jeudi, 22 février 2007
Rétromobile 2007, deux Allemandes en quête de chaleur

Mercedes-Benz 300 SLS roadster “compétition” (1957)
C’est une copie mais en fermant les yeux l’imagination met une vraie 300 SLS sur l’estrade du stand Mercedes, lequel, high-tech au possible selon les standards de la communication du groupe, ne rend pas hommage à ses galbes délicieusement historiques. Mais bref, de cette auto, l’histoire pourrait être contée dans un roman policier.
Au vu du succès du coupé 300 SL, lancé en 1954 après des préséries qui furent alignées en course à partir de 1952, l’importateur américain Maximilien Edwin Hoffman, qui représentait le plus gros marché de Mercedes, demanda qu’on lui servît des roadsters plutôt que ce coupé, follement excitant certes (240 km/h en 54, ça le faisait, comme on dit maintenant) mais follement chaud car très mal ventilé. Il fut entendu au moyen d’une version roadster un peu plus lourde, moins radicale (exit les portes papillon), mais tout aussi follement excitante, qui vit le jour au salon de Genève 1957. Le roadster remplaça alors son aîné.
A titre promotionnel, Mercedes, par l’entremise de Studebaker qui assurait sa logistique aux USA, envoya deux exemplaires de cette machine à l’écurie de George Tilp, qui faisait courir des Ferrari pour entre autres Phil Hill, à charge pour Tilp de dégoter un pilote pas manchot qui ferait une bonne pub pour Stuttgart. Le choix se porta sur le bon Paul O’Shea qui avait remporté les deux précédents championnats SCCA au volant d’un coupé 300 SL, justement. O’Shea assura assez pour enlever la victoire en classe D au championnat SCCA 1957, condamné à s’aligner en catégorie et non au général à cause de la non-conformité de sa 300 SLS au règlement dudit championnat.
La saison achevée, les deux châssis réintégrèrent South Bend (Indiana), siège de Studebaker, où elle furent remisées en attendant qu’on statue sur leur sort. C’est là que l’Histoire perd leur trace car les autos se sont volatilisées. Nul n’en a plus jamais entendu parler. A Rétromobile, Mercedes indique sur un panneau que « ces châssis ne sont pas localisés aujourd’hui ».
Plusieurs théories sont avancées par les historiens qui planchent là-dessus.
1 – Le vol dans le garage où elles étaient remisées. Ce qui ne tient pas car depuis le temps on les aurait retrouvées.
2 – Elles auraient pu également être reconditionnées en version civile et revendues dans le commerce.
3 – La version la plus probable, selon les spécialistes : Mercedes aurait demandé à Studebaker de les détruire. Mais pourquoi ?

Porsche 550 A Spyder (1956)
Ce bas et léger spyder de 600 kg est de l’avis de nombreux amateurs l’une des autos les plus désirables du siècle dernier, et pourtant, comme dirait l’autre, il ne mange pas de pain chez Chopard, le glacial horloger qui l’expose sans plus de chaleur qu’il n’en met autour de ses montres, en cage comme des mygales.
Il faut le cerveau enfiévré du porschiste pour visualiser ce cabriolet sur la highway 466, en Californie, le 30 septembre 1955 avant qu’un automobiliste le tamponne, tuant son propriétaire. Oui, le spyder 550 fut aussi la voiture de James Dean dans l’imaginaire collectif, bien avant d’incarner la performance sportive, telle celle accomplie à son volant par Umberto Maglioli en 1956, à l’occasion d’une Targa Florio écrasée de chaleur et qu’il domina, arrivant avec quinze minutes d’avance sur Piero Taruffi sur une Maserati 300 S.
L’auto montrée à Rétromobile est la propriété de Jean-Claude Miloé, une voiture rare car elle est l’une des quatre ou cinq 550 A d’usine dotée d’un châssis tubulaire spécifique, plus léger et plus rigide que la plateforme des autos standard vendues aux clients. José Rosinski l’essayait dans un récent numéro du Figaro, démontrant sans ambages qu’il avait conservé tant son coup de volant que sa plume. Il conclut ainsi son papier : « La 550 A illustre parfaitement la prépondérance de la légèreté sur la puissance. Pas de doute : en automobile aussi, small is beautiful, même dans ce monde de brute. »
Alors, la 550, une voiture au commerce équitable ?
Rétromobile 32e édition . Paris Expo hall 7/3 . 16 - 25 février 2007
Site officiel : www.retromobile.fr
Images © MdS
10:10 Publié dans Rétromobile | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : rétromobile, mercedes 300 SLS, porsche 550 spyder, 2007 |




















