vendredi, 08 décembre 2006

Jacques Laffite

laffitenoir.jpg

Ah, ce qu’on a pu lui reprocher son dilettantisme, son indiscipline, son manque de concentration, à Jacques Laffite ! Pourtant, s’il avait uniquement démontré les qualités opposées : professionnalisme, rigueur, concentration, mais seulement elles, eût-il bâtit une carrière qui, forte de 174 Grands Prix disputés, six victoires, sept pole positions et six meilleurs tours, le désigne comme le troisième pilote français le plus capé ?

Contrairement à beaucoup de ses futurs collègues, Jacques Laffite, adolescent, ne s’intéresse pas à l’automobile. Il vit la jeunesse dorée qu’un fils de bonne famille du XVIIe arrondissement parisien peut s’offrir dans les années soixante, à l’ombre d’un père, directeur de société. À l’âge de 25 ans, le jeune homme n’a pas d’horizon professionnel, ayant raté son baccalauréat et séché les cours de Droit auxquels son père l’avait inscrit pratiquement de force.

medium_0223.jpgL’unique activité qu’on lui connaît consiste à fréquenter un grand blond rencontré en 1957 dans une patinoire, lequel se pique en 1966 de délaisser les patins de vitesse pour l’automobile en participant à la Coupe R8 Gordini. C’est Jean-Pierre Jabouille. Laffite prend son sillage, occupant deux saisons à l’assister (J’ai commencé à fréquenter des gens de l’automobile. Je voyais Cevert, Beltoise, Pesca. Tout le monde me connaissait comme le grouillot de Jabouille). Sans le savoir il avait trouvé sa voie.

Alors qu’il est aux sports d’hiver en compagnie de Jabouille, en 1968, Jacques est remarqué pour la pureté de ses trajectoires par Hubert Giraud, un riche coureur amateur, qui, séduit par ce jeune, inconscient de son propre talent, propose de lui offrir une formule France. Jacques s’inscrit à l’école Winfield de Magny-Cours et décroche derrière Jean-Luc Salomon la deuxième place du Volant Shell 1968, ainsi que la Martini F3 qui va avec.

1969 marque ses débuts dans la course automobile. Bien aidé de Tico Martini, dont il a fait la conquête à Magny-Cours, Laffite réussit au cours de cette difficile saison d’apprentissage à faire deux places de troisième… à Magny-Cours (À Nogaro, je suis parti en 1ère ligne. A Magny-Cours j’étais sur la même ligne que Jabouille. Ca me faisait marrer. En course il a chauffé, je voyais son moteur fumer. Je suis revenu sur lui et je l’ai passé). Le manque d’argent complique les choses. Son père ne l’aidant pas, Laffite vit d’expédient. Installé à Magny-Cours où il bosse pour Tico, il choisit en 1970 de redescendre en Formule France, laquelle devient Formule Renault en 1971. Il y demeure deux ans, glanant un total de treize victoires et empochant le titre de champion de France 1972 de la spécialité.

Avec le soutien de BP, qui l’aidait déjà l’année précédente, Laffite remonte en F3 en 1973 et réalise une saison remarquable : huit succès dont un à Pau et un à Monaco. Les Alpines de Michel Leclère et d’Alain Serpaggi, grandes rivales, sont battues et un second titre de champion de France, en F3 cette fois, se matérialise. Tout naturellement, voilà Laffite en F2 en 1974. Sur la March 742 du BP Racing, il termine troisième au championnat d’Europe avec une belle victoire au Salzburgring. Mais c’est surtout la confiance que lui témoigne Frank Williams en lui confiant à partir du GP d’Allemagne le volant d’une de ses FW02 qui le lance au niveau international. Jacques ne fera pas de merveilles en cette demi-saison d’apprentissage ; il se place simplement sur le marché.

laffitedeux.jpg

1975 est sa grande année : il est sur tous les fronts. Il survole et enlève le championnat d’Europe F2 au sein de l’équipe Elf-Ambrozium. Six victoires sur la Martini MK16 - première F2 construite par le « sorcier de la Nièvre » - sanctionnent l’efficacité du duo Tico Martini/Jacques Laffite en qui certains dans la presse de l’époque voient la résurrection du tandem Chapman/Clark… En F1, où il donne à Frank Williams une deuxième place au Nurburgring, le bilan est modeste ; l’écurie est à court d’argent. Enfin trois succès sur une Alfa 33 sport en compagnie d’Arturo Merzario contribuent à installer notre homme sur une orbite haute.

