jeudi, 02 décembre 2004
Michel Vaillant (le film)
Le sport automobile est si rarement montré au cinéma – et si mal quand il l’est – que ce film était attendu impatiemment par tous ceux pour qui Grand Prix ou Le Mans furent les meilleures illustrations cinématographiques d’un sport qui, s’il est spectaculaire par essence est aussi peu « cinégénique » que possible. Un paradoxe qu’ont affronté – et sur lequel se sont cassés les dents - tous les cinéastes qui se sont essayés à traduire en lumière la substantifique moelle de la course automobile, depuis le Henry Hathaway de Le Cercle infernal jusqu’à Renny Harlin (Driven) en passant par James Goldstone qui fit Virages ou Sydney Pollack dont l’émouvant Bobby Deerfield est sous-estimé.
Disons-le d’emblée pour mieux parler du reste : Michel Vaillant n’est pas raté. Une certaine indulgence (coupable ?), due à la surprise de constater qu’il n’est pas nul nous incite à tenir ce film comme pas si mal, tout compte fait. Et pourtant au vu de l’affiche et de la bande annonce, le pire était à craindre.
Ces deux autos flanc contre flanc, faisant jaillir des gerbes d’étincelles comme promesses d’événements palpitants à venir, avec cette phrase "No limit" censée inscrire le film hors des limitations de vitesse que s’impose le cinéma français, tout cela sentait la bonne grosse daube, pour employer le langage des ados sms, public visé par la production Europacorp.
Pourtant, à y bien regarder, le concept du film tient tout entier dans cette image-là : un fantasme. C’est le créneau voulu par Luc Besson, co-scénariste ; une approche très habile qui a consisté à tirer le projet hors des chemins casse-gueules du réalisme – que ratissent pourtant les Graton dans la BD originelle – pour le porter vers des voies jamais explorées jusqu’alors dans ce genre de cinéma, celles du fantasme, de l’imaginaire, du rêve. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si un rêve ouvre le film, celui qui annonce à Madame Vaillant que son fils est gravement accidenté au Mans. Une séquence hautement improbable où la Vaillante de Michel, aussi bleue que la ligne des Vosges, sort dans les bois et explose dans une gerbe de feu. Nous en fûmes rétrospectivement gêné pour les fabricants de réservoirs de sécurité qui ont assisté à la projection du film et ont dû se croire ramenés quarante ans en arrière ! Qu’importe l’explosion pourvu qu’on ait l’ivresse, estime Besson qui faisant fi du moindre réalisme, livre ici une version des courses de voitures qu’on croirait échappée du cerveau d’un opiomane.
Là réside le charme du film. Et encore ce charme n’est-il réservé, nous semble-t-il, qu’aux connaisseurs de la course automobile qui verront Michel Vaillant comme le pendant débridé, fantasmé, onirique, du sport étroitement réglementé, calibré à l’extrême, dont ils sont en droit de se lasser, ne serait-ce qu’à cause de son excroissance absurde qu’est la F1 contemporaine. Quant à évaluer l’intérêt que les spectateurs « normaux » manifesteront envers un spectacle sans violence, sans sexe, sans effets spéciaux, tiré d’une bande dessinée que ne lisent plus que quelques papys nostalgiques, on aimerait le savoir…
Dans Michel Vaillant on laisse à l’abri de sa bibliothèque ce que l’on sait de l’Histoire, sur laquelle le film s’assoit, exception faite d’une rapide référence au départ lancé du Mans et à Fangio (l’épisode de la vente du casque). On oubliera qu’une course de voitures est sous-tendue par des règlements sportifs et techniques, comme Besson l’a fait, et on s’éclatera au spectacle des Vaillantes extraites du camion tombé dans un lac (des méchants de l’équipe rivale Leader avait tiré dans ses pneus pour que les autos ratent la séance de qualification au Mans) et convoyées sur route ouverte par Michel et son co-équipier jusqu’au circuit dont le directeur de course bienveillant avait ordonné qu’une porte d’accès fût ouverte pour que les autos puissent entrer en piste sans passer par toutes sortes de contrôles tatillons et paperassiers.
