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dimanche, 12 juin 2005

Renault s'arrange avec sa "communication"

Une visite à l'expo Secrets de F1 tenue du 11 juin au 4 septembre à l'Atelier Renault [1] est enrichissante. A plusieurs titres.
D'abord il nous est donné de voir plusieurs R25 en plastique placées entre quatre cordons censés figurer un stand de F1 en 2005. Les autos sont servies par des mannequins fringués en combinaison jaune et bleu, au réalisme si vrai que des badauds les touchent pour s'assurer que des mannequins sont effectivement dans les combinaisons, et non des travailleurs au noir - quoique cette teinte-là soit bannie de la com Renault qui ne conçoit le monde que bicolore, jaune et bleu.
A tel point que c'est à peine si le film promotionnel projeté en fond de salle ose montrer la tache rouge de la Ferrari de Michael Schumacher s'apprêtant à doubler la Renault d'Alonso - plan coupé avant que l'irréparable ne soit commis.

medium_secretf1_1g.jpgEnsuite on en apprend pas mal sur la gestion et la logistique qui prévalent à la bonne administration des stands de F1 en 2005. C'est impressionnant et n'a rien à voir avec ceux dont nous entretenons ici la mémoire. Un panneau énumère des données astronomiques : 34 tonnes de frêt à acheminer sur 19 Grands Prix, 80 ordinateurs portables, 1500 bouteilles d'eau, 89 personnes, 4 camions, 10 cuisiniers, etc. Nous citons de tête, sans avoir pris de note.

Songeons un instant aux stands de jadis où deux tréteaux recevaient deux châssis tandis que le mulet était par terre, où une pile de pneu s'improvisait tabouret pour qu'une chronométreuse y bosse. Engagée pour sa compétence et pas sur des critères de com (quand elle l'était car souvent elle faisait ça gratuitement), la dame était munie d'un chrono à rattrapante pour toute technologie, elle fournissait régulièrement les temps aux officiels quelquefois amateurs de ces temps-là. Une poignée de mécanos faméliques aux cheveux longs, attifés comme l'as de pique, la radio branchée sur du rock anglais, oeuvrait dans le stand, piochant dans la boîte à outil Facom posée entre les deux tréteaux.

Enfin le titre du film cité plus haut permet de se faire une idée du tintamarre qui nous guette si Renault remporte SON PREMIER TITRE DE CHAMPION DU MONDE DES CONSTRUCTEURS (et non le 7e comme sa communication [2] l'exigerait).
2005 : en lutte pour le titre s'intitule ledit film. Renault est pris à son propre piège ; ou il corrige à la baisse sa promotion avec des données sportivement conformes, ou il en rectifie l'énoncé, ou il communique sur le septième titre constructeur que nous lui souhaitons sincèrement de remporter.

Nous ne résistons pas au plaisir de citer Bruno, note commentateur fidèle qui récemment posait bien le problème : Je suis bien curieux de savoir ce qui se passera en fin de saison si Renault remporte le (voir les deux) titre.
S'adjugeront-ils un énième titre, qui n'aura aucune valeur au milieu de tout les autres, ou se réjouiront-ils de leur premier titre mondial ?



[1] www.atelier-renault.com
[2] Voir notre note : La "communication" de Renault

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