Guy Ligier ne s’y trompe pas quand il appelle Laffite un soir de novembre 1975. Serait-il disponible pour essayer sa nouvelle F1 au Ricard ? Jacques répond que Beltoise est là pour ça, et d’ailleurs n’est-il pas le pilote officiellement désigné ? Ligier insiste. On connaît la suite d’un épisode lamentable d’où l’honneur ne sort pas intact mais dont Laffite extraira sa carrière en F1. Lui-même n’a rien à se reprocher dans l’affaire, c’est de l’honneur de Ligier qu’il s’agit.

laffitesuede.jpg

Débute au GP du Brésil 1976 une association longue de neuf saisons, interrompue en 1983 et 1984 par un épisode Williams. Ca marche tant bien que mal au début ; l’équipe est peu rôdée, on y parle anglais comme dans une cour de récréation, Laffite a du mal à se concentrer, surtout sur les courses où les rivières à truites lui font déserter le paddock trop tôt, et puis il y a Guy Ligier qui plombe l’ambiance par sa présence lourde, son caractère impossible. Et pourtant Dieu sait si on l’a aimée cette Ligier n°26, à laquelle nous rendions invariablement visite lorsque notre route nous dirigeait vers un parc fermé.

Ne serait-ce qu’en Suède où la chance a voulu que, debout dans la tribune de bois face à la ligne de départ, les yeux humides, nous assistâmes en 1977 à la première victoire du Jacques.

Nous avons encore en mémoire l’admiration de notre ami Gilbert Monceau, laffitiste de la première heure, au passage de son favori dans le droit après les stands. Laffite, d’après Gilbert, faisait un truc qu’il était seul à faire parmi tous les pilotes, il rentrait ses vitesses d’un bloc, à la volée, en un même mouvement. C’était l’occupation préférée de Gilbert sur les circuits : écouter Laffite descendre ses rapports…

medium_laffitetico.jpgL’abandon du V12 Matra au profit du Ford Cosworth et l’arrivée de Patrick Depailler comme deuxième pilote dans une structure qui jusqu’alors n’en avait compté qu’un, dynamisent l’équipe Ligier Gitanes en 1979. Laffite gagne les deux premiers Grands Prix, signe quatre pole positions et fait à deux reprises le meilleur tour. 1980 est du même tabac, avec une victoire et quatre podiums.
Il frôle le titre mondial en 1981 sur une JS17 qui a récupéré le V12 Matra, en montant sur sept podiums dont deux fois sur la plus haute marche.
Il est à six points de Reutemann, en tête du championnat, lors du dernier GP, à Las Vegas, et il est permis d’estimer que sans les errements de son équipe qui n’a pas su l’arrêter à temps pour changer ses pneus, il aurait pu gratter Nelson Piquet sur le fil.

A l’issue d’une saison 1982 catastrophique dont il ne récolte que cinq points, Jacques est contacté par Frank Williams pour venir épauler Keke Rosberg. Mettant en balance le contrat avantageux que lui offre son ancien patron des années 70 et l’enlisement technique qui obère l’avenir de l’écurie Ligier, Laffite n’hésite pas. Il s’expatrie avec femme et enfants dans la Perfide Albion. Jamais surnom n’a été aussi justifié pour qualifier sa terre d’accueil durant les deux années passées chez Williams, au cours desquelles le Français allait subir vexations et mépris. Une situation incompréhensible qu’il ne s’expliquera pas, qu’on résumera aux points marqués en 1983 et 1984 : 40,5 par Rosberg et 16 par Laffite, souvent plus rapide mais beaucoup moins bien servi…

Fin 1984, Guy Ligier, à la recherche de sang neuf pour motiver son écurie en désarroi, sort Jacques du guêpier anglais. Un Laffite affichant 41 printemps (!) reprend donc du service sous son cher numéro 26, cher au point de détenir, avec 133 GP courus sous ce dossard, le record de la plus longue association pilote/numéro de course. Il se hisse à trois reprises sur le podium en 1985. Faisant mentir certains observateurs qui l’estimaient fini, Laffite s’avère combatif et teigneux lors de ses deux dernières années en F1. Il fait troisième à Rio, mène à Détroit, avant que le terrible accident de Brands Hatch en 1986 ne le condamne à la retraite.

La retraite consiste, pour un pilote de F1, à piloter des autos presque aussi rapides et puissantes, souvent plus dangereuses que celles qu’il conduisait dans sa vie active, aussi retrouve-t-on Jacques en Super tourisme dès 1987, puis en GT, DTM et même au Paris-Dakar. La jeune génération apprendra à connaître ce grand bonhomme par le biais de TF1, où il commente les Grands Prix depuis 1997.

