vendredi, 29 juin 2007
Grand Prix de l'Age d'Or 2007, les abominables

Nos fidèles lecteurs savent deux ou trois choses de l'Abominable Christian, pourtant peu disert en commentaires, n'apparaissant que rarement sur le blog. Il est l'un des seize membres de l'équipe fondatrice d'où MdS est né, décrite là. Lui en était le pilote, capable de relier Anderstorp ou Zeltweg d'une traite et de nuit, puis, sans mot dire, de sortir son tabouret et de d'installer au bord de la piste. Une sorte de Denny Hulme en civil, supportant à peu près tout sauf les ferrailleurs, les radars et les autos non rouges. Quand ces dernières sont frappées d'un cheval cabré, il s'envole au paradis. Son rêve, une Mondial. Si vous en connaissez une à vendre, n'hésitez pas à le lui faire savoir. Des trois ferraristes recensés ici - Bruno, Gianpaolo et lui, c'est vraisemblablement le plus intégriste.
Pourtant à Dijon, il fit bonne figure, vêtu discrètement pour une fois d'une chemisette verte, couleur Lotus. Il faut dire qu'il sortait dans le monde, accréditation pendue au cou et voisinage de bugattistes distingués. Il est photographié à la terrasse du "Cavalino", le resto du circuit dont le nom rime à ses oreilles avec orgasme, en érodant légèrement les lois de la poésie.
Les photos qui suivent sont de son cru. Abominables, à son image, au sens où Colette entendait l'adjectif. Faute de grives Ferrari, peu présentes à Prenois sinon la 308 GTB 4 d'Alain Pages, et deux 275 GTB, il s'est rabattu sur des rouges-gorges.

En prégrille de l'épreuve PMO Sportscars du samedi, la Chevron B8 de Jerry Hooper. Première apparition à Dijon cette année, ce plateau est une grille ouverte aux voitures de sport d'avant 1968, ce qui offre à de petits protos tels que des Lotus 23, Merlyn MK 6B ou des Elva MK7, de se frotter à des autos plus modernes telles que des Chevron B6 et B8. Il y aussi des GT.

Aucune chance de gagner, la Maserati 250 F de Allan Miles car son plateau est trusté d'un bout à l'autre de l'année par la Jaguar Monzapolis de Rod Jolley. Mais si l'Abominable l'a prise en photo, c'est qu'il avait une bonne raison.

Pour faire bonne mesure, voici l'autre 250 F de Dijon, celle de David Wenman.

Les agiles et légères barquettes Lotus sont taillées pour Dijon, virant à plat dans le gauche en dévers menant au nouveau tracé, taillant des croupières aux Mustang et Cobra qui bataillaient comme des chiffonnières dans la course GT SCC. Ici, Christian a été sensible au charme exotique, selon ses critères, du vert anglais qui pare la 23 du Belge Michel Wanty. Encore que l'habitacle...

Très colorées, ces Bugatti. On dirait une grille d'étalonnage d'un logiciel de retouche d'image. Où sont leurs propriétaires ? Partis s'ôter les moustiques ? Ayant une légère collation ? En tout cas, au hit parade de l'attraction, elles sont au top, suscitant toujours autant de questions, des plus basiques aux plus pointues.

En appui sur ses ressorts droit, l'Aston Martin Speed 2L de 1932, drivée par Richard Lake, donne sa conclusion à cette série d'articles consacrés au Grand Prix de l'Age d'Or. ll est devenu de bon ton, depuis que le GPAO a quitté Montlhéry, de gloser sur son avenir, de fustiger son manque d'ambiance, son public clairsemé, ses clubs qui ne jouent pas le jeu, ses organisateurs qui se succèdent, etc. Ce n'est pas notre avis. Certes, l'anneau parisien offrait un cadre historique irremplaçable, et ça, rien ne le fera oublier. Mais le GPAO a d'autres atouts : un circuit superbe, tant pour les compétiteurs que pour le public et qui héberge les clubs dans un cadre champêtre tout à fait agréable ; une position géographique potentiellement riche ; enfin et surtout, une abondance et une variété de plateaux sans rapport avec l'époque Montlhéry.
Ne crachons pas sur le GPAO, donnons-lui le temps, donnons-nous le temps d'y voir courir l'Histoire !
Grand Prix de l’Age d’Or . Circuit de Dijon-Prenois . 23 et 24 juin 2007
Site officiel : www.gpao.fr
Tous abominables © l'Abominable Christian
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| Tags : grand prix age or, circuit dijon-prenois, 2007, chevron b8, bugatti, maserati 250f, lotus 23 |



















