vendredi, 31 août 2007

Je rêve d'être ta Jacqueline Cevert

f369eea183a8d5f6129f33d201e48241.jpgIl est très tôt, il fait très beau, je sors de ma douche. Comme chaque matin. Je prends mon p'tit déj en écoutant, regardant, dévorant des vidéos de Senna jusqu'à l'enivrement. Comme chaque matin. Parce qu'il m'est encore plus vital que le café et les croissants. Ce matin cependant, un casque blanc, des yeux bleus et un sourire qu'on suivrait n'importe où rivalisent avec mon Brésilien.

Insolent jusqu'à séduire celles qu'il n'aura pas rencontrées ! Je suis imprégnée des trois heures passées hier dans Mes excès de vitesse [1]. Homme, femme, toutes générations confondues, on ne le lit pas, on s'adonne à Servoz-Gavin. Concentrée dans ce bouquin, j'oubliais l'utilité de la crème solaire et l'existence de la mer qui montait discrètement sur ma serviette. Je suis sous un charme absolu, certes. Mais révoltée.

Merveilleusement accroc. Mais révoltée. Accroc car il est de cette race des Seigneurs que j'affectionne particulièrement. Et qui ne sont pas que des héros. Nous n'avons ici que des hommes. Mais avec ce "je ne sais quoi, que d'autres n'ont pas". La race des Cevert, des Prost, des Senna. Dans leur travail et dans leur vie. Géniaux mais éternels insatisfaits. Surdoués mais si exigeants avec eux-mêmes. Révoltée contre l'organisation qui voulait, dans les années 70, que les pilotes soient "multicasques" : F1, F2, Endurance, Proto, Courses de côtes, Rallyes, promos, et j'en passe. Comment pouvait-on faire subir de telles pressions mentales et physiques à un homme ? Overdose et dégoût sont inévitables, même et surtout, quand ils ont, comme Johnny, une vie privée intense et une personnalité extrême.

Le planning stupéfiant d'un pilote de F1 n'est actuellement (et heureusement) consacré "qu'à" la F1 (tests, essais, courses, médias et sponsors…) et le break hivernal permet une trêve salutaire pour mieux aborder les tensions, les conflits sportifs et les enjeux financiers de la compétition. Tout aurait été magique, si, à l'image d'Ayrton, on avait permis à Johnny de s'offrir à la plus excitante des F1, puis de passer trois mois hors circuit (dans tous les sens du termes). Petites copines et grands copains sans modération, bulles et volutes à volonté : se mettre sur le toit aussi sérieusement que l'on a travaillé toute la saison à réaliser la trajectoire idéale. Révoltée contre moi : étonnamment, compte tenu du penchant ancestral que j'ai pour ce garçon atypique et attachant.

6c0b2caed22cd216b594675785ae9038.jpgJe n'ai lu Mes excès de vitesse que cette semaine. La révélation. Il m'a confirmé ce que je savais de lui, ce que je rêvais qu'il soit. Je suis fascinée, infiniment fascinée par cet écorché vif, cette fabuleuse éponge qui ressent tout plus vite, plus loin et plus fort que tout être banalement humain. Une écriture à son image, enivrante, affolante. Même votre endorphine en redemande. J'ai vécu trois heures de confidences, juste tous les deux sur la plage, avec la centaine de touristes juste à côté. Révoltée d'être née trop tard. Il est évident que seule ma petite personne lui aurait prouvé qu'une fille pouvait garder sa petite culotte, et même devenir un coach hors normes qui organise une petite carrière de rêve : je te bichonne, je te masse, je te fais des grosses assiettes de pâtes. Je regarde et j'analyse quand tes yeux et ton cerveau sont partis d'un même élan sous le premier jupon venu. Je te regarde te concentrer, visualiser, méditer, briller, t'amuser. Je vois Servoz Gavin gagner et Johnny se perdre pour mieux encore se réaliser.

