mercredi, 15 août 2007

L'adieu à Jean Rédélé

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12 heures ce mardi. Gianpaolo gare son auto en un réflexe conditionné, quasi pavlovien, au 11 de la rue Forest, siège historique des Automobiles Alpine, aujourd'hui géré en parking par la famille Rédélé. On nous indique qu'au cinquième niveau restent des places. L'immeuble est désert lorsque claquent les portières. Au fond du garage, notre attention est attirée par une rampe dont l'accès est interdit par une demi-barrière style passage à niveau. Une tache bleue y troue l'ombre, une Alpine. Nous montons la rampe qui donne sur une salle immense, vide à l'exception d'une cinquantaine de voitures alignées le long des murs, des Alpines, des Alpines, des Alpines.
C'est aujourd'hui qu'on conduit à sa dernière demeure le créateur de ces machines. Il nous a plu de penser que son esprit nous a guidés, Gianpaolo et votre serviteur, jusqu'à ce musée privé dont nul ne sait l'existence, ou presque. Y trône la toile que nous avons photographiée. Nous descendons par l'ascenseur particulier qui conduit droit au rez-de-chaussée, où un monsieur très comme il faut nous tope.
- Messieurs, d'où venez-vous ?
- Du musée privé, cher Monsieur,
fait Gianpaolo, très directeur de cabinet.
- C'est interdit, il s'agit d'une collection particulière, Messieurs, vous n'aviez aucun droit...
- Cher Monsieur, en ce jour particulier nous nous sommes autorisés à rendre ce dernier hommage à Jean Rédélé.
Le monsieur très comme il faut se présente, il est le directeur de l'établissement. Désarmé, il nous serre le bras et on sent passer comme une vibration. Monsieur Jean était là ce mardi.

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La berlinette jaune convoyée par les Amateurs de la berlinette Alpine du Haut-Rhin (ABAHR) égayait de la couleur de la vie le parvis de Saint-Pierre de Montmartre qui ne tarda pas à virer au noir. Quelque 500 personnes ont assisté à un office particulièrement émouvant marqué par un sublime Jésus que ma joie demeure de Bach et personnalisé par l'intervention des filles de Jean Rédélé qui ont dit quel père il était. Chacun dans la nef, en son for intérieur, savait quel pilote il était, quel chef d'entreprise il était, quel meneur d'hommes il était. Devant nous, Jacques Cheinisse, le compagnon de toujours, allure patricienne toute de dignité contenue. Lui sait.

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Au delà de la peine, sublimée la douleur, un enterrement est riche d'une mission sociale que peu d'événements permettent. On y communique mieux que dans le cadre d'un mariage, on s'y retrouve en tête-à-tête avec soi, avec son histoire. C'est en cela que le cinéma et la littérature font leur lit des funérailles. La mort de Monsieur Jean aura permis à Jean Ragnotti de discuter le coup avec Jean-François Rageys sous le regard de Jacques Cheinisse (à droite) alors que Jean-Pierre Nicolas ne laisse pas sa part au chien. En arrière-plan, l'immense Jean-Luc Thérier tandis qu'à gauche Mauro Bianchi éclaire l'image.

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Et lui, vous le reconnaissez ? fait Gianpaolo. Moity plisse la lippe en une moue élogieuse. Pas vraiment, on dirait. Il faut dire que pas loin de trente ans ont passé depuis que nous avons franchi le seuil d'Autohebdo pour la dernière fois. L'ancien rédac'chef ne remet pas celui à qui il donnait la rubrique Grands Prix fin 77 et que son interlocuteur, votre serviteur, par paresse, avait refusée.
C'est Vatan ! dévoile Gianpaolo. Ah c'est vous qui faites... comme dit-on déjà ? Un blog, c'est ça ? Patrice Vergès m'envoie des kilos de papier de votre blog mais moi l'informatique me fait chier... Vous savez, je vis dans un trou dans l'Indre. Quand j'achète L'Equipe je me tape trente bornes, c'est jour de fête !
Etienne Moity, notre ancien patron, un type super qui aura marqué notre jeunesse. Il cause comme dans un film d'Audiard, le hic c'est qu'on ne peut transcrire que le quart de ce qu'il raconte, le reste nous vaudrait des procès.
Il ne sort plus guère de chez lui, d'abord parce qu'il a une basse-cour à nourrir, et qu'ensuite le monde moderne l'emmerde. Mais il va volontiers aux enterrements. Il y retrouve les copains, enfin ceux qui restent.
J'ai été à l'enterrement de Chardonnet, récemment, y'avait pas un chat et j'ai raté celui de Servoz-Gavin, c'était où ? A Grenoble ?
Bon c'est pas l'tout, les p'tits gars, j'ai un dur à prendre, au prochain enterrement !