Le film s’autorise de telles libertés avec l’authenticité de son sujet que son propos n’est pas là où on l’attend. Il s’agit ni plus ni moins d’un film d’aventures dont les héros conduisent des autos de course ; ils auraient aussi bien pu monter à cheval, piloter des aéronefs, chercher de l’or en Californie, etc. Michel Vaillant n’a pas plus à voir avec le sport automobile que la série des James Bond informe sur l’espionnage ou que Il était une fois dans l’Ouest rend compte du travail des vachers américains. Le montage cut, l’esthétique pub, les couleurs saturées à l’extrême, sont autant d’artifices de mise en scène qui éloignent du réalisme Michel Vaillant le film. Michel Vaillant, le pilote, ne sonne guère plus vrai lorsqu’il délivre un papillon posé sur son auto, prisonnier d’un fil, ou qu’il délivre son père kidnappé par les méchants de l’équipe Leader (on note entre parenthèses la ressemblance de Bob Cramer, en combinaison rouge, avec Michael Schumacher), voire qu’il sort des flammes son co-équipier. Il passe son temps à sauver le monde, Michel ; c’est Mère Térésa en nomex.
Bref, saluons l’habileté du parti pris de Luc Besson, qui en livrant ce qui n’est qu’un clip tourné au Mans et au Mas du Clos – superbe piste qu’on ne voit jamais d’habitude –, s’affranchit des critiques qu’il pouvait légitimement craindre de la part des aficionados. Ce qui ne rend pas réussi son travail, loin de là. La lecture des critiques sur les forums de discussion du Net en témoigne.
Le grand film sur le sport automobile reste à faire. Dommage que Chris Rea ait raté le sien (La Passione) ; l’affiche est si belle. Dommage que David Cronenberg n’ait pu obtenir les droits de commettre la biographie d’Enzo Ferrari à laquelle il songe depuis longtemps. On apprend qu’une vie d’Ayrton Senna serait en chantier avec dans le rôle principal Antonio Banderas dont, pour l’avoir approché au Festival de Deauville, nous confirmons la réelle ressemblance avec le personnage.
On rêve d’un grand truc à la Fellini sur Ascari, où même que Claude Lelouch (c’est chouette Un homme et une femme !) nous fasse un Beltoise… Chiche ?
Michel Vaillant, de Louis-Pascal Couvelaire, avec Sagamore Stévenin, Agathe de La Boulaye, François Levantal, Jean-Pierre Cassel, Peter Youngblood Hills
Fiche technique sur Allociné
13:15 Publié dans Cinéma/télévision | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
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Commentaires
michel vaillant et le film le mieu ke jnaie jms vu c'est un film av un sénario trè palpitant et des acteurs génio
merci a toute léquipe de michel vaillant
Ecrit par : mathilde | samedi, 30 avril 2005
Mathilde est revenue, tant mieux.
Ecrit par : Mémoire des stands | lundi, 02 mai 2005
le meilleur film jamè réalisé on retien notre souffle du début à la fin j espèr une suite de Michel Vaillant en F1 comme une mise en scène de "300 à l'heure dans Paris". Bravo à toute l équipe du film.
Ecrit par : eric | dimanche, 05 juin 2005
je ne l'ai pas encore vu, donc. . .
Le meilleur que j'ai vu, jusqu'à aujourd'hui:
"Grand Prix" de John Frankenhneimer
Ecrit par : Bruno | dimanche, 05 juin 2005
Votre enthousiasme est sympathique et serait presque communicatif, eric, et avec vous on se prend à rêver à un "300 à l'heure dans Paris", si tant est qu'un scénariste parvienne a pondre quelque chose de cohérent. A moins que le titre seul suffise au film.
Remarquez, on peut demander son expertise à la RATP qui prétend faire rouler des RER dans Paris à 120 km/h, pub dixit.
Ecrit par : Mémoire des stands | lundi, 06 juin 2005
il faudré kil y è un michel vaillant 2 une suite entre michel é julie sa seré tro bien .Sinon c le meilleur film au monde
Ecrit par : emeline | mardi, 21 juin 2005
au volant d'une Ferrari, c'est possible. . .
300 km/h dans Paris !