Quatrième d’une famille de six enfants, Jacques Laffite a lui-même engendré une tribu : Camille, Marguerite, Pierre, Joséphine et Paul. Moi je suis un mec heureux, et pour être heureux, il faut être généreux, déclarait-il à Pierre Ménard pour Automobile historique.
Sa vie tient dans cette sentence.



Jacques Henri Sabin Laffite
France
Né à Paris le 21 novembre 1943



Laffite en penseur © Jean-Paul Orjebin
Laffite sous coke © Jean-Paul Orjebin
Laffite 2e au GP d’Allemagne 1975 © Guy Royer
Laffite 1er au GP de Suède 1977 © Guy Royer
Laffite et Tico Martini © Jean-Paul Orjebin

10:20 Publié dans Biographies françaises | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : jacques laffite, ecurie ligier |

Commentaires

En 1972,J-H Laffite avait gagné le titre de Formule Renault après une superbe lutte avec Alain Cudini qui pilotait une Alpine.Je me souviens notamment dune super course à Montlhéry(Coupes du Salon ?)entre les deux et gagnée par...Cudini.

Écrit par : Jacques Rivaud | vendredi, 08 décembre 2006

Laffite était l'un des symboles d'une époque où les pilotes français trustaient les podiums (comme Arnoux, Depailler, Jabouille, Jarier, Pironi, Tambay...) Prost étant un cas à part.

Mais quelque part, Laffite possédait les tarres qui allaient être fatales à la génération suivante de tricolores: dilettantisme, mauvaise maitrise de l'anglais (et aucune volonté pour s'expatrier, alors que les jeunes pilotes Brésiliens débarquent par avions complets en Grande-Bretagne) et parfois un ego surdimensionné...

Écrit par : Joest | samedi, 09 décembre 2006

Bien sur on peut considérer comme tares ce que d’autres estiment être le supplément d’âme qui fait la différence entre l’homme de l’art et l’homme d’affaire, entre la réussite et le bonheur.
Je sais pour l’avoir croisé quelques fois par l’intermédiaire d’un ami commun que Jacques fait partie de cette race en effet en voie de disparition pour lequel une bonne ambiance valait plus qu’un contrat juteux .

Écrit par : orjebin | samedi, 09 décembre 2006

N'allez pas chercher de raisons politiques dans ma signature orjebin plutot que gianpaolo,ce n'est pas non plus un coming-out, c'est plus prosaïquement une erreur de manipulation

Écrit par : gianpaolo | samedi, 09 décembre 2006

Le jeunes brésiliens débarquaient par avions complets en GB ... Ah bon ?

A part Fitti et Piquet, que sont devenus les autres ?

Sont ils toujours "immigrés" sur le sol brittanique ?

Ou "re-charterisés" en direction de Rio après avoir galéré pendant des années et s'ètre endettés jusqu'au cou ?

Écrit par : jc arnold | samedi, 09 décembre 2006

Joest, vous lui reprochez quoi, à Jacquot, en somme?

De pas z'être mort au champ d'honneur...Vous en parleriez sans doute autrement.

Écrit par : Francis Rainaut | samedi, 09 décembre 2006

A part les fréres FITTIPALDI et Nelson PIQUET , il y eut bien sur , "l'inoubliable" Ayrton SENNA da SILVA !!!

Mais aussi toute une cohorte de Brésiliens et aussi de Sud-Américains :

Dans le désordre :

Chico SERRA-Hector REBAQUE-Raul BOESEL-Maurizio GUGGELMIN-Roberto GUERRERO-Maurizio Sandro SALA-Carlos PACE (lui aussi trop tot disparu)-Elizeo SALAZAR-Pedro DINIZ, etc...

Tous , soit FORTUNES soit extrémement bien soutenus financiérement.

Plus récemment , BARICHELLO et MASSA

Écrit par : gilles gaignault | samedi, 09 décembre 2006

Et TOUS ces PILOTES que vous CITER ont TOUS courrus en GRAND PRIX ce qui démontre qu'ils n'étaient pas si mauvais

Écrit par : christian calinet | samedi, 09 décembre 2006

Pedro Diniz n'était-il pas Portugais ? En dehors de Barrichello,Massa et Pace,il faut bien reconnaître qu'ils n'ont pas laissé un grand souvenir en F1...Le fait d'être fortunés leur a ouvert les portes de certaines écuries comme le Mexicain Rebaque( sur Brabham ?)mais pour prendre son cas,il était vraiment loin de Pedro Rodriguez et de son frère Ricardo sur le plan du talent.

