarquables, quoique se limitant à un aller-retour et un aller simple au collège, en classe de cinquième. (et non en cinquième à fond, quoique le solex s'époumonait par principe à fond.)
Le parking à vélo se trouvant au sous-sol, quelques champions en herbe freinaient leurs vélos le plus tard possible dans la plongée en béton. Mon arrivée en Vélosolex fit l'effet d'une bombe. Imbattable avec ses leviers de freins repris à l'arrière du guidon. L'engin allait sur ses 7 ans, toutes pièces d'origines et moi sur mes douze ans. Quand, le deuxième jour, le câble cassa net en "prenant les freins" comme on dit maintenant, j'eus le plaisir de faire une scène classique du cinéma: L'écrasement d'un "deux roues" contre un mur de béton gris dans un garage sombre.
Une seule prise, donc, pour cette première gamelle en deux roues motorisé. La bobine, enfin, la mienne, a été perturbée par la prise de vue et je n'en ai gardé qu'un souvenir confus.
Ah! Si, la paire de baffes en rentrant après que mon père, médecin, eut vérifié que je n'avais rien de cassé. Cette paire de baffe, classique de tous les films comiques, se transforma hélas en tradition à chacune de mes gamelles.
Un scénario qui n'a pourtant rien à faire sous cette rubrique cinéphile: Les américains n'ont jamais eu le bonheur de connaître le vélosolex et leurs rejetons roulaient en Chrysler décapotable quand on ramait sur nos cyclos...
Ecrit par : guy dhotel | jeudi, 06 septembre 2007
Le vrai problème du Solex était son manque d'adhérence de la roue avant sur revêtement mouillé, sous virage garanti en courbes d'où moult gadins... et pas question de réglage de barres anti roulis !
Par contre il était aisé de le "gonfler": avec l'aide d'un camarade mécanicien un peu "sorcier" nous avions raboté la culasse de nos mécaniques pour augmenter le taux de compression (mais si !), agrandi les lumières d'admission et d'échappement du cylindre, enlevé un des deux segments du piston et raccourci sa jupe pour réduire les frottements; enfin, "last but not least" nous roulions avec un savant mélange additionné d'éther ... Résultat on déposait imparablement les mobylettes bleues en ligne droite... Cela dura un court temps jusqu'au jour où le volant magnétique a explosé et le carter moteur s'est fendu; difficile d'expliquer cela à ses parents à 15 ans... Quand à la tête du concessionaire Solex lors de la "révision" !!!
Ecrit par : Christian Magnanou | jeudi, 06 septembre 2007
Decidément Christian, on partage beaucoup de souvenirs en commun !
Pour mon soldo (bleu & gris, rare!) c'était culasse rabotée, prise d'air au dessus de la bougie, quelques trous dans le pot. Outillage: une clé de 9 et c'est tout.
Résultat +, je doublais les Caddy en cote! Résultat -, le carter moteur s'est fendu en 2 dans la descente - toute pavée à l'époque - de Ville d'Avray à Sèvres.
Juste après ça a été le Moto Morini Corsarino 4temps, acheté à un trialiste Renaud Marchand, toutes les semaines je déculassais et rodais les soupapes. Après les gadins j'allais me fournir chez Couturier à Neuilly et c'étais super je ramenais des pièces + récentes, fourche, commodos, etc...Les 2 ont fini volés, j'étais triste !
Mes premiers tours en mob c'était vers 10-11 ans à Rabat, quelle éclate pas de casque pas d'assurance la liberté quoi.
Ecrit par : Francis Rainaut | jeudi, 06 septembre 2007
C'est touchant de constater que beaucoup d'entre nous ont les mêmes souvenirs d'enfance des années 50.
Guy DHOTEL a raison de mentionner SOLIDO qui avait pris de l'avance sur les deux autres marques citées à la fois par le choix des modèles reproduits et par la qualité de reproduction. J'en ai gardé pieusement un certain nombre d'exemplaires.
Comme Christian, mon copain d'enfance ne jurait que par les NOREV, (j'ai un doute en pensant que c'était plutôt ses parents qui les préféraient aux DINKY ou SOLIDO pour de basses considérations financières).
Nous installions chez lui une plaque d'isorel dans l'escalier du couloir et la compétition consistait à lâcher chaque miniature qui devait parcourir la plus longue distance à la seule force de l'inertie.
Sur un trentaine de modèles, la voiture qui perdait systématiquement la course était la Mercédes W 196 carrénée signée sur le dessous par le pilote Karl KLING. Et dire que nous allons voir la vraie (celle de FANGIO) dans 15 jours sur le circuit de Reims Gueux avec Jean ALESI au volant.
Celle qui gagnait invariablement était la FORD VEDETTE blanche avec l'inscription AMBULANCE en rouge sur ses portières. Ca ne s'invente pas...
Pour ceux qui viendraient à REiMS dans 2 semaines, visionnez cette vidéo :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/fangio/video/x2nod8_formula-1-1956-reims_auto
Vous arriverez sur ce circuit avec Peter COLLINS en tête, la beauté des courses d'antan et toute la magie de ce circuit dont le professeur REIMSPARING nous régale.
Ecrit par : Philippe BOURGEON | samedi, 08 septembre 2007
Superbe vidéo , merci Philippe.
PS: sur une piste de descente en terre avec virages relevés, je vous mettais tous "noirs" avec ma Solido"... J'ai dix ans, laissez-moi rêver que j'ai dix ans...
Ecrit par : guy dhotel | dimanche, 09 septembre 2007
"Bonneville" me fait penser à un autre road movie (pré-11 septembre celui là), "Macadam à deux voies "(j'ai oublié le titre original).
I'm a poor lonesome cowboy far away from home ...
Ecrit par : Christian Magnanou | dimanche, 09 septembre 2007
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