jeudi, 14 septembre 2006

En attendant Jean-René, jour deuxième

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Qu'un vent les agite et les maïs disséminés çà et là au long de la Coulée verte [1] murmurent quelque chose à l'oreille du promeneur qui a choisi d'attendre Jean-René dans ce cadre bucolique, appelé pourtant à le devenir de moins en moins. Stephen King avait eu l'idée des Enfants du maïs en les entendant, alors qu'à nos oreilles ils ont soufflé des mots en ar, ringard, Cybard, nibardstrop tard, auxquels nous ajoutons un Rempart de circonstance. 

Le ringard s'adresse à nous, gros beauf dépourvu de l'obligatoire portable wifi, contraint de hanter les cybercafés d'Angoulême pour déposer sa crotte magnétique.
Il y en a trois :
- L'Espace Franquin est tenu par des documentalistes qui ressemblent trop à nos collègues pour que nous ayions envie de nous y attarder (c'est effectivement notre métier quand nous ne bloguons pas). Qu'il soit defendu de télécharger des fichiers pornographiques ou incitatifs à la haine raciale n'incite pas à y retourner car le mot-clé nibards, lâché par les maïs, flirtera avec l'inavouable, comme on le verra plus avant.
- Le Centre national de la bande dessinée et de l'image (CNBDI), gros machin en verre, dédié à l'image, accueille quelques ordis, des Compaq pourris qui datent du temps où Cybard traînait dans le secteur à la recherche d'une connexion potable - nous présentons Cybard plus loin.
- Enfin le cybercafé où on se sent comme chez soi est situé dans une rue piétonne, on y accède en slalomant entre les tables des restaurant ethniques. A l'accueil, personne. Le taulier, que rien ne distigue des clients, est courbé sur une machine, bien trop occupé à dégommer des extraterrestres pour s'occuper de celui qui demande béatement un accès Internet. "2e place au fond" grommelle-t-il sans lever les yeux. C'est parfait comme accueil pour nous qui détestons les contacts.

Une balade annuelle sur la Coulée verte sert d'indicateur à la dégradation de la vie. Un peu moins bien que l'an dernier, un peu mieux que l'an prochain ; c'est le trop tard des maïs. Certains optimistes y voient la marque du progrès, pour nous c'est la perte de l'humain. Charente trop basse, bois saccagés, baraques à la place, etc. 

Même le marchand de sandwiches du lac de Saint-Yrieix a converti son petit commerce aux méthodes modernes, lesquelles revêtent la forme de deux saints que tend au candidat au jambon-beurre sa nouvelle vendeuse qui ne peut matériellement les céler sous son débardeur. Et voilà notre acheteur qui part avec une accidentelle saucisse de strasbourg en sus de son achat initial.
N'avons-nous pas écrit saints au lieu des nibards qu'il convient d'imaginer ? Ah sans doute avions-nous la tête dans une grotte située dans les Remparts et squattée par un certain Cybard dans les années 550 après JC, durant 39 ans sans en sortir ou presque, sinon pour chier sur le chemin et chopper un merle qu'il rôtissait le soir, tout seul comme un con, sans connexion Internet ni la moindre Bugatti pour courir les Remparts, au point qu'il fut canonisé.


S'il vivait encore, Saint-Cybard apporterait une caution historique et culturelle au Circuit des Remparts, l'une des rares choses du passé résistant au trop tard, avec la cathédrale Saint-Pierre et ce libraire d'ancien situé non loin de chez Paul. La Charente Libre [2] l'interwieverait, une fois assimilée par son journaliste l'odeur forte de gibier et de chaussettes approximatives émise par l'ermite. "Les Remparts sont inchangés depuis 1939, le seul exemple français d'un circuit encore en activité dont le tracé n'a pas été modifié, comme Pau. C'est pourquoi il faut veiller à le maintenir, et c'est pourquoi il faut que cessent les querelles à son endroit. Songez que j'y ai vu courir Fangio et Maurice Trintignant, et ce petit sec, comment vous l'appelez déjà... Marcel Contet ? Et pis maintenant on a des poulettes comme la ch'tite Blanchard... Ah si j'avais 1 500 ans de moins..."



Circuit des remparts d'Angoulême . 15-17 septembre 2006
Site officiel www.circuit-des-remparts.com


[1] Promenade de 20 km de long aménagée sur les rives de la Charente de part et d'autre du pont de Saint-Cybard
[2] L'article de ce jour de la Charente Libre brosse un portrait pour le moins apocalyptique de l'Acocra, association dirigée d'une main "ferme" par le duo Jean-René Tillard/Jean-Michel Laujac.


Sunday - Race day ! Bugattis dash around the street circuit
© Richard Wade (www.richardwade-art.com)

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