Écrit par : Jacques Rivaud | samedi, 09 décembre 2006

Il a manqué peu de chose à notre jacquot pour obtenir un palmarès plus important en F1, le petit rien au niveau voitures vis-à-vie de la concurrence, cela n'enlève à son panache pour une victoire le désir de réussir au mieux chacune de ses courses en F1.

N'oublions pas sa prération pour les grands prix en passant par les disciplines FR, F3, F2 ainsi que les Sport-Prototype où il a remporté énormément de victoires par sa combativité,et la gérance de ses courses lorsqu'il prenait le commandement.

Bravo cher Jacqus Laffite avec qui c'est toujours un plaisir de rencontrer et discuter.

MOMO

Écrit par : maurice (momo) | samedi, 09 décembre 2006

Pedro DINIZ était bien de nationalité brésilienne et fils de l'un des plus importants propriétaires des grandes surfaces dans son pays et notamment d'un joint-venture avec le groupe français CARREFOUR.

Écrit par : gilles gaignault | dimanche, 10 décembre 2006

en Sport Automobile, il y a eu les gentlement drivers: style Bonnier, Ickx.
les surdoués: Clark, Senna.
les professionnels: Lauda, Schumacher.
Jacques Laffite, lui, a inventer un classe à part: celles et les rigolards. et pas dénouer de talentS

Écrit par : Bruno | dimanche, 10 décembre 2006

Laffite avait du talent. C'est sur que s'il était plus sérieux, il aurait remporté plus de victoires. Mais, après tout, son palmarès fut déjà assez remplis.

Le problème des pilotes français de la génération suivante, c'est qu'ils avaient le même dilletantisme, mais sans avoir le charisme et surtout la vitesse de pointe de notre Jacquot national.
Pour prendre des exemples extrèmes, à 10 ans, Alonso s'est exilé en Italie pour courir en karting. C'est dire sa motivation. Alors que lorsque Jabouille, alors directeur de Peugeot Sport, prropose à Aiello d'aller tester la McLaren/Peugeot, sa reaction est: "Qui va payer mon billet d'avion?"

Pour les brésiliens, tous les ans, il y en a quelques uns qui débarquent chaque année en championnat britannique de F3 ou Renault World Series. Les uns retournent au pays quelques saisons plus tard, les poches vides, mais d'autres progressent jusqu'en F1, voilà pourquoi il y a toujours 2, 3 voir 4 pilotes en F1, alors qu'il n'y a ni constructeur, ni gros sponsor brésilien.

Écrit par : Joest | dimanche, 10 décembre 2006

ah ouais ! schumacher un............. professionnel ..............Des mauvais coups!!!????

Écrit par : Chou marreur | lundi, 11 décembre 2006

Rigolard, Jacques? Pas exactement. Drôle, oui, éminemment sympathique et intelligent surtout.
Nous nous sommes rencontrés pour la première fois, en 68 je crois, dans un atelier parisien. Tous deux les mains dans des gamelles de gazole, à nettoyer religieusement les pignons de boîte Hewland qui de Jean Pierre Jabouille, qui d'Hervé Bayard.
En circuit, quand le Volant Shell m'a fait débuter directement en F3, Jacques était "redescendu" en Formule Renault. En intersaison 71/72, nous sommes par hasard sur la piste ensemble, en essais privés de nos monoplaces à Magny-Cours: Que font deux pilotes seuls sur un circuit? La course, bien entendu! Je l'ai suivi un moment: il pilotait très vite et avec une précision, une sécurité étonnante pour moi. Retour au stand, On discute de style de pilotage. Très sérieusement. Combien de tours peut-on piloter à 90, 100 ou 110% de ses possibilités? Gagne –t-on du temps à être toujours "à donf'" ou vaut-il mieux réfléchir un peu? Etc… Course et technique pendant une, deux heures? En tout cas, tout sauf pêche à la truite.
Je suis donc ennuyé de lui voir systématiquement collé cette étiquette de "dilettante" qui "aurait nui à sa carrière". Pourquoi?
1/ J'aurais aimé avoir le même palmarès que lui.
2/ Ce n'est pas être dilettante que de savoir se relaxer, sortir de cette tension infernale de la course, savoir aller à la pêche à la truite, et revenir au circuit parfaitement détendu et prêt à l'attaque.
3/ Son comportement a paru parfois détaché dans l'écurie Ligier. Je pense surtout que cela lui a évité des bagarres stériles.
4/ Il s'est lui-même forgé cette image de "dilettante" au fil des années. Chacun sa forme de cuirasse pour ne pas avoir à parler de choses sérieuses, expliquer la tension et l'angoisse. D'autres étaient renfermés, grognons, râleurs. Lui riait, faisait des farces. Et accessoirement aurait pu être champion du monde de F1.