Le Phœnix ne renaît pas que de ses cendres ! Moi à fond dans la logistique et l'intendance pour que tu sois à fond partout ailleurs car tu ne sais pas vivre autrement : l'amour à deux avec ta F1 sur le circuit, et à autant que tu voudras en dehors (et sors couvert mon garçon). J'enrage de ne pas savoir nager, pour plonger dans la Seine gluante récupérer les coupes que tu as passées par dessus bord. Je rêve d'être ta Jacqueline Cevert, ta sœur, ton pote. Certainement pas ta moitié mais ton double, pour l'exclu de tes vrais sentiments sans esbroufe ni carapace. Et puis ce sont tes failles que je préfère …

Je t'en veux de ne pas m'avoir raconté la suite : comment, quand on a cette sensibilité, cette écoute, ce regard, comment n'as-tu pas eu envie de me faire partager les trucs impensables que tu as vécus, tes amours, tes douleurs, tes doutes, tes coups de cœur, de gueule et même de queue ? J'ai la prétention, à défaut de te connaître, de te savoir et de te ressentir. Alors je me doute mais je suis en manque de toi…

Lorsqu'à 15 ans je t'ai croisé et que tu m'as souri, j'aurais dû faire voltiger ta valise et le top-modèle qui s'y accrochait. J'aurais dû partir avec toi en courant et en t'expliquant :  J'ai 15 ans mais 20 ans d'avance. Ne me souris pas comme ça, Johnny… Oublie que je suis mignonne et bien roulée. J'ai tout arrangé : tu vas entrer chez McLaren, pourrir la vie de Prost, cumuler les titres de Champion du monde, t'envoyer tout ce qui bouge (sauf moi, ok?) et plonger dans le Moët et Chandon. Pendant 10 ans, ok ? Enlève ta main de ma taille Johnny. Après tu feras Ron Dennis ou Patrick Tambay, milliardaire égyptien ou star du X, je m'en fous, je te suis. Parce qu'en 1994 tu ne me quitteras pas, et en 2006 non plus. Viens que je te remette au monde ! mais arrête de me … Stop ! Non … Jo …"


(to be continued !)


Signé Sylvie



[1]
SERVOZ-GAVIN (Johnny). - Mes Excès de vitesse. Ed. Balland, Paris, 1974, 252 p.



JSG © Abed (fourni par Emmanuel Romieu)

10:10 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : johnny servoz-gavin, livre mes exces de vitesse |

Commentaires

J'ai relu aussi l'année dernière "Mes excès de vitesse".
Bof...
Si j'ai de l'attachement pour le pesrsonnage, son livre me laisse indifférent.
Le gros problème, c'est que celui qui l'a écrit (sûrement pas Sevoz) ne connaissait rien à la course, encore moins aux voitures.
D'où un côté un peu "artificiel".

Ecrit par : Christian Burdet | vendredi, 31 août 2007

Ce bouquin m'a scotché. Impossible de le refermer avant la fin.

Ecrit par : Lionel | vendredi, 31 août 2007

Ce très joli conte de Sylvie décrit peut-être mieux Johnny Servoz-Gavin que "son" bouquin. Il aurait pu lui aussi être champion du monde. Il aurait choisi de "casser ses jouets"? Pas si sûr. Il a peut-être soudain prit peur ou plutôt prit conscience de cet engrenage implacable qu'est la course au plus haut niveau, cette drogue dure qui exclut toute autre passion et vous empoigne 24 heures sur 24, alors que lui explosait de vie par tous les pores de sa peau.
Par contre, je doute -excuse-moi, Sylvie- qu'il ait pu être "dirigé" par qui que ce soit. Il a osé, il a été maître de ses choix.
Mais que cela nous fait un joli roman! On a envie d'y croire.

Ecrit par : guy dhotel | vendredi, 31 août 2007

Je n'ai lu ce livre qu'il y a un an et j'ai été scotché également..un vrai roman !

Il était conscient de son côté laxiste ( qu'il a payé lorsqu'en 1968 il a cédé son baquet à Pascarolo je crois ) mais également de ses dons en piste ( lorsqu'il raconte le GP de Monaco cette même année 68 où il s'élance en tête après le premier freinage ..).