Commentaires
Je plussoie à votre optimisme.
Dijon ne sera jamais l'anneau, mais L'Age d'Or à Dijon a beaucoup d'autres atouts pour devenir LA manifestation populaire française. Il suffit juste que tous les acteurs en prennent conscience. Cela ne se fera pas en une édition mais cela est possible.
Ecrit par : oscar | vendredi, 29 juin 2007
Les atermoiements de l'organisation sont peut être la cause de ce relatif désaveu de l'âge d'or.
On parle beaucoup du Mans Classic comme nouvel eldorado des courses en France.
La manifestation organisée par Peter Auto a en effet mis la barre très haut, mais s'en est donné les moyens, et ceux-ci ne sont pas que financiers. Il y a un vrai volontarisme pour attirer les clubs, créer une ambiance ce qui n'était pas gagné vu les lieux, donner une unité à la manifestation.
Je pense que nombre de manifestations devraient faire évoluer leur format afin de passer à une nouvelle génération d'événements. Trop d'événements finissent par se ressembler pour ne pas laisser un goût de déjà vu.
Ceux qui arrivent à se démarquer ont su prendre des partis jusqu'au boutistes et tranchés : jouer l'élégance et la sportivité jusqu'au bout (Goodwood), la convivialité connotée avant-guerre (Tours, Angouleme...), des plateaux rares (Vichy le WE du 7), la nostalgie et le gigantisme (Le Mans Classic)... autant d'attributs qui donnent du corps à ces manifestations.
Aller à Dijon était une occasion unique de donner une nouvelle vie à l'Age d'Or, or les organisateurs semblent être passés à côté.
Quelques idées : pourquoi ne pas jumeler l'événement à un rallye interclub le samedi à la découverte de la Bourgogne ?, proposer un vrai espace de restauration qualitatif en invitant des grands chefs bourguignons à tour de rôle (ils adorent les bagnoles en plus, les anglais et bugattistes seraient ravis !)?...
Ainsi votre photo me navre : aller en Bourgogne pour manger un plateau repas devant un camion frigorifique en buvant de l'eau ! ca jamais !
Autres idées : mettre en place une parade, offrir des tours de pistes entre les course, lancer des feux d'artifice le soir, organiser une vraie course de nuit...
Bref, créer une ambiance à part et faire une fête populaire où le spectateur devient acteur; donner l'envie ! Ca passe par de la communication et même du marketing, mot honni mais devenu indispensable à mon avis pour une manifestation de cette envergure.
A une époque, le mois de juin, où chaque WE donne lieu à une nouvelle restropective, un nouveau rallye, GP, une manifestation (ce WE Caen)... les organisateurs se doivent de redoubler d'imagination, de communication, de persuasion pour faire face à une 'concurrence' toujours accrue...
Dans ce calendrier surchargé, ne survivront que ceux qui se donneront les moyens de leurs ambitions.
Dura lex sed lex.
Ecrit par : era | vendredi, 29 juin 2007
Le mot detesté et porteur de tous les vices est lâché : "Marketing". Il est devenu l'un des clés de réussite d'un événement quel qu'il soit. On pourra toujours arguer que tel ou tel événement s'en passe, mais généralement ce sont des événements restreints ou elitistes qui se suffisent à eux mêmes. Dans le cas d'un événement populaire, point de salut sans une communication / promotion bien ficelée. De beaux plateaux attirent les specialistes, ou sont la cerise sur le gâteau d'un week end reussi, mais ils ne suffisent pas à eux seul à garantir le succès d'une manifestion de grande envergure.
Au delà du prestige du lieu et du nom, le Mans Classic s'est imposé comme une référence grâce à un mix com/market de tout premier plan (et une organisation professionnelle) et le cercle vertueux a fonctionné attirant public, partenaires, clubs et surtout de beaux plateaux et ainsi de suite pour en faire un événement de renommée mondiale.