En 1985, je m'arrête au Castelet, attiré par le hurlement d'une F1 en essai. A midi, fin des essais, nous nous replions mon épouse et moi au restaurant en face.
Jacques Laffitte entre, me voit, un grand sourire et il vient à notre table. Présentations puis on discute un bon moment. Deux copains. J'avais pourtant coupé tout contact avec le sport auto depuis 12 ans. Peu, très peu d'autres pilotes croisés au hasard m'ont fait ce plaisir d'être naturels. J'allais dire bien élevés, mais c'est tellement ringard!

Ah! Si, Jean Ragnotti. Il faisait des essais de la monumentale 5 Turbo Cévennes sur le circuit du Luc, où j'étais par hasard –Comment? ce n'est pas par hasard?… Heu! non, pas vraiment mais vous savez ce que c'est: même quand on se croit guéri, il suffit d'un écho, puis d'un claquement d'échappement ou d'un sifflement de turbo… Enfin, je m'approche des deux R5 Turbo, des mécanos et je reconnais Jean en discussion avec Bernard Chatriot: moult mouvement de mains de bras, de balancement de tête: Evident, ils parlent de trajectoires, de courbes, d'appuis. Je ne tiens pas à les déranger, je suis là "en touriste", avec mon épouse, quand Jean me vois: Il m'interpelle, viens vers moi, me présente Bernard Chatriot. Bref, il a interrompu sa séance d'essai officielle un bon moment pour le plaisir de discuter ensemble, il savait qu'il me faisait plaisir.
Tiens mais j'y pense, Jean Ragnotti était aussi considéré comme trop relax, trop "comique" . Lui aussi n'est pas passé loin d'un titre mondial. Gagner le tour de Corse avec ce monstre qu'était la 5 Turbo ne se fait pas sans un entraînement intensif….
Les pilotes de haut niveau n'étaient pas obligatoirement caractériels et mal élevés…

Écrit par : guy dhotel | lundi, 11 décembre 2006

marreur ! vous ne devrier conserverque le chou. mais faites le bien cuir.

Écrit par : Bruno | lundi, 11 décembre 2006

Laffite, le genre de gars qui vous court après dans la foule pour vous ramener le capuchon de l'onyx marker que vous avez fait tomber et avec lequel vous lui avez fait signer le tee-shirt Ligier-Gitanes. "Et pan , au-dessus de Depailler !" Faut dire que nous sommes à l'intersaison 78/79 et beaucoup le voyaient déjà bouffé tout crû par le rapide Auvergnat ... Ragnotti aussi, "boxait" dans la même catégorie. Un seigneur, mais quelle gentillesse en dehors de l'auto ...

Écrit par : Marc Ostermann | lundi, 11 décembre 2006

On enlève le chapeau à "cru" et on le soulève pour ces deux gars-là !

Écrit par : Marc Ostermann | lundi, 11 décembre 2006

Bravo, bravo, bravo Guy !

C'est exactement ce que j'avais à dire à propos de Jacques Laffite . Mais venant de ta part, celà n'en prend que plus de valeur .

Encore bravo et merci .

Écrit par : jc arnold | lundi, 11 décembre 2006

A peine le temps de répondre à Guy et voilà que Marc nous rejoint au club "Touche pas à mon Jacquot" (Ca marche aussi avec Jeannot) .

Respect .

Écrit par : jc arnold | lundi, 11 décembre 2006

Pour completer ce vibrant hommage, voici un film sur Jacques Laffite, de 5 petites minutes, réalisé par notre ami Tsubasa:

http://www.youtube.com/watch?v=to9fBQVFx6s

Écrit par : Ayrton S. | lundi, 11 décembre 2006

SUPER et MERCI pour ce beau raccourci de la magnifique carrière de Jacques Laffite,notamment en F1, 6 Victoires il faut les faire!!Encore que si il n'avait pas été irrémédiablement embarqué à l'intérieur de Paddock Bend, Jacques en aurait "accroché" bien d'autres...Si je peux remettre la main sur la grille de temps aux éssais de Magny-Cours sur le Circuit de Monsieur Bernigaud en 1969, lui dans sa Martini gris-métallisée, moi dans ma Tecno, je reverrais que nous étions ...dans la meme seconde, souvenirs,souvenirs...

