dimanche, 29 octobre 2006

Chaud devant pour Guy Royer, photographe du dimanche !

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Sa mallette en zinc battant ses flancs mais n’appesantissant nullement son pas, le photographe du dimanche Guy Royer entame, en ce chaud dimanche de printemps, une remontée de ligne de stands. Evénement hautement jouissif, quasi orgasmique, que rien dans le civil ne saurait égaler, sinon être publié dans Sport-Auto (à l'époque, s'entend) ou être hélé par Jackie Stewart à Silverstone.

C’est l’ouverture de la saison européenne à Jarama où la petite chapelle des voyageurs de Grand Prix s’est donné rendez-vous, aussi la ligne des stands est-elle particulièrement bondée. Faux journalistes, pigistes bidons, photographes du dimanche, cinéastes marron, maquettistes à la mord-moi le nœud, groupies introduites là par un mécano compréhensif mais espérant quelque retour sur investissement, branleuses indéterminées, bref une foule cosmopolite, hétéroclite mais ayant en dénominateur commun le désir irrépressible de toucher du doigt voitures et pilotes.

Sifflotant un air à la mode du temps, peut-être Le Loir-et-Cher de Michel Delpech, voire une ritournelle d’Abba, Guy Royer, le Canon en érection, arpente cette ligne de stands, pénétré de son importance. Le pas est lent, le dos légèrement voûté pour donner l’impression qu’on en a vu d’autres et qu’on s’en fout un peu d’être là, le regard brassant large, le laissez-passer dépassant à peine du blouson, juste ce qu’il convient d’en montrer aux contrôleurs, car ainsi qu’on l’a vu dans la note précédente, l'authenticité dudit document est généralement loin d’être établie.

Tiens, un attroupement autour du stand Hesketh. Après deux bonnes premières saisons qui virent sa firme souvent sur le podium et gagner le GP de Hollande 1975 par l’entremise de James Hunt, Lord Hesketh a commencé à ramer financièrement en 1976, ce qui l’a conduit à rechercher des sponsors.
Nul autre que lui, Lord Thomas Alexander Fermor-Hesketh, troisième baron du nom, flamboyant héritier de l’immense domaine de Easton Neston, ne pouvait échapper au patronage d’un canard de cul associé à une marque de tabac à rouler, Penthouse et Rizla.
Fendant la foule qui se presse autour de la nouvelle Hesketh 308 E, moins pour voir son nouveau pilote au look oscillant entre Rod Stewart et James Hunt, Rupert Keegan, passé directement de la F3 à la F1, que pour toucher du doigt la créature échappée de l’encart central de Penthouse, Guy Royer shoote à deux reprises, puisque c’est dimanche. Chaud devant !

Chaud derrière, semble faire écho le photographe à l’arrière-plan de l’image du bas, dont la casquette Goodyear en est toute de guingois.
Le photographe du dimanche Guy Royer a déjà quitté les lieux, sifflotant quelque air à la mode du temps, peut-être Hotel California des Eagles ou Il a neigé sur Yesterday de Marie Laforêt. Demain sera un autre dimanche.

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Grand Prix d’Espagne . Circuit de Jarama . 8 mai 1977

Fiche technique : www.grandprix.com/gpe/rr285.html



Rupert Keegan assis avec une créature infernale
© Guy Royer
Rupert Keegan avec la même créature, encore plus infernale debout ©  Guy Royer

Commentaires

Curieux cette manie qu’ont certains photographes, a saisir dans leurs objectifs le visage des pilotes et d’autres le fessier.

Ecrit par : gianpaolo | dimanche, 29 octobre 2006

Le contraste entre la sobriété de l' attelage de Guy Dhotel et l' abondance qui régnait autour de Rupert Keegan est remarquable. A moins que Guy n'ait supporté ceci que dans l'espoir d'obtenir enfin celà. Il nous dira

Ecrit par : roues libres | dimanche, 29 octobre 2006

Vous faîtes erreur, cher « roue libre ».
J’ai connu « l’abondance » des pit-babes, alors appelées mannequins, dès mes débuts en course, à dix-neuf ans.
En septembre 1964 à Monthléry, tranquillement installé dans le parc coureur pour ma deuxième course de moto, je fus soudain encadré, quasi pris en otage par de ravissantes jeunes femmes. Curieusement habillée de pas grand-chose avec des imperméables pour mettre en valeur leurs rondeurs assassines.
Ma modestie souffrait déjà de me savoir déjà célèbre et adulée par ces Vénus. Après une seule course de moto !
Vanitas vanitatis, j’y ai cru tout de suite.
Alors, quand je vois arriver un type bardé d'énormes appareils photos suivi d'un sherpa courbé sous la charge de multiples boîtes noires, ma modestie fut mise à terre, mon ego se dilatait de façon logarythmique (mon ego, la part invisible, quoi):
« ça y est je suis réellement célèbre, on vient de loin pour me filmer avec ces figurantes de classe. »
L’homme aux appareils photos m’apostrophe :
- Dis Coco, on va faire une série de vues des nanas devant ta bécane. D’accord ? Super! Bon, les filles, les imper ouverts, mais pas trop."
Je n'avais pas eu à ouvrir la bouche ou plus exactement j'étais bouche bée.
Le gars commence à photographier à tout va ses top-modèles, dans les poses les plus variées sur ma modeste Morini. A un moment, il me lance :
- Dis Coco, viens dans le cadre, ça fera plus fort (on ne disait pas encore « hard »). Serre-toi contre elles, te gêne pas… Les deux ravissantes me laissent quelques millimètres carrés, les impers baillent. Pas moi.
- C’est sexy, ton truc, me susurre une des deux tout en posant.
Le truc, c’était mon cuir de course noir, très moulant et très fin, sans le moindre renfort ou protection, comme on les faisait alors. Elles se marrent, clac clac, l’autre mitraille,
- On fait le catalogue Veil. Aujourd’hui les imper. Tu sais, « un vêtement Veil vous va »

Je redescendais donc au simple rang de figurant pour catalogue. Je n’étais pas le héros d’une future superproduction.
Tout en m’infiltrant au mieux entre mes deux ravissantes, je me suis quand même dit :
« Pas mal la vie de pilote. Qu’est-ce que ça sera quand je serai vraiment connu. »
Quelques minutes, plus tard :
- Allez, les filles, on remballe. Merci, Coco.
Je ne les ai jamais revues. M’ont même pas envoyé le catalogue Veil. Les ingrates.

Ecrit par : guy dhotel | dimanche, 29 octobre 2006

Heureusement qu'ils ne vous ont pas demandé de revêtir l' imperméable et de l'entrouvrir prestement devant les pits babes...Ca nous aurait fait un catalogue Weil de collection !

Ecrit par : Roues libres | lundi, 30 octobre 2006

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