Il n'a jamais voulu être un héros ( il le décrit lorsqu'il laisse le volant au Mans 68 car il ne veut pas risque sa vie en conduisant un bolide sans essuie-glace ) et c'est ça l'essentiel du message.

Si vous tapez "Monaco 1968" sur youtube.com , vous tomberez sur une video super 8 sur laquelle on aperçoit JSG au volant , sa Matra-Ford V8 chassant de l'arrière au Loews...

Champion atypique , charmeur , qui n'a jamais voulu rentrer dans le moule et vivre la vie d'un " vrai" pilote de F1...

Ecrit par : Emmanuel ROMIEU | vendredi, 31 août 2007

Il est en effet certain que Johnny Servoz eut été ingérable, l’idée même de coaching est impensable pour un personnage à l’esprit aussi libertaire.
Mais qu’importe, cela nous permet une belle note de Sylvie qui j’espère à plein d’autres sujets à évoquer sur MdS

Ecrit par : gianpaolo | vendredi, 31 août 2007

Johnny! Johnny! Reviens ! Merci MdS de relancer la lecture des exçès de vitesse de JSG , je viens de le ressortir de ma bibliothèque avec sa tranche toute passée par les UV ou le clair de lune!(dépot légal....2è trim 74 ) Balland va bientôt devoir le rééditer grâce à toutes les Sylvie!!

Ecrit par : François Coeuret | vendredi, 31 août 2007

Bonsoir à tous et à sylvie,

La personnalité de Servoz- Gavin et ses décisions, me font penser à Jacques Anquetil (excuser la comparaison des sports), moi j'aime cette forme d'anticonformisme qui font de ces etres des Légendes à part entieres et deviennent des Personnages incontournables de leurs disciplines.

Notre société est désormais dépourvu de ces personalités au Charisme naturel pouvant permettre ces opportuns commentaires....

Ecrit par : andré georges | vendredi, 31 août 2007

Après sa seconde place en Italie au GP F2 de 1969 ( je crois ) , Johnny souhaite passer quelques jours de détente à Rome et se reposer..Lagardère le recadre et il lui ordonne de repartir avec l'équipe car le lendemain matin 8h00 il faut faire des essais au Mans..

Johnny écrit alors que le trajet Paris - Le Mans de nuit sera plus épuisant que le GP auquel il vient de participer ( source : Magazine Echappement ).

Ecrit par : Emmanuel ROMIEU | vendredi, 31 août 2007

Autant pour moi , il s'agit du GP d'Italie de 1968 dont il décrit fort bien la liesse de la foule se dirigeant vers le podium..

Ecrit par : Emmanuel ROMIEU | vendredi, 31 août 2007

bonsoir à tous et à toutes,
je voulais aller dans le sens d' andré , effectivement servoz est un personnage athypique , un anticonformiste , et d'ailleurs il ne s'en est jamais caché , j' ai été également scotché la première fois que j'ai lu "mes excés de vitesse " toutes ces choses là font que servoz est un personnage incontournable , trés trés interressant ce conte de sylvie , je vais rapidement raconter une anecdote que maurice louche m'a dit quand il a écrit ses 3tomes sur "100ans de pilotes français , 1895-1995 "quand il a voulu rencontrer servoz pour l'autobiographie , il lui a fallu énormément de temps pour retrouver sa trace et aller à sa rencontre ; je ne sais part quelle intermédiaire il a réussi à le retrouver , il l ' a cherché un peu partout en france et ironie du sort il était à 25 - 30 kms de chez maurice louche puisqu ' il se trouvait à miramas dans les bouches du rhone et mr louche à alleins également dans les bouches du rhone ;donc il alla lui rendre visite à miramas chez l' ami de servoz , pour parler de son bouquin qu' il était en train d'écrire et servoz lui a fait comprendre qu'il ne voulais plus trop parlé de sa carrière de pilote , puis finalement au bout d'un petit moment l'atmosphère s'est détendu , et ils ont discuté un long moment , "apparemment servoz n'avait pas trop apprécié qu'une personne donne cette indication à maurice louche ," petite précision quand il est arrivé servoz était en train de faire un pocker avec plusieurs amis .

