mercredi, 11 juillet 2007
LM Story 2007 #2, le mur d'images

Disputé les années impaires depuis 2003, LM Story fait figure de petit frère du Le Mans Classic avec lequel il partage en alternance une date au calendrier. Moins d'autos, moins de paillettes car peu connu des médias, donc du public, pas de pilotes de renom hormis cette année, débusqués entre deux stands, Jean-Pierre Jaussaud, Jean-Claude Andruet ou les frères Fillon.
C'est dommage car s'il fallait résumer d'un mot cette manifestation, on hésiterait entre "sympa", "convivial", ou "décontracté. En sus de son professionnalisme, l'ACO y fait montre d'une étonnante magnanimité en laissant le public aller partout, paddocks, bâtiments, voire stands s'il parvient à déjouer les "contrôles" pépères qui en principe en barrent l'accès. Seul risque, se perdre au sein de l'immense zone industrielle qu'est devenu Le Mans au fil des ans ; cette remarque étant essentiellement à notre intention, nous qui n'y avions pas remis les pieds depuis 31 ans. Nous y reviendrons.
Avec 350 voitures réparties en 9 plateaux qui disputèrent 17 courses sur deux jours, le menu était copieux et il fallut tout le savoir-faire accumulé par l'ACO depuis un siècle pour qu'il fût gouté sans indigestion ni hoquet. Tout s'est enchaîné comme dans un film au ralenti, pour reprendre un mot de Jackie Stewart qualifiant une course parfaite. Posté sur un balcon du bâtiment surplombant la prégrille, nous admirâmes un ballet rôdé par 100 ans d'expérience ; trois plateaux manoeuvrant de concert, ou presque. Avant que les dernières autos du plateau A fussent sorties de la piste, on y faisait entrer celles du plateau B patientant en prégrille alors que les premières du plateau C commençaient de s'y rendre ; du grand art.

Apparue en 1952 et dérivée de la 4 CLT dans laquelle l'ingénieur Gioacchino Colombo installa un six cylindres à la place du quatre cylindres, la Maserati A6GCM souffrait d'une tenue de route rendue difficile par sa suspension arrière à essieu rigide. De plus, le levier de vitesses, placé entre les jambes du pilote à cause d'une boîte accolée au moteur en position centrale, n'était pas pour optimiser l'ergonomie. Pas grave dans la mesure où cette notion n'existait pas. Au Mans, l'auto était aux mains de Julia de Baldanza, inscrite sur l'un des deux plateaux du Ferrari Historic Challenge. Quand même, un levier de vitesses entre les jambes... Allez passons à la photo suivante.

Il est assez rare qu'un pilote en prégrille descende de sa voiture pour venir saluer un spectateur, en général c'est l'inverse. C'est pourtant ce qu'a fait celui qui est assis dans une Ralt et qu'on aide à s'y sentir bien. Du coup, Alain-Gérard Duthé, l'un des principaux animateurs du Trophée F3 Classic, a sa photo sur MdS, ce merveilleux blog sur lequel je passe des heures, nous a-t-il confié en nous abordant. Coriace sur la piste, paraît-il, mais urbain à la ville. Prochaine étape, nous faire saluer par Fernando Alonso à une demi-heure du départ d'un prochain GP.

Amusant rapprochement Matra-Ferrari 34 ans après la guerre qui les opposa en Sport-protos, et notamment au Mans où la marque française l'emporta à l'issue d'un combat salué par un public sportif. En cote bleue, Jean-Paul Humbert désigne un truc à l'avant de la Matra MS 80 à l'attention d'un de ses homologues du Corse Clienti, le service clientèle de Maranello, venu incognito. Jean-Paul Humbert, il fait un boulot intéressant, il construit des vieilles Matra près de Romorantin dans un atelier qui s'appelle EPAF. Après la 650 qu'on a vue tourner ici aux mains de François Fillon, la 640 aperçue entre autres à Rétromobile, et la MS 80 présentée sur la photo (qui fut conduite notamment par Pierre Fillon), il achève la re-création d'une MS 11.

Les Jidé étaient de petites bagnoles de sport assemblées avec beaucoup de passion et un peu de blé dans un garage par un dénommé Jacques Durand, un fondu de plasturgie. Vers la fin des années 50, ayant aperçu une Alpine traîner chez le père de Jean Vinatier, il se dit qu'il pourrait faire pareil. Au total, une grosse centaine de ces minuscules engins sortirent jusqu'à ce que la première crise du pétrole, fin 1973, anéantisse ses efforts. Empruntant des éléments de série Renault, les Jidé, légères et collant à la route mieux qu'un malabar écrasé, procuraient des sensations de conduite extraordinaires à ceux qui pouvaient s'y installer. Au vu de sa hauteur de limande, les enfant imaginent l'engin comme un jouet, et d'ailleurs semble-t-il conçu pour cette petite fille. Grave erreur, demandez à Jannick Auxemery ou Jeannot Ragnotti !

