samedi, 24 février 2007
Rétromobile 2007, deux Italiennes en quête de repos

Ferrari 250 LM (1964)
Les gens heureux n’ont pas d’histoire prétend-on, au contraire des autos montrées sur MdS qui, toutes, surtout si comme cette 250 LM elles ont dépassé les quarante ans, laissent dans leur sillage le film ou le livre qu’on tirerait de leur vécu. Celle-ci est la quatrième des trente-deux 250 LM fabriquées.
Sagement alignée dans le stand du marchand-pilote Jean Guikas, où elle goûte un repos mérité, #5845 (son numéro de châssis) a commencé son existence en 1964, vendue à un certain Gotfried Köchert, le joailler de la famille royale autrichienne, qui l’a étrennée en faisant des courses de côte, à partir de juin 1964. Deux mois plus tard, il plante l’auto en revenant de la course de côte de Sierra-Montana (Suisse). La 250 LM est alors rapatriée à Maranello où elle réparée et repeinte en rouge profond alors qu’elle était "Rosso Cina" d’origine.
1965 - Köchert revend l’auto à Luigi Chinetti qui la confie à Jochen Rindt le temps d’une course Sport au GP d’Autriche, en août. Rindt, en gagnant l'épreuve, offre a sa monture une carte de visite. En fin d’année, un certain Arthur W. Swanson, citoyen du Massachussets, l’achète à Chinetti, la repeint en blanc et bleu, les couleurs nationales US et l’aligne sur sept épreuves entre 1966 et 1967 : 12 H de Sebring, 1000 km de Monza, Targa Florio, 1000 km du Nurburgring, 24 H du Mans, 500 km du Mugello et enfin 1000 km de Monza sans autre résultat qu’une 13e place à cette dernière compétition.
1967 - La machine retourne à Maranello, puis voit son nez court Scaglietti remplacé par un nez long Piero Drogo. Swanson garde alors son auto cinq ans sans courir.
1972 - Un marchand, Najarian Auto Sport, l’acquiert et la convertit à l’usage routier : tableau de bord en cuir, glaces coulissantes changées par des éléments levants, ceintures de sécurité et tapis de sol. On imagine # 5845, qui jadis connut la victoire aux mains de Rindt, stopper à un vulgaire McDrive et avoir ses sièges poisseux de ketch-up.
1974 – Changement de mains pour aller dans le garage d’un certain Kingsford qui lui-même la revend aussitôt à un confrère, Hishashi Okada, qui l’immatricule "250 LM" à New York. Okada lui restera fidèle 18 ans.
1992 – Vente à un négociant japonais. Là-bas, elle change de mains à quatre reprises avant de franchir de nouveau l’Atlantique pour devenir en Californie la propriété d’un certain Don Williams (le chanteur de country ?).
1995 - Notre Ferrari est fourguée à deux types, Mark J. Smith et Gerald Bowes, qui l’immatriculent "7100" en Pennsylvanie. Cinq ans se passent.
2000 - Un énième proprio, Rob Myers, la rachète. Il la gardera jusqu’en 2002, date de la vente à Jean Guikas. Ce dernier dépense 250 000 € pour la restaurer dans sa conformation « GP d’Autriche 1965 ».