Ecrit par : francois bequignat | vendredi, 31 août 2007

ma rencontre avec Johnny s'est faite en 1989 au GP de France. Il était venu faire un tour le vendredi soir à l'hotel ou plusieurs pilotes résidaient. Nous avons diné à une table de 8 personnes et il était à ma droite ! il était en bermuda et l'on voyait sur ses jambes les traces de son accident de bateau ainsi que d'autres cicatrices... Ca a été un instant magique pendant 2 ou 3 heures ! Et pourtant mon idole du moment, Jacques Laffite,était en face de moi !
C'était mon 1er gp en quasi pro :inoubliable !
Je ne sais pas si il le raconte dans son livre mais il a jeté toutes ses coupes à la seine depuis la péniche ou il vivait...

Ecrit par : De passage | samedi, 01 septembre 2007

Bien sûr de passage, les coupes sont au fond de la Seine comme Johnny le racontait dans son livre, Sylvie va bientôt faire un stage de plongée pour les récupérer!

Ecrit par : françois Coeuret | samedi, 01 septembre 2007

oui Emmanuel,
Monza 1968. Ickx/312 F1 est second, quant son 12 cylindre à un phénomène de vapor-lock
dans la Parabolique, et Servoz-Gavin le passe.



elle (Sylvie? ? ?) était avec une gars qui lui plaisait bien.
mais elle a dû attendre à demain.
malgré son amour il ne le comprenait pas.
car il était trop differente d'elle.
. . .

Ecrit par : Bruno | samedi, 01 septembre 2007

Il y a un an le mensuel RETROVISEUR a sorti un numéro consacré en partie à l'aventure MATRA en sport proto et F1/F2.

A un moment il est question de "STEWART et de son poignet blessé qui ne peut courir à Monaco en 1968 et qui est rempacé au pied levé par Chris Amon"...Ni une ni deux , j'ai envoyé un mail illico à l'auteur de l'article pour lui rappeler ( ou lui signaler ) que c'est bien notre Johnny Servoz-Gavin national qui remplaca STEWART ( choisi par Tyrell au grand dam de Lagardère qui avait relégué JSG aux essais et courses de Protos )...

Il établi le deuxième temps aux côtés de Hill..et Beltoise était à la rue derrière avec son V12..

Ecrit par : Emmanuel ROMIEU | samedi, 01 septembre 2007

Je respecte SERVOZ-GAVIN mais je ne peux accepter le terme " la rue" concernant BELTOISE..

Certes je reconnais que le 2éme temps de SERVOZ, à coté de G.HILL et en remplacement de STEWART est une performance, mais SEUL compte le résultat de la course, et au GP de Monaco en 1968, SERVOZ est "à la rue" au 4éme tour sur Matra-ford, concernant Jean-Pierre BELTOISE abandon au 12éme tour sur Matra V12......................... CONCLUSION : Restons humble dans les appréciations de résultats de Grand-Prix...
Bien à vous Cher Emmanuel ROMIEU...

Ecrit par : andré georges | dimanche, 02 septembre 2007

En 1968 la Matra Cosworth V8 était beaucoup plus performante que la lourde V12, surtout dans les rues de la Principauté. Ce qui n'enlève rien à la performance de JSG. Il n'y a guère que sous la pluie à Zandvoort que la voiture fut compétitive bien aidée en celà pas ses pneus et par l'adresse de JPB dans ces conditions.

Ecrit par : Christian Briand | lundi, 03 septembre 2007

Cher André Georges

Je me suis emporté un peu trop sur le terme "à la rue" relatif à Beltoise , veuillez m'excuser cher(e)s internautes...