En Saloon cars, c'est à qui aura l'auto la plus méchante. Même les Mini Cooper s'avèrent plutôt Cooper que minis. La livrée noire de la Chevrolet Camaro de Marc Hevia n'inciterait pas à la gaudriole si son numéro ne suggérait pas le contraire.


En Saloon cars, c'est à qui aura la plus grosse. Un concours de bites (rapides) desquelles il est de bon ton d'afficher les mensurations sur son capot, tel ce concurrent que la nature mécanique, bonne fille, a bien pourvu. En Maxi 1000, comme dame nature mécanique est moins large d'esprit, il est au contraire bien vu d'avoir la plus petite, qu'on affiche aussi. Sur sa Dauphine, un pilote a inscrit sa taille en japonais, mais un tour à Langues O' nous apprend qu'il s'agit d'un moteur de 845 cm3.
LM Story . Circuit Bugatti du Mans . 6 au 8 juillet 2007
www.lemans.org/lmstory/2007/pages/accueil.html
Toutes images © MdS
10:10 Publié dans Epreuves historiques modernes | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
| Tags : lmstory, circuit bugatti, maserati a6gcm, matra ms80, jide, ralt |



















Commentaires
Vous oubliates dans les pilotes présents : Christophe Tinseau venu en famille pour voir son patron Henri Pescarolo, Thierry Perier, un grand monsieur des GT au Mans, José Rosinski (journaliste mais également pilote !), Jim Mullen qui roule en groupe C et qui a participé au 24 heures à l'époque... Groupe C !, Daniel Gache en F3 classic team manager de son fils Philippe mais aussi ancien pilote. Et puis, Ian Dawson à qui l'on doit plusieurs voitures au Mans dont la Grid et la Lola Diesel qui est l'organisateur du plateau Groupe C. Et puis, Michel Tetu et sa Ligier Rouge...et puis les propriétaires de ces belles autos qui pour certains ont un fameux coup de volant !
Moins de prestige que Le Mans Classic, c'est certain mais surement plus de plaisir avec une ambiance ou la passion est plus palpable que le snobisme !
Ecrit par : De passage | mercredi, 11 juillet 2007
M.H. et sa grosse Chevrolet Camaro n°69 après un gros choc dut "petasser" l'aile arrière droite de son gros cube 6062cc avec un cageot de fruit.
Ce qui fit dire aux moqueurs que sa caisse est un cageot.
Ecrit par : Camaro | mercredi, 11 juillet 2007
Michel Têtu en action ( a noter il s'agit du casque d'Andruet lui aussi présent au LM Story.
http://www.enregistrersous.com/images/74836859720070711114126.jpg
Jim Mullen a piloté une Rondeau M482 au Mans mais a aussi remporté les 12 Heures de Sebring:
http://www.enregistrersous.com/images/199439786820070711114413.jpg
le même en action:
http://www.enregistrersous.com/images/63074266920070711114451.jpg
Thierry
Ecrit par : Thierry | mercredi, 11 juillet 2007
Enfin Jannick Auxemery , mon chouchou des 70's sort de l'ombre et apparait sur MdS et ceci grace a la Jidé qu'il pilotait d'une manière magnifique.
Ecrit par : gianpaolo | mercredi, 11 juillet 2007
Si je puis me permettre d'apporter un modeste, et peut-être erroné, complément à la note ci-dessus, il me semble que la notion de "ralenti" évoquée par Jackie Stewart s'appliquait plus précisément aux grandes et ultra rapides courbes en descente constituant la portion de l'ancien Ring connue, en français, sous l'appellation "Trou du Renard".
Aux essais du GP d'Allemagne 65, l'Ecossais découvrait, au volant de sa BRM, à l'occasion de sa première saison de F1, le tracé de ce prestigieux circuit et il avait été particulièrement impressionné par le Trou en question, qu'il eut tout d'abord du mal à dominer. C'est seulement lorsqu'il eut la sensation de le dévaler comme s'il roulait au ralenti qu'il sut qu'il en avait pris la mesure et qu'il était allé réellement vite.
Je crois me souvenir que cette notion de "ralenti" fut également évoquée, avec une signification identique, par "Godasso de Plombo", dans la bouche duquel, évidemment, un tel mot ne manquait pas de saveur...
Professeur Reimsparing
Ecrit par : Professeur Reimsparing | mercredi, 11 juillet 2007
Le Professeur a du se tromper de salle de classe... Ici c'est la Classe Endurance LMStory !
Ecrit par : De passage | mercredi, 11 juillet 2007
