lundi, 13 août 2007
Écrire pour "Automobile historique" 3/5
Voir aussi :
Écrire pour "Automobile historique" 1/5
Écrire pour "Automobile historique" 2/5
Episode 3 : du plaisir avant tout
Durant ces trois années, j'ai eu, à l'instar de mes collègues rédacteurs une grande liberté dans le choix de mes sujets. Trop grande sans doute si l'on se place dans l'intérêt du journal, et j'y reviendrai. Mais à titre personnel c'est évidemment très agréable. J'ai usé pleinement de cette latitude d'action car je voulais être polyvalent et ne pas m'enfermer dans une époque ou un type de courses. J'ai bien sûr des préférences, en particulier l'endurance des années 60 à 75. Mais, de la F1 aux rallyes en passant par la F2 ou la Canam et quelle que soit la période, tout peut m'intéresser et je voulais me prouver que je pouvais traiter presque n'importe quel sujet relatif à la course auto.
Par ailleurs, je préférais choisir des sujets que je ne connaissais pas trop en détails. Un sujet que l'on connaît par cœur, c'est rassurant mais ce confort n'est pas forcément une garantie d'accrocher le lecteur car le risque est de s'y complaire. A l'inverse, lorsqu'il s'agit d'un sujet que l'on connaît assez bien, mais sans plus, on a l'assurance nécessaire pour se lancer tout en éprouvant l'insécurité minimale qui pousse à rechercher davantage d'informations et dynamise ainsi l'écriture. Autrement dit, un article était aussi pour moi l'occasion d'apprendre et de compléter mes connaissances. Il s’agissait en fait de livrer au lecteur le fruit d'une recherche, synthétisé et replacé dans un contexte.
La liberté de choix est cependant bornée par une contrainte : les photos. Inutile de se lancer dans l'écriture d'un papier si l'on n’est pas sûr de pouvoir trouver des photos pour l'illustrer. Heureusement, je pouvais comme mes collègues piocher dans l’extraordinaire stock de l’agence DPPI, principal fournisseur d’images de la revue. Ainsi, je me rendais régulièrement à Levallois et, toujours très bien reçu (un grand merci à Fabrice, au passage), j'entreprenais avec gourmandise de fouiller des tiroirs regorgeant de clichés en essayant de ne pas troubler l’activité des lieux (la discrétion, toujours …). Plusieurs heures s'écoulaient ainsi, car ma quête portait sur plusieurs articles, afin de rentabiliser le trajet depuis l'Alsace.
Cette "chasse au trésor" est sans doute la partie la plus excitante du travail. Pas toujours évidente cependant, car sélectionner un panel de 40 ou 50 photos "possibles" parmi plusieurs centaines peut être délicat. Mais ce n’est rien à côté du choix final qu’il faut faire une fois l’article terminé. Car un article, même long, ne permet pas de retenir plus de 15 à 20 photos (sauf à les voir réduites façon jivaro). Et le choix de photos doit refléter le contenu de l’article, c’est-à-dire qu’il faut penser d'abord à la cohérence de l’ensemble aux yeux des lecteurs avant d'écouter ses propres préférences éventuelles. En outre, quand il y a plusieurs fournisseurs, on doit veiller à une répartition équitable entre eux ; surtout quand certains ont pris de leur temps pour vous proposer une sélection correspondant à vos souhaits.
Autre aspect excitant : entrer en contact avec des pilotes tels que Pescarolo, Beltoise ou Jaussaud. Certes, ce ne furent que quelques minutes par téléphone, mais solliciter les souvenirs de ces hommes dont les faits d'armes ont peuplé mon enfance représentait chaque fois un événement considérable. Ne voulant pas laisser transparaître mon émotion, je m'efforçais de rester professionnel et concentré sur les questions que j'avais préparées ; mais une fois le combiné reposé, je mettais un petit bout de temps à "atterrir".
Beaucoup de plaisir donc dans cette activité, mais encadré par une contrainte omniprésente : le rythme à tenir ; quand on doit fournir chaque mois ou presque un long papier (8 à 12 pages de revue), on se rend compte que 4 semaines, cela passe vite. Surtout quand on n’écrit que sur son temps libre. Nombreux furent donc les week-ends studieux, quelle que fût la couleur du ciel
(à suivre)
Signé Olivier Favre
La recherche en bibliothèque © www.dazibao.qc.ca
Pesca (atterrir après) © Jean-Paul Orjebin
10:10 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : periodique automobile historique, DPPI, photographie |



















Commentaires
pas facile effectivement de faire un choix. surtout comme vous dites qu'il doit être coherant.
mais c'est là pourtant que réside (d'après moi) le principal atout de l'homme sur l'animal.
il a le choix.
Ecrit par : Bruno | mardi, 14 août 2007
Cher Olivier Favre !
J'ai été lecteur de la revue à laquelle vous avez efficacement contribuée et je partage, dans un autre registre d'écriture, un livre, votre analyse de l'ampleur du travail quand vous et moi écrivons durant notre temps libre. Encore bravo.
Bien sportivement et amicalement vôtre !
Philippe Vogel
Ecrit par : Philippe Vogel | mardi, 14 août 2007
Merci et surtout bravo à vous, cher Philippe "Mike" Vogel, pour l'entreprise un peu folle mais ô combien exaltante dans laquelle vous vous êtes lancé et dont je suis impatient de voir le résultat.
Ecrit par : Olivier Favre | jeudi, 16 août 2007
Bonsoir olivier !
Merci pour votre intérêt relatif à mon projet ; je compte pouvoir le faire éditer en français avant fin 2007.
A suivre...
Bien amicalement et sportivement vôtre !
Phinorman
Ecrit par : philippe vogel | jeudi, 16 août 2007
Toujours aussi zen le Beutllerogel....
n'oublie pas de m'appeller... au sujet de ce qui est écrit juste ci dessus...
NB: ce we je suis in GB....
Ecrit par : xxx | vendredi, 17 août 2007
Cher xxx !
Vous zen démasqué, je vous appelle zan faute en début de semaine prochaine...
Bonne relâche hebdofinale (nom en cours de dépôt à la 917 K démie française...) chez nos amis britanniques !
Bien amicalement et sportivement vôtre !
Phinorman
Ecrit par : philippe vogel | vendredi, 17 août 2007
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