lundi, 25 juillet 2005
La femme de plume

En ce mois de juillet 1987, Monique est partie en vacances où personne ne va, sinon pour y travailler obligatoirement : en Allemagne, et pire, à Hockenheim, où la plage est bétonnée et bondée de 120 000 locaux équipés chacun d’un bide et d’une canette.
Le hasard qui fait bien les choses avait programmé le Grand Prix d’Allemagne au moment de son séjour, à moins qu’elle n’ait domestiqué le hasard.
Monique est fondue de sport automobile, c’est-à-dire des hommes qui font ce sport, dans l’ordre : spectateurs (bof), mécaniciens (un peu), teams managers (pas mal), ingénieurs (ah oui !) et pilotes (oh oui !!). Elle laisse les autos aux rustiques.
Monique n’avait d’yeux à Hockenheim que pour Derek, Alain et Ayrton, ses pilotes chéris cités par ordre d’accessibilité [1] . Sans doute gardait-elle également une place près du cœur pour Bernard, dans la catégorie immédiatement inférieure, et pour Frank, dans celle du dessous, et enfin, pour Jo, et vraiment s’il avait effectué le déplacement, pour Pierre, à moins qu’il ne se fût montré en short ultra court et marcel, accessoires éliminatoires.
De la furia d’Hockenheim, sa carte postale ne dit rien, ni de la tension qui prévalait au départ de ce GP d’Allemagne 1987 alors que quatre pilotes se tenaient en haut du championnat en cinq points, Ayrton, Nigel Mansell, Nelson Piquet et Alain.
A son destinataire de se reporter sur son canard favori pour connaître de cette course.
Derek explosa son moteur, Alain, qui avait course gagnée, laissa à Piquet la victoire et Ayrton, victime d’ennuis de suspension, ne put faire mieux que troisième. Le résultat est une carte postale qui aurait pu être écrite par votre collègue de bureau qui est secrétaire administratif.
Ne jamais faire confiance à une femme qui vous parle de course automobile.

[1] Warwick, Prost et Senna
07:15 Publié dans Ecrit à la main | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : grand prix allemagne, circuit de hockenheim, 1987, perso, feminin |



















Commentaires
Que de souvenirs précieux. . . il y a déjà un millions d'années lumière de cela.
Et l'on s'en éloigne à la vitesses de 36 000 km/h.
Ecrit par : Bruno | mardi, 26 juillet 2005
Bon d'accord, le propos est en apparence d'une banalité affligeante,
mais sans aucun doute derrière ces mots communs se cachait une passion inavouée.
"Soleil hier" pour les jours passés, entre amis voués à la rencontre.
"Déluge aujourd'hui" mais bien sûr, la difficulté de vivre loin d'un être
tant espéré, impalpable et avec qui elle eut aimée se lover dans un paddock. L'appel est désespéré: "que prévoir pour demain?" Alain, Derek ou Ayrton, mais non sa pensée est ailleurs. "Bermudas ou parapluie?" ce pourrait-être le titre d'un film ou d'une chanson.
C'est un appel, le bermudas symbolise le commun, ni short, ni pantalon, la frustration.
Le parapluie c'est un appel vers le laisser-aller, l'amour fou sans risques et sans retenue c'est un préservatif.
Vraiment quel dommage, que le misogyne rustique n'ait su lire entre ces lignes un appel
émouvant.
J'espère que, cet été, les quelques millions de cartes postales seront lues avec moins de légèreté et que certains propos en apparence communs seront décryptés comme des messages importants.
Ceci dit, je vous souhaite de bonnes vacances, le soleil et la mer. Parapluie ou bermudas?
Ecrit par : Cupidon | mardi, 26 juillet 2005
Ecrire un commentaire