Be cool 'de passage'. le Prof répond simplement à la note de Mds.
Ecrit par : GIGI | mercredi, 11 juillet 2007
Aucune animosité de ma part, je ne voyais tout simplement pas à quoi il faisait exactement réference... mais bon, mon enthousiasme lié à LM Story et son coté sympatoche et pas coincé ma fait vivre cet événement à la vitesse d'un ane au galop...
Cependant, cette notion de "ralenti" est un phénomène que rencontre les grands pilotes. Le cerveau carbure alors à plein régime, donnant ainsi à son propriétaire l'impression que l'action se déroule au ralenti. Dans ce cas, c'est un bon temps assuré. Dans le cas inverse "je vais bigrement vite" c'est souvent par une faute que cela ce termine...
A noter que la Camaro est un modèle 69, d'ou le numéro et non pas à cause des TàQ dont un à rectifier l'arrière droit, qui a commencé sa vie en convertible. Le hard top est un produit maison qui permet ainsi de coursifier la bete.
Ecrit par : De passage | mercredi, 11 juillet 2007
......
Ecrit par : AGD dit RALTMANIAC | mercredi, 11 juillet 2007
Je suis confus de tant d'honneur... apparaitre en photo dans ce Panthéon à la gloire des héros qui ont marqué le bitume et les mémoires collectives de leurs exploits... j'en rougis.
Nous ne sommes que des amateurs qui essayons de perpetrer "l'histoire", tant du point de vue mécanique, à travers nos autos, que du point de vue sportif à travers l'esprit de la course d'avant le marketing.
Votre petit mot nous fait très plaisir et prouve que nous communions dans le même esprit
Un grand Merci de la part du Trophée F3 Classic .
(un regret ... que vous ne soyez pas passé sous notre auvent refaire le monde autour de quelques bulles )
Un grand merci également à Eric Pinseau, de l'ASA A.C.O. Paris , LA cheville ouvrière de ce meeting, qui n'éxiste que grace à sa pugnacité .
Ecrit par : AGD dit RALTMANIAC | mercredi, 11 juillet 2007
Autres pilotes présents à LMStory :
Sylvain BOULAY qui courut plusieurs années sur ALD (son ancienne voiture était engagée dans le groupe C)
Bernard KOSELLEK qui courut sur Lotus et
André PERSILLON qui gagna les Mille Miles en 1954 (catégorie 750). Il était samedi en piste sur sa barquette DB aujourd'hui propriété de l'ACO et exposé au Musée de Mans.
Enfin vous oubliez de parler des plateaux de voitures "bleues" en démonstration, avec des protos (Rondeau, WM, Peugeot spider 905, Alpine A610 et la Courage Cougar 01 qui fut piloltée dimanche par Yves COURAGE) et des voitures moins puissantes comme les DB dont le club avait réuni 25 voitures avec 6 anciennes du Mans, plus la gagnante des 12 Heures de Sebring 1952 à l'indice de performance et le coupé gagnant les 1000 miles 1953 en 750cc
Ecrit par : LMStory | mercredi, 11 juillet 2007
LMStory, que je salue car derrière votre pseudo se cache quelqu'un qui connaît son métier, je n'ai écrit que "pas de pilotes de renom hormis cette année, débusqués entre deux stands, Jean-Pierre Jaussaud, Jean-Claude Andruet ou les frères Fillon." De renom. Il y avait 350 voitures au Mans donc autant de pilotes, je me voyais mal les citer tous, et bien sûr j'en ai oublié et il y en a que je ne connais pas - la majorité.
Merci aussi de contribuer à combler mes lacunes et merci de vous intéresser à ce petit blog, oui petit, amateur et qui est loin d'être le "Panthéon à la gloire des héros qui ont marqué le bitume et les mémoires collectives de leurs exploits", comme l'ose notre ami AGD que je salue et dont je n'ai pas honoré le camion, hélas.
Ecrit par : Mémoire des Stands | mercredi, 11 juillet 2007
Cher Mds ,
" petit blog " deviendra grand grâce à votre talent , votre sens de l ' humour , votre diversité
et la richesse de son contenu.
Continuez ainsi , nous aimons , nous essayons fort modestement d ' y apporter une pierre.
Amicalement
F.H.
Ecrit par : FREDDY HEDIN | mercredi, 11 juillet 2007
LM Story, vous évoquez fort justement le plateau bleu et notamment la précense de l'amicale DB mais il me semble que vous oubliez également la Bugatti type 51 qui tournait magnifiquement;