Concernant l'abandon de JSG au GP de Monaco 68 , il ne s'agit pas d'une erreur de pilotage mais d'une rupture de suspension arrière....( certainement due à une attaque trop prononcée)

Ecrit par : Emmanuel ROMIEU | lundi, 03 septembre 2007

rupture de suspension arr G. oui c'est exact Emmanuel. tout à fait.
mais savez vous pourquoi à gauche et pas à droite?

parce que la sortie de la chicane se trouve à gauche. et quant l'on sort trop vite et trop fort à cet endroit. paaaaaaaafffffffffffffff que ça fait!!! et une gerbe d'étincelle illumime le port.
j'y étais.

Ecrit par : Bruno | lundi, 03 septembre 2007

Cher bruno,

Il m' est toujours agréable de vous lire car au dela de vos connaissances aiguisés sur le sport auto, j'apprécie vos pointes d' humour.
Mais vous serez ce possible, de nous raconter ce GP de MONACO!!!???......

Ecrit par : andré georges | lundi, 03 septembre 2007

En attendant que Bruno nous le "contasse", André ,vous avez aussi la version TTDCB dans l'index Beltoise.....Fort bien documentée, à la plume si agréable trempée à l'encre de la banlieue parisienne !

Ecrit par : françois coeuret | lundi, 03 septembre 2007

Encore une petite précision pour André : Bruno nous l'a déjà conté ce GP! justement dans l'index Beltoise (monaco68)en commentaire . Remarque du TTDCB : "ce soir le patron s'appelle Bruno"!

Ecrit par : françois coeuret | lundi, 03 septembre 2007

oui, c'était le soir ou j'avais découvert ce merveilleux site qu'est "memoiresdestands"

Ecrit par : Bruno | mardi, 04 septembre 2007

Le chapitre de 'Mes excès de vitesse' sur le Grand Prix de France 1968 constitue carrément la meilleure prose de course que j'ai eu le plaisir de lire. On y est. Ça permet aussi de comprendre sa réaction suite à la mort de Schlesser.

Ecrit par : François-Luc Beaudoin | lundi, 10 septembre 2007

A propos de : qui a écrit « Mes excès de vitesse » ?
"Le gros problème, c'est que celui qui l'a écrit (sûrement pas Sevoz) ne connaissait rien à la course, encore moins aux voitures."
hasarde Christian.

Il se trouve que la question, souvent posée aux sportifs, "l'avez-vous écrit vous-même ?" lui a été posée de son vivant, il y a un peu plus de vingt ans dans une interview de Jean Lerust.

J.L. : Justement à propos de ce livre. Est-ce toi qui l'a écrit ?

J.S.G. : Si, si c'est moi, avec l'aide et les conseils de Henri-François Rey (l'auteur des « Pianos mécaniques ») quand, pendant un an, j'ai habité Cadaquès en Espagne en face de chez Dali. Henri-François Rey venait voir chaque jour ce que j'avais écrit. Il m'appelait son « coureur cycliste » et me reprochait qu'il n'y avait pas assez de cul dans mon bouquin. Pourtant j'ai fait plus d'excès avec les femmes qu'avec autre chose ! Je ne parle que de çà !

A moins de supposer que Servoz ne dit pas le vrai, ce qui ne collerait pas avec le personnage, les choses sont claires. C'est lui qui a écrit le récit et un écrivain professionnel l'a mis en forme littéraire, comme souvent dans ce cas là.

Ecrit par : Daniel | mercredi, 19 septembre 2007

Merci Daniel : à défaut de l'avoir connu, je l'écoute, je le lis, je l'apprends et j'ai même l'insolente prétention de le comprendre ! Qu'il soit l'auteur m'est une évidence alors merci, vraiment.

J'ai épuisé mon clavier en recherches d'émissions et d'interviews de JSG, sans trouver quoique ce soit. Ce délicieux échange prouve à quel point les rencontres avec Johnny devaient être monumentales (exceptées pour celles qui s'y sont frottées, puis s'y sont faites piquer, niquer et jeter !).

As tu d'autres sources à nous faire partager ? Merci encore et d'avance.

Ecrit par : SYLVIE | mercredi, 19 septembre 2007

Je n’ai pas la source, simplement une copie sous les yeux. Il faut que je recherche.
Mais c’est si aimablement demandé que je ne résiste pas au plaisir de vous en resservir un verre.