Commentaires
La 300SLS roadster ma rapelle le prototype de la 190SL (salon de New York? 1954?) Quelqu'un sait ce qu'il est devenu?
Sinon, j'ai toujours adoré le Spyder 550. J'ai eu la chance de travailler pour Porsche, le temps d'une journée, fin 2005. La marque présentait sa nouvelle Cayman S au Grand palais, à Paris. En guise de "déco", il y avait une 917 (ce bruit, lorsqu'on l'a sorti du camion...), une 908, une Carrera 6, une 356 et une Spyder 550...
Et les visiteurs les ont tout simplement ignorées, leur préférant la Cayman S et surtout les 4 bars...
Ecrit par : Joest | jeudi, 22 février 2007
Pendant mon enfance un ami de mon père possédait une 550 Spyder ("carmin red") et je suis souvent monté dedans; cette voiture me hante encore.
C'était au Maroc où nous vivions alors, il participait à cette époque avec cette voiture aux courses de clubs organisées sur des circuits non permanents à Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger... le reste du temps il s'en servait quotidiennement mais la circulation à Casablanca était très fluide vers 1960 et les routes dégagées...
Il y avait également sur ces courses deux 356 Carrera avec le même moteur 1500 "Furmhann" à quatre arbres à cames en têtes, l'une appartenait à Kerguen que l'on a pu voir aux 24 heures du Mans sur Aston DB4 Zagato par la suite, que de souvenirs !
J'ai essayé de retrouver la trace de cette voiture il y a déjà une bonne quinzaine d'année dans l'espoir un peu fou de la racheter mais il semble qu'elle ait été débusquée par un rabatteur spécialisé et qu'elle soit chez un collectionneur aux USA. A ma connaissance il n'a été réalisé que 132 exemplaires de la 550.
Ecrit par : Christian Magnanou | jeudi, 22 février 2007
James Dean n'a percuté aucune voiture : il a profité de la puissance de sa Porsche pour éviter en accélérant la voiture faisant un demi tour et se trouvant au milieu de sa route..il y est resté ...
Ecrit par : Emmanuel | jeudi, 22 février 2007
cher emmanuel votre description de l accident de james dean n est pas correcte sachez pour votre information qu il a bien percuté une voiture venant en sens inverse et que celle ci ne faisait en aucun cas demi tour vu qu elle prenait un embranchement entre la route 466 ou se trouvait dean et la route 41 ou voulait aller la ford 1950 custom coupé de donald turnupseed voila pour plus d infos voir la bd de jean graton les dosiers de michel vaillant que celui ci a consacré a james dean et a sa passion pour la course automobile on pourra aussi aller faire un tour sur le site suivant http://www.highwaypatroltv.com/JamesDean2005/ ce site montre une reconstitution de l accident réalisée avec de vraie voitures des acteurs et des cascadeurs pour une émission de la chaine national géographic voila voila continuez comme ca mémoire des stands nous aimons beaucoup ce que vous faites et j avoue je me connecte tous les jours c est pour dire merci de m avoir lu et a bientot..... tonton néné...
Ecrit par : tonton néné | vendredi, 23 février 2007
Un peu choqué tout de même de voir sur un stand Mercedes "officiel" ... une copie ! Les deux 300 SLS ont une belle histoire, même si elle se termine en queue de poisson ... Merci de l'avoir rappelé.
Quant à "repeindre à l'américaine" un superbe roadster pour en fêter ses 50 ans ... L'origine était-elle si moche ?
Ecrit par : Hubert | vendredi, 23 février 2007
1ère photo : nous voici donc chez ...ercédes comme le concessionnaire de Dany Boon à Tourcoing!!!Mais que vois-je ? Notre TTDCB en grande conversation avec le patron pour commander sa future limousine ( TVA décomptée !)... avec une coupe en main ! Où est le Pr Reimsparing?
Ecrit par : françois Coeuret | vendredi, 23 février 2007
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