Ferrari 250 Monza Scaglietti spyder (1954)
Cette machine, qui s'inscrit dans la lignée des 250, est l’une des quatre Monza qui furent équipées d’un V12 à la place du quatre cylindres monté d’origine sur la 750 Monza apparue en 1954 et nommée en hommage à sa première sortie victorieuse à Monza aux mains de Mike Hawthorn et Umberto Maglioli. Le châssis exposé à Rétromobile, #0442 M, est dépositaire d’une histoire qui n’a rien à envier à sa sœur décrite précédemment. Qu’on en juge :
1954 – Franco Cornacchia, de l’écurie Guastalla, l’achète neuve pour courir en Europe et en Amérique du Sud. Elle est immatriculée "BO3988". Cornacchia l’engage dans 13 épreuves en Italie et à la Carrera Panamericana, souvent appairé à Gerino Gerini qui enlève, seul à son volant, dans sa classe, le Tour de l’Ombrie, le Critérium de Rome et le Trophée sarde. En novembre, il vend la voiture à Manfredo Lippmann, citoyen guatémaltèque qui embarque là-bas #0442 M et la repeint à ses couleurs, bleu, blanc et or.
1955 – Lippmann gagne le GP du Salvador puis confie l’auto à Luigi Chinetti pour l’aligner aux 12 H de Sebring mais un problème mécanique force l’équipe au forfait. La Ferrari disparaît pendant deux ans.
1957 – Réapparition du Sieur Lippmann qui enlève sur son auto la Guatemala Lake Amatitlan Race.
1958 – Lippmann aurait participé au GP de Cuba ; le conditionnel est de mise.
1959 – Vente de la 250 Monza au beau-frère du futur président du Guatemala, Iann McArvey-Munn.
1960 – Dans le courant de l'année, la voiture change de mains à deux reprises. D’abord cédée à un diplomate français de New York qui la laisse au garage, elle devient ensuite la propriété d’un certain Evans qui l’embarque en Angleterre. Peu après, sans connaissance d’une date exacte, la voiture est vendue à Franco-Britannic, le garage parisien bien connu, qui la repeint une nouvelle fois, en bleu foncé, sièges blancs.
1963 – Nouvelle transaction au profit de Peter Burroughs, un Américain, qui convoie l’auto à Long Island. Là, elle lui sert de voiture de tous les jours.
1964 – Une série de quatre ventes successives transbahute #0442 M à Indianapolis, New Orleans, Miami, et dans le New Jersey enfin, où elle demeure sept ans.
1971 – Un nommé Bill Serri l’achète et la rembarque aux States. Il l’aligne dans des concours d’élégance.
2002 – Elle entre au service de John Bentley.
2003 – Un nouveau propriétaire se l’attribue, Bruce McCaw
2007 – Elle souffle un instant à Rétromobile.
Rétromobile 32e édition . Paris Expo hall 7/3 . 16 - 25 février 2007
Site officiel : www.retromobile.fr
Images © MdS
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| Tags : retromobile, 2007, ferrari 250 LM, ferrari 250 monza |



















Commentaires
250 000 (deux cent cinquante mille) euros. . . il faut que je l'écrive en lettre sinon. . .
j'espère qu'il a reposer les sièges d'origine, en cuir. le n°10 ou il est? ? ?
Ecrit par : Bruno | samedi, 24 février 2007
Je suis sur le "cul" et mes yeux n'arrivent plus à contrôler le cerveau.
MdS adepte du "Maching Number" et cela depuis quelques notes !!!!!
Etonnant que notre "Bruno" n'ait pas défendu cette 250 LM ?
Après avoir visité ce site (réference) :
http://www.barchetta.cc/english/All.Ferraris/Detail/5845.250LM.htm
Qu'en pensez-vous ? Très sincèrement.
Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | dimanche, 25 février 2007
"Maching Number" c'est quoi ça?
Ecrit par : Bruno | dimanche, 25 février 2007
Pardon "Bruno"
Dans ma précipitation, j'ai oublié le " t ";
lire "matching number"
légèrement différent du terme " serial number"
Chez Porsche - par exemple - (peut-être nous donnerez-vous l'équivalence pour Ferrari*), c'est une série de numéros qui, assemblés de tous les organes du véhicule: châssis, moteur, boîte, donnet un n° secret gravé dans le "dur"; une sorte algorithme (calcul dont le résultat est obtenu par une suite nécessaire et finie d'opérations enchaînées)
* Pour ce que nous connaissons, chaque véhicule de la marque possède une plaque où l'on peut lire: n° de châssis, n° du moteur; si bien que dans le pédigré d'une voiture, proposée à la vente, aux enchères ou à une exposition, si le n° du moteur ne correspond pas à la base de données du constructeur, un additif est disponible et obligatoire.
Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | dimanche, 25 février 2007
chez Ferrai le n° est composer de 5 lettres qui représentent
la nation d'origine
constructeur = Ferrari
type du moteur
system de containte (là je sais pas ce que c'est)
le model
les chiffres:
la nation d'origine de livraison
un chiffre secret
l'année du model
lieu d'assemblage (Maranello)
et la serie de 6 chiffres
si quelqu'un en sait plus!
Ecrit par : Bruno | dimanche, 25 février 2007
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