J.L.
Ton meilleur souvenir en course ?

J.S.G.
En général c’est quand on gagne, mais pas pour moi. C’était à Enna en Formule 2. J’ai vu vraiment ce qu’était un grand pilote : Jim Clark. On a d’abord raté le départ, et puis pour revenir sur le peloton de tête on a été obligé d’utiliser à fond le système d’aspiration. Il m’a vraiment appris à conduire ce jour là. A chaque morceau de ligne droite, il m’aspirait, puis me laissait passer, ainsi de suite et nous remontions très fort sur le groupe de tête.

A un moment, il a levé les deux bras et baissé la tête, instinctivement, j’ai fait pareil. Devant il y avait un accrochage avec Pedro Rodriguez et Jean-Pierre Beltoise. La roue de la Marcos de Pedro Rodriguez a passé juste sur le sommet de mon casque. Si je n’avais baissé la tête, je la prenais en pleine figure.

Ce jour là j’ai vu Clark gifler Piers Courage après la course parce que celui-ci avait déboîté sans prendre garde sous son nez. Il lui dit : « ne fais plus jamais cela, sinon, tu ne fais plus partie de la famille ».

Ce qui était formidable c’est que c’était mon permis de passage chez les Anglais. Ce jour-là, j’ai été admis parmi les grands. Tout de suite l’ambiance a changé. Je ne sais pas ce que Clark a été leur raconter, mais, c’était plus comme avant. On me parlait. Des gars comme Jack Brabham, Denis Hulme, Mac Laren, formaient le clan des pilotes de la F. 1 venant se montrer aussi en F. 2, et d’un seul coup, je faisais parti des leurs. Ça c’était formidable.

A l’époque on faisait de la F. 1, de la F. 2 et du proto. On faisait beaucoup plus de courses que maintenant. Finalement en nombre de courses j’ai fait une assez longue carrière, même si j’ai arrêté tôt.


A la vôtre !

N.B. Une précision qui éclaire sa décision de 1970: parmi les personnages de ce récit, Jim Clark, Pedro Rodriguez, Piers Courage, Bruce Mac Laren ont tous péri dans une voiture de course.

Ecrit par : Daniel | mercredi, 19 septembre 2007

Merci Daniel pour ces nouveaux témoignages de notre JSG adoré

Ecrit par : Emmanuel | mercredi, 19 septembre 2007

Le jour où je suis tombé sur le "Servoz-Gavin", je l'ai vidé d'un trait. Moi aussi ce bouquin m'a marqué ("Merci Mesdames..."). J'ai rêvé d'être Johnny, manouche à Magny-Cours, éblouissant sur la MS10.
J'ai prêté ce livre, on ne me l'a jamais rendu. (il faut toujours casser ses jouets!). Il a fallu attendre EBay pour que je puisse me procurer un 2ème exemplaire. Plaisir intact.
Même s'il n'y a pas que du Servoz, je crois qu'il y a surtout du Servoz dedans, dans le même dosage whisky/eau que dans ceux que descendait Johny.
Les aventures de Johnny le marin sont par contre assez confidentielles, il n'y a guère qu'Antoine pour les évoquer dans ses souvenirs.
Une star Johnny, pardon Georges-Francis. Bon sang ce casque blanc, un "Buco" si je ne m'abuse, quelle classe !

Ecrit par : Francis Rainaut | mercredi, 19 septembre 2007

La voix de Johnny était rare, on la retrouve dans cette vidéo de l'INA, pendant laquelle il évoque certains aspects de la course (au premier tiers de la vidéo)

http://ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=pescarolo&num_notice=3&total_notices=6

Ecrit par : Viceroy | mercredi, 19 septembre 2007

Merci, merci, merci à tous. ça donne tellement envie de continuer que je me demande si Johnny Junior peut faire quelque chose pour nous (docs, infos, confidences ...) ?

