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jeudi, 09 juin 2005

L'irascible Günther Schmid ne l'est plus

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La mort a calmé définitivement mardi 7 juin 2005 celui que la presse s’accordait à qualifier d’irascible, Günther Schmid, sorte de version gutturale de Guy Ligier, en modèle réduit, et que la F1 avait vu apparaître en 1977, après qu'il eut racheté l’écurie Penske.

Schmid, originaire de Bad Durkheim (Allemagne), s’était enrichi grâce à l’affaire de roues en alliage léger, ATS (Auto Technisches Spezialzubehor) [1], qu’il avait créée au début des années 70 avec son compère de toujours, Erich Stahlschmidt.
Schmid avait tâté du volant avant de faire le team manager ; on l’avait vu en formule Vee gagner une course à Hockenheim en 1972. Il raccrochait au terme de la saison suivante qu’il avait courue sur une Lola déjà aux couleurs noir et or des roues ATS.
A l’orée de la saison 1978, il intervient en F1 sous son nom propre, ATS, avec une auto dessinée par Robin Herd, transfuge de chez March, et confiée à Jochen Mass tandis que l’autre châssis était dévolu successivement à Jean-Pierre Jarier, Alberto Colombo, Keke Rosberg, Hans Binder, Harald Hertl et Michael Bleekemolen.
Tout ce petit monde ne parvint pas à rapporter au taulier mieux qu’une 7e place, ce qui n’arrangea pas le caractère du petit directeur d’écurie dont les journaux commencèrent de fleurir le nom de l’épithète irascible qui lui collera tellement aux baskets qu’on peut se demander s’il n’était pas une sorte de prénom naturel.
Les châssis ATS succédèrent aux châssis ATS jusqu’en 1984, sans engranger mieux que trois cinquièmes places en 89 Grands Prix courus. BMW refusant de fournir le moteur espéré en 1985, Schmid vendit son affaire ainsi que l’usine de roues.

Il devait ressurgir en 1988 aux commandes de l’écurie Rial, une petite structure financée grâce à un business de roues (encore !), RIAL Leichmetallfelgen GmbH [2], acquis par ce monomaniaque qui devait voir dans la rondeur, la docilité de circulation de la roue un exutoire à son caractère carré.
Surnommée la petite Ferrari bleue en raison de sa ressemblance avec sa cousine de Maranello, la Rial donnera à Günther Schmid ses meilleurs résultats en F1 ; deux quatrièmes places aux USA en 1988 et 1989 acquises respectivement par Andrea de Cesaris et Christian Danner, lequel réussit cet exploit en partant de la dernière ligne, un des rescapés de la fournaise qui sévissait sur Phoenix (organiser un GP en Arizona en juin… !).
Incapable de financer l’avenir de l’écurie, Schmid abandonnait définitivement la course automobile fin 1989. Son fils Ralf reprit, et gère toujours, la firme Rial.


Hans Günther Schmid
(…- 2005)
Industriel irascible et constructeur de formule 1 vite énervé
126 Grands Prix disputés

[1] www.ats-wheels.de
[2] http://www.rial.de

Slim Borgudd, GP de Saint-Marin 1981 sur ATS D4 © www.forix.com (Schmid est le personnage en blouson sombre sur la droite de la photo, qui regarde vers nous)

Commentaires

"Schmied" signifie "forgeron". Il est donc étonnant que le team de l'irascible Günther Schmid n'ait jamais fait d'étincelles. Peut-être à cause du "e" manquant ? Mais ne serait-ce pas l'explication ? l'irascible Günther, caractère entier, n'a jamais pu surmonter la frustration découlant de cette amputation. C'est pour la combattre qu'il aurait d'abord sculpté des roues puis (vainement) tenté de se forger un mental de vainqueur en F1.

Cette thèse vaut ce qu'elle vaut.

Le psychiatre masqué

Ecrit par : Le psychiatre masqué | vendredi, 10 juin 2005

Il est dommage que vous interveniez masqué, cher psychiatre, car la finesse et la pertinence de votre analyse du cas Günther Schmid vous ouvrent grandes les portes de Mémoire des stands. Nous avons plusieurs commentateurs de grande valeur qui ont chacun un domaine de prédilection.
"Bruno" c'est Ferrari, "gianpaolo", tout ce qui touche à l'Italie, "Chiara Lini" caresse tant le souvenir de son père que ce qui passe à portée de main (d'ailleurs depuis qu'elle est recherchée, elle se cache) et "l'auteur de ces lignes", qui intervient aussi sous le nom de "commentateur commenté", lui c'est les vieilleries d'avant les années 70.

Ecrit par : Mémoire des stands | lundi, 13 juin 2005

Pauvre Gunther...

C'est avec énormément de tristesse qur j'ai appris, un peu par hasard, son décès... Appris dans un article sur les 20 ans de la mort du pilote allemand Manfred Winkelhock, pilote de M. Schmid et son écurie ATS de 1982 à fin 1984. Irascible, oui...

Cette équipe m'a fait vibrer, m'a passionné douloureusement ; les ATS D6 (1983) et D7 (1984) sont pour moi les plus belles (c'est subjectif!) f1 produites, et à l'ère du sponsoring cigarettier, rapppelons que ledit Gunther était son propre sponsor (et constructeur!).

Il disait : " Je n'ai de problèmes qu'avec les oisifs et les inutiles"...

On devrait pas vieillir, on voit mourir des "gens" qui nous ont profondément marqués, influencés ou émus...

Ecrit par : Patrick Leonard | jeudi, 01 septembre 2005

I was very shocked to read by coincidence about the demise of Guenther Schmid. Against the reputation that was brought up against him I got to know him as a generous and nice person with a very good humor. I am very sad that I now will not have anymore the chance to thank him for the nice time he gave to my friends and me and I am very disappointed that German press has not announced anything about his demise.

Ecrit par : Andrea Westrich | dimanche, 30 avril 2006

le pilote était batteur dans un groupe de musique je crois (Abba peut être...)

Ecrit par : Hawk | jeudi, 07 décembre 2006

Exact pour le pilote-batteur ! Il s'agit de slim Borgudd.Pilote en 1981.

Ecrit par : Jean-pierre Seignolle | jeudi, 10 avril 2008

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