Écrit par : LIBERT | jeudi, 14 décembre 2006

Jacquot...è un mito, l'ultimo vero guascone di una f1 fatta d'amore, passione , gioia
agonismo limpido......

Écrit par : fabrizio | samedi, 16 décembre 2006

C'est avec beaucoup de plaisir que je découvre un site concernant Jacques LAFFITE, ce pilote avait pour moi l'envergure d'un Champion du Monde malgré ce que j'ai pu lire (Tarre, dilletante, enjoueur après tout cela ne dérange personne)... à tous les intervenants de ce site je voudrais rappeler une grande victoire en formule 1 de notre Jacques.

C'était le 27 septembre 1981 à Montréal, sous une pluie battante, Jacques LAFFITE remportait un merveilleux grand prix du canada à bord d'une ligier devenant restreinte dans ses performances.
Une victoire magistrale faisant de LAFFITE un des maitres sous la pluie, ce fut également le dernier triomphe de notre jacquot en formule 1, il termina 4éme du championnat du monde à 6 points de Nelson Piquet sacré Champion du Monde cette année la!!

Seule la réussite à manquer à notre Jacques pour conquérir ce "graal", réjouissons nous que ce pilote soiT encore vivant et que nous puissons écouter ses commentaires lucides, objectifs et teintés de bon sens concernant la formule 1 sur TF1.

Écrit par : patrickgouellain | dimanche, 17 décembre 2006

mr jacque laffite j/ai 66 ans et j/aimerais savoir si un certain jacque laffiteque j/ai connu tres jeune en vacances a ternantueil dans les deux sevres chez mr etmme planquet serai ce grand pilote que vous etres je vous remercie si vous etes ce meusieur faite mois le savoir j/habite au mans se voir a l/occasoin merci

Écrit par : looten bernard | lundi, 16 juin 2008

Spa - Francorchamps. Quelle année ? Sais plus trop : "85 ou "85 ? Mais je me souviens de l'époque : celle où les commissaires de piste commençaient à sentir le pâté dans les paddocks d'une F1 en passe de devenir l'usine à fric qu'elle est restée. Nous n'y étions plus guère que tolérés. Pas assez propres sur nous, sans doute.
Et puis, pour tout dire, les étoiles montantes (dont certaines bien filantes...) n'attiraient guère la sympathie. S'ils la cherchaient. Exit, le petit lien magique, celui qui faisait que tu savais qu' "ils" savaient que tu dépasserais tes limites pour eux, si nécessaire.
Laffite, Monsieur Laffite, était l'un des derniers représentants d'une race en voie d'extinction. On les appellait les "gentlemans drivers", je crois. De ces grands bonshommes qu'un commissaire rentrant crotté de son poste en bord de forêt ne dérangeait pas, même s'il cherchait un sourire voire - outrecuidance suprême aux yeux de certains blancs-becs - demandait un autographe.
Croiser Jacques Laffite, c'était toujours l'assurance d'un clin d'oeil, d'un petit mot sympa au passage, d'un sourire. Et pour les autographes, c'était sans problème sauf s'il jouait aux cartes. Sacré, ça, la partie de cartes ! Mais là, entre initiés, on savait et on lui foutait la paix : respect mutuel, ça s'appelle ;-)
Bref, de ce côté la aussi, Jacques Laffite était et restera un grand pilote. Chapeau, et merci, m'sieur Jacques !

Écrit par : Patrick Germain | vendredi, 27 juin 2008

bien vrai Patrick.
en 1978, je suis rester presque un quart d'heure à discuter avec Ligier, Jabouille et Laffite, au fond du paddock de Monaco. Jacques prenait tout à la rigolade.
et puis l'heure est venue d'aller je ne sais plus ou. et ils nous a dit: "bon ben. .. c'est pas tout ça. mais quant faut y aller. faut y aller"
il a enfourcher sa Mob qui était là. et il est partit en faisant "bram bram bram"

