lundi, 06 février 2006

Gaetano Starrabba

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Issu de la noble famille Starrabba di Giardinelli dont le palais est toujours debout à Palerme, Gaetano est un authentique prince sicilien, ce qu’illustre son portrait au profil d’empereur romain.
Les Starrabba sont influents en Sicile depuis des siècles où leurs empreintes sont nombreuses, particulièrement dans la ville de Pachino qu’un premier Gaetano de la lignée a fondée en 1760, au sud de l’île.

medium_starrabba.jpgAu moment où débute notre histoire, dans les années cinquante, la mode n’est plus de fonder des villes, aussi l’héritier occupe-t-il ses après-midi au volant d’une Maserati 2 L sport dont la musique chatouille les oreilles des ouvriers agricoles. Désireux de laisser à son tour une trace dans l’histoire, il décide de courir avec l’auto et l’engage en 1955 à la Targa Florio, première de ses onze participations à l’épreuve sicilienne, laquelle fut fondée par un de ses parents, Francesco Starrabba di Giardinelli.

La Maserati est remplacée l’année suivante par une plus racée Ferrari 500 Testa Rossa spyder qui participe à une dizaine de courses italiennes, à Naples, en Sardaigne, à Bari, à Pescara, à Rome, en Calabre et à Messine.

Suivre son emploi du temps au long de sa carrière montre la répugnance du prince à franchir les frontières de son pays (il ne semble pas qu’il l’ait fait dans le cadre de la course automobile) et l’historique de ses acquisitions témoigne d’un même nationalisme puisque toutes ses autos, à part quelques rares Porsche et sa Lotus 18 de F1, furent italiennes.

Muets en 1957, les registres trahissent en 1958 un nouvel achat du prince, non pas une Isetta mais une autre Ferrari 500 Testa Rossa qu’il aligne à la Targa Florio et avec laquelle il y signe son meilleur résultat, 7e en compagnie de Franco Cortese. La Ferrari court encore l’année d’après, à la Targa notamment où elle abandonne, puis Gaetano s’en sépare pour s’abriter sous les bannières privées de l’Ecurie Serenissima en 1960, pour qui il dispute la Targa sur une Osca MT14, et de Segesta en 1961, dont la Porsche 718 qu’il partage avec Cavaliere casse avant le départ.

Le règlement fixant à 1500 cm3 la cylindrée de la formule un y attire à l’aube des années soixante nombre d’amateurs, séduits par la relative rusticité de ces nouvelles mécaniques. Starrabba est de ceux-là. Il acquiert une Lotus 18 sur laquelle il monte – fierté nationale oblige – un Maserati quatre cylindres au lieu du Climax simple et éprouvé que tout le monde préfère. Il l’engage au GP d’Italie 1961 où la nature hybride de sa Lotus focalise davantage l’attention que son 30e temps, à plus de 21 secondes de Wolfgang von Trips, en pole. Il aura néanmoins la chance d’en sortir vivant, lui.
Sa curieuse auto est vue dans toute l’Italie entre 1961 et 1963 à travers une série de courses hors-championnat, ainsi est-il 6e à Syracuse et 5e au Grand Prix de Rome 1963.

medium_250lm66.jpgUne démarche sportive inhabituelle le voit passer de la F1 à la F3 en 1964, au volant d’une Giannini-Brabham, encore un de ces assemblages bizarroïdes sur lequel les archives restent relativement muettes. De retour en catégorie sport, il s’engage avec l’Ecurie Pegaso en 1965 et 1966. Il y conduit des Ferrari 250 GTO et LM à la Targa Florio évidemment, en compagnie de Clemente Ravetto. Ses résultats n’étant guère de nature à bouleverser nos lecteurs, passons à 1967 alors qu’il quitte l’équipe espagnole et aligne à sa chère Targa Florio une Dino 206 qu’il est incapable de faire démarrer.

La Scuderia Brescia Corse héberge le prince en 1968 et lui confie une Porsche Carrera 906 qu’il amène à la 21e place des 1000 km de Monza, faisant équipe avec Everardo Ostini. Les deux hommes sont ensuite à la Targa où la 906 abandonne.
En 1969 l’attend une désillusion cruelle : Ostini lui préfère un autre équipier pour courir la Targa Florio. Ç’eût été sa 12e participation. Etre évincé d’une course qui passe sous ses fenêtres et dont sa famille règne sur les terres depuis le XVIIIe siècle lui est insupportable ; le prince Gaetano Starrabba di Giardinelli part sans se retourner.



Gaetano Starrabba di Giardinelli
Italie
Né à Palerme (Sicile) le 3 décembre 1932
Voir sa biographie sur F1 Rejects


Diorama Targa Florio 1966
© www.modelfoxbrianza.it
Portrait, photo DR
Ferrari 250 LM à la Targa Florio 1966, © www.scalaunoequarantatre.it

Commentaires

Apercu furtivement il y a quelques jours , je me posais la question de son retour sur MdS.