même si cette épreuve est conviviale elle n'arrive pas à me faire oublier les journées bleues qui eurent lieu en mai 1999 où nombre d'avant-guerre avaient fait le déplacement...ce fut pour moi la seule occasion de voir trois Théo-Schneider ensemble (dont une britannique).
Bravo également aux propriétaires des deux Hotchkiss qui ont fait le déplacement : un coupé 2050 GS et une Grégoire.
Un petit bémol cependant concernant le snobisme évoqué plus haut car le plateau des Ferrari et Maserati ne me semblait pas épargné ; en effet, tous ces gentlemens et womens drivers avaient leur staff de mécaniciens qui démarraient, réglaient les autos ...pour moi les vrais propriétaires de ces magnifiques machines demeurent les mécanos.
JMG
Ecrit par : Guivarc'h | mercredi, 11 juillet 2007
Les Ferrari Maserati du Challenge Shell étaient bien la pour attirer unplus large public que les passionnés... Ne boudons pas le plaisir de voir du rouge en piste... 312PB, P3, BB etc ne sont pas à la portée du passionné moyen... Les Groupe C aussi demandent une attention également une attenion certaine...
Ecrit par : De passage | mercredi, 11 juillet 2007
La fille de Charles Deutch était présente, accompagnée de son fils.
Ecrit par : Thierry | jeudi, 12 juillet 2007
j'oubliais François Ligier (petit fils de Guy et fils de Philippe) présent sur l'espace du Club Ligier JS2 tout le WE.
Ecrit par : Thierry | jeudi, 12 juillet 2007
Enttre le ROUGE et le BLEU ce ne fut que du REVE à l'état pur
Ecrit par : CHRIS | vendredi, 13 juillet 2007
Bonjour De passage,
Complètement d'accord avec vous...je voulais juste souligner l'attitude quelque peu hautaine de certains pilotes-propriétaires de ces merveilleux bolides que nous avons eu un énorme plaisir de voir rouler.
Bonne journée.
Amicalement
Ecrit par : Guivarc'h | vendredi, 13 juillet 2007
pour ma part j'ai été trés bien reçu et accueilli par bien des proprios des Maserati et Ferrari qui m'ouvraient même les capots. Que du bonheur
Ecrit par : CHRIS | vendredi, 13 juillet 2007
Peu de monde - et c'est tellement mieux diront les agoraphobes - mais peu de voitures dans les parcs ...
Bel effort des Panhardistes et quelques belles Djet et même Aérodjet, immatriculée autant qu'immaculée. Et qui a vu deux Hotchkiss esseulées sur le gravier ?
Cela ne m'a empêché de rester baba devant cette x-Panhard :
http://www.enregistrersous.com/images/124251718820070713192105.jpg
http://www.enregistrersous.com/images/7386009920070713192314.jpg
Un avant finaud à force d'être pointu, ce qui nous change des blazes rondouillards cachant habituellement le bicylindre. Un arrière tendu d'une rare finesse.
Mais qu'elle est-elle cette belle inconnue ??
Merci !
Ecrit par : Hubert Baradat | vendredi, 13 juillet 2007
MATRA-SIMCA,
Graham Hill-Henri Pescaloro Devant CEVERT-GURNEY..................1972.................
Ecrit par : andre georges | vendredi, 13 juillet 2007
ne serait ce pas plutot" graham hill -henri pescarolo devant FRANCOIS CEVERT- HOWDEN GANLEY" mon cher andré georges ?!!!!............
Ecrit par : tonton néné | samedi, 14 juillet 2007
Pour Hubert BARADAT
La belle inconnue est une PANHARD (châssis de 1953) carrossée par PICHON et PARAT à Sens qui en ont fait une trentaine avec caisse en aluminium (100 kg de moins qu'un coach DB !). Cette voiture est restée à l'abandon une quarantaine d'années sous un pommier dans les Vosges ! Personne n'arrivait à l'acheter jusqu'au jour ou un garagiste de Tours décide le propriétaire. Il fallut un chariot élévateur pour sortir la voiture de la terre ou elle était embourbée. Le châssis était intact et la carrosserie avait été protégée par plusieurs couches de peinture. Moins d'un an après la voiture était à LMStory !
Morale de l'histoire :Avec de la patience et du courage on arrive encore à trouver et à faire rouler des voitures intéressantes.
Ecrit par : GAILLARD | mercredi, 25 juillet 2007
Mieux vaut un gros retard pour remercier qu'un oubli peu acceptable.
Merci donc Gaillard pour cette belle histoire d'exhumée, et bravo aux pilleurs de tombes !
Ecrit par : Hubert Baradat | jeudi, 20 septembre 2007
Ecrire un commentaire