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mardi, 20 février 2007
Rétromobile 2007, vieilles Françaises en quête d'un regard

Delahaye 135 S (1936)
Cette auto (châssis 47187) débute aux 3 heures de Marseille aux mains de son propriétaire René le Bègue. A Spa, elle signe une deuxième place aux 24 heures, conduite par Le Bègue et Mongin. Elle est modifiée l’année suivante pour répondre au nouveau règlement Sport : installation d’un pare-brise escamotable, d’une capote, ajout de portières. En 1938, l’auto est recarrossée en cabriolet puis après la Guerre, en coupé. 47187 courra jusqu’en 1960 avant d’être découverte par son actuel détenteur qui a confié à la Carrosserie François Cointreau le soin de la restaurer dans son état originel de 1937.

Delage 15 S 8 (1937)
Voiture commandée par le prince Chula, le cousin du prince Bira, en 1937 et assemblée à 95% à partir des voitures d’écurie de 1927. Châssis à roues avant indépendantes conçu par Albert Lory en 1937.

Peugeot 302 DS Darl’mat (1937)
Sur la base de la 302 sortie en 1936, Emile Darl’mat, gros concessionnaire installé rue de l’Université à Paris, retaille un roadster pour le Mans, sur une boutade lancée par le pilote-vedette maison, Charles de Cortanze. Pris au mot, Darl’mat, qui jusque-là bricolait des autos pour ses potes, a donc, avec l’accord de Sochaux, construit trois de ces machines alertes et fluides, dessinées par Georges Paulin et carrossées par Marcel Pourtout, mûes d’une mécanique 402. Après un galop d’essai de 3482 km à Montlhéry effectué par De Cortanze, Marcel Contet et Jean Pujol, feu vert est donné pour Le Mans. Bien en prit à la direction de Peugeot d’avoir entériné le projet car les trois engins se classèrent 7e, 8e et 10e au général, De Cortanze/Serres ratant de peu la victoire en 2 L. Des prestations confirmées en 1938 avec la 5e place au général arrachée par la paire De Cortanze/Contet sur une 402 DS, assortie cette fois de la victoire en 2 L ; prestations qui devaient demeurer jusqu’au début des années 90 comme les meilleures de Sochaux au Mans.

Dommartin (1948)
Cette monoplace fut construite à partir des restes de feu la SEFAC, brièvement évoquée ici, une voiture de course voulue par le gouvernement français en 1935 pour contrer la suprématie allemande, qui fut un flop. La Dommartin connut un sort encore plus bref. Elle est en vente à la Galerie des damiers.

Simca-Gordini 1500 20 S (1950)
Cette berlinette qu’il vaut mieux voir sur une photographie qu’en vrai car elle ressemble à un aspirateur qui aurait avalé une tondeuse à gazon fit partie d’une escouade de sept autos alignées par Gordini aux 24 heures du Mans 1950 dans l’espoir d’enlever enfin la victoire à la distance après avoir moissonné pas mal en catégories et à l’indice de performance. Làs ! on déchanta. Aucune à l’arrivée, la plupart des culbuteurs made in bd Victor ayant opté pour un retour sous le bras de leurs pilotes, parmi ceux-ci, juan-Manuel Fangio et Jose Froilan Gonzales, qui conduisaient l’auto ci-dessus.

DB 750 Sport (1952)
Charles Deutsch, un ingénieur, et René Bonnet, garagiste qualifié d’ingénieux par les thuriféraires de la marque, se rencontrèrent à Champigny-sur-Marne et décidèrent de construire, pourquoi pas, des voitures. En 1950 c’était encore tout à fait possible par deux gus débrouillards. Après avoir mis des moteurs de Traction avant Citroën sur leurs petites machines, ils optèrent pour des mécaniques Panhard. La voiture à l’image a participé aux 12 heures de Sebring en 1952 et 1953, capot baissé. De tout petits détails distinguaient les voitures de course de leurs sœurs qui roulaient en banlieue, un pare-chocs, un pare-brise, et basta.