Or d'un cercle très fermé l'Age d'or, n'est plus connu, cela ne fait plus rêver. On s'interroge sur son lieu, ses dates alors que tout cela dervait être noté dès janvier en rouge dans les agendas des amoureux des vieilles caisses. (très) Rares étaient les références à l'age d'or dans les agendas des medias nationaux, nul dossier special sur les anciennes durant cette période. Une fois sur place, point de village partenaire ou village commerçant digne de ce nom, des paddocks anarchiques.
Soit la volonté est d'en faire un simple week end de course de VHC et dans ce cas, il ne faut rien changer, les organisateurs sont sur le bon trend, soit il y en a encore certains qui croient en la resurrection d'une grande manifestation nationale et là la tâche est grande mais loin d'être insurmontable.
Ecrit par : oscar | vendredi, 29 juin 2007
Ce qu’il y a d’abominable en notre ami Christian : c’est essentiellement son goût pour l’eau de Badoit .
Son intégrisme devrait plutôt le porter vers le Lambrusco, fut-il amabile ou au minimum vers la San Pellegrino.
Ecrit par : gianpaolo | vendredi, 29 juin 2007
J’ai pas vu Richard Attwood, encore moins Chris Amon, surtout pas de F1 de moins de 50 ans ni de F3 sans parler de Matra (hormis un Jet esseulé), de Martini, de BRM, de Tecno, de Ford GT40 ou encore de 917 « Gulf like».
J’ai assisté à l’épreuve phare opposant deux malheureuses F2 face à trois F5000 (Gurney for President !). Pour les formules Junior il aurait fallu mettre le réveil à 4h30...
Je n’ai retrouvé nulle part les stands où l’on chinait avec bonheur de vieux Sport-auto et autres Champion ou Virage auto.
Je n’ai vu ou rencontré aucune personne de chez MdS hormis M.Delannoy fidèle à son épicerie ouverte même le dimanche.
J’avais pourtant noté les dates en rouge sur mon calepin dès le mois de janvier.
L’année prochaine je mettrai mon polo noir GPAO 2007 couleur JPS plus discret que le bleu 2004.
Mais je ne suis pas du tout certain de me taper 600km pour quelques dérapages, fussent-ils d’Or.
Montlhery tu me manques...
Ecrit par : Francis Rainaut | vendredi, 29 juin 2007
Ce qu'il y a d'abominable sur le circuit de Dijon, c'est que ce qui prétend s'appeler le "Cavallino" n'est qu'un snack d'autoroute où vu la qualité de ce qu'on y mange il vaut mieux boire de la Badoit, c'est une véritable insulte à la et au Bourgogne.
Tout à fait d'accord avec toi Gianpaolo, mais il fallait bien survivre !
De plus entre "Sport et Collection" et LM Story où il y aura le Challenge Historique FERRARI, le GPAO a été une gifle pour un Tifoso intégriste ,,,,,,,,,,,,,,,,,, A suivre
Ecrit par : l'Abo | samedi, 30 juin 2007
Badoit . Badoit . Badoit . . .
si la photo n'aurait pas été recadrée, peut-être qu'on auraient vu sur la partie gauche un verre de Bourgogne. et une seconde assiete avec des escagots.
Ecrit par : Bruno | dimanche, 01 juillet 2007
Bonsoir,
Je suis un simple spectateur qui ne veut pas manquer un seul GPAO depuis 13 ans.
Qui parcour environ 600 kilométres dans une auto trés rare pour y assister et amener une petite contribution à cette manifestation. Mais pour la troisième fois je suis déçu du manque
d'acceuil que l'on réserve au particulier sans club. Nous (5 véhicules, 8 personnes) sommes sur le point de rayer cette date pour les prochaine années.
Ecrit par : PARRA | lundi, 02 juillet 2007
5 vehicules / 8 personnes, vous êtes plus nombreux que certains clubs nationaux....
Blague à part, vous pouvez tout à fait prétendre à un espace club auprès de l'organisation, c'est gratuit, il faut juste le demander, commander et regler à l'avance les entrées. Le plus dur sera de trouver un nom à votre club ;-)
Ecrit par : oscar | mardi, 03 juillet 2007
CHER GIANPAOLO ,
VOUS N ' IGNOREZ PAS QUE L ' EAU DE BADOIT A DES PROPRIETES " EXHILARANTES "
REGARDEZ CHRISTIAN , VOUS EN AVEZ LA DEMONSTRATION.
APRES LE PICON-BIERRE , LE SAN PELLEGRINO ET JE NE SAIS QUOI ENCORE.
NOUS NE RECONNAISSONS POINT LE FIN OENOLOGUE QUE VOUS ETES.
F.H.
Ecrit par : FREDDY HEDIN | dimanche, 08 juillet 2007
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