vendredi, 16 février 2007

Rétromobile à la campagne

routepoitiers.jpg

Où se rend la famille en ce 16 juin 1933 ? La légende au dos de la photo dit : "Près Chauvigny (Vienne) - Route de Poitiers". 

Louis Vatan, dit "Pépé Louis", pose d'un air conquérant à l'avant de son auto. Renseignement pris auprès de Jean-Louis Mathieu, celle que j'avais identifiée comme une Citroën Rosalie s'avère une Peugeot 201 berline, "normale", précise Jean-Louis, comme si mon grand-père pouvait acheter quelque chose de pas normal. 
Assureur à Cosne-sur-Loire (Nièvre), il faisait partie des notables de cette petite ville qui n'a guère changé aujourd'hui et dont l'une des rares contributions au modernisme reste encore d'avoir donné à la chanson Elodie Frégé, triomphatrice de la StarAcadémie 2003. Cettre brave 201 entre pile poil dans la célébration du 99e anniversaire de Peugeot en compétition, et permet à cette note de ne pas s'éloigner trop de l'ambiance Rétromobile.

Assises sur le marche-pied sont sa femme Jeanne et sa fille Anne-Marie, dites respectivement "Bonne-maman Jeanne" et "Tata Annie". La dame debout est une certaine Andrée. Quant au jeune grimpé sur le toit, c'est leur fils Jean Vatan, qu'un jour j'appellerais papa.

Hitler venait d'accéder au pouvoir en Allemagne. On avait encore six ans de bonheur devant soi mais on ne le savait pas.

10:10 Publié dans Personnel | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : peugeot, peugeot 201, 1933 |

Commentaires

J’aime cette petite note primesautière qui nous rappelle que bien des souvenirs de notre enfance sont rattachés à l’automobile, Charles Trenet et la nationale 7. Votre Papa devait avoir sensiblement le même age que mon récemment défunt père, si j’en crois sa tenue vestimentaire et sa frimousse.

Vous avez raison de dire que ce bonheur des champs fleurant bon la ruralité française ne va durer que 6 années encore. A cette époque, mon Père adolescent avait compris le danger qui se profilait de l’autre coté du Rhin. Comme certains, il en payera le prix fort et en sera marqué à vie !

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | vendredi, 16 février 2007

Un touchant portrait familial très "rétromobile", hommage au passage à papa Jean sans qui MDS n'aurait pas existé et dans une moindre mesure à la 201 que mon père conduisait en 39 juste avant d'être mobilisé (à 94 ans il est toujours peugeotiste et volant encore alerte!!Le seul problème c'est que les flics ne le reconnaissent pas sur la photo de son permis qui est une relique "rétromobile"!)

Ecrit par : françois coeuret | vendredi, 16 février 2007

l'Amour de l'Automobile (avec un A majuscule) remonte à loin je vois. parce qu'a cette époque il ne suffisait certainement pas d'en avoir besoin, encore fallait-il l'aimer.

Ecrit par : Bruno | vendredi, 16 février 2007

Bonjour à Tous !

Que cette photo est belle et attendrissante ! et combien il serait difficile de la refaire dans le même cadre aujourd'hui : la nationale 10 à Chauvigny ne traverse plus les paturages et les champs de blé, mais un enchevêtrement de zones industrielles et commerciales, toutes plus hideuses les unes que les autres (le Futuroscope, gouffre financier du département de la Vienne, n'est pas loin non plus).

On doit bien encore trouver quelques familles (recomposées), qui roulent en Peugeot 307, mais je ne pense pas qu'elles prennent le temps d'une photo, coincées entre le caddy des courses de la semaine, et les fast bad food.

L'amateur d'histoire de l'automobile pourra toutefois pousser jusqu'à l'entrée de Poitiers pour trouver un incroyable musée où s'entassent pêle-mêle, avions, locomotives à vapeur, voitures, jouets, et ustensiles divers.

Si la poussière des lieux ne l'a pas occis, il pourra poursuivre la RN 10 en direction d'Angoulême pour se recueillir non loin de Couhé-Vérac devant la stelle dédiée à Marcel Renault, qui trouva la mort en 1903 dans une courbe passablement élargie depuis (il y a maintenant 4 voies), à l'occasion d'un Paris-Madrid meurtrier (la course sera stoppée à Bordeaux de mémoire).

Pascal

Ecrit par : Pascal | vendredi, 16 février 2007

Désolé "Pascal" de nous remettre sur le bon chemin.

La N10 ne passe pas à Chauvigny.

Chauvigny, très jolie ville situé sur une belle route (N 151) qui relie Poitiers, Le Blanc, Saint Savin sur Gartempe (bourg très cher à George Sand), ... etc.

Quant à Couhé-Vérac, c'est une ville inventée par des historiens.

La commune où l'accident de Marcel Renault eut lieu se nomme "Payré" situé sur le canton de Couhé, arrondissement de Civray.

Entre Poitiers en Ruffec, le monument (signalé) est situé dans une courbe de l'ancien tracé de la N10 proche du lieu dit "Les minières" commune de Payré.