C'est parfait, il est là. Merci de cette présentation pour ce pilote aux multiples facettes.

Participations Ferrari: 500 TR et TRC, 250 GT - GTO et LM enfin 206 S.

Terrible de ne point pouvoir aligner la 206S 022 ce 14 mai 1967 dans une Targa qui vit une domination totale des Porsche 910; l'étonnante 5e place de la vieille GT40 Ford France pilotée par Jean-Michel Giorgi/"Titi" Greder; la bagarre entre la Porsche 911S de Bernard Cahier/Jean-Claude Killy et la Lancia Fulvia HF 1300cc de la paire italienne Alberto Giradini/Zeffiro Filippi qui terminent respectivement 7et 8e.

Mini Marcos, Ferrari P4, Renault 8 Gordini, Chaparral 2F, Moretti 850cc, Lola T70 ! ça devait faire bizzare de regarder passer ces extrèmes.

Fantastique Targa qui vit 62 partants, 25 voitures à l'arrivée et seulement 22 classés.

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | lundi, 06 février 2006

a quoi correspond la photo couleur de présentation ?

une FERRARI P2,P3 ,P4 ?

STARRABA ne semble pas avoir conduit ce type de voiture ?

une DINI 206 ?

Ecrit par : gerard barathieu | mardi, 07 février 2006

la photo date de 1967, c'est le spider 330 P4 piloté par l'idole local Nino Vaccarella et Ludovico Scarfiotti, qui ne finira pas le second tour. (la faute à un trottoir, posé trop près de la route)
derrière se trouve une 250 GTO/64 ? ? ? à ma connaissance, aucune 250 GT0 ne fut engager lors de cette épreuve.

Ecrit par : Bruno | mardi, 07 février 2006

Bruno, cette "photo qui date de 1967" est tirée d'un remarquable diorama sur la Targa Florio 1966 que je me suis permis d'emprunter à G. Fossati qui anime le site www.modelfoxbrianza.it, qui vaut le détour.

On y voit la Ferrari 330 P3 de Vacarrella/Bandini, suivie de l'Alfa Romeo TZ de Bianchi/Businello qui finira 10e alors que la P3 abandonnera.

Ecrit par : Mémoire des stands | mardi, 07 février 2006

je suis tout confusé, et même plus. . . 1966, c'est pas juste. c'est exact. et moi j'ai tout faux.
j'ai un gage, et même deux (2) puisqu'il s'agit de l'histoire Ferrari.
Bianchi. Mauro ou Luciano ?

Ecrit par : Bruno | mardi, 07 février 2006

Licenciements chez FERRARI

Dans une conférence de presse donnée hier, Ferrari a confirmé le licenciement de l'intégralité des techniciens de stand Bridgestone.

Cette annonce a fait l'effet d'une bombe. Elle était suivie d'un communiqué annonçant l'intention de Ferrari de tirer avantage du plan de réinsertion sociale par le travail en vigueur dans le département de la Seine Saint Denis (93) au nord de Paris.

Cette décision aurait été motivée par la vue d'un reportage télé montrant des jeunes du quartier démonter un jeu complet de roues en moins de 6 secondes, et ce sans équipement adapté, tandis que les techniciens dans les stands ne peuvent le faire qu'en 8 secondes avec des équipements des plus perfectionnés. Ceci a été accueilli comme une excellente - bien que téméraire - décision du management de Ferrari, car il est bien connu que les courses se perdent ou se gagnent dans
les stands.
Leur nouvelle équipe leur confèrerait ainsi un net avantage sur tous leurs concurrents.

Cependant, les espoirs de Ferrari ont été plus qu'outrepassés, car lors de leur première séance d'entraînement avec l'équipe de Saint-Denis, non seulement les pneus ont été changés en moins de 5 secondes, mais en moins de 20 secondes, les numéros de moteur et châssis maquillés, la voiture repeinte, et fourguée à l'équipe McLaren contre 2 barrettes de shit, une casquette Marlboro et un pack de kro.

Ecrit par : Mauro F de Modène | jeudi, 09 février 2006

Qu'est-ce que cela va être pour le 1er avril prochain ?

Il suffit qu'un média sorte cette "vanne" pour qu'on la retrouve sur MdS.

"bruno" je vous en pris "Mauro F." n'avait pas allumé ses "Fanalone" pour y voir clair dans la nuit pour cette "spéciale".

- "Fanalone" question: Quoi et sur quoi ?

Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | jeudi, 09 février 2006

rassurez vous, je le sais depuis trois semaines.

Ecrit par : Bruno | jeudi, 09 février 2006

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