Écrit par : Bruno | dimanche, 29 juin 2008

Grand prix d'Allemagne 197...? Samedi soir, à une trentaine de kilomètres du Nurburgring, dans un petit village. Nous commençons mon amie et moi à rechercher un logement en vue d'assister au Grand Prix le lendemain. Nous quittons la route principale vers ce petit village et nous arrêtons à une Gasthaus pour tenter de trouver une chambre. Garé devant, un camion aux couleurs de NOREV transportant la Surtees sur laquelle courait alors le Grand Henri PESCAROLO. .. Nous entrons dans la salle commune, bruyante et enfumée, et remarquons immédiatement une tablée composée du grand Henri, de notre Jacquot national et de son épouse, et de Johny RIVES. La passion fut la plus forte et je me dirigeais immédiatement vers leur table pour les saluer et leur dire toute mon admiration. Accueil très sympathiqe de la part de tous. Je m'enquis des temps d'Henri aux essais, celui-ci me répondit qu'il n'avait pas pu faire un temps lui permettant de se qualifier (malheureusement, sa voiture était une "chignole", c'est moi que le dis). Ils nous ont accueilli à leur table pendant une dizaine de minutes, aux termes desquelles nous leur avons dit que nous recherchions une chambre. Henri, qui allait rentrer sur la France par suite de sa non-qualification, est alors allé voir le patron et lui a dit que j'étais son frère et qu'il me laissait sa chambre. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de deux de nos plus grands champions et d'un éminent journaliste auto dans des circonstances bien sympathiques que je ne suis pas prêt d'oublier.

Écrit par : Philippe HUART | dimanche, 29 juin 2008

GP d'Allemagne 76, Philippe. Merci pour votre sacré bon commentaire. On a dû se croiser car j'y étais aussi. Fort aise d'avoir assisté au dernier GP sur le Ring, enfin le vrai Ring, quoique le soir de la course on ne pavoisait pas. J'en ai parlé ici : http://memoiresdestands.hautetfort.com/archive/2006/07/25/et-pourtant-tout-avait-bien-commence.html

Écrit par : Mémoire des Stands | dimanche, 29 juin 2008

Boute en train, Lafitte ? Allons donc !

Juste un peu gamin tendance scato de temps en temps ...

Les quelques dizaines de français présents sur le circuit du Mt Fuji en 1976 se souviendront certainement de la petite phrase balancée par notre Jacquot national sur tous les hauts parleurs du circuit .
Au journaliste TV nippon qui, une demi-heure avant le GP, lui demandait (en anglais) comment il allait s'occuper jusqu'au moment du départ, il lança, micro en main et devant un parterre de fans médusés (dont moi) .
"Ben, je vais commencer par aller faire un gros caca"

J'en rigole encore ...

Écrit par : jc arnold | lundi, 30 juin 2008

Vous étiez au Fuji en 76, Jean-Claude ?
(Putain...)

Écrit par : Mémoire des Stands | lundi, 30 juin 2008

Si vous me permettez cette publicité informative, l'excellente revue F1 Modeling (en japonais dans le texte), qui renaît de ses cendres, a consacré un N° spécial à Fuji 76, à consommer sans modération :

http://www.hlj.com/product/THO40709

Écrit par : Gurneyflap | lundi, 30 juin 2008

Et moi je ne saurais que recommander votre site, une vraie mine d'or pour tous les amoureux des détails de nos chers bolides. J'en use et abuse souvent... Bravo pour le boulot !

Écrit par : Marc Ostermann | lundi, 30 juin 2008

Des souvenirs de Laffitte ! moi yen à avoir deux !

Dijon 1977 : je suis chez mon cousin afin d'aller assister au Grand Prix...Ma tante qui bosse aux galeries lafayette nous dit qu'il y a une sénce de dédicace avec Jacquot et Guy. On enfourche nos vélos cross (des solex sans moteur !!!) et nous foncons. Aux galeries c'est l'émeute...On récupère 2 ou 3 BD "le défi bleu" et des cartes postales mais difficile d'approcher les deux idoles...; coup de chance, une autre séance de dédicace est prévue dans un petit centre commercial. Nous prenons les devants et y foncons. On se fait doubler par la Porsche 924 (ou 928) de Jacquot et Guy... Lorsqu'on arrive, c'est toujours aussi compliqué de les approcher. Je ne sais comment, mais nous apprenons qu'il y aura une autre seance dans une autre centre commercial. Nous enfourchons à nouveau nos montures, bien décidé cette fois à être en avance. Nous y sommes. Personne ! mais l'affiche annoncant l'événement est bien la. On s'attable à un troquet avec deux limonades... Et les deux idoles arrivent ! Ils s'attablent et il y a toujours personne ! Nous prenons notre courage à deux mains, nos BD et nos cartes, et nous approchons... Il fait tres chaud et Guy transpire devant son pastis pendant que Jacquot discute avec la serveuse ! Nous avons poliment demandé nos autographes, et avons échangé quelques mots... C'était le pied : il étaient la pour nous tout seul...finalement après 15mns, ils décident de partir. Et Jacques nous dit "au revoir" Nous reprenons également nos montures... Et sur la route, coup de klaxon, bras levé par la portière, Ils nous doublent avec un petit signe de la main... C'était le bonheur pour deux ados de 16 ans !