à condition que le pilote soit un professionel.
http://www.sogno-di-cavallino.org/rendez-vous.mov
gardez prêt de vous votre preigne, ça décoiffe!
Ecrit par : Bruno | jeudi, 23 juin 2005
Pour ma part j'ai trouvé Michel Vaillant très moyen: aucune histoire réelle ayant un vrai rapport avec l'automobile, et une réalisation très publicitaire (plans entrecoupés sans arrêt) et regerder l'affiche du film à quel point le film est réaliste: on voit des étincelles quand les voitures se frottent ! Je crois que les rélisateurs ont oubliés que c'était du carbone...
Non, non, très moyen...
Ecrit par : jean-baptiste | samedi, 29 octobre 2005
je trouve ca trop nul désolé j'ai jamais vu un film aussi chiant.
c'est une vraie connerie.
Ca na ni queue ni tête.
Ecrit par : Clément | jeudi, 09 mars 2006
Ce film a le mérite d'exister un point c'est tout; mais il est très loin du niveau de Grand Prix et du Mans de et par Steve Mc Queen.
Enfin, l'amateur de BD que je suis, trouve qu'il y a beaucoup trop de libertés prises avec le "vrai" Michel Vaillant de papier.
Ecrit par : Pascal | jeudi, 09 mars 2006
MICHEL VAILLANT HEROS DE BANDE DESSINE CHER A JEAN GRATON.....OK.
LA TENTATIVE D UN FILM....D ACCORD.....MAIS UN TEL NAVET.....NAVRE....
J INCITE UN REALISATEUR A FAIRE....
" L EPOPEE BLEUE"....SCENARIO : FRANCOIS GUITER-
JEAN LUC LAGADERE.....REALISATION : MATRA-SPORT......ACTEURS : BELTOISE, CEVERT, PESCAROLO, LAROUSSE, HILL, GANLEY, STEWART, SERVOZ-GAVIN, JABOUILLE,
JAUSSAUD, DEPAILLER.......
Ecrit par : patrice | jeudi, 09 mars 2006
UN CERTAIN MONSIEUR PAUL AVAIT PULVERISE UNE MERCEDES A 130KM/H SOUS LE PONT DE L ALMA......MEME PROST N AVAIT PAS TENTE L EXPLOIT AU BORD DE SA RENAULT.....BON JE SAIS TOUTE ALLUSION SERAIT BIEN EVIDEMMENT FORTUITE..........
POUR EMELINE,
UN REMAKE DE MICHEL VAILLANT N° 2 NOUS FAISANT PARCOURIR LE MANS A BORD D UNE 2 CV PARCOURANT LE CIRCUIT....... TRES PALPITANT AU NIVEAU DE LA BOITE DE VITESSE....... SURTOUT AU NIVEAU DE LA LIGNE DROITE DES HUNAUDIERES.......
Ecrit par : patrice | jeudi, 09 mars 2006
patrice, vous êtes gentil d'écrire en minuscules, on n'est pas des sauvages, et vous êtes prié d'espacer un peu vos commentaires. Merci.
Ecrit par : Mémoire des Stands | jeudi, 09 mars 2006
pour moi c'est clair.....ok alain...
Ecrit par : patrice | jeudi, 09 mars 2006
quel navet scénario completement debile je reste sur le mans et son inderacinable steve mc queen ya pas photo le film le mans est un film lee vaillant un tissu de betises le camion semi qui tombe dans un etang la vaillante qui prend la piste n'importe ou je reve vraiment pas le meilleur besson
Ecrit par : caroline | jeudi, 09 mars 2006
Vous avez raison "caroline".
Alors, retirez Steve Mc Queen, transposez la situation en 2004, et expliquez-nous ce qu'il en reste ?
Ecrit par : Jean-Louis Mathieu | vendredi, 10 mars 2006
pour ce qui me concerne j'avais été tout simplement déçu par ce film aprés le battage qui avait été fait avant sa sortie.
Le résultat?
Une ENORME déception ....