Cérémonie funèbre en hommage à Jean Rédélé . Eglise Saint-Pierre de Montmartre . 14 août 2007


Portrait de Jean Rédélé
© MdS
Berlinette jaune © MdS
Portrait de groupe © MdS
Trio d'anciens combattants © Pascal Bisson

Commentaires

Merci au TTDCB.

En visionnant les photos où parraissent nos "vieilles" gloires, même si le temps passe, ils n'ont pas changé, nous vieillissons avec eux.

Mais quel émotion en ouvrant la revue "Berlinette mag" août/septembre, que d'y lire le reportage des 30 ans de l'A310 V6

Je préfère observer le visage de Jean-Luc Thérier, saisi par MdS, visible entre ceux de Jean-Pierre Nicolas et Jean-François Rageys, que celui posé dans l'article "Reportage"; il est des instantanés qu'il vaut mieux éviter de publier.

Nul doute que nous marquerons une pose pour le prochain Circuit des Remparts en mémoire de Jean Rédélé. Nous lui devons au moins cela.

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | mercredi, 15 août 2007

Bonsoir cher Jean-Louis Mathieu,

Décidément la Camarde ou la Faucheuse comme disait Brel ou Brassens fait son oeuvre................."Avec le temps..." chantait Léo Ferré, "Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans...." Chante Aznavour!!!!

Tout cela pour résumer la disparition d'une figure du SPORT-AUTOMOBILE FRANCAIS : Jean REDELE....Voir Jean RAGNOTTI, Jean Pierre NICOLAS, Jean-Luc THERIER, Mauro BIANCHI............les hommes restent mais le temps passent.

Merveilleux cliché de voir notre GIANPOLO, Patrice VATAN notre ACADEMICIEN et un certain Etienne MOITY dont le souvenir de son AUTO-HEBDO, reste dans nos archives....un parler à la AUDIARD, un Physique à la EDDY MYTCHELL...dans le film "Le bonheur est dans le pré"....

Bien à vous.

Ecrit par : andré georges | mercredi, 15 août 2007

André Georges, vous résumez à la perfection ce que beaucoup d'entre nous ressentons à la suite de cette triste nouvelle et de cet article doux amer.
Je me permets de m'associer à votre analyse.

Ecrit par : guy dhotel | jeudi, 16 août 2007

L'église éffectivement était pleine de tous ceux qui admiraient tout ce qu'a réalisé Jean Rédélé en tant que créateur de la merveilleuse Berlinette A 110, entre autres réalisations de ce Chef d'Entreprise éclairé,visionnaire.Jean-Louis Mathieu,Gianpaolo, le fondateur de MdS; Patrice Vatan,de Grands Anciens Pilotes étaient présents,tous cités,sauf un; Jean-Pierre Jaussaud avec lequel j'étais sur la même travée à ses côtés avec "Jeannot" Ragnotti.Très émouvant les interventions des Filles de Monsieur Jean Rédélé. Alors que nous rentrions dans l'église tous les trois,des cameramen ont demandé à Jean Ragnotti de se détacher pour une courte interview,aurons-nous la chanche de la voir?Sur quelle chaine de Télévision?Pour Auto-Moto ou Turbo?Est-ce que l'un des "piliers"de MdS peut répondre à ma question.Ne connaissant pas de visu, Patrice Vatan, Gianpaolo,Jean-Louis Mathieu je n'ai pu les saluer et je le regrette,
mais les belles photographies me permettra maintenant de mettre un Nom sur un visage,
d'autant que je me souviens d'eux, perso j'avais un grand manteau en cuir noir avec épaulettes et mes cheveux grissonnants,presque tous blancs.Ne connaissant pas les menbres de MdS je n'ai pu les saluer étant entre "anciens" Jean-Pierre,Jean, nous étions ensemble le plus souvent.
Amitiés à Tous en ces circonstances bien tristes.
François Libert