Ricard 89 : Cette fois je suis dans le sein des seins puisque le jeudi soir je dine dans l'hotel restaurant connu pour accueillir la soirée ELF. Et cette fois étant introduit, mon voisin de gauche est....Johnny Servoz Gavin !!!! Mon coeur bat la chamade ! Jacques est en face de moi ! Je ne sais plus ou donner de la tete... Histoires, souvenirs etc... Johnny s'étonne de produire autant d'effet sur moi ! et je raconte à Jacques notre entevue de 1977 !!! Jacques plaisante à tout va... A une table à coté se trouve son beauf, le grand blond... et Jacques de me piquer mon appareil photo pour shooter Jabouille qui est obligé de chausser des lunettes pour lier le menu " Zavez vu, il est aveugle le grand...la maintenant on a la preuve !" Clic clac, la photo est dans l'appareil... Il faudra que je la publie quelque part maintenant...

Écrit par : De passage | mardi, 01 juillet 2008

J'aime beaucoup Jacques Laffite, c'est un très bon Mr. qui maintenant est à la retraite et qui est consultant à TF1 pour expliquer au gens quand il y a des grand prix à la télévision, les partis techniques des circuit. Lui qui était pilote dans les année 1960.

Écrit par : léo | lundi, 04 août 2008

Le Laffite d'aujourd'hui commence à faire un peu papy. Avec ses "Hep là! Attattation!!! Y va avoir un accident, ce garçon!", c'est loin d'être l'Albaladéjo de la course automobile.
Est-ce pour cela que beaucoup ici semblent avoir oublié qu'il a été un grand champion? Ou est-ce que le rapport 6 victoires/174 GP semble un peu étriqué? Peut-être aussi paye-t-il son côté valet de comédie, moins reluisant que les grands rôles du répertoire (champion du monde Brésilien, héros romantique tragiquement disparu, etc.)?
Bon.
Déjà, il faudrait se rappeler que, au moins jusqu'au début des années 80, les voitures était de misérables boîtes de conserves dont il valait mieux ne pas perdre le contrôle. Celui qui a réussi à enfiler 11 saisons avant de devoir arrêter sous la contrainte démontre au moins une certaine réussite et, au minimum, un peu d'audace. N'oublions pas non plus qu'il a commencé avec les pauvres Williams de 74-75 et qu'avant 79, les Ligier manquaient pour le moins de constance. Voilà pour le ratio pas très favorable.
Quant au dilettantisme... Evidemment, question concentration, le mec n'était pas un samourai à la Stewart-Prost-Senna. Mais on n'est quand même pas loin de la grande classe... Il suffit de voir ce qu'il a fait avec une bonne voiture dans les mains - la Martini de 75, les Alfa 33, les Ligier. Que dire d'autre si ce n'est qu'il semblait incroyablement plus sympathique et vivant que tous les gamins sans aspérités qu'on voit à présent à la télé le dimanche après-midi?

Écrit par : Susan... | lundi, 04 août 2008

salut .pourquoi jacque.laffite il a la haine contre la ferrari et ces pilotes il explose de joie quand un malheur ou un incident viens a la ferrari ;quand il s'agit d'une voiture renault il commente que du bon et du bien .et bien sur un pilote francais meme sil n'est pas a la hauteur.je pense que ce n'est pas sportif tout ça s'incerement il ya des millions qui pense comme moi je sais que ta reaction ne sera sportif aussi mais tu es plus previligier que moi .

Écrit par : naceur | dimanche, 19 octobre 2008

Laffite, un excellent pilote qui aurait pu devenir champion du monde s'il avait été un peu plus assidu dans son travail. Une des grandes qualités de ce monsieur, c'était sa ruse, un véritable renard sur la piste. Il est aussi pour beaucoup totalement identifié à l'écurie Ligier.

Écrit par : arno m | lundi, 20 octobre 2008

Jacques Laffite est propriétaire, avec Arnaud Clément, d'un domaine viticole de 5 ha: savez-vous lequel?
Réponse urgente!
Merci!

Jacques Groleau

Écrit par : Jacques Groleau | dimanche, 09 octobre 2011

Écrire un commentaire