Ecrit par : gilles gaignault | samedi, 11 mars 2006
si on ne regarde que le film, il est vrai que cela reste moyen... cependant si on regarde le film en ayant deja lu les b.d., on peut voir là un bon aperçu de l' univers des Vaillante, et je trouve que l'aspect "affaire de famille" ets bien gardé. J'ai trouvé le film trés bien et bien retranscrit de la b.d. "Pour David".
Ecrit par : achem | mercredi, 19 avril 2006
"Grand Prix" de frankheimer, est une réussite. Surtout pour les premières et dernières courses (Monaco et... je sais plus si c'est Monza ou Spa, la dernière), l'impression de vitesse et le suspense sont efficaces, et les accidents, étonnement réussis pour les moyens de l'époque. Maintenant, l'intrigue "je t'aime, moi non plus", entre Montand et la dame, là, ça alourdit un peu le scénario, on peut le dire.
Le mans, j'ai pas vu.
Driven, une grosse bouze invraisemblable, effets de caméra agaçants, musique insupportable, mais à tout prendre, je crois que je préfère encore ça à Michel Vaillant.
Peut-être que les amateurs de la bd s'y retrouveront, moi j'ai trouvé ça tout simplement fade, ça ne m'a pas fait frissonner. Il faut dire que la bd, si j'aimais bien ça quand j'étais petit, maintenant ça m'ennuie, tant au point de vue scénario que dessin. Les vaillantes dessinées sont sans doute assez jolies (encore que...) mais très souvent en dépit du bon sens, on sent bien que jamais des bagnoles comme ça pourrait tourner sur un circuit. La tête des personnages, très "dessin animés", n'est pas inspirée. Regarder la gueule des Schumacher et Villeneuve. Très ressemblant, n'est-ce pas (c'est ironique) ?
Les scénarios sont poussifs, et limite grotesque (vaillant qui arrive second du mans après avoir passé une demi-heure à dégager sa voiture d'un talus), et puis le côté "vieille france", "entreprise familiale" qui dîne ensemble le dimanche, le chauvinisme de la série donne lieu à des épisodes risibles. Combien de fois Graton a-t-il mis sur le podium des pilotes aujourd'hui complètement oublié qui avait pour seul mérite d'être franco-français ?
"300 à l'heure dans Paris" m'avait bien plu, oui.
Mais faire un film sur la F1 serait impossible de nos jours, ce serait un gouffre financier.
Pour faire tourner une F1 quelques tours il faut au moins 30 personnes. Et rien que de penser aux droits qu'il faudrait payer à tonton Bernie, ou à ce que coûterait la location d'un circuit, les plus tenaces réalisateurs abandonnerait.
Ou alors il faudrait tout faire en images de synthèses et qu'est-ce que ce serait moche.
Ecrit par : doko | mercredi, 25 avril 2007
Cher MdS, j'ai vu Michel Vaillant et j'ai été très déçu.
C'est vrai qu'après une centaine d'albums (donc autant d'intrigues, de personnages, de petites histoires...), il aurait été difficile de respecter tout les codes de la B.D. (à moins de faire un film de 3h.)
OK aussi pour le manque de respect de réglements ou du réalisme, au profit du spéctaculaire (cf. les voitures qui font des tonneaux, les réservoirs qui explosent, les étincelles sur les carrosseries en carbone...) Ce qui plombe Le Mans, c'est justement le côté "documentaire": le neophyte est complétement largué.
Sauf que... Tout ça pour quoi? Michel Vaillant et Steve Warson ont encore moins de charisme qu'Alonso! Les personnages n'ont aucune épaisseur. Et les scènes d'action? Elles sont téléphonées (cf. le rallye sur un lac gelé, le tour du Mas du Clos en Zonda, etc.) Luc Besson se croit dans Taxi 5. Avec un plan par seconde, des effets inutiles (comme l'explosion d'une bulle de chewing-gum)...
Bref, un beau gachi. Remarquez, le père Graton avait déjà commis une adaptation en dessin animé ridicule.
Reste la série télé, où de nombreux pilotes jouaient leurs propres rôles, sans oublier le côté "0 budget" avec les scènes bricolés sur un circuit juste après la course pour nous faire croire qu'Henri Grandsire s'estr imposé...
Ecrit par : Joest | mardi, 12 juin 2007
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