Ecrit par : François Libert | jeudi, 16 août 2007

Alors c'était vous le monsieur en long manteau de cuir noir qui ressemblait à un pistolero échappé d'un film de Sergio Leone ?! Sachez que j'ai flashé sur votre silhouette (en tout bien tout honneur) en demandant aux amis présents, Gianpaolo et Pascal Bisson, qui vous étiez, ce que personne ne savait... Dommage que nous nous soyons ratés. J'espère que nous nous rencontrerons hors funérailles.

En effet, j'ai omis de citer Jean-Pierre Jaussaud parmi les alpinistes, Jean-Pierre que nous avons été heureux de voir rétabli après l'épreuve physique qu'il a traversée. Et Alain Serpaggi, et Jean Vinatier.
Egalement, Jean-Claude Andruet, venu sur sa moto électrique qu'il peina à faire démarrer, ce qui engendra des réactions amusées de Moity ("Les lardus vont le choper, l'père !")

Enfin nous avons aussi été touchés par les interventions des filles de Monsieur Jean, subtil mélange d'émotion et d'humour, des textes qu'on aurait aimé garder en soi.

Ecrit par : Mémoire des Stands | jeudi, 16 août 2007

Bonsoir à toutes et tous !

Pur hasard sans doute, il se trouve que les marchands de journaux disposent depuis quelques jours du fascicule 1 avec miniature berlinette d'une série consacrée à Alpine. Je crois qu'il y a un article sur Jean Rédélé.

Bien amicalement et sportivement vôtre !

Phinorman

Ecrit par : philippe vogel | jeudi, 16 août 2007

Oui cher philippe,
j'en ai pris connaissance sur la pub journaliere.....avez vous reçu mon message sur nos sites??!!! bien à vous!!!!

Ecrit par : andré georges | jeudi, 16 août 2007

C'est avec un grand chagrin que j'ai appris la mort de Jean Rédélé. Moi, un je ne suis rien qu'un parmis les innombrables, tout simplement un passionné qui n'a pas connu l'heure de gloire d'Alpine et n'ai connu que sont déclin (je suis né en 1980). J'ai eu l'occasion de rencontrer par deux fois cette figure du sport automobile qu'est Jean Rédélé (je persiste sur le "est"), tres brièvement, la première fois du haut des mes 22 ans mes yeux brillaient comme un gamin de 5 ans, lorsqu'il m'a dédicacer ma miniature. Je n'ai pu hélas discuter avec cette homme tres pris, mais je n'oublierais pas cette rencontre aussi furtive soit elle. Pour que certains comprennent ce que j'ai ressenti, cette croisée des regards entre Monsieur Rédélé et moi ne peut être comparé qu'a la rencontre d'un tifosi et du Commendatore.
Je savais cette échéance proche et j em'associe à la douleur des proches.
je ne sais pas si j'ai posté au bon endroit mais cette deuxième page web que je vois m'a conduit à verser ces mots certainement pas originaux mais qui ont le mérite d'être sincère au du moins pour les septiques de le paraitre.
Vous entrez au Panthéon de l'Histoire automobile, parmis les immortels, vous faites partie de la légende, Merci pour cette Histoire Monsieur Rédélé,

Ecrit par : Cuvillier Fabien | vendredi, 17 août 2007

C'était bien votre serviteur le "pistoléro".
A quand un repas avec les piliers de MdS,notamment Patrice Vatan?
Bien cordialement.
François Libert.

Ecrit par : François Libert | samedi, 18 août 2007

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