jeudi, 26 avril 2007

Driver JPB et Mister Beltoise

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Le 26 avril 1937 naissaient deux pilotes de course, enfin plutôt deux bébés qui se transformeraient en pilotes de course qui, hasard amusant, allaient se côtoyer en une unique occasion, et vraisemblablement sans connaître ce détail d'état-civil, le temps d'un départ de Grand Prix, à Watkins Glen en 1970. Ils avaient ce jour-là 33 ans, 5 mois et 29 jours, s'appelaient Gus Hutchison et Jean-Pierre Beltoise.

Du premier nommé, Américain, on sait qu'il courut en formules B et 5000 et qu'il se présenta au Glen en 70 au volant d'une Brabham ex-Jacky Ickx. Nos lecteurs les plus fûtés n'ignorent pas que celui des deux qui nous intéresse, en partie à l'origine de notre passion pour la course et sans qui MdS n'existerait pas, est l'autre, Jean-Pierre Beltoise, dit Bébel, dit aussi et surtout JPB, même par des membres de sa famille, c'est trop drôle.

Jean-Pierre Beltoise souffle 70 bougies aujourd'hui.

JPB n'est pas, pour qui s'intéresse à celui qui est au coeur de la renaissance de la France mécanique des années 60, le meilleur client, car l'homme, on le sait, est réfractaire à son passé. Regarder en arrière l'indispose. Sa carrière, il s'en fout, du moins donne-t-il ce sentiment à quiconque l'approche lors d'une bourse d'échange de voitures miniatures ou d'un GP de Monaco, parmi les rares événements automobiles susceptibles de l'extraire de ses activités. On ne l'ennuiera donc pas en lui rappelant quelques hauts faits que les historiens sont en droit de lui imputer, comme cette victoire de Reims en 65 ou ce surnom de "El Ganador" que lui valurent les quatre victoires de rang à la Temporada argentine de 67. Pas plus qu'on évoquera ses performances à Charade ou à Monaco, au risque qu'il attrape des boutons, ou l'un ou l'autre des onze titres nationaux en moto qu'il glana entre 61 et 64. Enfin on ne l'agacera pas en lui rappelant le travail qu'on abat ici en racontant ses courses de F1. C'était l'époque de Driver JPB. Son problème. Celui de Mister Beltoise consiste à vivre sa vie propre, à se bâtir une autre carrière, tournée vers l'avenir. Driver JPB essayait des petites motos et des buggies dans Champion, des papiers qu'il rédigeait lui-même ; Mister Beltoise roule pour Sarko [1].

Le Mister Beltoise du XXIe siècle est un homme d'affaires surbooké. Patron d'une école de conduite [2], promoteur de circuit, auteur de rapport au gouvernement, intervenant régulièrement dans les médias [3] qui l'adorent encore autant que du temps où Driver JPB faisait le pitre avec la bande de Collaro et Zurini, la fête chez Moêt et Chandon. Le Bébel d'avant est mort, celui qui se plantait en Muira, descendait au Ricard en 300 SEL 6.9 plus vite que l'aurait fait le TGV, celui qui se pointait avec une heure de retard aux réunions du club qui portait son nom, réunions chauffées à blanc dont le président Didier Braillon avait toutes les peines du monde à maintenir l'ordre, celui qui ralliait Brands Hatch à Paris au volant de la Simca 1100 S du même Braillon en des temps qui, s'il en avait eu vent, eurent fait réfléchir à deux fois Dominique Perben avant de lui confier ce rapport sur la "Modulation des péages autoroutiers en fonction des caractéristiques d'émissions polluantes des véhicules", remis en février dernier [4].

medium_gateau.jpgMonsieur le ministre, excusez-le, excusez-nous, c'était les années 70, on pouvait fumer, rouler, dire du mal d'autrui sans risquer un procès, passer dans les paddocks avec un faux brassard IRPA, etc.

Chers Driver JPB et Mister Beltoise, nous vous souhaitons à tous les deux un excellent anniversaire. Vous avez bien saisi combien on vous adore. Voici votre gateau auquel il manque quelques bougies que nos amis auront à coeur de fournir sous forme de commentaires...

 

[1] Voir la vidéo
[2] www.beltoise-evolution.fr
[3] Entendu sur France Inter
[4] Lire le rapport




Mister Beltoise au Circuit des Remparts d'Angoulême 2005
© MdS
Driver JPB en visite au GP d'Espagne 1975 © Guy Royer

10:10 Publié dans Jean-Pierre Beltoise | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : jean-pierre beltoise |

Commentaires

Puisque Mds m'a fait l'honneur il y a quelque temps d'être son pilote officiel, honoraire et retraité, je voudrais m'associer à cette excellente note pour vous souhaiter un excellent anniversaire, "Driver JPB". Vous sans qui les "cops" anglais chargés de la sécurité routière se seraient tant ennuyés dans les années 70...
Bon anniversaire Monsieur Jean-Pierre Beltoise, qui êtes et resterez Le représentant du renouveau de la course auto et moto française. Ainsi que l'exemple du courage et de la volonté. Pour tout cela, pour tout ce que vous nous avez fait vivre et vibrer... Il vous sera tout pardonné. Bon anniversaire, Champion.

Ecrit par : guy dhotel | jeudi, 26 avril 2007

Un petit témoignage sur JPB : en 1963 a été organisé un meeting motocycliste à Casablanca dont la course des 500 cc fut remportée par Jack Findlay (plus tard immortalisé à l'écran dans "Continental Circus"). A cette occasion le jeune JPB pilotait une "Vap Monneret" 50 cc avec laquelle il survola la course des petites cylindrées et me fit rêver d'être à sa place bien qu'étant alors trop jeune ... Depuis ce jour je n'ai cessé de suivre la carrière de JPB; bon anniversaire Monsieur Beltoise !