Matra MS 80 (1969)
Après s’être attaqué à la Matra 640, présentée ici en 2005, et à la MS 10 de 1968, le duo Jean-Paul Humbert/Bernard Balzeau, des anciens de Matra qui ont monté une boîte de restauration, l’EPAF, propose sur le stand qu’il partage avec l’Espace automobiles Matra, cette magnifique MS 80, encore plus neuve que les deux exemplaires qui sont sortis de Vélizy en 1969 et furent conduits par Jackie Stewart et Jean-Pierre Beltoise durant cette saison, avec le titre "constructeurs" à la clé et accessoirement "conducteurs", à l’actif du premier nommé.
Rétromobile 32e édition . Paris Expo hall 7/3 . 16 - 25 février 2007
Site officiel : www.retromobile.fr
Images © MdS
10:10 Publié dans Rétromobile | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : rétromobile, 2007, delahaye 135, delage 1500, peugeot 302, dommartin, gordini




Commentaires
La MS 80 : un chassis monocoque riveté type aviation qui n'aura qu'une saison pour s'imposer en 69 car la CSI impose pour 70 des réservoirs souples incompatibles avec cette architecture
(réservoirs faisant partie de la structure).Bien ventrue , une faible inertie polaire ,elle s'imposa grâce à sa belle homogénéité et un Stewart sobre mais efficace . On la "retrouva" dans la robe de la première Tyrrell fin 70 puis 71/72 .
Ecrit par : MATRA PASSION | mardi, 20 février 2007
Il se peut que le devoir de réserve du TTDCB, prenant le pas sur sa propension à gratter là où cela fait (un peu) mal, l'ait dissuadé d'établir un parallèle entre le flop du projet SEFAC face à l'inexorable mainmise des Mercedes et Auto-Union sur les grands prix à partir de 1934, et la dramatique faiblesse politique française face à la réoccupation de la rive gauche du Rhin décidée par le chancelier allemand peu de temps après ledit flop. Pourtant, ce parallèle n'est pas totalement arbitraire dans la mesure où le chancelier en question offrit aux écuries précitées un soutien à la fois idéologique et financier qui ne fut pas étranger à leurs succès.
Cela dit, les temps ont bien changé, fort heureusement, puisqu'un Lewis Hamilton sera peut-être champion du monde au volant d'une Mac Laren...Mercedes.
Un historien désagrégé
Ecrit par : Un historien désagrégé | mardi, 20 février 2007
Certes, cher "désagrégé" mais le temps a pris son temps pour permettre à un homme de couleur (doux euphémisme) de devenir potentiel champion du monde propulsé par un moteur ....d'outre-Rhin .
Ecrit par : françois coeuret | mardi, 20 février 2007
Quel délice de regarder ces voitures françaises; merci à l'Honorable TTDCB de nous les présenter ainsi.
Même si ...., voici mes choix dans l'ordre:
1/ Delage 15S8
2/ Delahaye 135 S
3/ SIMCA-Gordini 20S 1500
4/ DB Panhard HBR5
5/ Peugeot 302 Darl'mat
6/ Dommartin
7/ Matra MS 80
Je reviendrai un peu plus tard à propos de la Delahaye 135 S et encore plus tard sur la Delage 15S8.
Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | mardi, 20 février 2007
J'ai passé un moment agréable sur le stand de l'EPAF à écouter la saga de la construction de cette 640, qui est même peut-être mieux finie que la première ! Impressionnant aussi, le récit de l'essai qu'en voulut faire Pescarolo lui-même, l'année dernière : 285 km/h, donc semble-t-il plus vite qu'en 1969...
Mais j'ignore toujours pourquoi le volant de cette 640 était à gauche, alors que les autres prototypes Matra l'avaient à droite depuis le milieu de la série des 620. Quelqu'un a-t-il une explication ?
Cordialement à tous,
Michel Lecamp
Ecrit par : Michel Lecamp | mercredi, 21 février 2007
Bonjour,
Je me permets d'apporter une correction à tout ce que l'on peut lire dans la presse au sujet de la CD du Mans.
On parle de 1966,1969, on voit des photos d'une CD (sans ailerons et portant un 'faux' n°52).
On oublie de citer la participation au 24heures 1967, avec celle qui a les ailerons, et dont le 2 est bien le mirroir du 5.
Les photos sont sur www.wmiexplorer.com/DenisDayan
A vos mémoires,
cordialement,
Ecrit par : Bruce DAYAN | vendredi, 23 février 2007
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