La courbe est toujours accessible par les automobilistes venant de Poitiers et se dirigeant vers Bordeaux; le lieu est une aire de stationnement.

Marcel Renault, encore vivant malgré le choc d'une extrème violence (la voiture fit une rotation de 180° se retrouvant dans la direction de Paris !), fut emmené chez Mr Eugène Foucher, propriétaire au lieu dit "La Ferme du Bourg de Vay".

Acte de décès:
"L'an mil neuf cent trois, le vingt sept mai, à huit heures du matin, par devant nous, Epinoux Louie, Maire, Officier de l'Etat Civel de la commune de Payré, canton de Couhé, arrondissement de Civray, département de la Vienne, sont comparus Tavereau Cyriane, curé, âgé de trente-deux ans et Bernardin Emile, instituteur, âgé de quarante-six ans, demeurant tous les deux au chef-lieu de cette commune, non parents du défunt ci-après dénommé, lesquels nous ont déclaré que Renault Marcel, ingénieur mécanicien, âgé de trente et un ans, né à Paris, quartier de Billancourt, fils de feu Renault Alfred et de dame Magnien Louise-Berthe, sans profession, demeurant à Paris (Seine), célibataire, est décédé au domicile du sieur Foucher Eugène, propriétaire à Bourg de Vay en cette commune, hier, à onza heures trois quarts du soir. Après nous être assurés du décès nous avons rédigé le présent acte dont nous avons donné lecture aux comparants qui ont signé avec nous. Signé: Tavereau, Bernardin, Epinoux"

La suite.... dans les ouvrages dédiés; car si Marcel Renault était célibataire, il avait une amie qui était aussi sa légataire universelle au cas ou............ .

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | vendredi, 16 février 2007

Merci Jean-Louis de me remettre sur le droit de chemin : j'ai confondu Chasseneuil du Poitou et son bossu), et Chauvigny dans un accès de fatigue (après une semaine bien remplie), de délirium, ou de sénilité précoce (biffer la mention inutile si besoin).

D'autant plus stupide, que j'ai organisé une sortie du club911.net à Chauvigny, au mois d'octobre dernier, pour faire découvrir ses églises, son donjon, ses aigles (qui ont du plomd dans l'aile), avant d'aller voir la perle de St Savin (classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, comme certainement vous un jour, ou Patrice Vatan ....)

Si ma mémoire ne me joue pas de nouveau tour, il me semble que ce pauvre Marcel (je l'appelle par son prénom, car ce genre de chose ainsi que le tutoiement sont de rigueur dans la confrérie des pilotes), ait perdu le contrôle de son bolide, après avoir été aveuglé par la poussière de la voiture qu'il suivait.

Pour la Baronne Dudevant, j'ignorais, étant resté à son lieu d'inhumation dans le berry profond (avant la profanation de sa sépulture), non loin de la Châtre (incorrigible que je suis, on disserte géographie et littérature, et voici que je reviens sur un lieu de sport automobile ....)

Pascal

Ecrit par : Pascal | vendredi, 16 février 2007

Chauvigny, ville superbe, dont la richesse fut extraite de son sous-sol: la célèbre et très belle pierre de Chauvigny.

Saint Savin, son abbatial immense et belle au pied de laquelle coule la Gartempe qui passe sous un pont médiéval. Le fantôme d'un Alfred - de Musset ou de Vigny je ne me souviens plus - y rôde souvent.

Ces deux villes sont mises en exergue dans le Pavillon de la Vienne au sein de Futuroscope, un lieu à la gloire de son fondateur, ancien garagiste Peugeot de Loudun, René Monory.

Pavillon de la Vienne qui offre quelques sueurs à ses visiteurs pour un survole de la Gartempe, un rodéo en voiture dans un bourg et un tour extraordianire sur le circuit de Val de Vienne.

Votre mémoire est excellente quant aux circonstances du terrible accident; mais ce n'est pas de la poussière soulevée par le véhicule qui le précède qui en sera la cause.
Emporté par la fougue, il ne vit pas le drapeau bleu, planté sur le bord de la "route", signalant une courbe; Marcel Renault venait de dépasser Maurice Farman (futur constructeur d'avions) et Léon Théry quelques centaines de mètres plus tôt.
Les témoins dirent qu'il roulait très vite et qu'à cette vitesse il lui fut impossible de négocier la courbe qui plus est se refermait.
Les roues de gauche se soulevèrent, la voiture ne roulait plus que sur ses deux roues de droite jusqu'au moment où la roue avant s'affaissa dans une saignée, fraîchement percée pour l'arrosage de jeunes arbres; la voiture stoppée nette de l'avant pivota sur son axe, Marcel Renault, éjecté la tête la première, percute le bord du fossé et prend sur le derrière du crâne la voiture qui pivote. Il gît assomé et inanimé; pas très loin de lui, Vauthier, son mécanicien, se relèvera porteur de blessures sans gravité.

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | vendredi, 16 février 2007

Et aujourd'hui dans cette belle région , le circuit du Vigeant et Sport et Collection entre autre , à ne pas manquer cette année , ils promettent de faire le maximum pour les 60 ans de FERRARI

Ecrit par : L'Abominable Christian | dimanche, 18 février 2007

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