Ecrit par : Christian Magnanou | jeudi, 26 avril 2007

Mars 73, Brand's Hatch, Course des Champions.....à tout juste 15 ans, j'assiste à ma toute première course de Formule 1.....le peloton déboule dans Clearways à la fin du premier tour, une voiture rouge et blanche en tête , un casque bleu à bande blanche....c'est pas vrai, c'est mon idole, c'est JPB qui mêne le paquet ! Mister Beltoise me fera ce jour la le plus beau cadeau dont je pouvais réver pour mon baptème de spectateur....il ménera la course plusieurs tours, tenant tête bravement à rien moins que Ronnie Peterson sur sa Lotus JPS 72, le binôme le plus brillant de l'époque, et son jeune coéquipier chez BRM, un certain Nilki Lauda dont on sait la carrière qu'il fit par la suite....Bon anniversaire Jean-Pierre, et merci pour tout !

Ecrit par : Philippe7 | jeudi, 26 avril 2007

Il serait en effet de bon ton que nous nous fendions de 70 commentaires pour fêter l’anniversaire de JPB, le pilote emblématique français de notre génération.
Bon anniversaire Monsieur Beltoise.
Si toutefois vous ne lisez pas MdS chaque jour, nous pouvons peut être imaginer que Madame Beltoise qui est notre bonne fée transmettra les affectueux messages à son mari véloce mari.

Ecrit par : gianpaolo | jeudi, 26 avril 2007

Bon anniversaire à celui qui,avec Matra,relança le sport automobile en France.Cela manque de nos jours !!!

Ecrit par : Jacques Rivaud | jeudi, 26 avril 2007

Merci Monsieur Beltoise de m'avoir permis de suivre avec vous et Henri Pescarolo le GP de France 1977 à Dijon dans la loge de la FFSA et surtout merci de cette victoire monégasque que nous attendions avec l'impatience que justifiait votre immense mérite et qui nous a arraché tant de larmes de joie.

Il y a des podiums qui ne s’oublient jamais !

Très bon anniversaire

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | jeudi, 26 avril 2007

Mes voeux les plus sincères
Pour votre présent anniversaire
Monsieur Jean-Pierre Beltoise
Qui peut mesurer sans noise
Son chemin de champion
Sous moulte lampions !

Philippe Vogel (un gars qui, lors d'un stage à Trappes, ayant eu l'honneur de vous saluer, vous a demandé si vous vous souveniez d'un certain Mike Beuttler...)

Bien cordialement !

Ecrit par : philippe vogel | jeudi, 26 avril 2007

bon Anniversaire Monsieur Beltoise. je vous serais toujours gré de m'avoir percer les tympans les 25 et 26 mai 1968.

Ecrit par : Bruno | vendredi, 27 avril 2007

JPB, le spectateur anonyme parmi les anonymes que j'étais, je l'ai vu courir, et parfois côtoyé dans le paddock, à Reims, à Rouen, à Charade, à Spa, au Ring, à Zeltweg. Et curieusement, sa carrière de "pilote de course" (dont j'exclus ses prestations en Tourisme), de ses débuts chez René Bonnet à son chant du cygne chez BRM, correspond, pour l'essentiel, à ma propre "carrière" de spectateur actif, c'est-à-dire se déplaçant sur les circuits plusieurs fois par an. Voilà qui rapproche...

J'évoquerai simplement deux souvenirs. Le premier a pour cadre... le circuit de Reims-Gueux. C'était en 1965, dans le paddock, juste après l'arrivée de la course des F3 qui'il venait de remporter sur sa Matra et qui a véritablement lancé l'épopée de cette marque - inutile d'y revenir. JPB était en train de discuter avec son coéquipier Jean-Pierre Jaussaud. Les deux hommes étaient seuls, comme ignorés. Je n'ai pu percevoir la teneur de leur dialogue car ma timidité naturelle m'interdisait d'approcher. Je souhaitais sans doute aussi préserver cette sorte d'intimité fugitive qu'ils paraissaient apprécier. Quoi qu'il en soit, avec le recul, on peut voir dans cette scène une sorte de passation de pouvoirs, dont ni l'un ni l'autre bien sûr n'avaient conscience. Jaussaud ne serait pas le numéro un français qu'il promettait d'être depuis sa victoire au volant Schell 1963. Ce numéro un, il l'avait, à cet instant, en face de lui...

Le second souvenir se rattache à un tout autre contexte. Comme Philippe Vogel, j'ai eu l'occasion - à la fin des années 80 - de participer à un stage de conduite à Trappes. J'en suis reparti avec de précieux conseils, mais, bien entendu, ce que je souhaitais par dessus tout, c'était rencontrer JPB. La chance a voulu qu'il soit présent ce jour là et j'ai pu lui demander de signer une photo que j'avais prise au GP de Belgique 1970, représentant sa Matra déboulant entre Masta et Stavelot, c'est-à-dire à un endroit où l'inoubliable sonorité de son moteur était à son maximum (et où ladite Matra flirtait avec les 300). JPB s'est très gentiment exécuté, y allant même de son petit commentaire : "Ah oui, Spa. Quant on y débutait un tour, on n'était jamais sûr d'en revenir vivant".

Eh bien, cher Monsieur Beltoise, vivant, vous l'êtes toujours. Et c'est avec un grand plaisir que je me permets de vous souhaiter un bon anniversaire.

Professeur Reimsparing

Ecrit par : Professeur Reimsparing | vendredi, 27 avril 2007

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