J'ignore les rapports qu'ils avaient tous deux, mais ça ferait probablement plaisir à Thierry de savoir que son Papa fascine à ce point filles et garçons, toutes générations confondues !

Ecrit par : SYLVIE | jeudi, 20 septembre 2007

Qu'est devenu le fils de JSG ?

Ecrit par : Emmanuel | jeudi, 20 septembre 2007

Merci Viceroy pour ce film..on aperçoit furtivement CEVERT sur la gauche lors du briefing pilote..

Ecrit par : Emmanuel | jeudi, 20 septembre 2007

en naviguant sur la toile j'apprends la mort de Servoz...18 mois... après son décès...Je me souviens des
années 57/61.Nous rentrions,au petit matin,d'une nuit passée en boîte, sur Grenoble.Jeunes anciens du
Cc de Pont-en -Royans,et les jeunes anciennes..les verres de whisky.. inaugurants notre entrée dans l'âge
adulte.Servoz pilotait une dauphine-renault,hachait les virages ,filait à toute vitesse(déjà !) m'expliquait
le double débrayage...des réminiscences fortes...Les Trois Dauphins vers la PG..René Louis Laforgue au ca
sino d'Uriage..les parties de ping-pong à la récré...bref avant... d'être un météore romantique .
Servoz(je ne me souviens plus si on l'appelait déjà Johnny?) était un prince toutes catégories, toujours là,.
d'une présence chaleureuse,hypersensible.Inoubliable.

Ecrit par : Jean Claude D. | lundi, 12 novembre 2007

Cher Jean-Claude D., il reste encore dans votre style quelque chose d'une sortie de boîte qui le rend singulièrement attachant.
Vous en avez d'autres ?

Ecrit par : Mémoire des Stands | lundi, 12 novembre 2007

Avec lui , pour lui, tout semblait facile et c'est cette illusion fondatrice qui persiste toujours dans ma mé-
moire.Impression partagée par ses proches copains de ces années Collège.Il dégageait ça, puissamment...
(IL te parlait les lévres légèrement entr'ouvertes , une locution rapide, un souffle filtré comme un
joueur de saxo )...Servoz,déjà,faisait parler de lui . Sanctionné pour flagrant délit de flirt avéré au cours
de la traditionnelle fête de fin d'année scolaire ! Je me rappelle du nom et prénom de cette fille , jolie,
pleine de vie , studieuse. Plus tard une fugue du foyer parental en compagnie d'une jeune femme mariée.
Ses parents tenaient un bar-tabac à l'Ile Verte et en partant Georges avait pioché dans la caisse pour l'ar-
gent de poche. Pendant plusieurs jours personne ne savait où se trouvait nos randonneurs.Nous les séden-
taires trouvions la chose osée,surtout pour la dame ! Nous entendions nos mères pouffer de rire dans la
cuisine en commentant l'aventure, assurées... que nous n'étions pas là ! Tout ça avant,en préfiguration ?
Ces évocations ne cadrent pas avec le"Projet" Mémoire de stands.Mais je suis encore sous le choc.
Cet homme avait les talents de sa trajectoire,du début à la fin. Oui , il choisisait seul la décision ultime.
Et ça je l'ai su trés tôt au cours de nos rencontres, presque d'emblée.Un instinct" romantique" au sens
plein du terme.

Jean Claude D.

Ecrit par : Jean Claude D. | mardi, 13 novembre 2007

Hors sujet, toi ? (Je me permets de te tutoyer, les amis réels de l'ami que je ne me remettrais jamais de ne pas avoir eu (tu me suis toujours, là ?) sont mes amis.

Pitié, Patrice, demandez lui de ne pas s'arrêter ! je suis la preuve s'il en est de la délicieuse plaie ouverte que laisse Servoz-Gavin, qu'on l'ait rencontré ou non. Et dans le genre "c'est comme si vous y étiez" Jean-Claude D mérite le Prix Nobel ! Merci, merci (je l'ai dit combien de fois ce mot, sur cette page ?)

Ecrit par : SYLVIE | mardi, 13 novembre 2007

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