mardi, 16 août 2005

Beltoise Autriche 70 #35/88

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Beltoise est absent le premier des trois jours d'essais. Prenant la piste le vendredi par une chaleur accablante, il signe le septième temps en 1'40.81 alors que Rindt a le meilleur chrono en 1'39.23 et que Stewart réussit l'exploit d'intercaler sa March 701 entre les trois Ferrari en 1'40.15.
La pluie perturbant la journée du lendemain ne permet pas aux leaders d'améliorer leurs temps, seuls le font ceux qui comme Brabham, Miles, Surtees, Fittipaldi, Andretti ou Pescarolo avaient eu des ennuis jusqu'alors. Pesca conduit sa fidèle 02 dont le sous-virage chronique est en voie de guérison et qui est chaussée en roues de 15 pouces à l'arrière, tandis que Beltoise est en 13 pouces.
Les deux autos sont équipées de prises d'air refroidissant la boîte de vitesses qui chauffe trop, un problème qui avait affecté la voiture de Pescarolo au GP d'Allemagne.

Jochen Rindt, en pole, est comme un soleil auquel viennent se brûler le dimanche quelque cent mille lucioles autrichiennes aux pattes prolongées de canettes de bière et de hampes de drapeaux.
La pression n'est pas sur Jean-Pierre Beltoise qui va réaliser une de ces belles courses de l'année 1970 qui indiquent exactement le niveau de pilotage qu'il a maintenant atteint et qui démontrent également que la Matra MS120 n'est pas l'auto sous-estimée que le souvenir qui en reste aujourd'hui laisse croire.

Regazzoni se porte immédiatement au commandement devant Ickx et Rindt. Beltoise est sixième au passage du premier tour derrière Amon, Giunti, Rindt et les deux hommes de tête. Cevert a explosé son Cosworth durant ce premier tour alors qu'il était 8e, provoquant une cassure derrière lui, mais un défaut de signalisation de la tâche d'huile laissée par ce moteur la rend invisible aux leaders qui abordent le second tour. Rega se met en crabe en passant dessus mais redresse, Ickx passe par miracle et en profite pour doubler son coéquipier, Rindt lève le pied pour éviter le Suisse et perd du terrain.
Quant aux suivants, Giunti, Amon et Beltoise, ils sont avertis et roulent à côté ; le Français en profitant d'ailleurs pour passer le Néo-Zélandais. Giunti est doublé au tour suivant par Beltoise, maintenant troisième. Jochen Rindt a perdu des places, il se balade en sixième position.

Trois moteurs 12 cylindres sont accrochés à la tête de la course. Comme lâchés par un fusil à deux coups, deux feulements rauques s'étirent devant les stands, suivis de la musique pour orgue du Matra qu'on entend sur tout le parcours. L'équivalent du bonheur en ce 16 août 1970.

Au 10e tour, Ickx, Regazzoni et Beltoise sont roue dans roue, Jochen Rindt remonte et n'est qu'à 10 secondes de Beltoise. L'écart se réduit à 7 secondes au 18e passage mais avant que l'inquiétude naisse au stand Matra, le moteur de la Lotus 72 casse. C'est Ignazio Giunti qui hérite de la chasse sur JPB. Jusqu'ici soudé, le groupe de tête commence à se distendre à partir de la mi-course ; la Matra ne peut plus suivre le train des Ferrari qui sont de plus en plus vites au fur et à mesure qu'elles s'allègent.

medium_belaut70.jpgBeltoise est à 2 secondes au 30e tour, à 20 secondes au 45e, mais préserve sa troisième place par une avance de 50 secondes sur Stommelen. On s'apprête dans le stand Matra à fêter cette magnifique troisième place lorsque la voiture y fait irruption au 57e tour : le moteur désamorce ! On ajoute dix litres, ce qui dans la panique prend 50 secondes (notre photo).

Quand JPB appuie sur le démarreur, Stommelen passe devant la ligne et lui prend sa troisième place. Surchauffé, le démarreur se fait prier pendant dix secondes et s'ébroue enfin. Un Beltoise furieux part à l'assaut de la sortie des stands. Le feu vert vire au rouge en le voyant, alors que les deux BRM de Rodriguez et Oliver, derrière Stommelen au classement, s'inscrivent dans la grande courbe à gauche qui précède la ligne d'arrivée.
Jean-Pierre s'arrache après leur passage et arrive sur la piste un poil avant Giunti. Il est sixième.

Alors que la foule envahit la piste pour fêter la première victoire d'une Ferrari depuis le GP de France 1968, on constate chez Matra qu'il reste 40 litres dans le réservoir.


Grand Prix d’Autriche . Osterreichring . 16 août 1970

Fiche technique : http://www.grandprix.com/gpe/rr193.html


Filé de Beltoise, panne d’essence
, images extraites de Forix

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